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Fig. 14. — Saliæ fusca. Fig. 15. — Saule Marceau.
2. POPULUS. Linné. (PEurzier.) = Fleurs dioïques, disposées en chatons cylindriques couverts d'écailles imbriquées, frangées ou pal- * mées-ciliées, portant chacune un périanthe, petit, tubulé et tronqué obliquement. Fleurs mâles :
huit à trente étamines. Fleurs femelles : ovaires uniloculaires renfermant plusieurs placentaires pariétaux. Style très-court, terminé par deux stigmates bipartis. Capsule bivalve, biloculaire, polysperme, Graines aigrettées.
Ce genre important comprend une quarantaine d'espèces qui croissent en Europe ei uans l'Amé. rique septentrionale. Ce sont des arbres caractérisés souvent par une haute taille et dont plusieurs sont recherchés pour l'utilité qu’on en retire et pour les plantations d'ornement.
Fig. 46. — Saule Marceau. (Ghatons mâles.) Fig. 17. — Saule Marceau. (Chatons femelles.)
Populus alba, L. (Peuplier blane, Ypréau.) Grand et bel arbre de cent pieds de hauteur sur trois de diamètre. Tronc revêtu d’une écorce grise. Feuilles d'un vert sombre en dessus, blanches et cotonneuses en dessous. Croît dans une grande partie de l'Europe. Cette espèce, qui s'élève rapidement et dans tous les terrains, quoiqu’elle préfère les lieux humides, donne un bois blanc léger, mou et peu solide, et qui, malgré cela, est fort employé pour la menuiserie. Avec ses copeaux et ceux du Tremble, on fait, par un procédé ingénieux, des tissus assez délicats pour servir à la confection de chapeaux de femme ou à établir la carcasse de ceux qui doivent être recouverts d’étoffes de soie. La dénomination vulgaire dYpréau donnée à cet arbre vient de ce qu'il est cultivé en grand aux environs d'Ypres, en Belgique. Le Peuplier, suivant les anciens, croissait sur les bords de l’Achéron, et lorsqu'Hercule descendit aux enfers, il s’en ceignit la tête. Le côté des feuilles, en contact avec la chevelure du demi-dieu, conserva sa couleur blanche; mais leur face supérieure, exposée aux vapeurs et à la fumée qu s’exhalaient de l’antre de Pluton, prit cette teinte d’un vert noir qu'elle a gardée depuis. — P. canescens, Smith (Peuplier grisard), ressemble beaucoup au précédent, avec lequel il est confondu par la plupart des botanistes. Son bois, dit-on, est meilleur et plus durable. Il croit
e) HISTOIRE NATURELLE,
dans les mêmes lieux. — P. tremula, L. (Peuplier tremble.) Arbre de quarante-cinq à soixante pieds, dont le tronc porte une écorce lisse et blanchätre. Feuilles orbiculaires, plus larges que lungues, portées par un long pétiole comprimé, à l'extrémité duquel elles sont pendantes, ce qui leur donne une grande mobilité et détermine léur agitation presque continuelle au moindre souffle de l'atmosphère. Cet arbre, qui prospère dans tous les terrains, préfère cependant les sols frais, sablonueux et peu profonds. Son bois, blane, tendre et d'une qualité médiocre, est employé pour la boissellerie commune et pour la fabrication d’une foule de menus objets. Dans les campagnes, on l’utilise pour la petite charpente. Gomme combustible, il brûle rapidement, donne peu de chaleur et fournit un charbon très-léger. Son écorce peut servir au tannage des peaux. Le Tremble est cultivé non-seulement dans les jardins paysagisies, mais on l'élève encore fréquemment dans les bois en taillis. — P. argentea, Mich. (Peuplier argenté.) Arbre qui peut atteindre quatre-vingts pieds. Ses feuilles, larges de six, huit et dix pouces, sont couvertes dans leur jeunesse d’un duvet blanc, épais, qui disparaît presque entièrement avec l’âge. Le Peuplier argenté habite les terrains marécageux de la Louisiane. — P. nigra, L. (Peuplier noir, Peuplier franc, Osier blanc.) Arbre de soixante à quatre-vingtdix pieds, revêtu d'une écorce grise crevassée. Commun dans les bois humides. Cet arbre, qui croît rapidement, se recommande par son bois, d’une qualité supérieure à celle des autres Peupliers. Aussi est-il employé fréquemment par les charpentiers, les menuisiers, les layetiers, les sabotiers, etc. Ses jeunes tiges et ses rameaux, doués d’une grande flexibilité, peuvent servir à confectionner des ouvrages de vannerie. En Russie, on utilise son écorce pour l’apprêt des maroquins. Enfin, le suc résineux et balsamique qu’excrètent les écailles de ses bourgeons est la base de l’onguent populeum. — P. fastigiata, Pers., P. pyramidalis, Roz. (Peuplier pyramidal, Peuplier d'Italie.) Arbre de quatre-vingt-dix à cent vingt pieds, droit, portant de nombreuses branches courtes, effilées, redressées et rapprochées du tronc. Cette belle espèce, introduite en France en 1750, y fut plantée pour la première fois le long du canal de Briare, près de Montargis. De là, elle passa en Angleterre et y fut cultivée vers 1758. Le Peuplier pyramidal est originaire de l'Asie Mineure, quoique certains auteurs affirment qu'il croît spontanément dans la Lombardie. Il pousse très-vite, fournit un bois moins bon que celui du Peuplier noir et qu'on utilise pour la charpenterie légère. On retire aussi de son écorce une teinture d'un beau jaune. — P. monilifera, Aït., P. Virginiana, Desf. (Peuplier suisse, Peuplier de Virginie.) Arbre de cent à cent vingt pieds, à rameaux épais, étalés, formant une large tête arrondie et touffue. La plus grande incertitude règne sur la patrie de cette espèce, que Michaux affirme n’avoir jamais observée à l’état sauvage en Amérique. Elle aime les lieux frais et humides, et s’y développe avec une rapidité telle, qu'il n'est pas rare de la voir atteindre une quarantaine de pieds dans un espace de sept à huit ans. Son bois peut servir aux mêmes usages que celui du précédent. — P, Canadensis, Mich. (Peuplier du Canada.) Tige de soixante-dix à quatre-vingts pieds sur dix à douze de circonférence. Les graines portent une aigrette de poils blancs et soyeux. Abondant sur les rives du Mississipi et du Missouri. — P. angulata, Willd. (Peuplier de la Caroline.) Haut de cent pieds, et caractérisé par ses branches et ses rameaux poussant presque horizontalement, par ses jeunes pousses quadrangulaires et comme marquées de quatre ailes membraneuses formées par le prolongement de la base des pétioles. Cette espèce, qui habite les terres humides et marécageuses d'une partie des États-Unis, figure très-bien dans les jardins paysagers. Malheureusement, sous le climat de Paris, ses jeunes pousses gèlent souvent, de sorte que l'arbre atteint rarement son entier développement. — P. Græca, Willd. (Peuplier d'Athènes.) Arbre de quarante-cinq pieds. Originaire de la Grèce suivant les uns, de l'Amérique suivant d’autres, cette espèce est cultivée dans les parcs. — P. balsamifera, L. Arbrisseau à feuilles ovales, oblongues, chargées en dessous d’un duvet court. Croit dans l'Amérique septentrionale, où l’on recueille avec soin la résine qui transsude de ses bourgcons et qui passe pour un remède souverain contre la goutte et les rhumatismes. Parmi les autres espèces, on remarque encore les Populus Hudsonica, Bosc.; Marylandica, Bosc.; caudicans, Wild. ; tremuloides, Mich.; grandidentata, Mich., ete., tous originaires des États-Unis.
59" FAMILLE. — CUPULIFÈRES.
Syn. : QUERCINÉES.
Arbres et arbrisseaux à feuilles alternes, simples, pennées, munies de stipules caduques. Fleurs monoiques. Les mâles, disposées en chatons, présentent un périanthe à plusieurs lobes ou formé simplement par une bractée écailleuse. Étamines en nombre variable. Fleurs femelles solitaires ou réunies plusieurs dans un involucre affectant tantôt la forme d’une cupule ou d’une capsule, tantôt composé seulement d’une feuille. Les involucres sont eux-mêmes rapprochés en tête ou en épi. Galice adhérent à l'ovaire et dont le limbe est marqué de dents courtes. Style en colonne, divisé au sommet en deux, trois ou six stigmates sessiles. Loges de l'ovaire en nombre égal aux stigmates, contenant chacune un ou deux ovules pendus vers leur sommet. Fruit indéhiscent, coriace, ligneux, monosperme par suite de l'avortement de la plupart des loges et des ovules, et plus ou moins renfermé dans l'involucre accru et endurci. Embryon dépourvu de périsperme.
Ce groupe de végétaux, qui faisait partie de l’ancienne famille des Amentacées, renferme nos plus importantes espèces forestières. Ce sont presque toujours de grands arbres, qui se rencontrent abondamment dans les contrées tempérées. [ls sont rares sous les tropiques et on ne les y observe qu’à une certaine élévation.