FAMILLE, — CRUCIFÈRES
Plantes herbacées, rarement sous-frutescentes, à feuilles alternes, dépourvues de stipules. Fleurs disposées, au commencement de la floraison, en corymbe qui se transforme en grappe par l’allongement de l'axe. Calice à quatre sépales caducs, dont deux ordinairement bossus à leur base. Corolle à quatre pétales onguiculés, opposés en croix. Six étamines tétradynames, c’est-à-dire quatre plus grandes, rapprochées deux par deux, et deux plus courtes et opposées. Quatre glandes nectarifères à la base des filets, une entre chaque paire de grandes étamines, et une plus grande sur laquelle est posée chaque petite étamine. Ovaire libre, plus ou moins allongé, à deux loges séparées par une fausse cloison formée par le prolongement de deux placentas pariétaux qui supportent chacun un où plusieurs ovules. Style court ou presque nul. Stigmate bilobé. Fruit (silique ou silicule) de forme variable, indéhiscent ou s’ouÿrant en deux valves. Embryon plus ou moins recourbé, dépourvu d’endosperme.
Cette famille est l’une des plus nombreuses et des plus naturelles du règne végétal; les caractères en sont parfaitement tranchés; elle forme à elle seule la Tétradynamie de Linné, ou la quinzième classe du système sexuel. Les Crucifères présentent autant d’analogie dans leurs propriétés que dans leurs caractères; elles renferment une huile volatile qui leur donne une saveur âcre et piquante, et une odeur plus ou moins forte et aromatique. Comme elles contiennent en outre beaucoup d'azote, nous y trouvons un grand nombre d'aliments sains et nourrissants. La culture, en favorisant le développement des principes aqueux, sucrés et mucilagineux, tend à détruire ou du moins à masquer la saveur qu'elles possèdent à l’état sauvage. Les graines renferment une quantité variable d'huile grasse qui rend plusieurs Crucifères l’objet d’une culture spéciale. Leur action médicale est vive et instantanée; elle stimule fortement les divers appareils de l'économie, ou agit plus spécialement sur | un seul, Cest surtout contre le scorbut qu’elles sont employées avec avantage.
PREMIÈRE TRIBU. — SILIQUEUSES.