SINAPIS. Linné. (Mouranpe
Calice à sépales très-étalés. Pétales à onglets droits. Silique cylindrique ou un peu tétragone, biloculaire, à valves carénées, terminée par un bec plus ou moins long. Graines globuleuses, disposées sur un seul rang.
La Moutarde blanche (S. alba, L.) est une plante annuelle, cultivée dans le nord de l'Europe pour ses graines, dont on extrait de l'huile, et avec lesquelles on prépare cette sorte d’assaisonnement désigné sur les tables sous le nom de moutarde. Les graines sont quelquefois appelées moutarde jaune, à cause de leur couleur; on les réduit en poudre très-fine, qu'on mélange avec du moût, du vin blanc ou du vinaigre, et qu’on assaisonne avec des aromates, tels que l'Estragon, VAïl, le Girofle, la Muscade, le Persil, etc. On préfère surtout la graine qui vient de Strasbourg ou des pays situés au delà du Rhin, et qu'on appelle graine d'Allemagne. L'huile qu'on en retire est douce, et peut être employée à l'éclairage, à la préparation des laines, des cuirs, etc. Dans certains pays, on mange parfois les feuilles de la plante en salade ou en guise d'Épinards. La Moutarde blanche est aussi cultivée comme fourrage, et donnée en vert aux bestiaux et surtout aux vaches, qui, sous l’influence de cette nourriture, donnent beaucoup de lait et de beurre; de là le nom de Plante au beurre qu'on lui donne dans certains pays. Les graines pulvérisées sont aussi employées en médecine sous forme de sinapismes ou de pédiluves, et produisent, au bout de quelques heures, la rubéfaction ou même la vésication de la peau. La Moutarde était connue des Grecs et des Romains, qui préféraient surtout celle d'Égypte. Son nom vient du latin mustum ardens (moût ardent). Le pape Clément VII l'aimait beaucoup, et l'importance acquise par ie personnage chargé de la préparer a donné lieu au dicton : « Se croire le premier moutardier du pape. »
La Moutarde noire (S. nigra, L.) est cultivée dans les mêmes pays; la Moutarde sauvage ou sauve
(S. arvensis, L.hest commune dans les champs. Ces deux plantes possèdent, à un degré plus faible, les propriétés de l'espèce précédente.