QUERCUS. Linné. (CmËne
Fleurs monoïques. Les mâles : chatons grèles, pendants, ébractéolés. Calice de six à huit divisions inégales, ciliées. Six à dix étamines. Femelles : bourgeons axillaires ou portés sur un axe commun, sessiles, accompagnés de bractées. Involucre uniflore, formé d’une quantité d’écailles égales, imbriquées et constituant une cupule à la base de la fleur. Calice à limbe supère divisé en six parties, Ovaire infère à trois ou quatre loges. Style épais et court. Stigmates en nombre égal aux loges. Gland ou"nucule monosperme, oblong ou ovale, plus ou moins enfoncé dans une cupule ligneuse, pendant, à test mince, membraneux. Cotylédons plans, convexes, charnus, épais.
Ce genre renferme plus de cent espèces, répandues surtout dans les contrées tempérées de l’hémisphère septentrional. On en trouve dans toute l'Europe, l'Asie Mineure, le nord de l'Afrique, sur les crêtes de l'Atlas, le Caucase, au Japon, en Chine, sur les monts Himalaya. Dans le nouveau monde, ils habitent les États-Unis, où ils ne dépassent pas le quarante-cinquième degré, et les Cordillères, où on les observe seulement à neuf mille pieds au-dessus de la mer. Ils sont étrangers aux régions tropicales et glacées. Peu de genres présentent autant de variations sous le rapport de la dimension des espèces ; ainsi, tandis que les plus infimes ne dépassent pas un pied et demi, d'autres dépassent cent vingt pieds et constituent ces futaies magnifiques, qui sont la richesse de nos forêts.
Quercus pedunculata, Willd. (Chène pédonculé, Chêne commun, Chêne à grappes, Chêne femelle.) Cet arbre, le géant de nos forêts, atteint de cent vingt à cent quarante pieds d’élévation. Son tronc, recouvert d’une écorce épaisse et raboteuse, soutient une cime ample et majestueuse. Peu d'arbres sont aussi utiles que le Chêne, qui, dans nos contrées, est considéré comme le roi de la végétation. Il peut vivre quatre ou cinq siècles où même plus. Son bois est excellent pour le chauffage. Le Chêne est employé dans les constructions civiles et maritimes, et c’est avec son bois qu'ont été bâties les charpentes de nos vieilles cathédrales, rougies par le temps et prises souvent, à cause de cette particularité, pour du Châtaignier. La menuiserie, l'ébénisterie et les différents arts mécaniques en font également usage. L’écorce de toutes les espèces sert à préparer le an employé pour le tannage des cuirs. Après avoir rempli cette destination, il est façonné en moules à bräler ou sert pour la préparation des couches. Cette écorce a une certaine astringence et est réputée l’un des meilleurs succédanés du quinquina. Ses fruits ou glands sont donnés en pâture aux porcs et, dans quelques contrées de l'Europe méridionale, on en fait usage pour l'alimentation. Dans l'antiquité, cet arbre, consacré à Jupiter, fut l’objet de la vénération des peuples. Suivant les traditions de la mythologie grecque, les Ghênes étaient le séjour habituel des hamadryades et des dryades. En Épire, la forêt de Dodone jouissait alors d'une grande célébrité par ses Chênes sacrés et les oracles qu'ils rendaient. Les vainqueurs des jeux olympiens recevaient, pour prix de leur adresse, de leur courage ou de leur
force, une couronne des feuilles de cet arbre, et, à Rome, cette distinction n’était accordée qu'aux personnages recommandables par leurs vertus civiques. La Gaule avait également pour temples les forêts de chênes gigantesques qui couvraient son sol.
Fig. 19, — Chêne rouvre.
Le Chêne forme encore aujourd’hui la masse dominante de nos forêts. 1l couvre environ quatre millions d'hectares, c’est-à-dire la moitié des superficies boisées que nous possédons. Ses racines, pivotantes et longues, demandent un sol profond, une terre franche, un peu humide. Il aime encore les terrains pierreux sans aridité, et préfère les expositions du nord et de l’est. On aménage les forêts de Chênes en futaies ou en taillis. — Q. robur, (Chêne rouvre, Chêne sessile, Chêne commun à glands sessiles.) Moins élevé que ie précédent, dont il diffère surtout par ses fruits sessiles, agglomérés, plus nombreux, et ses feuilles pétiolées. Cette espèce, dont on connaît six variétés, est plus commune dans nos bois que le Chène pédonculé. Son bois, moins dur et plus pesant, est employé aux mêmes usages; et tout ce que nous avons dit du Q. pedunculata, tant sous le rapport de Putilité et de la culture que sous celui des traditions historiques, s'applique également à l'arbre dont nous parlons. — À. cerris, L. (Chêne cerris.) Grand arbre dont les feuilles sont profondément découpées. Glands sessiles, restant deux ans sur l'arbre ainsi que ceux du Q. pubescens. Cupules à écailles terminées par de longs filaments. Cette espèce, appelée Q. crinita (Chène chevelu) par divers auteurs, se rapproche du Chêne pédonculé, Elle donne un bois estimé et très-résistant et se plaît dans les lieux pierreux et arides. Habite la Bourgogne, les environs de Nantes, d'Angers, du Mans, les Cévennes, ete.— Q. pyrenaica, Wild. (Chêne pyramidal, Chêne cyprès, Chêne fastigié.) Remarquable par ses rameaux disposés comme ceux du Peuplier d'Italie. Croit dans les Pyrénées. Il est recherché comme arbre d'or-
Papayer commun.