JUGLANS. Linné. (Nover.) à
Fleurs monoïques. Les mâles en chatons cylindriques, pendants. Périanthe à six divisions profondes. Quinze à vingt-quatre étamines subsessiles. Anthères biloculaires. Fleurs femelles sessiles, solitaires ou réunies plusieurs ensemble. Périanthe monophylle divisé au sommet en quatre lobes caaucs. Corolle quadrilobée. Ovaire surmonté de deux styles terminés par des stigmates réfléchis, frangés supérieurement. Drupe contenant une noix sillonnée, monosperme.
Ce genre, le seul remarquable du petit groupe dont nous nous occupons, renferme une quinzaine d’espêces, — Le Noyer commun (Juglans regia, L.) est un arbre très-élevé et dont les rameaux forment une large tête. Ses feuilles grandes, pinnées avec impaire, sont composées de cinq à neuf folioles ovales, entières, veinées et glabres. Les fleurs, petites et jaunâtres, paraissent en juin. Les fruits sessiles sont ordinairement géminés. Cette espèce, originaire de la Perse et des bords de la Caspienne, où elle a été retrouvée par Michaux en 1789, est depuis longtemps naturalisée en Europe. Ses fruits sont comestibles et connus de tout le monde. Les noix fraîches ont un goût très-agréable; mais en vieillissant elles deviennent rances. Avant leur parfaite maturité, on les mange également sous le nom de cerneaux. On en retire une huile qui peut servir à des usages alimentaires et qu’on emploie aussi pour l'éclairage, la fabrication du savon et dans les arts, à cause de ses propriétés siccatives. Le brou, doué d'une saveur âcre et amère, donne par la macération dans l’eau une couleur brune, durable, dont on se sert pour colorer les bois blancs; et, d’après Pline, les Romains l’utilisaient pour teindre leurs cheveux. On en fait encore un ratafia regardé comme stomachique. Get arbre, dont les feuilles sont réputées astringentes, offre une ressource. précieuse à l’ébénisterie, et c'est là le plus grand avantage qu'en tire l’industrie humaine. Son bois, liant, doux et flexible, prenant facilement un beau poli et ordinairement veiné d’une manière agréable à l'œil, est journellement employé pour la fabrication de toutes sortes de meubles. Il est aussi recherché des tourneurs, des sculpteurs, des carrossiers, et les armuriers, dit-on, le préfèrent à tout autre pour la monture des fusils. On se fera d’ailleurs une idée de son utilité lorsqu'on saura que dans le seul département de la Haute-Vienne on en consomme annuellement quatre milte pieds pour la confection des sabots. — Le J. fraæinifolia, Poir. (Noyer à feuilles de Frène), est comme le précédent, originaire de l'Asie. Les autres espèces ap-
partiennent toutes à l'Amérique du Nord. — Le J. nigra, Mich. (Noyer noir.) Arbre de soixante à quatre-vingts pieds, à racines traçantes et dont le tronc est recouvert d'une écorce rude. Fruit globuleux renfermant une noix très-dure, sillonnée profondément et dont l'amande est douce et huileuse. Cette espèce, qui croît rapidement, se recommande paf son bois d'un violet noirâtre lorsqu'il est coupé, et dont la qualité est supérieure à celui du Noyer commun. Les vers ne l’attaquent pas, et il résiste très-longtemps à l’action de l'humidité. Le Noyer noir préfère les sols gras et frais. — Le J. olivæformis, Mich. (Noyer pacanier, Pacan), atteint à peu près la taille du précédent, dont il diffère surtout par ses feuilles à treize folioles. Les amandes de ses noix sont meilleures. Il croit sur les bords de l'Ohio et du Mississipi. Nous citerons encore le J. amara (Noyer à fruit amer), arbre inférieur à ceux dont nous avons déjà parlé, et qui croît dans les lieux humides.
Fig. 20. — Noyer.
54% FAMILLE. — ULMACÉES.
Arbres et arbrisseaux à feuilles distiques accompagnées de stipules caduques. Fleurs polygames ou . hermaphrodites, disposées en cimes axillaires ou en faisceaux. Galice de trois à neuf divisions, Etamines en même nombre, à anthères biloculaires, Ovaire libre à une loge (rarement à deux ou trois loges),
contenant un ovule suspendu. Deux styles à bords rouiés et couverts, ainsi que leur face interne, de papilles stigmatiques. Fruit indébiscent, stipité, charnu ou membraneux et monosperme. Graine à périsperme nul ou peu abondant.
Cette petite famille, désignée encore sous le nom de Celtidées, est seulement composée de quelques genres, d'abord confondus avec les Amentacées et aujourd’hui presque généralement rapprochés des Urticées. Les espèces peu nombreuses qu’elle renferme, et qui se distinguent surtout par l'utilité de leur bois, sont répandues dans les régions tempérées de l'hémisphère du Nord.