‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 39 sur 633 · ULMUS. Tournefort. (Onue · texte numérisé non relu

ULMUS. Tournefort. (Onue

Fleurs hermaphrodites. Périanthe turbiné, campanulé, de quatre ou cinq divisions. Étamines égales en nombre aux divisions calicinales. Ovaire ovoïde, comprimé, à deux loges contenant chacune un ovule. Deux styles étalés, divergents, couverts sur leur côté interne de papilles stigmatiques. Samare membraneuse bordée entièrement d’une aile verticale. Graine solitaire, renversée.

L’'Ulmus campestris, L. (Orme champêtre), est un grand arbre dont les racines s'étendent latéralement sous la surface du sol. Son tronc droit, atteignant de soixante à quatre-vingt-dix pieds, terminé par une cime ample et touffue, est revêtu d'une écorce épaisse et grisätre. Cette espèce, qui croit spontanément dans une grande partie de l'ancien continent, était connue des Grecs et des Latins, qui la cultivaient avec soin et estimaient fort son bois. À partir de François I‘, l'Orme commence à. se populariser en France, et on le plante déjà sur les promenades publiques. Mais c’est surtout depuis Henri IV et Sully que cet arbre si important est répandu sur tous les points du territoire. Ce bon roi et ce sage ministre ordonnent que seul il contribuera aux plantations à effectuer sur les grandes routes, et cette sage mesure a dès lors reçu son exécution. Aujourd’hui on voit encore quelques pieds qui remontent à cette époque et parmi lesquels on cite celui de Pérandrieux, près Toulouse, remarquable par sa hauteur et ses proportions considérables. Le bois de l'Ürme, d'une couleur brunûtre, d'un grain assez fin et acquérant une grande ténacité dans la variété dite T'ortillard, est très-utile pour le charronnage, la charpente, les constructions navales et la menuiserie. Les exostoses que présentent souvent les Ormes des routes exposés au choc des voitures, et qui ont été désignées sous le nom de loupes ou de broussins, sont, par lentrelacement et la coloration de leurs fibres, très-propres à la fabrication des ouvrages d’ébénisterie. Sous l’eau, il se conserve très-longtemps, et cette précieuse qualité le fait souvent employer pour les travaux hydrauliques. Comme bois de chauffage, c'est un excellent combustible qui prend immédiatement rang après le Chêne et le Hêtre, et le charbon qu'il donne est très-estimé. L’Ürme a produit plusieurs variétés, dont une des plus curieuses, l'U. campestris suberosa, considérée comme espèce par Willdenow sous le nom d'U. suberosa, se fait remarquer par l'épaisseur et le boursouflement de son écorce, dont la consistance approche de celle du liége. — U. Americana, L. (Orme d'Amérique.) Arbre de soixante-quinze à cent dix pieds, qui croît dans les forêts d’une partie de l'Amérique du Nord, sert aux États-Unis aux mêmes fins que l'Orme champêtre chez nous, quoique son bois soit bien inférieur en qualité à celui de ce dernier. Il réussit parfaitement dans les lieux bas et humides, et est cultivé en Europe depuis 1752.

En

9, PLANERA. Michaux.

Fleurs polygames. Périanthe membraneux, subcampanulé à quatre ou cinq divisions. Quatre à six étamines saillantes. Ovaire supère. Deux stigmates sessiles, allongés, glanduleux, divergents, recourbés. Capsule subglobuleuse, membraneuse, uniloculaire, indéhiscente, monosperme.

Planera Richardi, Mich. (Planéra de Sibérie, Orme de Sibérie.) Arbre de plus de trente pieds, revêtu d’une écorce brune ou d'un gris blanchâtre. Cet arbre a un bois dur, liant, compacte et d'un très-bon usage. On le cultive depuis longtemps en France, et il y supporte très-bien les hivers les plus rigoureux, — P. Gmelini, Mich., P. aquatica, Wild. (Plañéra à feuilles d’Aune.) Habite les bords de l'Ohio et du Mississipi dans la Caroline. Cette espèce, qui aime les terrains frais, légers, humides et ombragés, est plus délicate que la première et demande à être abritée lorsqu'elle est jeune.

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