‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 40 sur 633 · CELTIS. Tournefort. (Mcocourrer · texte numérisé non relu

CELTIS. Tournefort. (Mcocourrer

Fleurs polygames. Périanthe à cinq ou six divisions. Cinq étamines à anthères subsessiles. Ovaire ovoïde, surmonté de deux styles terminés par des stigmates simples. Drupe globuleux, monosperme.

Fig, 21. — Micocoulier.

Les Celtis sont des arbres à feuilles simples, alternes, accompagnées de stipules caduques et à fleurs petites, axillaires et pédonculées. Ce genre renferme vingt-six espèces dont une seulement croît en Europe. — Le Celtis australis, L. (Micocoulier austral, Perpignan), haut d'environ cinquante pieds, présente au sommet une cime volumineuse. Son fruit semble une petite cerise noire. Cet arbre donne un bois souple, liant, tenace, compacte, dur, pesant et très-propre pour le charronnage. On l'emploie pour la marqueterie, la sculpture, les ouvrages de tour, ete., distinction qu’il doit à son inaltérabilité. On fait avec ses jeunes tiges et ses branches des cerceaux de cuves qui ont la réputation de durer très-longtemps. Sa racine, plus colorée mais moins dure que le trone, sert à faire des manches de couteaux et de menus objets de fantaisie. Elle renferme un principe colorant utilisé pour la teinture des laines. Ses fruits, sucrés et d’une saveur assez agréable, sont édules, ainsi que ceux de la plupart de ses congénères. Peu difficile sur le choix du terrain, il croît partout, pourvu que le sol où il est placé ne soit ni marécageux ni argileux; mais il prospère surtout dans les fonds légers et meubles. Dans nos départements septentrionaux, il arrive parfois que, dans les hivers rigoureux, ses jeunes rameaux ne peuvent supporter les grands froids, mais en prenant de l'âge il acquiert plus de vigueur et résiste très-bien aux plus fortes gelées. Il se reproduit très-facilement de graines et supporte parfaitement la transplantation. Le Micocoulier vit très-longtemps, et l’on cite comme exemple de sa longévité un pied que l’on voyait encore il y a peu d'années sur la place des Pêcheurs, à Aix, et qui n'avait pas moins de cinq cents ans. Cet arbre, qui dépassait en hauteur les principaux édifices de la ville, avait fait partie du parc des comtes de Provence lors de sa plantation, et le bon roi Réné se plaisait, dit-on, à venir sous son ombrage y proclamer ses édits et y rendre les arrêts de sa justice. Le C. occidentalis, L. (Micocoulier de Virginie), qui habite les lieux frais et ombragés de l'Amérique septentrionale, possède à un degré plus prononcé les qualités qui distinguent le GC. australis. — C.

Tournefortii. (Micocoulier de Tournefort.) Ses fruits jaunâtres, d'une saveur douce, faiblement astrin- Et 6

gente, sont portés sur des pédoncules axillaires, simples, plus longs que les pétioles. Cet arbre, à bois très-blanc, est originaire du Levant; où il a été découvert par Tournefort. Il est depuis longtemps acclimaté dans le midi de la France. On remarque encore dans ce genre le C. micrantha, Swartz, qui croit aux Antilles, et dont l'écorce textile peut servir aux mêmes usages que le Chanvre.

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