‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 458 sur 633 · CONIUM. Linné. (Ciçue · texte numérisé non relu

CONIUM. Linné. (Ciçue

Involucre et involucelle à trois ou cinq folioles. Calice à limbe presque nul. Fruit subglobuleux, comprimé perpendiculairement à la commissure, presque didyme. Carpelles lisses, ovales, à cinq côtes primaires saillantes ondulées; côtes secondaires nulles. Vallécules marquées de plusieurs stries,

à canaux résinifères non distincts. Columelle bifide ou bipartite.

La grande Ciguë ou Ciguë maculée (C. maculatum, L.; Cicuta major, Lamk.), ainsi nommée à cause des taches livides qui couvrent sa tige et quelquefois ses feuilles, est une grande plante hisannuelle, dont la taille dépasse quelquefois deux mètres, et qu’on trouve communément en France, dans les lieux incultes et pierreux, les cours des fermes, les ruelles ou rues peu fréquentées des villages, etc. « Toutes les parties de cette plante, dit Richard, exhalent, quand on les froisse entre les doigts, une odeur herbacée et vireuse des plus désagréables. On sait que c’est un poison violent pour l'homme et certains animaux. Les moyens propres à combattre l’empoisonnement par cette substance sont de provoquer le vomissement et d’administrer ensuite les acides végétaux étendus, tels que le suc de citron, le vinaigre, etc.; le vin est également utile. L'usage de la Ciguë remonte aux temps les plus reculés de l'antiquité. C’est avec le suc de cette plante que les Grecs préparaient le breuvage que devaient prendre ceux qu'ils condamnaient à perdre la vie. C’est en buvant la Ciguë que Socrate

et Phocion furent récompensés des services qu’ils avaient rendus à la Grèce. On faisait aussi usage de

la Ciguë comme médicament, ainsi que le prouvent les écrits d’Hippocrate, de Pline et de Dioscoride. La Ciguë est aussi employée en médecine, tant au dedans qu'au dehors. C’est un médicament très-énergique. Mais la température et la position géographique des pays exercent, comme l’on sait, une très-grande influence sur ses propriétés. Ainsi, tandis qu’elles sont très-développées dans le midi de l'Europe, où cette plante est un véritable poison, dans le Nord, au contraire, elles s’affaiblissent à un tel point, que, suivant quelques auteurs, les gens de la campagne mangent ses feuilles sans en éprouver aucun accident. »

Nous citerons encore dans ce genre l'Arracacha (GC. arracacha, Hook.), érigée en genre sous le nom d'A. xanthorhixza, Banc., dont les tubercules ont une saveur très-agréable et constituent un des mets journaliers de quelques peuples de l'Amérique méridionale.

Page 1