ANTIARIS. Leschenault
Fleurs monoïques. Les mâles : réceptacle discoïde, multiflore, écailleux. Périanthe de trois ou quatre sépales. Trois ou quatre anthères subsessiles. Fleurs femelles à réceptacle turbiné, uniflore, écailleux, croissant avec le fruit. Périanthe nul. Ovaire surmonté d'un style biparti. Drupe charnu, monosperme.
Ce genre, formé de quelques arbres qui croissent dans l'Inde, renferme une espèce bien curieuse par les propriétés toxiques qu'elle possède. L'A. toxicarium, Lesch., fournit un poison appelé upas antiar, qui découle, sous forme de gomme-résine, du tronc et des branches au moyen d’entailles qu'on y pratique. Cette redoutable substance se prépare à froid dans un vase de terre, en y mêlant des graines du Capsicum fruticosum et divers autres ingrédients préalablement écrasés. On agite lentement la masse, et, au bout de peu de temps, lorsque l'opération est terminée, le mélange présente l'aspect et la consistance d’une mélasse très-épaisse et très-brune. L'upas antiar, dont les Javanais et les habitants de Bornéo se servent pour empoisonner leurs flèches, se conserve dans de petits étuis de bambou, et paraît être bien plus meurtrier lorsqu'il est sec. Introduit dans l’économie animale, il y détermine les accidents les plus graves, trouble les fonctions du cerveau, et ne tarde pas à causer une mort des plus douloureuses au milieu de convulsions tétaniques.