‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 560 sur 633 · VICIA. Linné. (VEsce · texte numérisé non relu

VICIA. Linné. (VEsce

Plantes herbacées, à tige ordinairement grimpantes. Feuilles paripennées, à rachis terminé en arête ou en vrille. Fleurs axillaires, solitaires, géminées ou disposées en grappes. Calice tubuleux, campanulé, à cinq divisions. Étamines monadelphes ou diadelphes. Style filiforme ou légèrement aplani. Gousse oblongue, polysperme.

La Vesce cultivée (V. sativa, L.) est une plante annuelle qui forme un bon fourrage et dont les graines sont données aux pigeons et aux moutons, qui en sont très-friands. Celles de certaines variétés servent même, réduites en purée, à la nourriture des paysans dans plusieurs pays, et leur farine est quelquefois mêlée à celle des céréales pour la confection du pain, surtout dans les années de disette. Les Vesces jaunes (W. lutea, L.), des haies (V. sepium, L.), multiflore (V. cracca, L.), pisiforme (Ÿ. pisiformis, L.), et quelques autres, participent plus où moins aux mêmes propriétés.

La Lentille (W. lens, Coss. et Germ., Érvum lens, L.) est aussi cultivée comme engrais vert ou comme fourrage. Ses graines forment pour l’homme une nourriture substantielle, facile à digérer et d’un goût agréable, et fournissent une ressource précieuse dans les années où les Blés d'hiver ont manqué pour une cause quelconque; on les moud quelquefois pour faire entrer leur farine dans la préparation du pain. On sait qu'Ésaü vendit à Jacob son droit d’ainesse pour un plat de Lentilles. Les anciens les estimaient beancoup. Athénée met en maxime, dans la bouche des stoïciens, que le sage faisait tout bien, et qu'il assaisonnait parfaitement les Léntilles. Un auteur du moyen âge assure que la morsure d’une personne qui venait d'en manger faisait mourir sur-le-champ. L'Ers (W. ervilia, Willd.) et la Lentille velue (VW. hirsuta, Koch) sont cultivées comme plantes fourragères.

La Fève (V. faba, L., Faba vulgaris, Mænch.) paraît être originaire, d’après les uns, de l’Éthiopie, dont les habitants l'apportèrent en Égypte, et, selon les autres, de la Perse et des environs de la mer Caspienne. Les Fèves constituent un aliment abondant et très-nutritif. Elles sont plus estimées vertes que sèches. Quand elles sont encore très-petites, on les mange avec leurs enveloppes. On les connaît à Paris sous le nom de Fèves de ‘marais. La tige de ces plantes contient du sucre; ce qui a permis d’en obtenir une bière de bonne qualité et même de l'alcool. Ces tiges vertes sont une trèsbonne nourriture pour les vaches; sèches, on peut, par le rouissage à la rosée, en extraire une filasse de bonne qualité. Dans plusieurs pays, on mange en guise d'Épinards les jeunes pousses et les jeunes feuilles; la fleur est très-recherchée des abeilles. On sait que le gâteau des Roïs renferme ordinairement une fève, et que celui qui la trouve dans sa portion acquiert ainsi par le sort la royauté momentanée du festin. Les Romains en faisaient un assez grand usage; elles tenaient, d’après Pline, un des pre- « miers rangs parmi les légumes, et on les Fr el en sacrifice. Pythagore, au contraire, | prescrivait à ses disciples ‘de s’en abstenir.

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