CHAVIGA. Miquel
Fleurs dioïques en chatons très-serrés. Les mâles moins nombreux. Les femelles plus épais, et les fructifères renflés. Pistil à plusieurs stigmates. Fruits : baies pulpeuses, très-serrées, un peu soudées, sessiles, oblongues, obovales, anguleuses, et surmontées des restes des stigmates persistants.
Ce sont des arbustes grimpants, noueux, dont les feuilles alternes, pétiolées, coriaces ou membraneuses, présentent différentes formes suivant les espèces. Leurs fruits sont très-aromatiques. Le Chavica betle, Miq., Piper betle, L. (Bétel), arbuste grimpant qui se rencontre dans diverses régions de l'Asie, est probablement originaire des îles de la Sonde. Ses feuilles, recueillies lorsqu'elles commencent à jaunir, sont généralement employées par les Orientaux, qui les mâchent mélangées avec des fruits d’Arec et de la chaux pour en tempérer l’äcreté. Elles ont la propriété de réveiller les facultés digestives affaiblies par l’action débilitante du climat; mais les peuples qui en font usage en abusent journellement, et on a prétendu que cet abus était une des causes de l’abrutissemeut et de la mollesse des Orientaux. Le Chavica siriboa, Miq. (Piper siriboa, L.), est un arbuste dont la tige grimpante monte très-haut sur les arbres environnants. Il habite les Moluques, et y remplace l'espèce précédente; mais les naturels n’emploient que ses bourgeons seuls ou mêlés avec une écorce aromatique. Quoique sa saveur pénétrante et vive soit moins forte et moins brûlante que celle du Bétel, son usage répété trop souvent détermine des inflammations de la bouche, l’excoriation du palais, ete. Le Chavica-officinarum, Miq., Piper longum, Rump. (Poivre long), arbuste grimpant, à tige noueuse, ei s’élevant très-haut, a des baies d’une couleur rouge, et dont la pulpe est molle et douce au goût, tandis que les graines qu’elles renferment ont une saveur brûlante. Cette espèce, qui croît et est cultivée dans les îles de la Sonde et aux Philippines, est remarquable par ses fruits, qui constituent la plus grande quantité du Poivre long des pharmacies et du commerce. On les récolte avant leur maturité, époque où ils sont doués d’une âcreté très-prononcée, puis on les expose au soleil, et la dessiccation. les durcit et leur donne une couleur cendrée. C’est dans cet état qu'ils parviennent en Europe. Les peuplades des îles de la Sonde emploient fréquemment comme remèdes les fruits et les cendres de l'écorce de cette plante. D'autres espèces donnent encore du poivre long, telles que le Chavica Roxburghü (Piper longum, L.), qui habite et est cultivé au Bengale, et dont les racines et les tiges, divisées en petits fragments, jouissent, parmi les Indiens, d’une très-grande réputation officinale; le Chavica chaba, Miq., ete.
+ 9. CUBEBA. Miquel.
Fleurs dioiques. Les mâles : deux à cinq étamines. Fleurs femelles : ovaire ovoïde, sessile, sutmonté de trois à cinq stigmates sessiles, courts, épais, recourbés. Fruits : baies rétrécies, et allon-gées postérieurement en une espèce de pédicule.
Les Cubeba sont des arbrisseaux ou de petits arbres grimpants dont les feuilles sont coriaces ou membraneuses, de formes différentes sur les pieds mâles et femelles, et dont les fleurs, accompagnées de bractées peltées et persistantes, sont groupées en chatons placés sur les nœuds des tiges, opposés aux feuilles, grêles sur les pieds mâles, plus épais, plus fournis, et légèrement courbes chez les individus femelles. On en compte quatorze espèces répandues dans les forêts des îles de la
Sonde, des Indes orientales et des côtes de l'Afrique du Sud. Une d'elles mérite surtout d'attirer notre attention. Nous voulons parler du Cubeba officinalis, Miq., Piper cubeba, L. fils (Cubèbe officinal, Poivre à queue), arbuste grimpant. Cette plante, qui croît à Java et dans quelques-unes des îles environnantes, est aujourd’hui très-importante pour l’art médical. Ses baies sont généralement employées dans la plupart des affections syphilitiques et des maladies de l’urètre, et leur usage a pris un développement considérable dans les deux hémisphères depuis une quarantaine d'années. Les baies du Cubèbe sont encore stomachiques, carminatives, et douées d’une-odeur forte, assez agréable.