‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 617 sur 633 · PIN · texte numérisé non relu

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dinairement polygames. Calice libre, à trois ou six divisions égales, persistantes. Corolle régulière, urcéolée, à trois ou six divisions. Étamines en nombre double, rarement quadruple, de ces divisions, plus rarement encore en nombre égal. Ovaire libre, à trois ou un plus grand nombre de loges uniovulées. Styles et stigmates simples ou bifides. Baie globuleuse, toujours accompagnée et trèssouvent enveloppée du calice persistant. Graines à tégument membraneux. Embryon entouré d’un endosperme cartilagineux.

Les Ébénacées, rares dans la région méditerranéenne, se trouvent principalement dans les régions tropicales des deux continents. Leur bois est fort recherché, à cause de sa belle couleur et de sa dureté; l'écorce est généralement astringente. L'Europe ne possède que le Diospyros lotus, L., ou Plaqueminier, grand et bel arbre que quelques auteurs ont pris pour le Lotos des anciens. On mange ses fruits dans les provinces méridionales. Le bois d’ébène, si remarquable par sa belle couleur noire, est fourni par plusieurs arbres de cette famille, notamment par le Diospyros ebenum, L., originaire de l'Inde et de Madagascar, et par plusieurs espèces d'Ebenoxylum, qui se trouvent surtout dans la Cochinchine. Les autres genres ne présentent rien d’intéressant,

149" FAMILLE. — JASMINÉES.

Arbustes, arbrisseaux ou grands arbres à feuilles opposées, rarement alternes. Fleurs hermaphrodites, rarement polygames. Calice monosépale, turbiné à la base. Corolle monopétale, à quatre ou cinq lobes plus ou moins profonds, quelquefois nulle. Deux étamines. Ovaire à deux loges biovulées. Style simple. Stigmate bilobé. Fruit tantôt capsulaire, à une ou deux loges, indéhiscent ou s’ouvrant en deux valves; tantôt charnu, à noyau osseux. Embryon entouré d’un endosperme charnu ou corné.

Cette famille, qui présente dans ses caractères botaniques des différences assez considérables, offre aussi peu d'analogie dans ses propriétés médicales. L’écorce et les feuilles sont généralement amères, astringentes et toniques; les fleurs possèdent souvent un arome suave et très-développé. Les

- Jasminées habitent surtout les régions tempérées et chaudes de l'hémisphère boréal; elles sont très-

rares dans l’hémishpère austral.

PREMIÈRE TRIBU. — OLÉINÉES,

Le fruit est une baie ou une drupe. Le Jasmin (Jasminum, Tourn.) renferme quelques jolis arbrisseaux à fleurs jaunes ou blanches qui répandent quelquefois une odeur suave; tel est surtout le Jasmin commun (J. officinale, L.), si répandu dans nos jardins. La même propriété se retrouve dans les MNyctanthes. Les Phyllyrea ou Alaternes sont de charmants arbrisseaux, propres à faire des haies, et dont le bois peut être employé pour les ouvrages de tour. L’Olivier (Olea), et surtout l’espèce O. Europæa, L., présente bien plus d'intérêt que les genres précédents. Columelle l'appelle le premier des arbres. Son fruit charnu fournit l'huile alimentaire par excellence. Sa culture est une source de richesses pour les régions méridionales. Son bois jaune est très-estimé pour l’ébénisterie et pour le chauffage. Les Grecs avaient une si grande vénération pour cet arbre, qu'ils en firent le symbole de la sagesse, de l'abondance et de la paix. Les fleurs de l’Olivier de Chine (0. fragrans, L.) servent dans ce pays à aromatiser Le Thé.

Il faut encore citer dans cette tribu le Troène (Ligustrum vulgare, L.), commun dans les bois et les bosquets d'ornement. Son bois dur est propre au chauffage et aux ouvrages de tour, ses rameaux à la vannerie; ses baies fournissent une couleur noire employée dans diverses industries.

DEUXIÈME TRIBU. — LILACÉES.

Le fruit est une capsule ou une samare. Nous remarquerons ici le Frêne (Fraæinus excelsior, L.), un des plus grands arbres de nos forêts, dont le bois est des plus estimés, et dont les feuilles nourr? 45

rissent l’insecte précieux appelé cantharide. Le Frène à fleurs ou à la manne (F. ornus, L.), moins haut que le précédent, est propre au midi de l'Europe. La manne découle des gerçures et des incisions faites à son écorce. Plusieurs autres espèces de Frêne fournissent aussi ce produit. Le Lilas commun (Syringa vulgaris, L.) et le Lilas de Perse (S. Persica, L.) sont de superbes arbrisseaux d'ornement, bien connus de nos lecteurs.

Fis. 154. — Frêne. =

150" FAMILLE. — SAPOTACÉES. |

Arbres, arbrisseaux ou plantes herbacées à feuilles entières, opposées, munies de stipules. Fleurs solitaires, ou réunies en grappe ou en corymbe. Galice monosépale, à cinq divisions. Corolle à cinq lobes contournés. Cinq étamines. Ovaire libre, à deux loges. Stigmate simple. Fruit tantôt sec et capsulaire, à deux loges; tantôt charnu et drupacé, à une ou deux graines peltées. Embryon entouré d’un endosperme charnu ou corné.

Ces végétaux, taus exotiques, habitent en général les régions tropicales de l'Afrique et de l’Amérique. La plupart d’entre eux portent des fruits charnus, sapides, et des graines huileuses; leur écorce est amère et passe pour fébrifuge. Leur tige est souvent lactescente.

Genres principaux : Achras, P. Br.; Mimusops, Linné; Sideroxylon, Linné; Imbricaria, Commers.; Lucuma, Juss.; Bassia, Linné; Chrysophyllum, Linné, etc.

151% FAMILLE, — MYRSINÉES.

Arbres où arbrisseaux à feuilles alternes, rarement opposées. Fleurs disposées et grappes, en ombelles ou en fascicules. Calice monosépale, à quatre ou cinq divisions. Corolle monopétale, à qua: te ou cinq divisions. Étamines en même nombre que les divisions de la corolle, quelquefois alternes

avec des étamines stériles. Ovaire libre ou soudé, à une seule loge. Style court. Stigmate aigu. Fruit drupacé, monosperme. Graines petites. Embryon entouré d'un eudosperme charnu ou corné.

Ces plantes habitent principalement les régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique. Parmi les genres peu intéressants que renferme cette famille, nous remarquerons les suivants : Ardisiu, Swartz; Myrsine, Vent.; Wallenia, Swartz; Embelia, Juss., Mesa, Forsk.; Jacquinia, L.; T'heophrasta, Juss.; Orcinus, Lour., etc.

152" FAMILLE. — PRIMULACÉES.

Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, à feuilles opposées ou verticillées, très-rarement alternes. Fleurs solitaires ou diversement groupées. Calice monosépale, à quatre ou cinq divisions. Corolle monopétale, à cinq divisions plus où moins profondes. Cinq étamines libres ou monadelphes, insérées au haut du tube de la corolle ou à la base de ses divisions, auxquelles elles sont opposées. Ovaire libre, à une seule loge, contenant un grand nombre d'ovules attachés à un placenta central. Style et stigmate simples. Fruit capsulaire, polysperme, s’ouvrant en trois ou cinq valves, ou par une fente cireulaire. Embryon cylindrique, entouré d'un endosperme charnu.

Les Primulacées habitent surtout les régions tempérées de l'hémisphère boréal, principalement de l'Europe et de l'Asie. Elles n’ont pas d'applications importantes, si ce n'est de servir à la décoration des jardins par la beauté de leurs fleurs.

Genres principaux : Primula, Linné; Androsace, Touru.; Cortusa, L.; Cyclamen, Tourn.; Soldanella, Tourn.; Glaux, Tourn.; Lysimachia, Mœnch; Trientalis, L.; Coris, Tourn.; Centunculus, L.; Anagallis, Tourn.; Samolus, Tourn., ete.

155" FAMILLE. — PLUMBAGINÉES.

Plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles alternes. Fleunéén épis ou en grappes rameuses et terminales. Calice monosépale, tubuleux, persistant, ordinairement à cinq divisions. Corolle monopétale, à cinq divisions quelquefois très-profondes. Étamines généralement au nombre de cinq. Ovaire libre, à une seule loge uniovulée. Trois à cinq styles, terminés par autant de stigmates subulés. Fruit : achaine enveloppé par le calice. Embryon entouré d’un endosperme farineux.

Ces plantes habitent les régions chaudes et tempérées du globe, et particulièrement les bords de la mer et les plaines salées. Les Dentelaires (Plumbago, Tourn.) sont des plantes âcres et corrosives, dont les racines sont quelquefois employées comme masticatoires. La Dentelaire d'Europe (P. Europæa, L.) a joui autrefois d’une grande réputation en médecine. Les Statice diffèrent beaucoup des Dentelaires par leurs propriétés médicales. La plupart ont une saveur astringente, mais nullement äcre, et jouissent de propriétés toniques. Elles améliorent beaucoup les pâturages des bords de la mer. Les racines de plusieurs sont employées pour le tannage des cuirs.

- 154 FAMILLE. — PLANTAGINÉES,

Plantes herbacées, rarement sous-frutescentes, à feuilles radicales ou éparses sur la tige. Fleurs en épis terminaux, plus rarement solitaires. Calice à quatre divisions profondes, persistantes. Gorolle monopétale, tubuleuse, à quatre divisions. Quatre étamines saillantes. Ovaire libre, à une, deux, rarement quatre loges, contenant un ou plusieurs ovules. Style capillaire. Stigmate subulé, simple ou bifide. Fruit : pyxide recouverte par la corolle persistante. Embryon entouré d’un endosperme charnu.

Les Plantaginées habitent surtout les régions tempérées de l'hémisphère boréal; elles sont très-

rares entre les tropiques. La plupart ont une saveur herbacée, un peu amère, légèrement astringente. Étant mâchées, elles donnent à la salive une couleur rougeûtre, et leur infusion aqueuse noircit quand on y verse du sulfate de fer. Les graines renferment une assez grande quantité de mucilage. Celles du grand Plantain (Plantago major, L.) servent à nourrir les petits oiseaux. Celles du Plantain des sables (P. arenaria, L.) s'emploient, sous le nom de Psyllium, pour laver les mousselines.

155" FAMILLE. — GLOBULARIÉES,

Plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles radicales ou éparses sur la tige. Fleurs petites, réunies en capitules globuleux, terminaux. Galice monosépale, tubuleux, persistant, à cinq divisions. Corolle monopétale, tubuleuse, irrégulière, à cinq divisions étroites et inégales, disposées en deux lèvres. Quatre ou cinq étamines alternes avec les divisions de la corolle. Ovaire à une seule loge uniovulée, inséré sur un petit disque unilatéral. Style grêle. Stigmate à deux divisions tubuleuses, inégales. Fruit : achaine recouvert par le calice. Embryon entouré d’un endosperme charnu.

Le genre Globulaire (Globularia, L.), qui constitue à lui seul cette famille, habite principalement les régions tempérées de l'Europe. Ses diverses espèces sont plus ou moins purgatives.

156“ FAMILLE, — UTRICULARINÉES.

Plantes herbacées, à feuilles réunies en rosette à la base des tiges, ou divisées en segments capillaires et souvent vésiculeux. Tige simple, portant une ou plusieurs fleurs. Calice monosépale, persistant, à deux lèvres. Corolle monopétale, irrégulière, éperonnée, à deux lèvres. Deux étamines incluses. Ovaire à une seule loge multiovulée. Style simple, court. Stigmate à deux lamelles. Fruit

capsulaire, à une seule loge polysperme, s’ouvrant par une fente longitudinale ou transversale. Embryvon dépourvu d’ endosperme

Ces plantes habitent les eaux tranquilles; on les trouve surtout dans les régions chaudes et tempérées de l’ancien continent. Les Utriculaires (Utricularia, L.) sont communes dans les fossés et les mares; les canards les recherchent avec avidité. Les Grassettes (Pinguicula, L.) croissent dans les lieux. humides, et servent à quelques usages économiques ou médicaux chez les habitants des campagnes. k

On peut rapprocher des Utricularinées la petite famille des Cyrtandracées, qui en diffère surtout par ses étamines, ordinairement au nombre de quatre et didynames. Ces plantes, toutes exotiques, présentent peu d'intérêt. Nous citerons seulement les genres suivants : Æschinanthus, Jack.; Liebigia, Endl.; Agalmila, Blume; Lysionotus, Don; Chirita, Hamilt.; Streptocarpus, Lindl., etc.

457" FAMILLE. — GESSNÉRIACÉES.

Plantes herbacées, rarement sous-frutescentes, à feuilles opposées ou alternes. Fleurs axillaires ou terminales. Calice monosépale, persistant, à cinq divisions, adhérant par sa base avec l’ovaire. Corolle monopétale, irrégulière, à cinq lobes inégaux, formant quelquefois deux lèvres. Deux ou quatre étamines. Ovaire infère et couronné par un disque épigyne, ou libre et inséré sur un disque hypogyne, souvent latéral. Style et stigmate simples. Ovaire à une seule loge mutiovulée. Fruit capsulaire, sec ou çharnu, s’ouvrant en deux oi Embryon entouré d'un endosperme charnu.

Toutes ces plantes sont exotiques et habitent le nouveau monde; elles abondent particulièrement sous l'équateur; quelques-unes sont parasites sur le tronc des vieux arbres. Leurs pro-

priétés sont encore fort peu connues; les baies de quelques-unes sont sucrées, mucilagineuses et comestibles.

Genres principaux : /soloma, Benth.; Prasantha, D. C.; Tidæa, Decne; Gessneria, L.; Gloxinia, Lhérit.; Ligeria, Decaisne; Trevirania , Willd.; Achimenes, P. Brown: Eumolpe, Decne; Nœgelia, Regel: Duchartrea, Decaisne; Mitraria, Cavan.; Hemiloba, Lindl.; Columnea, Plum.; Episcia, Mart. etc.

158" FAMILLE, — OROBANCHÉES.

Végétaux à tige portant des feuilles réduites à des écailles. Fleurs bractées, terminales, solitaires ou disposées en épis. Calice tubuleux, à sépales libres ou soudés. Corolle monopétale, irrégulière, souvent à deux lèvres. Étamines généralement didynames. Ovaire libre ou adhérent, à une ue loge multiovulée. Style simple. Stigmate à deux lobes inégaux. Fruit capsulaire, à une seule loge, s’ouvrant en deux valves. Embryon très-petit, placé au sommet d'un endosperme charnu.

La plupart de ces plantes sont parasites sur les racines d’autres végétaux. Elles habitent généralement l'hémisphère boréal et surtout la région méditerranéenne. Les Orobanchées renferment un suc légèrement astringent et amer; elles sont aujourd'hui bannies de la matière médicale. Une espèce

cause d'assez stands dégâts dans les chènevières. Les Clandestines (Lathræa, L.) vivent en parasites sur les racines des Dress et on leur a jadis attribué des propriétés merveilleuses.

159% FAMILLE. — SCROPHULARINÉES.

Herbes ou arbustes à feuilles alternes, plus rarement opposées, simples. Fleurs disposées en grappes ou en épis terminaux. Calice monosépale, persistant, à quatre ou cinq divisions inégales. Corolle monopétale, irrégulière, à deux lèvres, souvent personée. Quatre étamines didynames, quelquefois réduites à deux. Ovaire à deux loges pluriovulées, inséré sur un disque hypogyne. Style simple. Stigmate bilobé. Fruit capsulaire, à deux loges, s’ouvrant diversement par des trous terminaux ou des valves. Embryon droit, cylindrique, entouré d’un endosperme charnu.

Les Scrophularinées ou Antirrhinées sont à peu près répandues dans tous les climats du globe; rares sous Les tropiques, elles abondent surtout dans les régions tempérées et froides de l'hémisphère boréal. Elles offrent peu d’analogie dans leurs propriétés; la plupart cependant renferment un principe plus ou moins âcre qui leur communique des propriétés suspectes et délétères. Les jardins d’agrément leur doivent un certain nombre de belles fleurs.

Nous citerons surtout parmi ces dernières les différentes espèces des genres Schizanthus, P. et Pav.; Calceolariu, Feuil. (Calcéolaire); Verbascum, L. (Molène); Antirrhinum, Juss. (Mufier); Paulownia, Siebb.; Chelone, L.; Penstemon, Lhérit.; Mimulus, L. (Mimule); Buddleia, L.; Digitalis, Tourn. (Digitale); Veronica, L. (Véronique), etc. Quelques genres présentent plus d’intérét par leurs propriétés médicales : ainsi les Véroniques sont amères, aromatiques et légèrement excitantes; on emploie surtout les Véroniques cressonnée (V. beccabunga, L.), qui de plus est antiscorbutique, officinale (V. officinalis, L.\}, petit Chêne (VW. chamædrys, L.), des bois (V. tanerium, L.), en épis (V. spicata), etc. La Gratiole officinale ou Herbe à pauvre homme (Gratiola officinalis, L.) est un purgatif drastique, employé principalement dans la médecine populaire; c’est une plante dangereuse, dont on ne doit user que rarement et avec une grande circonspection. Les Scrophulaires (Scrophularia, L.), à peu près abandonnées aujourd’hui, ont été autrefois fort vantées, surtout dans le traitement des tumeurs scrofuleuses, de là leur nom. La Digitale pourprée, belle plante qui croit naturellement dans les bois montueux, a des propriétés très-énergiques, et l'on cite plusieurs cas d'empoisonnement par ce végétal. L'Euphraise est encore une plante délaissée aujourd'hui.

Des propriétés opposées distinguent les Molènes (Verbascum, L.), connues sous le nom vulgaire de Bouillon blanc. Les fleurs de ces plantes et surtout celles du VW. chapsus, L., sont employées

comme adoucissantes et pectorales; on les donne en infusion théiforme dans les catarrhes pulmonaires peu intenses; les feuilles bouillies dans l’eau sont émollientes.

Quelques Scrophularinées se trouvent dans les champs et sont regardées comme nuisibles, parce que leurs graines se mêlant à celles des céréales communiquent au pain un mauvais goût; telles sont les Euphraises (Euphrasia, L.), les Mélampyres (Melampyrum, L.), les Crêtes de coq (Rhinanthus, L.), etc.

Les genres dans cette famille sont très-nombreux; nous nous contenterons d'ajouter à ceux que nous venons d’énumérer les suivants : Celsia, L.: Anarrhinum, Desf.; Linaria, Tourn. (Linaire); Collinsia, Nutt.: Russelia, Jacq.; Halleriu, L.; Erinus, L.; Limosella, L.; Pedicularis, Tourn. (Pédiculaire); Tozzia. Mich., etc.

160" FAMILLE, — BIGNONIACÉES,

Arbres, arbrisseaux ou plus rarement plantes herbacées à tige souvent sarmenteuse et garnie de vrilles. Feuilles ordinairement opposées ou ternées. Fleurs terminales ou axillaires, diversement groupées. Calice monosépale, à cinq lobes. Corolle monopétale, plus ou moins irrégulière, à cinq divisions. Étamines généralement au nombre de quatre et didynames, plus rarement au nombre de deux ou de einq. Ovaire à une ou deux loges pluriovulées, porté sur un disque hypogyne. Style simple. Stigmate à deux lamelles. Fruit capsulaire, à une ou deux loges et s’ouvrant en deux valves, plus rarement charnu ou dur et indéhiscent. Graines souvent bordées d’une aile membraneuse dans tout leur pourtour. Embryon dressé, dépourvu d'endosperme.

Les Bignoniacées habitent pour la plupart les régions équatoriales de l'Amérique. Ces végétaux se M font généralement remarquer par la beauté de leurs fleurs, et quelques-uns se rencontrent fréquemment cultivés dans les parcs et les jardins. Beaucoup sont des Lianes, et la plupart présentent dans leur système ligneux une dispostion toute particulière.

Le Catalpa (Bignonia catalpa, L.) est un des plus beaux arbres d'ornement; il occupe une place distinguée dans les parcs et les jardins par la beauté de son feuillage et de ses fleurs blanches disposées en panicule. Originaire de la Caroline, il est aujourd'hui complétement naturalisé en France. La Bignone de Virginie (B. radicans, L.) et quelques autres espèces sont des arbrisseaux grimpants, à grandes fleurs rouges; on les emploie à couvrir les murailles, à orner les portiques, les berceaux, les tonnelles, ou bien on en forme des guirlandes, qui produisent un effet charmant. Les Martynia attirent l'attention par la forme bizarre de leur fruit; celui-ci est une capsule terminée par une longue corne qui se dédouble par la déhiscence. Le Sésame (Sesamum Orientale, L.) se recommande par un autre mérite; C’est une plante oléagineuse dont le produit est fort estimé, On lui a attribué une grande réputation contre la morsure des serpents; le Sésame n’a rien qui justifie cette réputa-. tion. À ces genres, il faut ajouter les suivants : Incarvillea, Juss.; Amphicome, Royl.; Calampelis, Don; Fridericia, Mart.; Tourretia, Domb.; Jacaranda, Juss.; Calosanthes, Blume; Colea, Boj.; Crescentia, Lin.; Craniolaria, Linné; Josephina, Vent., etc. S

161" FAMILLE. — ACANTHACÉES.

Herbes ou arbrisseaux à feuilles opposées. Fleurs bractées, disposées en épis. Calice monosépale,. à quatre ou cinq divisions régulières ou irrégulières. Corolle monopétale, irrégulière, ordinairemen bilabiée. Quatre étamines didynames, quelquefois réduites à deux. Ovaire à deux loges pluriovulées, inséré sur un disque annulaire, hypogyne. Style simple. Stigmate bilobé. Fruit capsulaire, à deux loges quelquefois monospermes, s'ouvrant avec élasticité en deux valves qui emportent avec elles. chacune la moitié de la cloison. Graines portées sur un placenta filiforme. Embryon dépourvu d’endosperme.

Réglisse,

La plupart des Acanthacées croissent dans les régions tropicales des deux continents; elles sont plus nombreuses dans le nouveau que dans l’ancien. Les parties herbactes de ces plantes renferment beaucoup de mucilage; quelques-unes sont amères, les autres âcres; un petit nombre contient une huile essentielle. Les espèces mucilagineuses sont employées chez les Indiens comme expectorants et émollients ; les autres passent pour excitantes. On peut dire qu'aucune d'elles n’est employée sous ce rapport en Europe, où leur usage se borne à la décoration des jardins.

On a divisé en sept tribus les genres nombreux que renferme cette famille; ils offrent généralement peu d'intérêt, et nous nous contenterons de citer les suivants : Thunbergia, L.; Nelsonia, R. Br; Hygrophila, R. Br.; Ruellia, L.; Echinacanthus, Necs; Barleria, L.; Acanthus, Tourn.; Aphelaritra, R. Br.; Gendarussa, Nees; Eranthemum, R. Br.; Justicia, Nees; Dicliptera, Juss.; Sautiera, Decaisne; Andrographis, Wall. etc.

162" FAMILLE, — MYOPORINÉES.

Arbustes à feuilles simples, alternes ou opposées. Fleurs axillaires, dépourvues de bractées. Calice persistant, à cinq divisions profondes, Corolle monopétale, presque régulière ou légèrement bilabiée. Cinq étamines, réduites le plus souvent à quatre didynames. Ovaire libre, inséré sur un disque annulaire, hypogyne, et présentant deux ou quatre loges contenant chacune un ou deux ovules. Style et stigmate simples. Fruit drupacé, contenant un nôyau à deux ou quatre loges, qui renferment chacune une ou deux graines. Embryon entouré d’un endosperme charnu.

Presque toutes les Myoporinées habitent l'Australie, et sont pour la plupart couvertes de glandules résineuses aromatiques. Elles sont peu nombreuses et se réduisent à ces quelques genres : Myoporum, Banks et Sol.; Dasymalla, Endl.; Pholidia, R. Br., Spartathamnus, À. Cunn.; Eremophila, R. Br.; Eremodendron, D. G.; Stenochilus, R. Br.; Bontia, Plum.

On doit rapprocher de cette famille le petit groupe des Sélaginées, composé de plantes toutes exotiques, propres au cap de Bonne-Éspérance; il renferme les genres Selago, L.; Hebenstretia, L.; Golycenia, Chois., etc.

165" FAMILLE, — VERBÉNACÉES,

Arbres ou arbrisseaux, rarement plantes herbacées, à feuilles ordinairement opposées. Fleurs en épi ou en corymbe, plus rarement solitaires, axillaires. Calice monosépale, tubuleux, persistant. Corolle monopétale, tubuleuse, ordinairement irrégulière. Quatre étamines didynames, quelquefois . réduites à deux. Ovaire à deux ou quatre loges, contenant un ou deux ovules. Stigmate simple ou bifide. Fruit bacciforme ou drupacé, contenaut un noyau à deux ou à quatre loges. souvent Mmonospermes. Embryon droit, entouré d’un endosperme mince et charnu.

Le genre Verveine (Verbena, L.) est nombreux en espèces; on trouve dans nos campagnes la Verveine officinale (V. officinalis, L.). Il est peu de végétaux auxquels la superstition et la crédulité des anciens aient prêté plus de propriétés miraculeuses. Employée autrefois dans l’art mystérieux des enchantements et de la sorcellerie, honorée chez les peuples de Rome et de la Grèce, révérée par les druides, elle a été longtemps considérée comme l'herbe à tous maux, réputation que les modernes ont réduite à sa juste valeur; elle est presque inusitée aujourd'hui; néanmoins les habitants des cam: pagnes l'emploient avec assez de succès contre la pleurésie. Plusieurs espèces, entre autres les F. melindres et pulchella, sont répandues dans les jardins d'ornement; on remarque surtout la Verveine à odeur de citron (V. triphylla, Lhér.; Lippia citriodora, L.), dont le parfum est si doux.

Le Gattilier (Vite Agnus-Castus, L.) a joui aussi d’une grande réputation pour maintenir la chasteté; inutile de dire que cette réputation est tombée, et que le Gattilier n’est plus aujourd’hui que ce qu'il doit être, un charmant arbrisseau d'ornement. On doit en dire autant des Callicarpa, des

Lantana, des Citharexylon, etc. Le Volcameria du Japon se fait remarquer par l’odeur fétide des feuilles, qui est plus que neutralisée par le parfum suave des fleurs. Nous citerons encore les genres : Spielmannia, Med.; Casselia, Nees; Priva, Adans.; Duranta, L.; Petrea, Houst.; Caryopteris, Bunge; Tectona, L.; Ægiphilla, Jacq.; Clerodendron, L.; Gmelina, L.; Cornutia, Plum., etc.

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