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TIGE DES MONOCOTYLÉDONES

La première année, la tige des Monocotylédones présente aussi un certain nombre de faisceaux disposés en cercle et ressemble ainsi assez bien à celle des Dicotylédones. Mais cette similitude

Fig. 29. — Coupe d'une tige d’asperge.

cesse bientôt; les faisceaux, au lieu de se grouper en couches concentriques, restent dispersés au milieu du parenchyme sans apparence d’un ordre régulier. Il n'y a donc rien ici qui ressemble à

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des rayons médullaires; la moelle n'existe pas non plus. La région médiane du tissu cellulaire, à laquelle on pourrait donner ce nom, n’est pas circonscrite dans des limites précises. Il n’y a pas comme dans les Dicotylées, un étui médullaire, formé essentiellement de trachées déroulables. C’es surtout dans cette classe que l’on observe ces moelles à développement plus lent que celui de la tige, et qui, n'étant pas assez extensibles pour suivre celle-ci, finissent par se creuser de profondes lacunes. Le groupe considérable des Graminées en présente des exemples frappants.

Si nous comparons dans sa structure anatomique un faisceau fibro-vasculaire de la tige d’une Monocotylée à celui que nous avons décrit dans une tige ou branche de Dicotylée de moins d’un an, nous les trouvons assez ressemblants. Le premier présente en effet, de dedans en dehors, 1° des trachées (t), puis des vaisseaux plus gros rayés ou ponctués (vp), les uns et les autres accompagnés et entourés de cellules ponctuées (u), quelquefois allongées en fibres; 2° un amas de vaisseaux laticifères (1) et de fibres à parois simples très-minces, enveloppés par un croissant d’autres fibres (f) tout à fait extérieures, à parois épaisses, résultant de plusieurs couches emboîtées les unes dans les autres. Mais là s'arrête la ressemblance. Les faisceaux des Monocotylées changent d'épaisseur et de structure à des hauteurs différentes; ils ne se séparent jamais en deux portions appartenant, l’une au système ligneux, l’autre au système cortical; enfin, les trachées et les vaisseaux laticifères, au lieu d’être circonscrits dans une région intérieure ou extérieure, comme dans les Dicotylées, sont disséminés dans toute l'épaisseur de la tige (1).

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Fig. 30. — Faisceau d’une tige de Monocotyléc.

Ces faisceaux sont très-nombreux dans une tige déjà un peu âgée; au centre de la tige, ils sont plus largement disséminés; mais, à la circonférence, ils sont plus multipliés, plus serrés, d'une teinte

Fig. 31. — Coupe transversale de Palmier.

plus noire, et forment une zone d’un tissu épais. De Jà la grande loi découverte par Desfontaines, et formulée par lui en ces termes : ?

(1) Jussieu, Elements de Botanique.

« D'après la structure interne des tiges, les végétaux se partagent en deux grandes classes : 4° ceux qui n’ont pas de couches concentriques distinctes, dont la solidité décroit de la circonférence vers le centre, où la moelle est interposée entre les faisceaux fibreux, sans prolongements médullaires en rayons divergents, les Monocotylédons; 2 ceux qui ont des couches concentriques distinctes, dont la-solidité décroît du centre vers la circonférence, où la moelle est renfermée dans un canal longitudinal avec des prolongements médullaires en rayons divergents, les Dicotylédons. »

Desfontaines avait cru pouvoir déduire de ces faits une théorie sur le mode d’accroissement des Monocotylédones; d’après lui, les faisceaux ligneux, se formant toujours dans la partie supérieure de la tige, se dirigeaient vers l’intérieur, puis en bas, en refoulant les faisceaux déjà formés, et conservant toujours par rapport à ceux-ci une position interne. La partie la plus anciennement formée de la tige se trouvait donc à la circonférence, la plus récente au centre; ce mode d’accroissement était donc précisément inverse de celui que nous avons vu dans les Dicotylédones. Desfontaines avait donné à ceux-ci le nom d'Exogènes (e&w, en dehors; yswvaw, engendrer), et aux Monocotylédones celui d’ÆEndogènes (sv, en dedans, etc.).

Fig. 32. — Faisceaux fibro-vasculaires d’une tige de Monocotylée.

Mais, dans ces derniers temps, M. Mohl a démontré que si le faisceau fibro-vasculaire s’infléchit en effet en dedans, il ne tarde pas à se dévier de cette direction, et à s’infléchir de nouveau vers la circonférence; à mesure qu’il descend, il croise les faisceaux plus anciens, et finit par arriver tout à fait au dehors de ceux-ci. Les faisceaux, dans ce trajet, s’épuisent et diminuent de volume, ce qui fait que la partie inférieure de la tige, quoiqu’en renfermant un plus grand nombre, présente le même diamètre que la partie supérieure. C’est encore pour cette raison que la tige des Monocotylédones ne s’accroît plus en diamètre passé un certain terme, bien qu’elle continue à s’accroître en hauteur, et qu’il se produise toujours de nouveaux faisceaux.

Les termes Exogène et Endogène expriment donc une idée fausse, du moins le dernier, et devraient par conséquent être bannis du langage botanique; on les a conservés néanmoins, et on.les emploie même assez fréquemment, parce que leur brièveté les rend d'un usage commode; mais on doit, en les employant, modifier leur signification d’après les découvertes modernes de la science.

L'écorce existe aussi dans les Endogènes, quoique moins distincte que chez les Exogènes; elle se compose : 4° d’un épiderme; 2° de tissu cellulaire; 3° enfin, de faisceaux de tubes fibreux (qui manquent quelquefois); mais ceux-ci ne forment jamais de feuillets.

Enfin, un dernier caractère qui distingue les tiges des Endogènes, c’est d’être en général simples et dépourvues de ramifications. Quelques plantes herbacées, l'Asperge, les Asphodèles, certaines Graminées, et plusieurs arbres des régions tropicales, les Baquois, les Draconiers, présentent néanmoins à cet égard une exception remarquable; cette exception en amène une autre pour ces derniers exemples, c’est l'accroissement ultérieur en diamètre par le développement de nouveaux faisceaux.

TIGE DES ACOTYLÉDONES.

Nous avons déjà vu combien le développement de ces végétaux est différent de celui des deux autres classes; ici pas d’embryon, pas de parties préexistantes dont l'accroissement constitue la jeune plante. Une cellule autour de laquelle viennent se grouper un certain nombre d’autres cellules, telle est la première période de la végétation. Le plus grand nombre de ces végétaux, les Algues, les Champignons, n’ont pas de tige. On en observe une dans les Mousses; mais elle est exclusivement cellulaire, ou tout au plus renferme-t-elle quelques fibres. Dans les Lycopodes, les fibres plus allongées constituent des vaisseaux annulaires ou scalariformes. Toutes ces plantes sont herbacées.

L'ig. 33. — Coupe d’une tige de Fougère en arbre.

Les Fougères, parmi les Acotylédones, nous présentent les tiges dont la structure est la pius remarquable. Toutes celles que l’on trouve dans nos climats sont herbacées; mais, sous les tropiques, on en voit qui s'élèvent jusqu'à quinze ou vingt mètres de hauteur. A l'extérieur, elles ressemblent aux Monocotylédones, et ont surtout le port des Palmiers. On a pensé longtemps qu’elles leur ressemblaient aussi par l’organisation intérieure. Mais elles en diffèrent par les caractères suivants :

4° Les faisceaux ligneux des Fougères sont moins nombreux, et affectent en général la forme de lames longitudinales et diversement contournées;

2 Ces faisceaux ligneux ou vasculaires sont anastomosés entre eux, de manière à former une sorte de réseau; .

3° Enfin, il n’y a jamais de véritables trachées.

Les lames ligneuses dont nous avons parlé forment, par leur réunion, le corps ligneux situé à l'extérieur de la tige. Toutes ces lames se soudent entre elles dans leur longueur, excepté dans quelques points. Elles se réunissent ordinairement deux par deux, laissant entre elles un espace rempli par un tissu moins coloré, pour former ces figures bizarres que présente la coupe transversale. Elles sont formées de tissu ligneux ou tubes fibreux à parois épaisses, colorés par une matière brune. I n'y a

pas d’écorce distincte dans la tige des Fougères; la partie extérieure qui en présente l'apparence est produite par les cicatrices des feuilles qui tombent (1). -

Les tiges des Acotylédones ne croissent que par leur extrémité supérieure et par l'allongement des faisceaux déjà formés; on a en conséquence donné à ces végétaux le nom d'Acrogènes (œge:, haut; yewaw, engendrer). Les Acotylédonés inférieurs, qui n'ont pas de tige, comme les Algues et les Champignons, ont été nommés Amphigènes où Thallogènes.

Certaines tiges ont reçu des noms particuliers; ainsi, la tige est appelée tronc dans les arbres Dicotylédonés; stipe, dans les Palmiers et les Fougères arborescentes; chaume, dans les Graminées (vulgairement les Céréales); rhixome, dans les Fougères herbacées et un grand nombre d’autres plantes, où elle est horizontale et souterraine, etc.

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