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RACINE

La racine est la partie inférieure, le système descendant de l'axe du végétal; elle s'enfonce ordinairement en terre, n'offre jamais la couleur verte, et ne porte ni feuilles ni bourgeons. Ces caractères la distinguent de la tige, et ne permettent pas non plus de la confondre avec les tiges souterraines ou rhizomes, dont nous venons de parler. Ajoutons encore qu’elle ne présente jamais d’angles, sauf une seule exception. L'étude de la structure interne nous offrira d’autres caractères non moins importants.

L'origine la plus commune de la racine est dans cette partie de l'embryon que nous avons désignée sous le nom de radicule. Mais déjà, à cette première période de son développement, on peut observer des différences notables dans les trois grandes classes de végétaux.

Dans les Dicotylées, la radicule, située en dehors de l’embryon, se développe simplement pour former la racine; dans les Monocotylées, la radicule est recouverte d’une membrane appelée coléorhixe, qu'elle est obligée de percer pour paraître au jour. De là les noms d’Exorhize (&w, en dehors; &z, racine) et d'Endorhize (:5, en dedans) donnés à ces deux groupes.

Nous savons déjà que dans les Acotylées il n’y a pas d’embryon, par conséquent pas de véritable radicule. La racine est formée par l'allongement des cellules inférieures; de là le nom d’Acrorhize; quant aux végétaux les plus inférieurs, tels que les Algues, les Lichens et les Champignons, qui n'ont pas de racines, ils ont été appelés Arhizes.

Dans les Dicotylées, la racine consiste en un axe principal, nommé souche ou pivot, qui présente des ramifications latérales de divers ordres. On l’a appelée racine simple. Mais le pivot peut s’enfoncer très-profondément, ou bien son développement s'arrêter de bonne heure, et alors les ramifications prennent un accroissement considérable, et rampent horizontalement presque à la surface du sol, ce qui justifie la distinction entre les racines pivotantes et traçantes.

Dans les Monocotylées, il n’y a pas d’axe principal, mais plusieurs axes secondaires ayant à peu près tous la même grosseur. Ceux-ci peuvent rester indivis, ou se ramifier un peu plus bas. Ces racines ont été nommées composées, fasciculées ou fibreuses.

Ainsi, les Dicotylées ont des racines simples, les Monocotylées ont des-racines composées. Les exceptions à cette grande loi ne sont qu'apparentes, et s'expliquent facilement par la destruction d’un ou de plusieurs axes, ou par leur développement exagéré. Mais le détail des faits sortirait des limites de cette introduction. On comprend d'ailleurs qu'entre ces deux modifications principales tous les degrés intermédiaires peuvent s’observer.

Les divisions des racines sont nommées radicelles; on a cru pendant longtemps que leur arrangement, leur distribution sur la souche, n’était soumis à aucune loi. Mais M. Clos a reconnu qu'elles

(1) Lucuarn, Éléments de Botanique.

étaient disposées en rangées verticales assez régulières, dont le nombre, compris entre deux et six, est assez constant dans les espèces appartenant à un même groupe naturel; ainsi, on en trouve deux dans les Crucifères et les Papavéracées, trois dans beaucoup de Légumineuses, quatre dans les Malvacées et les Ombellifères, cinq dans plusieurs composées, six dans le Marronnier d'Inde. Il a donné à cette partie de la science des végétaux le nom de rhizotaxie. Dans ce système, le collet serait la partie de la plante limitée en haut par les points d'insertion des Cotylédons, en bas par le plan où commencent à se montrer les rangées régulières de radicelles.

Fig. 34. — Racine simple. Fig. 35.— Racine composée.

Les divisions exirêmes, les plus ténues, ont reçu le nom de fibrilles, et leur ensemble constitue le chevelu. Dans les racines simples, vers l'extrémité, la surface en est souvent toute couverte; quelquefois ce sont elles qui seules paraissent constituer la racine, et d’autres fois, au contraire, elle en est complétement dépourvue. L'existence des fibrilles est temporaire; elles se flétrissent sur les parties vieilles de la racine, et il s’en produit de nouvelles vers les extrémités plus jeunes.

Fig. 36. — Racine fusiforme, Fig. 57 — Racine napiforme.

La forme extérieure de la racine est très-variable: c'est ordinairement celle d’un cône ou d’un cylindre assez souvent régulier, mais présentant quelquefois des renflements; on a alors les racines fusiformes, comme la Carotte; napiforme ou trochiforme, comme le Navet; tubéreuse, comme la Filipendule, etc. Il ne faut pas confondre ces dernières avec les vrais tubercules, qui sont des rameaux, et dont il sera question plus tard.

Nous n'avons considéré jusqu'à présent que les racines résultant du développement de la radicule, c'est là en effet leur origine la plus ordinaire. Mais il peut aussi s’en développer sur d’autres points, sur la tige ou sur les rameaux, par exemple. Celles-ci ont reçu le nom de racines adventives, On les remarque surtout dans Les végétaux des régions tropicales, tels que les Palmiers, les Dragonniers, les Fougères en arbre, etc. Elles s’observent aussi, bien qu'à un moindre degré, dans plusieurs espèces de nos climats; on peut d’ailleurs dans certains cas les produire à volonté, ainsi que le démontrent les opérations de jardinage connues sous le nom de bouture et de marcotte.

Comme toutes les parties du végétal, la racine commence par être composée uniquement de tissu cellulaire. Plus tard, une partie de ce tissu s'organise en fibres et en vaisseaux par un mode de développement analogue à celui que nous avons vu pour la tige. Il doit donc y avoir une très-grande analogie dans la structure de ces deux organes, et les détails dans lesquels nous sommes entrés au sujet de la tige permettront de bien saisir la structure de la racine, en tenant compte des différences.

Ces différences peuvent être exprimées en quelques mots. On ne trouve dans l’intérieur de la racine ni moelle, ni étui médullaire, ni trachées; son épiderme ne présente pas de stomates.

Suivant leur durée, les racines ont été distinguées en annuelles, bisannuelles, vivaces et ligneuses. Les premières sont celles des plantes qui, dans l’espace d’une année, se développent, fructifient et meurent, comme le Blé. Les racines bisannuelles sont celles des plantes à qui deux années sont nécessaires pour acquérir leur parfait développement, par exemple la Carotte. On a donné le nom de racines vivaces à celles de plantes dont la tige meurt tous les ans, tandis que la racine persiste pendant un certain nofnbre d’années, en produisant de nouvelles tiges, comme la Luzerne. Les racines ligneuses en diffèrent par leur consistance plus solide, leur tissu ligneux et la persistance de la tige; telles sont celles des arbres et des arbrisseaux.

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