‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 15 sur 430 · OU ARRANGEMENT DES FEUILLES SUR LA TIGE · texte numérisé non relu

OU ARRANGEMENT DES FEUILLES SUR LA TIGE

Lorsque les feuilles se trouvent réunies en une sorte de rosette au collet de la plante, ce qui arrive forcément lorsque la tige est presque nulle, on les nomme feuilles radicales, bien qu'elles ne dépendent nullement de la racine. Elles sont dites caulinaires ou raméales si elles sont portées par la tige ou par les rameaux. Dans l’un et l’autre cas, leur disposition n’est pas arbitraire, comme on le croirait souvent à première vue; mais elle est soumise à des lois fixes et assez simples.

Le point où une feuille naît de l'axe s'appelle nœud; les intervalles qui séparent ces points sont dits entre-nœuds ou mérithalles. Un nœud peut porter une ou plusieurs feuilles; dans le premier cas, elles sont alternes ou éparses; dans le second, verticillées. Mais ce terme d’éparses est impropre, comme nous allons le démontrer.

Si, prenant une feuille pour point de départ, on passe successivement aux feuilles les plus voisines, on en trouvera une qui se place juste au-dessus de la première; que l’on répète cette opération plusieurs fois sur le même végétal, et l’on pourra se convainere que le nombre de feuilles comprises entre deux feuilles superposées exactement est constant. Mais ce nombre change d’un végétal à l’autre.

Pour arriver ainsi à une feuille qui soit placée exactement sur celle que l’on à prise pour point de départ, il à fallu faire une ou plusieurs fois le tour de la tige. Or, on peut exprimer ces deux nombres par une fraction, dont ce dernier serait le numérateur, et l’autre le dénominateur. Ainsi. par exemple, dans le Cerisier, les feuilles se superposent de cinq en cinq, après avoir fait deux fois le tour de l'axe; ce rapport sera exprimé par ?; dans l’Orme, de deux en deux, en faisant une seule

fois le tour; ce sera +. Ces quantités, avons-nous dit, sont susceptibles de varier dans les différents végétaux; mais le nombre de ces combinaisons est assez restreint, et presque toutes rentrent dans la série suivante :

série qu'il est facile d'établir en additionnant toujours les deux termes semblables de deux fractions contiguës. On a donné aux feuilles qui offrent l’une des trois premières dispositions les noms particuliers de feuilles distiques, tristiques et quinconciales; elles sont de beaucoup les plus communes. On comprend d’ailleurs aisément qu’à mesure que les nombres s’élèvent, il devient plus difficile de déterminer les rapports ou cycles de feuilles.

Dans les feuilles rapprochées en rosette, comme les feuilles radicales, on les détermine en faisant passer une ligne par les points d'insertion de toutes les feuilles. Ainsi, la figure présente un cycle de treize feuilles embrassant cinq tours de spire, et exprimée en conséquence par --. Les mêmes dispositions se retrouvent, avec un peu plus de complication, dans les cônes de Pin, les fleurs de Magnolia, etc.

On trouve quelquefois trois autres séries différentes de celles que nous avons citées; mais les cas sont si rares, que nous devons nous borner à cette simple constatation. Enfin, il est des feuilles qui décrivent une courbe indéfinie, et ne peuvent jamais, dans leur série, être ramenées l’une au-dessus de l’autre sur une même ligne droite.

Nous avons défini les feuilles verticillées, celles qui naissent plusieurs sur un même nœud; leur ensemble forme un verticille. En général, les feuilles d’un même verticille sont séparées entre elles par des intervalles égaux, et par conséquent l'arc interposé est égal à la circonférence, divisé par le nombre de feuilles, +, +, etc. Les pièces de deux verticilles consécutifs ne sont pas superposées exactement, mais celles du verticille supérieur correspondent aux intervalles du verticille inférieur.

Quand le verticille n’a que deux feuilles, on les appelle feuilles opposées. D’après ce que nous venons de dire, il est clair que ces systèmes de feuilles doivent se croiser à angle droit; cette disposition est appelée décussation, et les feuilles qui la présentent sont décussées.

Fig. 60, — Cône de Pin maritime.

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