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OVULE

Nous avons déjà parlé de l’ovule au sujet de l'ovaire. Il nous suffira ici de quelques détails pour terminer l'étude complète de cet organe. L’ovaire peut renfermer un, deux, trois ou plusieurs ovules dans chaque loge; on dit alors que celle-ci est uniovulée, biovulée, triovulée ou multiovulée. On emploie quelquefois aussi les mots de monosperme ou polysperme, qui s'appliquent bien plus rigoureusement au fruit ou à ses loges.

Après le nombre des ovales dans chaque loge, le point le plis important à étudier est leur position dans la loge.

L'ovule est dressé, quand le placenta est situé à la pus même de la loge, et que l’ovule avec le funicule s’élèvent à peu près verticalement. Il est, au contraire, renversé quand il pend avec le funicule du sommet de la loge, point auquel est inséré alors le placenta.

L'ovule est pendant ou suspendu lorsque le placenta est inséré sur le côté de la loge dans sa partie supérieure. Il est ascendant si cette insertion latérale a lieu, au contraire, dans le bas de cette même loge.

Les mêmes expressions s’emploient lorsque, le placenta étant inséré vers le milieu d'un des côtés, l'ovule dirige sa pointe en haut ou en bas.

L'ovule est quelquefois horizontal, expression qui n'a pas besoin d’être définie.

L'ovule recourbé ou campylotrope est celui qui est fortement recourbé sur lui-même, de manière que ses deux extrémités se touchent.

Les ovules sont dits juxætaposés ou collatéraux lorsqu'ils sont insérés à côté l’un de l’autre; ils sont, au contraire, superposés quand ils sont l'un au-dessus de l’autre.

Lorsque le nombre des ovules que renferme une loge devient un peu considérable, il devient de plus en plus difficile de préciser leur direction.

L'ovule n’est, à l'origine, qu’un petit mamelon cellulaire se développant sur un point de l’intérieur de la loge; son volume augmente progressivement, et sa forme devient celle d’un sphéroïde allongé.

C’est à cette petite masse que l’on a donné le nom de nucelle. Dans le centre de celui-ci se forme une petite cavité dans laquelle, après la fécondation, on voit se développer un nouveau corps cellulaire, qui deviendra plus tard l'embryon, suspendu à un filet qu’on nomme suspenseur. L'intérieur de la cavité es tapissé d’une membrane nommée sac embryonaire.

Dans le plus grand nombre de cas, le nucelle se revêt d'une enveloppe extérieure, presque toujours double. Toutes deux sont percées d’une ouverture nommée endostome pour l'interne, exostome pour l’externe; la réunion de ces deux ouvertures constitue le micropyle.

M. De Mirbel, dans son beau travail sur l’ovule, a nommé primine l'enveloppe la plus externe; secondine, celle qui la suit immédiatement; tercine, le nucelle lui-même; quatrine, une membrane qui se forme quelquefois entre le nucelle et le sac embryonaire, et dont l'existence, très-rare et trèspassagère, l’a fait négliger par plusieurs auteurs; quintine, enfin, le sac embryonaire. Voici les termes correspondants proposés par MM. Robert Brown et Brongniart, à qui la science est aussi redevable d’excellents travaux sur ce sujet :

MiRBEL. R. Browx. Ap. BRoNGNIART, Primine. Testa. Testa.

Secondine. Membrane interne. Tegmen.

Tercine. Nucléus. Amande.

Quartine,

Quintine. Amnios.

Le funicule laisse à l'extérieur de l’ovule une empreinte nommée hile, bien visible dans le Marron d'Inde, et à l’intérieur une autre nommée chalaze: si les deux ne se correspondent pas exactement, elles sont unies par un autre cordon, caché sous les téguments et nommé raphé. Ces détails étaient nécessaires-pour faire comprendre les trois formes de T'ovule, qui fournissent des caractères importants pour la classification.

Dans l’origine, le hile, la chalaze et le micropyle, pourraient être traversés par un arc rectiligne. Certains ovules conservent toujours cette direction, et sont nommés ovules droits ou orthotropes, mais on n’en trouve de semblables que dans un très-petit nombre de plantes, telles que le Noyer, les Polygonées et une partie des Urticées. Quant aux autres, ils dévient plus ou moins de la ligne droite et de différentes manières, suivant les genres et les familles. Il en est qui, tout entiers, se courbent sur eux-mêmes en forme de rein, rapprochant ainsi du hile le micropyle ou sommet du nucelle; ces ovules, dont les familles des Légumineuses, des Crucifères et des Caryophyllés fournissent de nombreux exemples, portent le nom de recourbés ou campylotropes. D’autres, les réfléchis ou anatropes, par la courbure graduelle de la base de leur axe, se rapprochent peu à peu du cordon onfbilical, et, après avoir décrit un demi-cercle, le rencontrent, se saudent avec lui, et le confondent en quelque sorte dans leur substance. Souvent le cordon, ainsi soudé, se montre comme une proéminence extérieure, mais souvent aussi il ne se laisse point apercevoir; la partie soudée du cordon est le raphé. Du reste, on observe assez souvent des transitions de l’un à l’autre de ces trois états.

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