‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 30 sur 430 · GRAINE · texte numérisé non relu

GRAINE

L'étude assez détaillée que nous avons faite de l'ovule rendra plus facile celle de la graine; nous y retrouverons, presque sous les mêmes termes, les mêmes organes essentiels. Mais, avant, nous devons dire un mot de deux organes accessoires et peu répandus.

Au sommet de la graine de quelques plantes, du Ricin, par exemple, on observe un petit rerfle-

ment charnu; c’est une caroncule. Dans d’autres, le funicule se renfle immédiatement auprès de la graine, déterminant ainsi une petite protubérance à sa surface. Cette expansion peut prendre un tout autre développement, et envelopper plus où moins complétement l'ovule ou la graine en formant ce que l’on appelle un arille. D'autres fois, au contraire, l'arille naît des bords du micropyle, et constitue un faux arille ou arillode. On en voit des exemples dans le Fusain, ainsi que dans le Muscadier, où on l'appelle macis.

Fig. 192. — Arille. Fig, 123. — Arille.

La graine n'est que l'ovule fécondé et apte à se détacher du végétal pour en reproduire un semblable. Sa forme, sa consistance, sa couleur, son volume, sont très-variables. On y distingue deux parties essentielles, l'épisperme ou tégument, et l’'amande. Le premier résulte du développement des deux membranes externes de l’ovule, la primine et la secondine : celles-ci s'appellent dans la graine testa et tegmen, et nous avons vu qu’elles portaient déjà ce nom dans l’ovule, d'après M. Brongniart. Le tegmen offre presque toujours l'aspect d’une membrane mince; le testa est plus dur, plus coriace, souvent rugueux, comme dans l’amande, ou luisant, comme dans le marron d'Inde.

L'amande renferme deux parties bien distinctes, l’endosperme et l'embryon. L'endosperme n'existe pas toujours. Richard a nommé embryon endospermique celui qui est pourvu d’un endosperme; embryon épispermique, celui qui est dépourvu et qui par conséquent est recouvert immédiatement par l'épisperme. La présence ou l'absence de l'endosperme est généralement constante dans les plantes d'un même groupe, et fournit de bons caractères. Il en est de même de sa nature; on distingue, sous ce rapport, trois sortes d’endospermes, dont la consistance est différente. L’endosperme est farineuæ dans le Blé, charnu dans le Ricin, corné dans le Café. Ces exemples font mieux connaître les divers endospermes que toutes les définitions qu'on pourrait en donner. Il n’est pas besoin de dire que le volume absolu ou relatif de l'endosperme varie dans les différents végétaux.

Page 1