ABSORPTION
C’est par les racines que s’exerce principalement cette fonction, et surtout par l'extrémité des radicelles. Il est facile de le démontrer. Si l’on prend deux plantes pareiïiies et qu’on les dispose dans des vases de telle manière que l’une plonge dans l’eau seulement par l'extrémité des radicelles, et que l’autre ait toutes ses racines dans le liquide, à l’exception de ces mêmes extrémités, la première continuera à végéter activement, la seconde languira au contraire et finira même par succomber.
Mais ce n’est pas exclusivement par les racines que se fait l'absorption du liquide; les feuilles, Les Jeunes écorces peuvent aussi jusqu’à un certain point exercer cette fonction. Pour le prouver, Bonnet a exposé des branches d’arbre dans un lieu couvert et humide qui püt les conserver vertes pendant quelques jours, et leur poids s’y est constamment trouvé avoir pris de l'augmentation; or, n'ayant point de racines pour absorber, et la coupure du bois étant bouchée avec de la cire, elles n’ont pu le faire que par les feuilles et par l'écorce.
Cherchons maintenant quelle est la cause de l'absorption. Longtemps on a cru que les extrémités des radicelles avaient une structure pareille à-celle des éponges; que leur tissu était criblé de petits trous analogues aux canaux afférents dé ces dernières; de là le nom de spongiole donné à ces organes. Le liquide pénétrait dans ces ouvertüres par une force de succion très-énergique; telle est l'explication que l’on trouve reproduite même dans quelques ouvrages modernes. Mais, outre que l'examen microscopique n’a pas montré, cette structure, on peut demander où réside cette force de succion. Ce n’est assurément pas dans les interstices, et il est fort difficile d'admettre que ce soit dans les cellules. D'ailleurs toute succion suppose un vide produit; on comprend bien la succion des bourgeons, mais non celle des spongioles.