‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 35 sur 430 · PA · texte numérisé non relu

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Fig. 125. — Rhododendron Coquette de Paris.

Dutrochet à découvert la véritable cause de l'absorption, l’endosmose : c’est cette force en vertu de laquelle deux liquides de densité différente, séparés par une membrane animale ou végétale, comme une vessie ou une gousse de Baguenaudier, pénètrent chacun à travers la membrane dans le liquide opposé, mais de telle manière que le moins dense pénètre en proportion plus considérable dans le plus dense, dont le niveau se trouve ainsi élevé. Toute endosmose entraîne donc nécessairement une exosmose. Le mouvement ascensionnel s’arrête quand les deux liquides ont atteint la même densité.

Il est facile d'appliquer ce phénomène à l'absorption du végétal. Vers la fin de l'hiver, avant le développement des bourgeons, il se forme sur les racines de nouvelles fibrilles dont l'extrémité, formée d'un tissu naissant et gorgée de sucs très-denses, se trouve dans un état de turgescence favorable

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à l’action endosmique. Le liquide extérieur est de l'eau tenant en dissolution quelques sels; ce liquide, moins dense que celui qui est renfermé dans la première cellule, y pénètre et en diminue ainsi la densité. Celui-ci se trouve alors dans les mêmes conditions par rapport à la seconde cellule; il y a done endosmose de la première à la seconde, de la seconde à la troisième, et ainsi de suite, jusqu'au point où le liquide rencontre les ouvertures des vaisseaux. Le liquide extérieur pénètre d'autant plus facilement dans les cellules que l'excès de densité du liquide intérieur est plus considérable. C’est ce qui rend raison des faits énoncés tout à l'heure; c’est ce qui explique aussi pourquoi l'eau pure est absorbée plus aisément que les dissolutions salines, et pourquoi la facilité d'absorption des liquides est en raison inverse de leur viscosité. C’est ainsi que, si l’on voulait arroser les végétaux avec des solutions de sucre ou de gomme, pour leur donner un aliment plus substantiel, on manquerait complétement son but.

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Fig. 196. — Camélia du Japon

La force qui fait pénétrer les liquides dans les végétaux n’est donc pas une force de succion, mais bien une force d’impulsion.

Relativement à l'état des matières absorbées, Saussure a fait de nombreuses expériences dont il a pu conclure les faits suivants : 4° les plantes n’absorbent que les substances parfaitement dissoutes; 2 elles absorbent toutes ces substances sans exception; 3° elles ne les absorbent pas en égale quantité.

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