ÉVAPORATION
L'évaporation ou exhalaison aqueuse par les parties du végétal exposées à l'air, dont nous avons eu déjà occasion de parler comme de l’une des causes les plus puissantes de l'ascension habituelle de la séve, se fait presque entièrement par les stomates, quoiqu’elle ait lieu sur tout le reste de la surface, mais assez faiblement pour qu’on puisse la nommer insensible. On s’est assuré aisément qu'elle est toujours proportionnelle au nombre des stomates et à la quantité de lumière. Elle est donc plutôt analogue à l’exhalation pulmonaire qu’à la transpiration. Elle est encore en raison directe de la sécheresse et de la chaleur de l'atmosphère, et aussi de la vigueur et de la jeunesse du végétal. -
Pour démontrer l’existence de cette fonction, Duhamel, ayant élevé des arbres en pots dont il bouchait le dessus, s’assura par ce moyen que, si l'eau des arrosages ne pouvait s’évaporer par le terrain, soit en dessus, soit en dessous, elle devait nécessairement le faire par ce qu'il nommait les pores ou les organes excréteurs de l'arbre. Hales, Bonnet et d’autres physiologistes arrivèrent aux mèimes résultats.
Haller chercha à mesurer l’évaporation; il observa qu’en douze heures, par un jour sec et chaud, un Chou perd 7 à 8 hectogrammes (25 onces) par la transpiration de ses feuilles; qu'un Soleil de 1,20 (3 pieds 1/2) de haut perd plus de 9 hectogrammes (30 onces); et qu’un hectare en Houblon transpire 2,400 pintes d'eau.
La nutrition de la plante se fait d'autant mieux que la transpiration est en rapport avec l'absorption. Ce rapport doit être tel que les deux tiers du liquide absorbé soient exhalés, l’autre tiers restant fixé dans la composition du tissu végétal. La nature a sagement établi ce rapport; les plantes des vallées et des lieux humides ont ordinairement de larges feuilles, et, en effet, absorbant beaucoup, il leur fallait des surfaces évaporatoires très-étendues. Il en est tout autrement des plantes des montagnes et en général des lieux arides, destinées à vivre dans des conditions differentes.