NUTRITION
Nous avons vu les végétaux puiser dans l'atmosphère et dans le sol les éléments qui servent à leur développement. Ces éléments sont combinés déjà et constituent des composés inorganiques solides, liquides et gazeux : ce sont des sels, de l’eau, de l'acide carbonique, de l'ammoniaque. Ces composés passent en dissolution dans l'immense quantité d’eau que peut absorber une plaute pendant sa végétation; presque toutes ces substances arrivent dans les surfaces vertes externes et supérieures, elles se trouvent mêlées avec des matières organisées venant du végétal lui-même; là, elles reçoivent l'influence de la lumière qui les décompose, les modifie, les assimile, les organise en un mot, et crée de toutes pièces les substances végétales.
Les phénomènes de nutrition varient avec les mouvements de la séve, qui eux-mêmes sont subordonnés aux saisons de l’année. Au printemps, il se développe des feuilles et des rameaux; mais ceuxci, quand ils ont acquis leurs dimensions parfaites, ont encore une consistance herbacée; ce n’est que plus tard qu'elle devient ligneuse, que les rameaux s’aoûtent, comme on dit en termes de jardinage. Le végétal arrive alors à un état d'équilibre qui n'implique pas l'immobilité de la séve, mais seulement son mouvement modéré d'après les besoins d'un état qu'il ne s’agit plus que d'entretenir, en compensant les pertes continuelles qui accompagnent l'exercice même de la vie, en complétant ce qui peut encore manquer sur certains points, et préparant pour l'année suivante les organes qu'elle doit à son tour développer et les matériaux destinés à cet usage.
Si tout ce travail vital s’est commencé et exécuté de bonne heure. si l’année a été précoce, il peut arriver que ces matériaux se trouvent prêts en quelque sorte trop tôt, dans une saison qui n’est pas encore assez avancée, et leur présente ainsi les conditions propres à provoquer leur développement anticipé. C'est ce qui arrive assez souvent vers la fin de l'été, où l'on voit pousser quelques-uns des bourgeons nouvellement formés, se renouveler quelques phénomènes partiels du printemps, et nécessairement avec eux se ranimer pour un moment le mouvement ascensionnel de la séve : c’est ce qu'on norme la séve d'août.
Il languit de nouveau. Pendant l'automne, l’évaporation des surfaces à diminué de plus en plus; les tissus se sont séchés en se solidifiant; les feuilles peu à peu meurent ou tombent, et l'arbre arrive à cet état de repos presque complet dans lequel la vie semble suspendue. Le mouvement de la séve a cessé alors avec ses causes, et s'arrête plus ou moins complétement pour toute la durée de l'hiver
Pour suivre les différentes phases de ce mouvement annuel de la séve, nous avons choisi les exemples les plus familiers, ceux des arbres de nos climats. Quant aux végétaux des latitudes plus chaudes, les époques changent; et, sous les tropiques, les intervalles de repos semblent devenir presque nuls, le mouvement presque continu (1).
L'absorption et la circulation sont des phénomènes qui paraissent se passer sous l’influence presque exclusive des forces physiques. La respiration, l'élaboration de l'aliment végétal, peut le plus souvent être facilement expliquée par la chimie. Quant à l'assimilation, elle dépend de cette force inconnue, nommée force vilale, qui, du reste, préside à tous ces phénomènes comme à ceux de la nutrition des animaux. Notons ici une différence entre ces deux classes d'êtres. Dans l'animal, l'aliment ne devient propre à être absorbé qu'après avoir subi une opération préliminaire, la digestion; rien de semblable chez les végétaux.
En même temps, avons-nous dit, que le fluide nourricier parcourt les tissus, fournissant à chaque organe les matériaux nécessaires à leur accroissement, fonction qui constitue l'assimilation, il se sépare de lui certaines substances qui se déposent dans des réservoirs particuliers et y forment des produits très-variés : c'est la sécrétion. On voit donc qu'il est souvent difficile de distinguer nettement ces deux fonctions.
Avant de passer à cette dernière, nous présenterons un résumé de la nutrition des végétaux com-
(1) Jussier, Éléments de Botanique
parée à celle des animaux, en citant le tableau établi par M. Dumas, sous le titre de Balance chimique des végétaux et des animaux.
BALANCE CHIMIQUE DES VÉGÉTAUX ET DES Animaux, par M. Dumas. Q ;
Le Végétal : L’'Animal :
Appareil de réduction; Appareil de combustion; Immobile; Locomoteur; Réduit du carbone, Prûle du carbone, — de l'hydrogène, — de l'hydrogène, — de l'ammonium; — de l'ammonium; Fixe de l'acide carbonique, Exhale de l'acide carbonique, — de l’eau, — de l’eau, — de l’oxyée d’ammonium, — de l’oxyde d'ammonium, — de l'azote; — de l'azote; Produit de l'oxygène, Consomme de l'oxygène, — des substances grasses, = des substances grasses, — des matières azotées neutres, — des matières azotées neutres, — des sucres, fécules, gommes; — des sucres, fécules, gommes; Absorbe de la chaleur, Produit de la chaleur, Soutire de l'électricité; — de l'électricité; Emprunte ses éléments à l'air et à la terre. Rend ses éléments à l'air et à la terre; Transforme les matières minérales en ma- Transforme les matières organiques en matières organiques. tières minérales.