RENNAIS. , A2 14 Z
On voit encore que ces substances peuvent passer de l'une à l’autre par l'addition ou la soustraction d’une petite quantité d’eau.
Fig. 128. — Passiflora edulis.
* Le ligneux, où matière incrustante du bois, ne diffère de la cellulose que par plus de carbone et un peu plus d'hydrogène. Il est vrai que sa nature n’est pas encore bien connue, puisque M. Payen le considère comme formé de quatre principes immédiats, dont il a donné la composition, tandis que M: Regnault déclare qu’on ne connaît aucun moyen d'isoler le ligneux à l’état de pureté, et qu'il est habituellement mêlé à des matières résineuses. Quoi qu’il en soit, sa proportion varie dans les différents végétaux, et, pour le même végétal, dans les diverses couches, le bois parfait en renfermant plus que l’aubier.
Le cambium, sur lequel nous aurons à revenir plus tard, est une substance quaternaire au sujet de laquelle ont été émises les opinions les plus contradictoires; quelques-uns même ont formellement nié son existence, comme celle de la séve descendante. MM. De Mirbel et Payen le regardent comme un liquide constamment azoté, ayant la propriété de sécréter la cellulose, matière d’abord extensible, mais qui ensuite s’épaissit, durcit, et finit par devenir inerte et concrète. Il sécrète aussi le ligneux, le sucre, la gomme, les huiles fixes et volatiles, les résines, les gommes, les matières colorantes. Pour M. Richard, le cambium est le fluide nourricier, le sang des végétaux, ne se transformant pas plus que le sang des animaux en tissus, mais fournissant à ceux-ci les matériaux nécessaires à leur accroissement. Le nom de couche régénératrice tend aujourd’hui à remplacer l’expression un peu vague de cambium.
Parmi les autres substances quaternaires, nous nommerons le latex, qui nous est déjà suffisamment connu, puis les matières azotées neutres; savoir : la fibrine, l'albumine, la caséine et la glutine. Leur composition est la suivante
CARBONE. FyDROGÈNE. AZOTE. OxYGcÈNE.
HE mou, . 59,7 — 6,9 16,6 = 09258; Albumine, caséine et glutine. . 53,5 — 7,0 — 15,7 — 23,8.
On voit encore que ces substances azotées peuvent passer aisément de l’une à l’autre, puisqu'elles ont à peu près la même composition.
L'étude approfondie de la pectine et de l'acide pectique, dit M. Boussingault, contribuera trèsprobablement à jeter du jour sur les métamorphoses que subissent les matières organiques pendant l'acte de la végétation. On a trouvé l'acide pectique dans toutes les plantes où on l’a cherché. Ainsi M. Braconnot l'a rencontré dans les racines de Navet, de Carotte, de Betterave, de Phytolacca, de Scorsonère, de Pivoine, de Patience, de Phlomide tubéreuse; dans les bulbes, les tiges et les feuilles des plantes herbacées; dans les couches ligneuses et l'écorce de tous les arbres examinés, dans les pommes, les poires, les prunes, les abricots, les fruits des Cucurbitacées. M. Braconnot est même très-disposé à penser que l'acide pectique pourrait bien constituer le cambium ou la matière organisatrice de Grew et de Duhamel.
Les gommes, les résines et les gommes-résines sont trois classes de produits assez analogues et remarquables par la forte proportion de carbone et d'hydrogène, surtout les deux dernières.
Les gommes sont des produits concrets, d’une saveur fade et visqueuse, insolubles dans l'alcool, solubles ou susceptibles de suspension dans l'eau, et lui communiquant plus ou moins de consistance; lorsqu'elles sont ainsi divisées, on leur donne le nom de mucilage. Telles sont les substances connues dans le commerce sous les noms de gomme arabique, du Sénégal, adragante, gomme du pays, etc. Elles sont généralement fournies par les familles des Légumineuses et des Rosacées.
Les résines sont des sucs qui découlent naturellement des végétaux, ou qui sont obtenus par divers procédés particuliers. Elles sont solides ou liquides. Leur propriété générique est d’être insolubles dans l’eau et solubles dans l’éther, l'alcool, ou dans les huiles fixes et les huiles volatiles. Tels sont le copal, la laque, la térébenthine, le gaïac, le mastic, la sandaraque, etc. Les Conifères et les Térébinthacées en produisent le plus grand nombre.
Les gommes-résines, ainsi que leur nom l'indique, participent des gommes et des résines, et paraissent résulter de l’union de ces deux genres de corps. Elles ne sont que très-imparfaitement solubles dans l'eau, et leur dissolution est opaque et laiteuse, parce que la résine n’y est que suspendue. Elles ne sont également qu’en parties solubles dans l'alcool pur, mais elles se dissolvent en entier dans l'alcool faible et bouillant. Nous citerons pour exemples l’assa-fætida, le galbanum, opopanax, la gomme-gutte, l’oliban ou encens, etc. Ces produits se trouvent surtout dans les familles des Ombellifères et des Térébinthacées.
On trouve dans les végétaux deux sortes d'huiles : les unes, dites essentielles ou volatiles, à odeur plus ou moins forte, légèrement solubles dans l’eau et se volatilisant sans décomposition; les autres, appelées fixes, ne possédant aucune de ces propriétés. Les cires ne diffèrent guère de celles-ci qu’en ce qu’elles sont solides à la température ordinaire.
L'accumulation de l'oxygène, qui a lieu surtout à l'obscurité, produit dans les divers xégétaux un très-grand nombre d'acides, parmi lesquels nous citerons les acides citrique, malique, acétique, etc. Sa soustraction peut donner un résultat analogue, par exemple, l'acide cyanhydrique ou prussique; mais le plus souvent elle fournit des produits d’un genre tout opposé, de véritables bases alcalines, pouvant se combiner avec les acides pour former des sels, et dés ignées sous le nom d’ alcaloïdes; telles sont la quinine, la morphine, la strychnine, etc. C'est dans ces substances quaternaires que les propriétés les plus énergiques des végétaux paraissent résider et que l’on trouve en général les médicaments et les poisons les plus actifs.
Enfin, les substances minérales que l’on trouve le plus communément dans les végétaux sont, outre la silice, la potasse, la soude, la chaux, la magnésie, etc.; les substances dites végéto-minérales résultent de la combinaison de ces bases avec les acides organiques.