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BOUTURE

La bouture diffère de la marcotte en ce que la branche est séparée de la plante mère avant d’avoir poussé des racines. C’est principalement dans les arbres à bois tendre, tels que les Saules, que cette opération réussit; elle est plus difficile dans les arbres à bois dur ou résineux, tels que les Chênes, les Pins, etc. Pour que les boutures réussissent mieux, on fait en sorte que la branche mise en terre ait deux ou trois jeunes bourgeons au-dessous de la surface du sol : ceux-ci se développent en racines, et hâtent la reprise de la bouture. On peut faire aussi à l'écorce des incisions, qui provoquent la formation de bourrelets où la séve s’accumule.

La bouture simple se fait avec une branche de la dernière pousse; elle est propre à la multiplication de beaucoup d'arbres et d’arbustes d’orangerie, de serre chaude et de quelques espèces de pleine terre.

La bouture à bois de deux ans est faite avec une branche sur laquelle se trouve une portion de bois de deux ans et de l’année précédente. On l’emploie à la multiplication des arbres et arbustes de pleine terre.

La bouture à talon est faite avec une branche de la dernière pousse, et avec la nodosité qui la joignait à la tige. <

Pour la bouture en plançon, on emploie une branche d’un à dix pieds de haut, en forme de pieu; on s’en sert pour les végétaux des sols aquatiques, tels que les Saules, les Peupliers, etc.

La bouture en rameau est une jeune branche ramifiée, enterrée dans toute sa longueur, excepté le bout qui sort de deux pouces hors de terre; elle est usitée pour le Grenadier, le Groseillier, etc. On appelle bouture en ramée une grande branche avec tous ses rameaux qu’on plante horizontalement à la fin de l'hiver, en ayant soin de laisser sortir de trois à quatre pouces l’extrémité des rameaux. Elle est propre à fournir des pépinières d'Oliviers, à garnir les berges des rivières et des marais, à affermir et à exhausser le terrain. On emploie pour cela les Saules, les Peupliers, l’Aune, le Chalef, etc. AE

La bouture en fascine se fait avec des branches des deux dernières pousses, réunies en fagots de huit ou dix pouces d'épaisseur sur deux pieds de longueur, et ployées sur elles-mêmes. On les emploie pour retenir des berges sur le point d’être enlevées par les eaux. On enterre ces fascines de manière à n’en laisser sortir que la longueur de quatre pouces, et on les assujettit avec un pieu passé au travers. On plante ainsi les Osiers et les Saules.

La bouture avec bourrelet par étranglement ou incision est une branche sur laquelle on a déterminé la formation d'un bourrelet par une ligature ou une incision faite dans la saison précédente.

Enfin, la bouture à crossette se fait avec du bois des deux dernières pousses, et a la forme de pettes crosses. Le bois de deux ans ne forme que la cinquième partie de leur longueur, qui est de quinze pouces. On l’emploie pour les arbres de dureté moyenne (1).

On fait aussi des boutures de racines; c’est un procédé que l’on emploie assez fréquemment pour multiplier l’Olivier, Pour cela, on coupe simplement les racines en morceaux, que l'on met en terre.

Enfin, dans ces derniers temps, on a fait des boutures de feuilles; cette opération réussit parfaitement sur l'Oranger, l'Aucuba, la Cardamine des prés et les plantes grasses. Mais nous devons faire remarquer que dans beaucoup de celles-ci, dans les Cactus et les Cierges particulièrement, les organes que l’on prend pour des feuilles ne sont que des rameaux aplatis.

La multiplication par bulbes et par tubercules peut se rapprocher des boutures, quoiqu'’elle ait

(i) Bon Jardinier.

aussi beaucoup de rapports avec la germination des graines, les Aulx, les Oignons, les Pommes de terre, en fournissent des exemples familiers.

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