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GREFFE

La greffe consiste dans un phénomène de soudure qui s'opère entre les parties de deux individus végétaux, et qui a pour but de modifier ou d'améliorer l’un d'eux, qui prend alors le nom de sujet. Il s’en produit tous les jours spontanément par l'effet d’un simple contact, et, dans cette opération comme dans les autres, l’art n’a fait qu'imiter la nature. Dans tous les cas, on reconnaît sans peine que ce sont toujours des organes jeunes, des tissus dans un état encore fort peu avancé qui se greffent ainsi.

Nous avons déjà vu que lon pouvait comparer les bourgeons à des embryons fixes; supposons qu'au lieu de laisser l'un d’eux se développer naturellement sur la plante qui lui a donné naissance, on le transporte sans altération sur un autre pied de la même espèce ou d’une espèce très-voisine, dans cette partie située entre le bois et l'écorce où se produit tous les ans une nouvelle couche, et qu'on a nommée pour cette raison couche végétative ou régénératrice. S'il est entouré de circonstances favorables, ce bourgeon se développe à peu près comme il l’eût fait sur Le pied mère. Un rameau se serait développé aussi, bien qu'avec quelques différences. Enfin, si, sans couper une branche, on se bornait à y faire sur un point une entaille superficielle, et à la mettre ensuite en contact avec une autre branche à laquelle on aurait fait une entaille pareille, on obtiendrait la soudure de ces deux branches. Dans tous ces cas, il y aurait greffe.

D'après ces considérations, M. Duchartre a démontré qu’il est possible d'établir une classification physiologique parmi les nombreuses variétés de cette opération mises en œuvre de nos jours par les horticulteurs. Toutes, en effet, s’opèrent, soit par des bourgeons détachés des branches, soit par des branches plus ou moins développées et entièrement détachées du pied qu’on veut multiplier, soit, enfin, par des branches ou des tiges qu’on laisse d’abord en communication directe avec leurs propres racines pour les en isoler ensuite lorsqu'elles se seront greffées au nouveau pied sur lequel on s’est proposé de les transporter. La première de ces classes de greffes est analogue à la multiplication par graines, la seconde à la bouture, la troisième à la marcotte (1).

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