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CHALEUR PROPRK DES VÉGÉTAUX

Les causes qui produisent la chaleur dans les animaux existent aussi dans le règne végétal, mais à un degré bien plus faible; telles sont les diverses combinaisons chimiques, et en particulier celle du carbone et de l'oxygène; on peut en conclure, a priori, qu'on doit voir, au moins dans quelques cas, les plantes dégager une certaine chaleur; c’est en effet ce qui arrive. Ainsi, le Pied-de-Veau, au moment de sa floraison, fait monter le thermomètre de 8° à 10°; dans d’autres plantes de la même famille, mais appartenant à des climats plus chauds, la chaleur développée est encore plus considérable. On a reconnu que les étamines fertiles sont celles qui donnent la plus forte proportion de chaleur; puis viennent successivement les étamines stériles, les pistils et enfin la spathe.

Cette production de chaleur a été constatée dans d’autres plantes, mais chez aucune comme dans la famille des Aroïdées; la disposition de la spathe, qui fait l'office de réflecteur, n’est sans doute pas sans influence sur ce phénomène. ”

Nous avons vu que la graine, en germant, absorbe l'oxygène de l'air, et produit de l'acide carbonique; il doit donc y avoir ici production de chaleur; et telle est en effet la sensation que l'on éprouve lorsqu'on plonge la main dans ces tas de semences d'orge auxquelles on fait subir un commencement de germination pour la fabrication de la bière.

Si l’on perfore le tronc d'un arbre-de manière à pouvoir y faire pénétrer un thermomètre, il est

facile de s'assurer que la région intérieure a une température différente de celle de l'air environnant, plus basse en été, plus élevée en hiver. Ce fait s'explique facilement sans avoir besoin de recourir à l'hypothèse d’une chaleur propre. Le bois étant mauvais conducteur du calorique, et la séve ascen- .. dante étant absorbée par les racines à une profondeur plus ou moins grande, le liquide qui se trouve

dans l'intérieur du tronc doit offrir une température assez constante à celle du sol à une certaine profondeur) et peu ou point influencée par l'air ambiant. Saussure a remarqué que la neige fond plus vite autour du tronc des arbres vivants que des arbres morts.

Les couches d’écorce, dans les Dicotylés, sont le plus grand obstacle à la communication du calorique. On peut en conclure, « priori, que les Monocotylées, dont l'écorce très-mince n’est pas divisée en couches, doivent résister avec peine aux climats rigoureux. En effet, les seules de ces plantes qui croissent dans le Nord ont la partie vivace de leur tige cachée sous terre, ou, tout au moins, abritée par la neige pendant les grands froids. Les espèces ligneuses de cette classe supportent à peine nos climats tempérés. -

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