DIRECTION DES PLANTES OU DE, LEURS PARTIES
Dès le moment de la germination, les racines tendent à descendre et les tiges à monter, d'où résulte une direction rectiligne verticale de ces deux organes. On peut retourner une graine plusieurs Vois, toujours la radicule reprendra la direction descendante. La plante périt plutôt que de se dirizer autrement.
Quelle est la cause de ce phénomène? Ce n’est pas l'humidité du sol qui cause la direction des raeines, car, en plaçant une jeune plante dans un tube plein de terre, dont le haut est humide et la partie inférieure sèche, la racine se dirige en bas et la tige monte. Ce n’est pas non plus la lumière, var, en mettant la plante dans un tube de verre plein d’eau, puis en éclairant le bas du tube et en laissant le haut dans l'obscurité, les directions ne changent pas.
Pour arriver à la solution de cette question, Knight it construire une roue qu’il plaça verticalement. La circonférence présentait des auges ouvertes en dehors et en dedans, et susceptibles de re-. cevoir de la mousse maintenue par des fils. [l plaça des graines dans ces auges, et fit mouvoir la, roue par une chute d’eau, qui, tout en arrosant les graines, leur faisait subir une rotation de cent cinquanté tours par minute. Une roue semblable, mue avec la même vitesse, était placée hor'zonta-
lement. Dans cette dernière position, les radicules descendirent et les plumules s'élevèrent, mais avec une déviation uniforme de la ligne perpendiculaire. Dans la roue verticale, au contraire, les radicules se dirigèrent vers la circonférence et les plumules vers le centre.
On conclut aisément de ces expériences que la radicule descend uniquement en vertu de l'action de la pesanteur; mais elles ne décident rien relativement à la direction inverse des tiges.
La tige ne se dirige pas toujours verticalement; quelquefois elle rampe par faiblesse et est dite couchée, par opposition à la tige verticale ou dressée. Les tiges ascendantes sont celles qui, couchées par faiblesse à leur origine, se fortifient, se redressent peu à peu, en devenant plus ligneuses, et arrivent à une direction à peu près verticale. La tige est appelée grimpante si elle s'élève le long des corps voisins, comme le Lierre; on nomme volubiles celles qui s’enroulent autour de ces corps, comme le Houblon, les Liserons, etc. Mais tantôt c’est de gauche à droite, tantôt c’est de droite à gauche. Or on comprend que le sens varie selon que l'observateur se suppose placé au centre de la spire ou en dehors; c’est ce qu'il faut bien remarquer. Les tiges volubiles de droite à gauche (l'observateur étant au centre) s’observent dans les Légumineuses, les Convolvulacées, etc.; les tiges volubiles de gauche à droite, dans les Urticées, etc.
Il y a pourtant des végétaux qui s’éloignent de cette loi générale : telles sont les plantes parasites croissant sur les arbres, notamment la famille des Loranthacées, dont le Gui nous offre un exemple. fixée aux branches par la glu dont elle est entourée, sa graine germe dans tous les sens, en dirigeant toujours sa radicule vers le centre de la branche, sa gemmule en sens contraire.
Toutes les observations démontrent que la radicule se dirige toujours vers l’obseurité, tandis que la gemmule se dirige vers la lumière. En observant ce qui se passe dans la nature, on voit qu'il en est de même des rameaux, et en général de tout ce qui appartient au système ascendant. Dans un appartement, les tiges penchent du côté des croisées, de même que, dans une forêt, les branches se dirigent vers les clairières. La plupart des cultivateurs disent dans ce cas que les plantes cherchent l'air; mais M. Tessier a montré la fausseté de cette explication par une expérience toute simple. Il a placé des plantes vivantes dans une cave qui avait deux ouvertures : d’un côté, une fenêtre vitrée donnait du jour et point d'air; de l’autre, un soupirail, ouvert sur un hangar vaste et obscur, donnait de l'air et point de lumière. Les plantes se sont toutes penchées du côté de la feuêtre vitrée.
Quelquefois les tiges suivent la lumière au point de se tordre sur elles-mêmes, comme pour présenter leurs fleurs en face à l’action solaire : c’est le cas du grand Soleil et des Iléliotropes.
Les branches affectent toutes les directions et forment avec la tige tous les angles possibles. Quant aux feuilles, elles ont une direction bien déterminée; leur face la pins foncée regarde toujours le ciel; si on les retourne, elles reviennent à leur première position ou menrent.