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MOUVEMENTS DES PLANTES

Quelques plantes offrent, dans certains organes, des mouvements qui contrastent avec limmobi-

lité ordinaire des végétaux. Ces mouvements, plus rapides que les changements de direction dont

nous avons parlé, sont réguliers ou accidentels.

Parmi les premiers, nous distinguerons surtout le sommeil des feuilles et des fleurs. Quelques feuilles ou folioles prennent, pendant la nuit, une position différente de celle du jour. La ressemblance avec le sommeil des animaux n’est qu'apparente, puisque la position que prennent les feuilles est bien déterminée, et que la rigidité de leurs pétioles n’a aucun rapport avec la prostration de forces et la flexibilité de nos membres pendant le sommeil. Les positions qu’elles prennent sont d’ailleurs assez variées; en d’autres termes, toutes les feuilles ne dorment pas de la même manière. Ce sont surtout les feuilles composées qui sont assujetties au sommeil et le prennent avec les poses les

plus variées, puisque chez elles non-seulement les pétioles peuvent se mouvoir sur le rameau qui les.

porte, mais les pétioles partiels sur le commun, les folioles sur le rachis. De là trois ordres de mouvements qui peuvent se combiner ensemble. Ce phénomène est intimement lié à l’action de la.lumière,

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comme on peut s’en assurer quand le temps est couvert; il est d’ le varier au moyen d'une lumière artificielle.

Un des résultats de la position nocturne des feuilles est d’abri les mouvements ont aussi lieu avant et après la floraison.

ailleurs facile de le reproduire et de

ter les fleurs contre l'humidité; mais

Fig. 137. — Stygmaphyllium ciliatum.

Les mouvements accidentels ou irréguliers, pour être moins communs, n’en sont que plus remarquables. La Sensitive, qui en est l'exemple le plus connu, abat ses folioles vers l’extrémité des pé- tioles dès qu’un choc ou une impression extérieure l’atteint. Si la cause accidentelle est plus intense, les pétioles s’inelinent eux-mêmes sur la tige. Les mouvements ont lieu, quelle que soit là nature du corps qui détermine le choc, à la lumière et à l'obscurité, à l'air libre ou dans l’eau, et à toute heure. Une température élevée les rend plus vifs, comme tout ce qui favorise la santé de la plante. Les poisons absorbés par les racines altèrent cette faculté avant de tuer le végétal. La cause de ce phénomène git dans les pétioles, car ce sont eux qui s’inclinent; mais jusqu'à présent aucun phy- Siologiste n’en a donné une explication satisfaisante. On est donc obligé de rapporter le fait à la force vitale.

11 en est de même des feuilles de Dionwa qui se referment quand on touche les poils qui sont vers le centre du limbe. Les Drosera ont aussi un mouvement de ce genre.

D'autres se produisent sans cause extérieure apparente : tel est celui du Sainfoin oscillant. Les feuilles ont trois folioles, dont les deux latérales, très-petites, linéaires, sont dans "nm mouvement continuel, par petites saccades; l’une monte et l’autre descend alternativement. La foliole centrale,

beaucoup plus grande, s'incline, tantôt à droite, tantôt à gauche, d’une manière moins apparente, mais avec un mouvement plus continu. Dans l'Inde, le mouvement est très-rapide. Le labelle de quelques Orchidées exotiques en offre d’analogues, dont la cause est tout à fait inconnue (1).

Plusieurs végétaux sont hygrométriques, les fleurs surtout. Le Calendula pluvialis et le Campanula glomerata se ferment quand le temps devient pluvieux, et, dans ce même cas, plusieurs Chicoracées ne s'ouvrent pas le matin. Le Laïteron de Sibérie l'annonce dès la veille en ne se fermant pas le soir contre son habitude. Dans certaines localités, les fleurs sèches du Cirsium acaule servent d'hygromètre aux paysans. Les fleurs d'un grand nombre d’autres Carduacées pourraient aussi être employées au même usage.

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