‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publique (volume 2)Chapitre 33 sur 176 · HYGIENE 1 N T E H N AT 1 0 N A LE · texte numérisé non relu

HYGIENE 1 N T E H N AT 1 0 N A LE

de l’équipage et des passagers, et d’imposer, si elle le juge convenable, la désinfection du linge sale, soit à terre, soit à bord. Ce droit a surtout son importance quand il s’agit de navires transportant de nombreux passagers et lorsque l’autorité sanitaire constate que les conditions hygiéniques du bord sont mauvaises ; elle peut s’opposer à l’embarquement des personnes et des objets susceptibles de propager des maladies pestilentielles (art. 31).

Le titre Y, dans ses articles 35 à 41, prescrit minutieusement les mesures à prendre à bord, en cours de traversée, lorsqu’une maladie pestilentielle vient à se déclarer. Ces mesures n’étaient pas prévues dans les anciens règlements ; le titre YI indique les précautions sanitaires à prendre dans les ports d’escales lorsqu’ils sont contaminés. Toutes ces dispositions sont nouvelles ; mais les modifications les plus radicales sont celles qui ont été apportées au fonctionnement de la police sanitaire à l’arrivée des navires. C’était autrefois le seul instant où elle s’exerçait ; on ne s’occupait des navires qu’au moment où ils arrivaient au terme de leur voyage ; aujourd’hui, les traversées permettent d'atténuer sensiblement les rigueurs de cet accueil. Le titre VII, qui leur est consacré, conserve la distinction entre la reconnaissance et X arraisonnement . La reconnaissance est une opération sommaire qui s’applique aux navires notoirement indemnes, tandis que X arraisonnement est un interrogatoire détaillé qui suppose au moins des doutes sur l’état du bâtiment et auquel l’autorité sanitaire peut ajouter la production des papiers du bord ou des déclarations écrites ; elle peut même procéder à l’inspection médicale du navire.

La reconnaissance peut se transformer en arraisonnement , si les premières questions font naitre des doutes qui motivent un complément d’enquête. L’ arraisonnement est donc en définitive une reconnaissance renforcée.

Autrefois, tous les navires provenant de régions contaminées ou même suspectes étaient l’objet de mesures de prophylaxie ; aujourd’hui on ne les applique plus qu’aux provenances d’une circonscription territoriale contaminée. Autrefois, tout navire était regardé comme infecté s’il avait eu à bord un cas de maladie pestilentielle pendant sa traversée, quelle qu’ait été la longueur de celle-ci et à quelque moment que ce fût. D’après le nouveau règlement, le navire est seulement suspect , s’il n’a eu aucun cas de choléra depuis sept jours, de fièvre jaune ou de peste depuis neuf jours. Enfin, l’ancienne quarantaine dite d 'observation est supprimée et remplacée par la surveillance sanitaire qui n’est nullement vexatoire et donne à la santé publique une garantie suffisante.

Une des mesures les plus vivement réclamées par le commerce et auquel le nouveau règlement donne satisfaction, c’est la reconnaissance de nuit. Elle n’était autrefois appliquée qu’aux paquebots-poste, mais elle n’a pas moins d’importance pour ceux qui transportent des voya- Encyclopédie d’Hvgiène. — VIII. 20

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geurs et pour les navires qui se présentent devant des ports dont l’entrée n’est possible qu’à marée haute. Dans ce cas, la reconnaissance de nuit permet de débarquer immédiatement les dépêches et les voyageurs. Le nouveau règlement permet de donner satisfaction à ces intérêts en prescrivant (art. 59) d'opérer la reconnaissance de nuit, toutes les fois qu’il y a possibilité de le faire. Cependant, lorsqu’un navire est en patente brute, ou que ses conditions sanitaires sont suspectes, lorsqu’il doit être soumis à un arraisonnement complet et à une visite médicale, ces opérations ne doivent être faites que le jour, c’est-à-dire depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, ainsi que les anciens règlements l’exigeaient pour tous les navires. Le chapitre YII expose avec détail la manière de procéder à la désinfection des navires et il rétablit, pour l’autorité sanitaire, le droit de ne pas admettre à l’isolement les navires qui n'ont pas la France pour destination, tout en leur procurant les secours que l’humanité exige. Ce droit, formellement inscrit dans la loi du 4 mars 1822, avait été omis dans le règlement de 1876 ; sa nécessité est devenue évidente en 1873, lorsque le choléra se montra dans le nord de l’Europe et en Italie. Des paquebots italiens chargés d’émigrants pour la Plata, vinrent faire escale à Marseille, pour y purger leur quarantaine ; ils encombrèrent le lazaret et y firent éclater une épidémie cholérique qui menaça sérieusement la ville. Le titre YIII s’applique aux marchandises, aux animaux vivants ; il expose les mesures à prendre pour le déchargement sanitaire et la désinfection du navire, en faisant à cette dernière l’application des méthodes modernes, fruit des découvertes bactériologiques.

Une innovation toute aussi importante est la création des stations sanitaires, établissements plus sommaires, moins dispendieux que les lazarets, mais réunissant toutefois les ressources nécessaires pour l’isolement des malades et des suspects.

On sait que nous possédons aujourd’hui six grands lazarets : dans la Méditerranée, ceux de Marseille, de Toulon et d’Ajaccio; sur l’Océan, celui de Trompeloup dans la Gironde, celui de Mindin à l’entrée de la Loire et celui de Brest. Autrefois tout navire suspect ou contaminé était astreint à purger sa quarantaine dans un de ces établissements et c’est là seulement qu’il pouvait débarquer ses malades. On a reconnu qiie le nombre des navires infectés étant heureusement fort rare, il était inutile de les envoyer à des distances souvent considérables, qu’ils pouvaient être admis sur d’autres points du littoral à la condition d’y réunir les moyens de désinfection et d’isolement dont nous avons parlé. On a décidé la création des sta-tions sanitaires qui n’exclueront pas l’installation sur d’autres points, de lazarets temporaires, comme ceux qu’on a établis aux îles d’Hyères, lors du retour des troupes du Tonkin. Les derniers titres du nouveau règlement concernent les droits, ses autorités et ses conseils sanitaires. Ils définissent sans y apporter de changement important leurs attributions en matière de police judiciaire et d’état-civil.

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§ VI. — Derniers perfectionnements à réaliser

Le règlement dont nous venons d’exposer, avec tant de détails, les principes et le fonctionnement, réalise toutes les améliorations compatibles avec la situation actuelle des choses ; mais ce n’est pas le dernier mot de la prophylaxie sanitaire. La méthode de la désinfection s’est en grande partie substituée à celle de l’isolement ; mais il reste un troisième pas à franchir. Il faut que l'assainissement des localités vienne à son tour remplacer, dans la mesure du possible, les deux premières sur lesquels la prophylaxie sanitaire a été tour à tour fondée.

L’assainissement, pour être complètement fructueux, doit s’appliquer au point de départ comme à celui d’arrivée, aux grands foyers pestilentiels d’où partent les épidémies exotiques, comme aux grandes villes du littoral Européen, dans lesquelles les germes infectieux trouvent à leur arrivée les conditions favorables à leur développement.

1° Assainissement des foyers exotiques. — Des trois maladies pestilentielles, celle qui nous intéresse par dessus tout, c’est le choléra. Il est pour l’Europe à l’état de menace constante et chaque année, le pèlerinage de la Mecque nous donne les mêmes inquiétudes. Or, il vient toujours de l’Inde et, comme elle est aux mains de l’Angleterre, c’est à elle qu’il appartient de combattre le fléau à son origine. Il n’est apparu en Europe que depuis qu’elle s’est emparée de ce pays et ce n’est probablement pas une simple coïncidence. Au temps des Rajahs ces vastes contrées étaient prospères, bien cultivées et l'insalubrité était moindre ; mais elles ont été épuisées par la compagnie des Indes ; la population devenue misérable a cessé d’entretenir les canaux d’irrigation et les cultures et cet abandon a eu les conséquences qu’il était facile de prévoir. Depuis la dissolution de la Compagnie qui a eu lieu en 1858, l’Angleterre a fait des efforts pour remédier à l’insalubrité du pays ; elle a très sensiblement amélioré les conditions hygiéniques de ses troupes et a obtenu une diminution considérable dans leur mortalité (1). Quelques villes indiennes ont pu se procurer les bénéfices d’une bonne alimentation en eau potable. En 1888, le gouvernement des Indes a autorisé les pouvoirs locaux à contracter des emprunts pour effectuer des travaux d’assainissement, des essais insuffisants de drainage ont eu lieu sur certains points; mais quand on étudie l’état actuel de l'Inde au pointdevue de l'hygiène publique, que l’on passe en revue les améliorations réalisées à cet égard depuis ving-cinq ans, on n’a pas l’impression d’un plan

(1) Autrefois dans l’armée anglaise aux Indes le taux de la mortalité était de 69 pour 1,000. De 1819 à 1884 il est tombé à 20 pour 1,000. En 1888, il n’était plus que de 14. Edwin Chadwick, (Report on sanitary measures in Tndin 1888-89).

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d’ensemble méthodiquement suivi (1). En dépit des assertions des délégués anglais à toutes les conférences internationales, l'Inde est dans un état d’insalubrité dont nous avons donné plus haut les preuves.

Presque partout les eaux de boisson et de lavage sont souillées ; presque partout l’air est vicié et le sol saturé d’éléments organiques, aussi la mortalité cholérique loin de s’y abaisser, subirait plutôt une augmentation.

L’assainissement d’un pays aussi vaste, situé en majeure partie sous la zone torride n’est pas une œuvre facile ; et les populations ne s’y prêtent pas. Ignorantes et fanatisées, elles opposent aux mesures hygiéniques une force d’inertie dont on ne peut pas triompher ; mais s’il n’est pas possible de faire disparaître sur le champ toutes les causes d’insalubrité, il est possible d’atténuer les plus graves et d’améliorer la situation. Les délégués anglais l’ont reconnu eux-mêmes dans les conférences, et à celle de Constantinople, ils se sont associés au vote unanime qui eut lieu à la séance du 27 août 1866 ; Il était conçu en ces termes qu’il n’est pas inutile de rappeler : « La conférence ne considère pas comme impossible » qu’on puisse parvenir à éteindre le choléra envahissant dans l’Inde et » elle croit qu’en tout cas, on peut y restreindre son développement » épidémique. »

C’est à l’Angleterre, nous le répétons, à poursuivre cette œuvre et c’est à l’Europe à l’y amener. Elle a déjà renoncé à la liberté qu’elle s’arrogeait de nous apporter librement le choléra de l’Inde, il faut qu’elle s’applique à en tarir la source ou du moins à diminuer l’intensité des foyers dans lesquels il s’élabore.

La fièvre jaune nous préoccupe beaucoup moins. Le climat des contrées septentrionales de l’Europe ne se prête pas à son développement. Elle n’a jamais pu prendre racine sur le territoire français et les épidémies qui ont éclaté depuis 1730 dans les ports de l’Espagne et du Portugal ne se sont jamais répandu au loin comme celle du choléra.

La fièvre jaune ne peut nous arriver que par mer et les mesures sanitaires que nous avons précédemment exposées sont de nature à nous donner des garanties suffisantes. Ce sont les Etats-Unis d’Amérique qu’elle intéresse surtout. C’est pour eux une menace incessante comme le choléra pour nous. Leurs ports sont en relations continuelles avec le Mexique et les Antilles. Il y a à peine 400 lieues de la Yera-Cruz à la Nouvelle-Orléans et il ne faut pas trois jours aux grands transports pour franchir cette distance. Dans la dernière épidémie, la fièvre jaune s’est propagée à des distances considérables aux Etats-Unis etv a fait de terribles ravages. En 1878, elle a remonté le Mississipi jusqu’à Saint-Louis ; elle s’est répandue dans le Tennessee, leKentuky, l’Indiana, l’Illinois, etc., et a remonté jusqu’au 45e degré de latitude nord.

(I) Henri Monod, Le choléra, Histoire d'une épidémie. Finistère, 1885-T886. Paris, 1892.

La fièvre jaune est donc une question américaine et les Etats-Unis sont assez puissants, assez riches, ils ont assez d’initiative et d’énergie pour entreprendre et pour mener à bonne fin l’assainissement des principaux foyers d’endémie et notamment ceux de la Vera-Cruz, de la Havane et de Port-au-Prince qui sont à leurs portes.

Quand à la peste, elle n’a pas de foyer dans notre voisinage et il serait bien difficile d’aller la combattre dans les lieux où elle est aujourd’hui cantonnée et dans ceux où elle se montre encore de temps en temps. Elle a du reste cessé de préoccuper l’Europe.

2° Assainissement des ports européens. — Le choléra pénètre comme nous Pavons vu le plus souvent en Europe par les ports de la Méditerranée, la fièvre jaune par ceux de la Méditerranée et de l’Océan. Les ports dans lesquels ces maladies débarquent et où elles se renforcent pour se répandre ensuite dans tout le pays sont en petit nombre. Les navires infestés, quand on n’y prend garde, peuvent sans doute aborder partout; mais en réalité ce sont toujours les grands ports qui servent de point de départ aux épidémies. Il suffirait par conséquent aux contrées qu’elles menacent d’assainir deux ou trois grandes villes chacune pour diminuer dans des proportions considérables les chances d’invasion. Ces ports de premier ordre sont pour la France, Toulon et Marseille ; pour l’Italie, Naples ; pour l’Espagne, Barcelone et Cadix ; Lisbonne pour le Portugal.

Toulon et Marseille sont d’une insalubrité sans égale. A Toulon, dans la vieille ville, les rues sont étroites, les maisons hautes, sans cours et sans jardins, la population est dense et malpropre, et la voirie laisse énormément à désirer. Dans l’enceinte de la ville, il n’existe qu’un seul égout long à peine de quelques centaines de mètres, mat entretenu et qui n’est nettoyé que par les pluies d’orage. Celui de X Ey goutter au Mourillon est encore pire. Les déjections, les eaux-vannes, les ordures ménagères, tout est jeté au ruisseau et se rend dans la vieille darse dont l’eau ne se renouvelle pas et qui est devenue infecte. Lorsqu’on remue la vase molle qui en recouvre le fond, d’énormes bulles de gaz montent à la surface et l’eau semble en ébullition. Aussi la mortalité y est considérable. La moyenne des vingt années comprises entre 1874 et 1894 a été de 33,36 pour 1,000 habitants. Ce chiffre dépasse de près d’un tiers celui de la France (1). La fièvre typhoïde y entre pour une forte part. C’est une des villes de France où elle fait le plus de ravages et l’infanterie de marine y est décimée.

L’assainissement de Toulon a été l’objet d’un grand nombre de projets. A la suite de la dernière épidémie de choléra, on a remis de nouveau la question à l’étude ; mais elle n’a pas abouti. En ce moment elle est encore sur le tapis et la municipalité s’est prononcée en faveur

(2) A. Cartier, VHijyicne ù Toulon, 1894, p. 4t.

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du système Howatson pour la destruction des vidanges. Les choses sont plus avancées à Marseille. Les travaux d'assainissement, dont nous avons parlé dans le chapitre consacré à l’hvgiène des villes sont en pleine exécution, et comme Marseille est une des villes de France les plus faciles à alimenter en eaux potables de bonne qualité, il est permis d’espérer que dans un avenir prochain ces conditions d’hvgiène seront assez satisfaisantes pour que le choléra n’y trouvé pas, comme par le passé, un foyer tout prêt à recevoir ses germes et à les développer.

11 sera utile, dans le même but de préservation, d’améliorer les conditions hygiéniques de Bordeaux, bien qu’aucune épidémie de provenance exotique n’y ait jamais pris naissance. Cette grande et belle ville sur 32,000 maisons, n’en a que 12,000 qui aient des fosses à peu près étanches ; elle n’a que 70 kilomètres d’égouts pour 270 kilomètres de rues et l’état sanitaire y laisse à désirer. Aussi a-t-elle résolu de remédier à cet état de choses en complétant son réseau et en adoptant le tout à l’égout. Mais dans le projet qu’elle a soumis au Comité consultatif d’hygiène, les collecteurs du réseau devaient aboutir à la Garonne et le Comité n’a pas cru pouvoir autoriser ce déversement. Les marées remontent jusqu’à 40 ou 50 kilomètres au-dessus de Bordeaux et les eaux vannées chargées de matières fécales seraient infailliblement reportées sur les deux rives par les mouvements de flux et de reflux ainsi que par les contre-courants (1). Le Comité a chargé deux de ses membres, MM. Bourneville et Gariel, de chercher auprès de Bordeaux des champs d’épandage pour recevoir les eaux.

Ils ont parcouru les environs de la ville, en compagnie de M. l’Ingénieur Gérard, et n’ont pas trouvé de terrain propice aux irrigations. Le sol des landes est constitué, on le sait, par une mince couche de terre perméable au-dessous de laquelle se trouve une roche généralement considérée comme impénétrable et qui porte le nom d'altos. Deux médecins de la contrée ont, il est vrai, adressé à M. Bourneville une longue note pour lui démontrer que l’alios est perméable et que sa présence ne peut pas s’opposer à l’épandage (2) ; mais le Comité ne s’est pas laissé convaincre. Il a engagé la municipalité bordelaise à examiner si le procédé Howatson ne pourrait pas être appliqué utilement à l’épuration des eaux de la ville et d’une autre part, il existe, parait-il, aux environs de Bordeaux, dans une autre direction que celle que MM. Gariel et Bourneville ont suivie dans leurs recherches, des terrains où l’utilisation agricole des eaux d’égout serait possible.

Partout on le voit, on s’occupe d’assainir les grands ports dans lesquels

(1) I)1 2’ P. Lauüet, Le régime des égouts, la pollution des eaux de la Garonne et la question de l’épandage à Bordeaux. 1895.

(2) MM. Dallas et Lalesque, lettre à M. Bourneville sur la perméabilité ilel’alios (Progrès médical du 18 janvier 1896).

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arrivent les navires susceptibles de nous importer les maladies exotiques, les efforts aboutiront évidemment dans un avenir peu éloigné et ce sera certainement les meilleures garanties contre les fléaux qui nous ont infligé des pertes si cruelles depuis le commencement du siècle. Les Anglais prétendent qu’ils ont dépensé cinq milliards pour assainir leur territoire et que grâce à ce sacrifice, ils ne redoutent plus l’importation des maladies pestilentielles. Il est vraisemblable que leur situation géographique, que leur climat et leur éloignement des points par lesquels les navires infectés pénètrent dans nos parages contribuent pour une bonne part à cette sécurité ; mais il n'en est pas moins certain que l’assainissement et le bon entretien des villes, que la propreté des habitations et des personnes est la plus puissante garantie que les populations puissent se donner contre l’invasion des maladies pestilentielles.

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