Tacite, Hist. lib. I, LXV1I
(4) Josèphe, Antiquités judaïques, XYIII, 4.
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s’il pourra porter un aqueduc : la dépense de cette étude sera minime. Je réunirai sans peine l’argent nécessaire à la construction, si vous en approuvez 1 idée. Cette amenée d'eau ne sera pas moins utile à la salubrité qu’à l’agrément d’une colonie qui a vraiment soif (si tu, domine, hoc genus operis, et salubritati et amœnitati raide sitientis coloniœ indulseris .
Trajan à Pline.
Continuez votre recherche, mon cher Pline, et assurez-vous que le terrain peut en effet porter l’aqueduc dont parle votre lettre. 11 n’y a pas de doute qu’il faille donner de l’eau aux habitants de Sinope. Ce sera d’ailleurs à la ville à faire les frais de ce travail, puisque celui-ci doit augmenter grandement à contribuer sa salubrité et son agrément.
Pline à Trajan.
La ville d’Amastris, Seigneur, est élégante, joliment ornée. Elle possède une très belle et très grande place, tout le long de laquelle coule une soidisant rivière, qui n’est en réalité qu’un affreux cloaque. La vue en est choquante autant que Codeur en est horrible : c’est une peste. La salubrité de la ville, non moins que son aspect, est intéressée à ce que ce cours d’eau soit couvert. C’est ce qui sera fait, si vous voulez bien en donner l’autorisation. Je veillerai à ce que les fonds ne manquent pas pour l’exécution de ce travail important et indispensable.
Trajan à Pline.
Vous avez parfaitement raison, mon cher Pline. Il faut couvrir ce courant d’eau qui traverse la ville d’Amastris, puisque, découvert, il est un danger pour la salubrité. Vous réussirez, je n’en doute pas, à vous procurer l’argent nécessaire
Pline à Trajan.
Les habitants de Nicomedie, Seigneur, ont dépensé pour la construction d’un aqueduc trente millions trois cent vingt-neuf mille sesterces. L’ouvrage est inachevé; il a été abandonné, et maintenant il est détruit. Deux millions de sesterces ont été affectés à un autre aqueduc, qui a été abandonné à son tour. Et maintenant, il faut faire de nouveaux frais pour donner de l’eau à ces gens qui ont si mal employé tant d’argent. Je me suis moi-même transporté jusqu'à une source très pure (ipse perteni ad fonten purissimum) d’où il semble que l’eau pourrait, comme on avait déjà tenté de le faire, être conduite jusqu'à la ville. Cette conduite devrait être élevée, supportée par des arches : ainsi ce ne serait pas seulement les parties basses de la ville qui seraient desservies. Il reste un très petit nombre d’arches du travail antérieur ; quelques-unes pourraient être surélevées avec les matériaux ayant servi à ce travail. Le reste serait fait en briques : ce serait plus facile, et moins coûteux. De toutes façons, il est nécessaire que vous veuillez bien
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nous envoyer un homme compétent, ingénieur hydraulique ou architecte : il ne faut pas que les accidents se renouvellent. Pour moi, je ne puis dire qu’une chose; c’est que, par son utilité, non moins que par sa beauté, l'ouvrage projeté est digne de vous.
Trajan à Pline.
Il faut absolument donner de l’eau à Nicomédie. Je ne doute pas (pie vous ne mettiez à mener cette affaire à bien toute la diligence possible. Vous n'en devrez pas moins rechercher soigneusement par la faute de quelles personnes les habitants ont perdu tant d’argent. Ces travaux commencés, puis abandonnés, n'ont-ils pas servi de prétexte à des gratifications mutuelles? Vous me ferez savoir ce que vous en aurez appris (1).
Puissent de tels exemples èlre salutaires ! Puisse l’importance de ces travaux être comprise aujourd’hui comme elle l’était il y a près de deux mille ans ! 11 ne manque pas en France de villes assoiffées (sitientes urbes) \ il n’en manque pas que traverse un cloaque^infcct décoré du nom de rivière : puissent nos préfets, émus à jalousie par le souvenir de leurs prédécesseurs, les proconsuls romains, sentir qu’ils sont en quelque mesuré responsables de la santé et de la vie de leurs administrés, faire assainir les cloaques, faire couvrir les conduites, aller au besoin eux-mêmes à la découverte d’une eau de source irréprochable : ipse perverti ad fontem pur issimum.
Nous avons du chemin à faire pour en être où en étaient les Romains, pour donner aux pratiques d’hygiène la valeur qu’ils leur donnaient, et dont on retrouve la marque à toutes les pages de leur histoire. On sait la belle réponse d’Auguste au Sénat qui proposaitde lui dresser des statues. L’empereur refusa, et, profitant de l’occasion pour montrer où devaient aller les hommages et les vœux, il érigea lui-mème, à ses frais, des statues aux trois divinités bienfaisantes : à la paix, à la concorde et à la santé publique.
(I) Pline le Jeune, Lettres , livre X, lellres io, 47, PI, 92, 99, 10Ü.
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