‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publique (volume 2)Chapitre 44 sur 176 · NAISSANCES · texte numérisé non relu

NAISSANCES

PROPORTION

pour 1,000 habitants. 1

Ainsi, de 24,1 pour 1.000 en 1882, le taux de la natalité rurale est tombé à 20,7 en 1890, soit 3,4 pour 1.000 de diminution. En chiffres absolus, cela représente une perte annuelle de près de 100.000 naissances ; cette perte me parait devoir être attribuée à cette cause : l’émigration des campagnes vers les villes.

Il parait donc établi : en premier lieu, que la diminution du taux de la natalité provient pour une grande part de la diminution du nombre des mariages; en second lieu, que celle-ci a pour cause principale l’émigration des campagnes vers les villes.

L’hygiène publique n’a pas d’action directe sur ces faits. Il ne dépend pas d’elle d’augmenter le nombre des mariages, et l’émigration des campagnards vers les villes tient en grande partie à des causes économiques qui lui sont étrangères. Cependant, au nombre des raisons qui poussent le paysan à quitter son village, il est possible qu'il faille compter, dans une certaine mesure, l’absence dans les campagnes de secours pour les infirmes et les malades. Parmi ceux qui émigrent, un certain nombre peut-être se disent qu'à la ville, le cas échéant, ils trouveront cet aide. Remarquez que ce sont surtout des jeunes gens qui émigrent. Ce sont ceux qui souffrent le plus de l’absence de bien-être communal et familial. Dans leurs visites à la ville prochaine, ils ont été frappés de ce luxe

(1) On est convenu de désigner sous le nom de rurale toute commune qui comporte une population agglomérée inférieure à 2.000 habitants. Une commune urbaine est celle dont la population agglomérée dépasse 2.000 habitants.

Il YC.IKNK ADMINISTRATIVE.

public — l’eau, la lumière, les voitures, les promenades, les fêtes — qui semble ne rien coûter aux habitants. Est-il certain que sous ce rapport l’administration n’ait aucun rôle à jouer ? qu’elle n’ait point à intervenir pour améliorer certaines conditions de l’existence à la campagne? L’influence de la loi sur l’assistance médicale, lorsqu’elle aura reçu son entière exécution, fournira à cet égard un premier renseignement.

Il y a d’ailleurs une raison d’intervention dans l’existence rurale aussi bien que dans l’existence urbaine, et celle-ci est bien du ressort de l’hygiène publique : c’est la question de la mortalité.

Pour la mortalité, la France occupe, en Europe, un rang meilleur que pour la natalité. Voici la situation des principales nations européennes :

Moyenne de la mortalité pour 1.000 habitants, de 1887 à 1892

Suède 16,3

Irlande 18,0

Angleterre 19,0

Ecosse 19,2

Belgique 20,0

Hollande 20,0

Suisse 20,4

France 22,0

Prusse 23,2

Allemagne 23,4

Italie 26,7

Autriche 28,6

Ces chiffres accusent une situation avantageuse pour la France, relativement à l'Italie, à l’Allemagne et à l’Autriche. 11 est vrai que la France a une natalité plus faible que celle de ces pays et que les enfants forment partout un des gros contingents de la mortalité. En France, la mortalité des enfants de U à 1 an est de 16 p. 106 naissances. Si donc la natalité, au lieu d’être de 22,5 pour la période 1887-91 avait été, comme en Autriche, par exemple, de 38 p. 100, la France aurait eu une mortalité de 24,5 p. 1.000 (exactement 24,48) au lieu de 22.

Il y a, dans la mortalité, une part qu’il serait possible de diminuer ; c’est celle qui provient des maladies infectieuses, des maladies évitables. 11 est prouvé qu’en assainissant les rues et les édifices qui dépendent du domaine public, en assainissant les maisons, en alimentant les communes en eau pure, on diminue la mortalité par maladies infectieuses. L’Angleterre a obtenu par ce moyen, en 10 années, de 1880 à 1889, une diminution de décès de 18,02 par 10.000 habitants. Pourquoi la France n’arriverait-elle pas au même résultat ? La statistique des décès, avec indication des causes de mort, n’existe chez nous que pour les grandes villes: encore n’est-il pas certain qu’elle soit exacte, la loi n’ayant fait

HYGIÈNE INTERNATIONALE ET ADMINISTRATIVE

que tout récemment aux médecins une obligation de déclarer les cas de certaines maladies contagieuses parvenues à leur connaissance. Sous ces réserves, voici le tableau comparé de la mortalité par maladies transmissibles en France et dans la plupart des pays européens; en France, pour la population des villes ayant plus de 20.000 habitants, dans les autres pays pour l'ensemble de la population :

Moyenne annuelle de la mortalité pour 10.000 habitants, de 1887 à 1898 (I).

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