PAYS
Variole.
Rougeole.
Scarlatine
Diphtérie.
Coqueluche.
Fièvre typhoïde.
Phtisie, tuberculose.
Entérite, diarrhée, j aff. cholériques, j dysenterie.
TOTAL
Suède
Hollande
Irlande
Angleterre
Suisse
Ecosse
liclgique
Prusse
Allemagne
Italie
France
Autriche
Il résulte de ce tableau que, pour l’ensemble de ces huit groupes de maladies, la moyenne des villes de France de plus de 20.000 habitants est de 7,88 décès par 1.000 habitants (2), tandis que en Angleterre, par exemple, cette moyenne est de 3,88 (3). Différence : 4 par 1.000 habitants; soit, en chiffres absolus, 28.817 décès. 11 est évident que ces 28.817 décès pourraient être évités par des mesures sanitaires analogues à celles qui ont été prises en Angleterre. Or, même en supposant que la mortalité par maladies transmissibles est moindre dans les petites villes et dans les campagnes que dans les grandes villes, ce qui est peut-être le contraire de la vérité, il n'en resterait pas moins que par l’assainissement méthodique des communes, l’on pourrait sauver chaque année 100.000 existences.
Une diminution de la mortalité ne serait pas un fait nouveau.
(1) Confronti iniernazionali di statistica delle cause di mode (Bulletin de l'Institut international de statistique, t. VII, p. 297 et suiv.).
(2) Eu chiffres absolus. 56 .840 sur une population de 7.204.254.
(3) En chiffres absolus, 110.609 sur une population de 28.448.239,
HYGIÈNE ADMIMSTR \TIYE.
Nous possédons un document d’une certaine valeur relatif à la mortalité de la France dans la seconde moitié du siècle dernier. Ce sont les mémoires de Laplace et Condorcet sur les mouvements et l’état de la population de 1770 à 1783. Ils ont pour base les relevés des naissances et des décès, opérés à la demande de l’Académie des sciences par les intendants généraux des provinces. La moyenne annuelle des décès constatés dans cette période de quinze ans est de 860.333 décès, correspondant à une moyenne annuelle de 961.021 naissances. Laplace calcula que la population de la France à cette époque devait être de 23.299.417 habitants, et il ajoutait qu’il y avait 300.000 à parier contre un qu’il ne se trompait pas d’un demi-million. Si, sur la foi de ce grand géomètre, nous acceptons cette donnée relative à la population, on trouve que la mortalité en France vers la fin du siècle dernier était de 34 p. 1.000. Pour la période actuelle 1880-1883, la mortalité n’est plus que de 22,2 p. 1.000 vivants, en sorte qu’il y a une diminution de 11,8 p. 1.000 dans le chiffre des décès (1).
M. le Dr Vacher, recherchant les causes de cette diminution de la mortalité, l’attribue, « non aux progrès réalisés dans l’art de guérir », mais à l’hygiène. 11 cite un exemple concluant de cette distinction nécessaire :
On fait honneur à la médecine d’un résultat dont tout le mérite revient à l'hygiène. Par exemple, quand on dit qu’en 1660, à l'Hôtel-Dieu de Paris, il mourait un quart des femmes en couches, tandis qu’aujourd’hui la mortalité ne dépasse pas un vingtième; je réponds que la médecine n’a rien à voir dans ce résultat, et qu’il a suffi de désencombrer le vieil Hôtel-Dieu, d’assainir les salles et d'isoler les malades pour diminuer la proportion des décès (2).
En assainissant, non pas seulement les hôpitaux, mais tous les établissements publics, les villes, les campagnes, les maisons, on obtiendrait de» résultats favorables qui, au bout d’un certain temps, exerceraient certainement sur l’ensemble de la population et sur les conditions générales de la vie une influence considérable.
(1) Léon Vacher, De la diminution de ta mortalité et de l’accroissement de la vie moyenne depuis la fin du siècle dériver ( Bulletin de l'Institut international de statistique, t. II, page 253).
(2) Ibid., p. 257.