‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publique (volume 2)Chapitre 54 sur 176 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mesures particulières à prendre pour chaque maladie contagieuse

Art. 14. — Sur l’avis du médecin inspecteur, les mesures suivantes doivent être prises, conformément aux indications contenues dans le rapport adopté par le comité consultatif d’hygiène, lorsque les maladies ci-dessous sévissent dans une école :

Variole. — Eviction des enfants malades (durée : 40 jours). — Destruction de leurs livres et cahiers. — Désinfection générale. — Revaccination de tous les maîtres et élèves.

Scarlatine. — Eviction des enfants malades (durée : 40 jours). — Destruction de leurs livres et cahiers. — Désinfection générale. — Licenciement si plusieurs cas se produisent en quelques jours malgré toutes précautions.

Rougeole. — Eviction des enfants malades (durée : 16 jours). — Destruction de leurs livres et cahiers. — Au besoin licenciement des enfants au-dessous de 6 ans.

Varicelle. — Eviction successive des malades.

Oreillons. — Evictions successives de chacun des malades (durée 10 jours).

Diphtérie. - Eviction des malades (durée 40 jours). — Destruction des livres, des cahiers, des jouets et objets qui ont pu être contaminés. — Désinfections successives.

Coqueluche. — Evictions successives (durée : 3 semaines).

Teignes et pelade. — Évictions successives. — Retour après traitement et après pansement méthodique. •

Il importe de remarquer que dans ces prescriptions on ne parle pas du licenciement des écoles où des cas de maladies contagieuses se seraicnl produits.

Dans sa séance du 14 novembre 1892, le comité consultatif d’hygiène a discuté cette question et il a reconnu que le licenciement n’est pas toujours nécessaire ; qu’il présente même dans la plupart des cas de

HYGIENE ADMINISTRATIVE

graves inconvénients. Les enfants sont une gêne pour leur famille et, s’ils ont déjà contracté les germes de la maladie, ils la propagent dans le voisinage. Le licenciement d’une école contaminée n’aboutil ainsi le plus souvent qu’à la dispersion des germes morbides.

Avec les ressources dont on dispose aujourd’hui pour la désinfection, dit le rapporteur du comité consultatif, M. le docteur Napias, le licenciement d’une école et surtout d’une école maternelle ou d’une école primaire, est, la plupart du temps, un contre-sens hygiénique.

L’assainissement du local d’une école peut être réalisé en quelques heures ; sa durée doit être réduite au minimum ; la désinfection du sol, du mobilier, des parois, doit pouvoir être faite dans l'entre classe. Ce n’est qu’une question d’outillage.

Peut-être pourrait-on dire que, dans tel cas particulier, impossible à prévoir d’avance, et par exemple dans les écoles normales primaires et dans les écoles primaires supérieures qui ont des internats, le licenciement restera exceptionnellement une mesure justifiée, particulièrement quand une épidémie née dans l’école obligera à des travaux d’assainissement incompatibles avec la présence des élèves, ou pour d’autres raisons difficiles à invoquer d’avance. Ce seront là des questions d’espèce et il appartiendra, soit au médecin inspecteur, soit au médecin de l’école, de juger de cette nécessité d’exception. Mais la règle générale devra rester le non-licenciement de l’école.

Par contre tout élève atteint de maladie contagieuse devra cesser de fréquenter l’école. L’interdiction de cette fréquentation s’étendra aux frères ou sœurs du malade et même, dans certains cas spéciaux, aux enfants habitant la même maison (1).

Outre les prescriptions qui ont servi de texte au règlement du 18 août 1893, reproduit ci-dessus, le comité consultatif d’hygiène a rédigé les instructions qui, conformément à l’article 11 dudit règlement, doivent être envoyées à la famille de chaque enfant exclu de l’école pour cause de maladie contagieuse. Le texte de ces instructions a été adressé aux préfets par le ministre de l’instruction publique avec la circulaire suivante :

Monsieur le préfet,

Paris, le 14 mars 1896.

Le règlement modèle du 18 août 1893, relatif aux prescriptions hygiéniques à suivre dans les écoles primaires, a prévu dans son article 11 « l’envoi à » la famille de chaque enfant atteint d’une infection contagieuse d’une » instruction sur les précautions à prendre contre les contagions possibles ».

Après avis du comité consultatif d’hygiène publique de France et du conseil supérieur de l’instruction publique, j’ai adopté l’instruction ci-jointe.

J’ai pensé, en effet, qu’il était nécessaire de recommander aux familles d’observer ces prescriptions, qui se rapportent aux soins hygiéniques à

(1) Recueil des travaux du comité consultatif , t. XXIII, p. 7<j.

HYGIÈNE INTERNATIONALE ET ADMINISTRATIVE

donner aux enfants atteints de maladies contagieuses et épidémiques, ainsi qu’aux mesures à prendre pour empêcher la propagation de ces maladies. Les membres de la famille, les voisins, les habitants de la commune, sont tous intéressés à ce que ces prescriptions, d’une exécution facile et qui ne peuvent occasionner qu’une dépense minime, soient scrupuleusement suivies.

Je compte d’ailleurs sur le personnel de l’enseignement primaire public pour recommander aux familles de ne pas manquer de se conformer à ces règles. Il lui sera facile, j’en suis persuadé, de saisir l’occasion d’un entretien avec les parents des élèves, d’un devoir à faire en classe, pour montrer combien il importe de ne rien négliger de ce qui doit arrêter la propagation des maladies contagieuses.

Je vous prie de donner la plus grande publicité à cette instruction. Vous voudrez bien la faire insérer dans le Recueil des Actes administratifs de la préfecture et dans le Bulletin départemental de renseignement primaire. J’ai d’ailleurs décidé que des exemplaires de cette instruction seraient envoyés à l'inspecteur de l’enseignement primaire de chaque circonscription.

Il les conservera en dépôt pour les adresser aux instituteurs et aux institutrices publics et privés et suivant les demandes qui lui parviendront.

Recevez, etc. . .

Voici le texte des instructions annoncées par la circulaire ci-dessus :

INSTRUCTIONS à remettre par les instituteurs aux familles des écoliers atteints de maladies épidémiques et contagieuses

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