‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publique (volume 2)Chapitre 6 sur 176 · ARTICLE I". — ÉCOLES · texte numérisé non relu

ARTICLE I". — ÉCOLES

HYGIENE INFANTILE

chaleur n’est pas proportionnée encore à l’intensité des variations atmosphériques ; la calorification, en un mot, est insuffisante. A mesure qu’il avance en âge il réagit mieux et l’on voit diminuer le nombre des affections des voies respiratoires dont le froid extérieur est la cause.

Un des caractères essentiels des maladies de la première enfance c’est l’intensité et la multiplicité des phénomènes réactionnels ; les fonctions des divers appareils, à cette période de la vie, sont très étroitement liées ; la souffrance d’un organe éveille des sympathies multiples et éloignées qui, par leur gravité, prennent souvent le pas sur la maladie initiale. Le mal rayonne en quelque façon sur un très grand nombre d’appareils ; l’éruption d’une dent, par exemple, peut provoquer de la toux ou du catarrhe intestinal. Une des sympathies les plus fréquentes autant que graves c’est celle dont le système nerveux peut être l’aboutissant ; la cause, en apparence la plus insignifiante, peut donner lieu à des convulsions sérieuses. Ces manifestations s’atténuent également, leur intensité diminue à mesure que l’enfant avance dans la vie ; peu à peu chaque organe à une tendance plus marquée à souffrir pour son compte.

Certaines maladies, sans être exclusives à la première enfance, y ont leur plus grande fréquence ou leur suprême gravité. La méningite tuberculeuse est plus commune de 3 à 7 ans que passé cette période. Les affections des voies aériennes, la broncho-pneumonie principalement, sont autrement graves chez les tout jeunes enfants qu’au-delà des premières années. Toujours mortelle chez le nouveau-né, elle ne tue plus fatalement après trois mois ; la mortalité est encore de 50 p. 100 dans la première année ; à partir de 3 ans, les cas de mort sont beaucoup moins nombreux. La résistance vitale s’accroît graduellement de la naissance à 7 ans. La différence profonde qui sépare les deux phases de la première enfance est nettement accusée par la statistique. Dans la première année de la vie, la mortalité est d’un tiers ou d’un quart ; elle diminue sensiblement dans les années suivantes. Au-dessus de 5 ans et jusqu’à 20 ans, la mortalité en France est très faible ; elle atteint son minimum à 15 ans. La période de 5 à 15 ans est celle où l’enfant jouit de la meilleure santé et fournit aux tables de mortalité le plus faible contingent.

En même temps que croissait la vigueur physique, l'intelligence se développait graduellement, sans qu’il fût besoin toutefois de commencer dès la première enfance l’instruction du jeune sujet, et de recourir aux méthodes pédagogiques usuelles. A partir de quatre ans, de simples leçons de choses, données en jouant, des récits, des contes, des causeries suffisent pour éveiller l’esprit, et le mettre à même de profiter de l’éducation primaire vers l’âge de 7 ans, sans qu’il y ait lieu d’inaugurer prématurément le surmenage scolaire,

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§ Ier. — Habitation.

I. Emplacement. — Les influences nuisibles exercées par le milieu où nous vivons, très actives à tout âge, ont sur l'enfant un effet bien plus marqué et laissent sur son organisme une empreinte beaucoup plus profonde, dont on retrouvera plus tard des traces chez les sujets arrivés à l’adolescence et même devenus adultes. Les produits gazeux délétères, les leucomaïnes qui se développent dans une atmosphère confinée, les émanations méphitiques des égouts et des fosses d’aisances exercent au plus haut degré lepr action pernicieuse sur les enfants; c’est chez eux encore que les germes infectieux, les spores contagieuses trouvent un terrain particulièrement propre à leur culture et à leur développement. Il faut donc s’attacher à soustraire l’enfant à toutes ces actions nuisibles et multiplier les précautions pour rendre aussi salubre que possible le milieu dans lequel il vit.

Placée à la périphérie des villes plutôt que dans leur centre, l’école doit être, autant que possible, libre dans une grande étendue et dégagée des constructions élevées qui s’opposent à d’action de l’air et du soleil, et transforment ses cours en de véritables puits. Malheureusement, dans les grandes villes, ces vœux sont souvent rendus platoniques par des considérations budgétaires. Bien que le voisinage d’une végétation florissante constitue une condition favorable, il ne faut pas non plus que la maison d’école soit entourée de trop près par des arbres touffus ou trop élevés qui la couvrent d’ombre. Il faut fuir avant tout la proximité des fabriques, des usines et des centres d’industries à émanations insalubres, ainsi que des marécages et des cimetières. Il est bon également de ne pas élever l’école à proximité des voies bruyantes et des carrefours très fréquentés dont le tapage fatigue maîtres et élèves.

L’emplacement de l’école doit être choisi au point de vue de la pureté la plus absolue possible de l’atmosphère, ce qui portera à rechercher les lieux élevés, qui assurent beaucoup mieux le renouvellement de l’air. Les terrains bas exposent naturellement bien davantage à l’humidité et à la stagnation d’un air vicié, qui sont à redouter même pour les enfants de l’école, bien qu’ils n’y fassent qu’un court séjour et n’y passent pas la nuit.

La nature du sol n’est pas indifférente, un terrain sablonneux ou calcaire sèche vite, à moins de reposer sur une couche argileuse qui retient l’humidité. Il faut bien dire que la nécessité de ne pas éloigner l’école au-delà d’une certaine zone et l’obligation de la tenir au centre ou à portée de la commune, forcent bien souvent à écarter les considérations de cet ordre et priment certaines exigences hygiéniques. S'il n’est pas naturellement sec, le sol pourra, en tous cas, être soigneusement drainé.

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II. Orientation. — L’orientation de l’école ne comporte aucun principe absolu et dépend des climats. Impraticable dans les pays méridionaux, l’exposition au Midi devient la plus convenable dans les contrées du Nord. L’exposition qu'il faut rechercher dans les régions tempérées, est celle qui assure l’accès du soleil matin et soir: l’enfant a besoin de flots de lumière, il pâlit et s’étiole s’ils lui font défaut. La classe, la cour, le préau couvert doivent être exposés à la lumière; par malheur, dans les villes, ces conditions ne sont pas souvent réalisables.

La façade principale doit, dans nos contrées, éviter l’exposition à l’Ouest d’où viennent habituellement les vents chargés d’humidité, c’est le seul principe absolu qui ait trait à l’orientation. Nous reviendrons ailleurs sur ce sujet à propos de l’importante question de l’orientation de la classe.

Le toit de la maison d’école, moyennement incliné, peut être couvert de tuiles ou d’ardoises. Les revêtements métalliques, froids l’hiver et chauds l’été, en tant que bons conducteurs du calorique, ne sont acceptables qu’à la condition d’emprisonner entre deux lames de métal une couche de scories.

Quant à la forme en dents de scie de la toiture, d’un usage courant pour les ateliers, elle augmente la dépense, sans que sa supériorité soit bien démontrée dans les constructions scolaires. Elle peut avoir des avantages au point de vue de l’éclairage, mais elle obligerait à supprimer les fenêtres, ce qui donnerait à la classe un aspect sépulcral, et surtout interdirait le mode de ventilation le plus complet et le plus facile, à savoir l’aération par l’ouverture des baies opposées.

L’emplacement de l’école devra être suffisant pour donner place non seulement aux bâtiments scolaires, mais aux cours, aux préaux scolaires et même au gymnase. D’après Warren trapp il faudrait, pour la place destinée aux jeux, réserver 3 mètres carrés par élève, soit, pour 50 élèves, 150 mètres carrés. A la campagne, le bon marché des terrains permettra d’ajouter à l’école un jardin:

III. Distribution. — La classe doit être située au rez-de-chaussée mais élevée sur caves, ou séparée du sol par un sous-sol de quelques marches, dont la plus grande partie émergera de terre.

Avant toute construction, on couvrira le sol qu’elle doit occuper d’une couche solide parfaitement asséchée, au-dessus de laquelle on étendra une couche imperméable, isolante, d’asphalte ou de ciment, qui s’opposera à l’ascension directe de l’humidité du sol dans la cave ou dans le sous-sol. Toute école qui n’est pas bâtie sur caves doit être condamnée et, si la nature du terrain s’y oppose, il faut couvrir le sol sur lequel s’élève la maison de fragments poreux, formant une couche perméable à l’air et garantissant de l’humidité. A cet usage on peut employer un résidu des exploitations métallurgiques, la mousse de laitier ou laine de scories.

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L’élévation du rez-de-chaussée au-dessus du niveau de la cour rend nécessaire, pour permettre l’accès de la classe, la construction d’un escalier de quelques marches. Celles-ci auront environ 15 centimètres de hauteur; elles seront larges, d’une longueur de 1 à 2 mètres et à bords mousses ; l’escalier sera muni d’une double rampe. Ce perron n’est pas sans inconvénients : à l’issue de la classe les enfants se précipitent vers la sortie, et, ainsi lancés, rencontrent l’escalier, ce qui les expose à des chutes, surtout l’hiver et par un temps de neige: de plus le perron, faisant saillie sur le trottoir qui longe le bâtiment, y gêne la circulation.

La porte d’entrée s’ouvrira sur un vestibule spacieux, afin d’éviter les bousculades, moins à craindre il est vrai à l’entrée qu’à la sortie. Au bas du perron seront placés des décrottoirs en fonte, et à l’entrée du vestibule des paillassons. On habituera ainsi les élèves à la propreté et l’on évitera qu’ils n’entrent en classe avec de la boue à leurs chaussures, ce qui est une source d’humidité et de poussière.

Au vestibule succède le vestiaire où les enfants déposent leur vêtement de dessus, certaines grosses chaussures, sabots ou caoutchoucs, leur coiffure et le petit panier qui renferme leur déjeuner. Le préau couvert où se passent, aux jours de pluie, les récréations, cumule cette destination avec celle de vestiaire et de réfectoire. Le long des murs, des rayons reçoivent les paniers, et des porte-manteaux, alignés et non superposés pour éviter la contagion des teignes, servent à accrocher vêtements et coiffures.

Ces multiples attributions du préau, celle de réfectoire surtout, ne contribuent pas à en rendre le séjour agréable ; il est rare qu’il ne conserve pas une odeur fade et écœurante de victuailles altérées. Le préau devrait contenir des lavabos, mais ce n’est là dans les écoles qu’une disposition exceptionnelle, et quand ces lavabos existent, on n’en fait pas usage, les habitudes de propreté n’étant pas encore suffisamment entrées dans nos mœurs, ce qui donne lieu à des comparaisons humiliantes pour nous avec nos voisins de Suisse et d’Angleterre.

En raison de sa destination de réfectoire, le préau doit être bitumé ou dallé, ce qui rend le nettoyage facile. Les planchers, pour peu qu’ils soient crevassés, récèlent des débris d’aliments dont l’altération contribue à développer de mauvaises odeurs.

Autour du bâtiment où est la classe et le logement de l’instituteur, sont groupés les locaux accessoires, la cour, le jardin, le gymnase, les cabinets d’aisances.

IY. Classes. — Les salles de classes sont les parties les plus importantes du bâtiment scolaire ; elles doivent tenir le premier rang dans les préoccupations des hygiénistes et des architectes et éveiller au plus haut degré leur sollicitude. Les écoliers séjournent à peine dans les autres dépendances de l’école et ne font qu’v passer; ils n’en subissent que

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momentanément l’action ; l’influence de la classe peut, au contraire, être très puissante sur la santé des enfants, ce qui donne à sa bonne installation et à toutes les questions d'hygiène auxquelles celle-ci est subordonnée, un intérêt de premier ordre. L’élève y doit trouver une température douce, un espace suffisant, un éclairage convenable et surtout de l’air en abondance, régulièrement et largement renouvelé par une ventilation bien comprise.

La classe doit-elle être nécessairement placée au rez-de-chaussée ? Cette question a été l’objet de discussions nombreuses et d’une manière générale il n’est pas douteux que, classes ou études, tous les locaux où les élèves séjournent, seront avec avantage casés aux étages supérieurs : il y a alors absence d’humidité et conditions d’aération et d’éclairage préférables; le soleil est plus longtemps en vue, les fenêtres sont dégagées de l’ombre projetée par les grands murs, les constructions élevées et les arbres ; l’air circule plus aisément et l’aération est plus rapide et plus complète. Mais ces considérations d’ordre général doivent s’adapter aux exigences de chaque cas particulier. Si, dans les lycées et les grands internats il est aisé de réserver les étages supérieurs aux classes et aux études, en plaçant au rez-de-chaussée les bureaux, les locaux administratifs et les pièces où les élèves ne séjournent que peu de temps, comme les réfectoires et les salles destinées aux arts d’agréments, etc.; dans les petites localités et surtout à la campagne, le peu d’importance numérique de l’école, ne comporte pas l’adjonction d’un étage, le rez-de-chaussée suffit, et les exigences de l’hygiène sont convenablement sauvegardées par l’élévation de ce rez-de-chaussée sur des caves ou un sous-sol peu élevé. On évite ainsi, d’ailleurs, les allées et venues bruyantes et tumultueuses au travers des escaliers, et les chutes avec lésions sérieuses, qui ne sont pas très rares quand il s’agit d’enfants encore très jeunes.

Le sol de la classe doit être aménagé pour mettre autant que possible les pieds des enfants à l’abri de l’humidité et du froid. Dans certaines régions reculées de notre pays et dans nombre de villages, la disposition rudimentaire du sol de la classe, simplement recouvert de terre battue, est malsaine et doit être absolument rejetée; le carrelage serait encore préférable, bien qu’il soit froid et que les carreaux poreux et gardant l’humidité se résolvent, par l’usure, en une poussière irritante pour la muqueuse oculaire et celle des voies aériennes. Le revêtement à préférer est le plancher; il y aurait lieu de choisir le chêne, plus solide, moins perméable, mais aussi beaucoup plus coûteux. Le sapin, bien plus poreux, absorbe l’humidité ; sous l’action du chauffage ou de la sécheresse, il se rétracte, ce qui donne lieu à des crevasses qui retiennent les poussières et les détritus infectieux, à moins qu’elles ne les laissent passer au-dessous du plancher. Sous l’influence de l’humidité, il se développe alors, dans ce milieu, des cryptogames et des mucédinées, foyer de mauvaises odeurs et d’émanations infectieuses. Chaque balayage constituant un véritable

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danger, il faudrait que le plancher fut ciré, mais le sapin prend difficilement l’encaustique, et ne garde pas le brillant.

Pour rendre faciles le nettoyage et l’application des mesures de désinfection, il faut que le plancher soit rendu imperméable ; on y arrive facilement par l’application de deux ou trois couches d’huile de lin bouillante, opération peu coûteuse et que l’on peut aisément renouveler deux fois par an. 11 suffit alors, pour nettoyer, non de laver à grande eau, ce qui amènerait un refroidissement intense, mais de passer d’abord sur le plancher un linge mouillé, puis un linge sec. Pour rendre le plancher imperméable on peut encore y appliquer, à la brosse ou au pinceau, deux couches d’un mélange de trois quarts de coaltar, produit peu coûteux de distillation de la houille, avec un quart d’huile lourde de houille. On peut enfin paraffiner à chaud le plancher ; après l’avoir bien nettoyé, s’il est vieux, ou raboté et aplani s’il est neuf, on y verse la paraffine bouillante, puis, dès qu’elle a pris la consistance d’une gelée, on la rabote avec une sorte de pelle en acier bien affûtée qui ne laisse adhérer au bois que la pellicule nécessaire. On a ainsi un parquet analogue au parquet ciré. On pourrait encore, si le prix de revient n’en était trop élevé, revêtir le plancher d’un vernis hydrofuge.

Les murs de la classe doivent être peints à l’huile en couleur verte ou jaune. Le badigeonnage à la chaux serait préférable, comme bien moins coûteux, s’il n’était impossible à nettoyer et n’exigeait alors, à bref délai, l’application d’une nouvelle couche. Les papiers de tenture, sans parler des dangers que présentent certaines couleurs qui entrent dans leur fabrication, sont enduits de colle qui peut se putréfier par la chaleur humide ; ils ne peuvent d’ailleurs être lavés. Quant aux boiseries, elles constitueraient un luxe inutile ; coûteuses, si elles étaient en chêne, elles auraient, en sapin, les mêmes inconvénients que le plancher de bois blanc.

Il faut rechercher pour les murs de la classe les revêtements imperméables, enduits siccatifs, plaques métalliques, briques émaillées, peinture à l’huile. Les éléments infectieux issus de l’encombrement humain sont entraînés par la vapeur d’eau provenant de l’air expiré, laquelle se condense sur les parois et ruisselle jusqu’en bas. Ces déchets nuisibles et infectieux céderont en tous cas à l’aération et à de simples lavages, et l’on évitera ainsi les inconvénients qu’il y aurait à laisser les murs s’imprégner de l’humidité chargée de tous les miasmes quelle peut contenir.

Les angles formés par la rencontre des murs et du plafond constituant de véritables nids à poussière, le plafond devra être uni, sans moulures et les angles triédres formés par la rencontre des murs entre eux et avec le plafond devront être arrondis et concaves.

L’étendue en surface de la classe est subordonnée à des considérations hygiéniques et pédagogiques qui lui assignent des limites dont elle ne Encyclopédie d’hygiene. — VIII. 9

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peut s’écarter. Cette étendue dépend du nombre d’élève et de leur âge auquel sont liées les dimensions du mobilier scolaire ; pour la déterminer, on doit encore tenir compte de la portée de la vue et de l’ouïe ; il faut que les enfants assis au rang le plus éloigné du maître, puissent entendre sa parole, et voir nettement et sans efforts les figures ou les caractères tracés au tableau placé derrière lui. Au point de vue pédagog:que, il ne faut pas que la classe s’étende trop loin devant le maître pour ne pas astreindre à une trop pénible épreuve sa puissance vocale et afin que la surveillance lui soit aisée, même pour les rangées les plus reculées dont la distance n’excèdera pas la portée de sa voix et de ce que l'on a appelé, un peu prétentieusement, la puissance disciplinaire du regard.

Dans la plupart des pays de l’Europe, on est d’accord pour donner aux classes la forme d’un rectangle dont la plus grande dimension ne doit dépasser l’autre que de l’étendue nécessaire pour placer la chaire du maître et l’appareil de chauffage s’il y a lieu. La forme allongée permet au maître d’embrasser facilement l’ensemble de sa classe ; elle est, de plus, favorable à l’éclairage de jour, en limitant la longueur des rangées de tables, et en laissant ainsi, dans le cas d’éclairage unilatéral, la lumière arriver jusqu’aux élèves assis à l’extrémité des rangées la plus éloignée des baies éclairantes. Elle a encore un autre avantage, celui-là purement économique et qui ne saurait être poursuivi trop loin, sans enfreindre les lois de l’hygiène ; elle facilite le groupement, à surface égale, d’un plus grand nombre d’élèves. En effet, outre les passages longitudinaux et transversaux laissés libres de chaque côté entre les murs et l’extremité des rangées de tables, et en arrière entre les dernières tables et le mur du fond, il faut en ménager un ou plusieurs dans la continuité des rangées suivant la longueur. Ces espaces, plus nombreux quand le chiffre des élèves placés sur un rang est plus élevé, donnent à chacun d’eux une surface carrée plus grande. Chaque élève ayant besoin d’un espace carré plus étendu que celui que couvre le mobilier qu’il occupe, ce complément s’obtient en multipliant les espaces libres. C’est une raison à joindre aux autres pour empêcher de donner aux classes la forme d’un carré trop allongé ; le rapport fixé par les règlements universitaires entre la longueur et la largeur est celui de 4 à 3.

En tenant compte de la portée de la vue et de l’ouie chez les enfants, et des limites de la puissance vocale du maître, on ne peut guère dépasser dix mètres de longueur. Pour la largeur, elle doit être telle que l’élève placé à l’extrémité de la rangée, opposée à la fenêtre puisse sans efforts lire, à une distance de 50 centimètres, les caractères dits diamants. La largeur de la classe est limitée comme dimension maxima par les nécessités de l’éclairage : elle variera de 6m 50 à 7m 20. C’est par la partie la plus élevée de la fenêtre qu’arrive le plus de lumière aux élèves éloignés des croisées, et plus celles-ci seront hautes mieux sera éclairée

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celle des extrémités de la rangée qui en est la plus distante, comme aussi plus la classe sera large, plus la hauteur des baies éclairantes devra augmenter ; or cette élévation est limitée par les exigences architecturales et les nécessités économiques. Dans ces limites, il est difficile qu'une classe reçoive plus de 40 à 50 élèves. Si l’on dépasse ce chiffre en respectant les règles de l'hygiène, c’est-à-dire en conservant à chaque élève le cubage d’air strictement nécessaire, le développement de la classe, aussi bienpour les élèves que pour les maîtres, devient défavorable au côté pédagogique ; si l’on admet ce chiffre d’élèves, sans augmenter en proportion les dimensions de la classe, c’est le côté hygiénique qui est sacrifié.

Il faut à un élève l’espace transversal nécessaire pour appuyer ses coudes sur la table, soit, de 0 à 14 ans, environ 0m,60. Dans le sens antéro-postérieur, les dimensions du pupitre ou de la table prennent de 0m,39 à 0m,45. La distance horizontale entre le bord de la table et le bord du banc doit être nulle, mais dans l'ancien mobilier et dans quelques modèles récents, elle est de plusieurs centimètres; le banc étant muni d’un dossier, il faut, pour que l’élève puisse s’v appuyer, même en écrivant, que le siège ne dépasse pas 0m, 18 ; il faut aussi tenir compte de l’inclinaison en arrière du dossier, ce qui donne environ 0m,08, soit en tout 0m,81 ; cette dimension antéro-postérieure, multipliée par celle de la ligne des coudes, 0m80, donne 0m,486 carrés, ou, en chiffres ronds, un 1/2 mètre carré. En tenant compte des couloirs nécessaires pour le passage des élèves et la surveillance exercée par le maître, on arrive à une largeur de la classe de 6m à 6m,40, à une longueur de 8m à 9m,48, suivant qu’il s’agit de petits ou de grands; soit, de 48 à 60 mètres carrés de surface, ce qui donne au moins 1 mètre carré par-élève.

Nous avons vu que, en diminuant la longueur de la classe au profit de sa largeur, c’est-à-dire en augmentant la longueur des rangées, on est obligé de multiplier les passages, ce qui contribue à donner à chacun des élèves un espace carré plus élevé, qui permet d’éviter l’encombrement.

La hauteur de la classe doit être subordonnée à sa largeur, et cela non seulement au point de vue architectural, mais surtout sous le rapport de l’éclairage; les baies éclairantes devant être proportionnées, pour la hauteur, à la largeur de la classe et dans un rapport constant avec elle. Le dernier règlement pour la construction et l’ameublement des maisons d’école fixe le cubage minimum par élève à 5m cubes, ce qui, avec les surfaces que nous avons données, porte la hauteur à 5ni comme maximum, à 4m au minimum.

Le nombre d’élèves par classe ne doit donc pas dépasser 50. Avec un nombre plus considérable, si l'on s’astreint, comme il convient, à respecter les conditions de cubage indispensables, on est obligé, nous l’avons dit, de donner à la salle des dimensions défavorables au côté pédagogique.

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1° Eclairage. — Qu’il faille aux écoliers beaucoup de lumière, en même temps qu’un éclairage d’une innocuité absolue, c’est là un point sur lequel tout le monde est d'accord : les dissentiments n’apparaissent que sur le mode d’application. Dans quelle direction la lumière doitelle pénétrer dans la classe ? La lumière venant de face est gênante et rejetée par tous ; elle oblige en effet les élèves à incliner la tète en avant pour éviter la radiation aveuglante qui vient les frapper en face, et les éblouit s’ils cherchent à voir le maître et à suivre les jeux de physionomie et les gestes qui accompagnent le développement de sa pensée. Quand elle arrive par derrière, elle développe des ombres sur les livres et le papier et, pour les éviter, les écoliers sont obligés de se tordre et de s’incliner dans divers sens ; elle est, d’autre part, fort gênante pour le maître qui, à son tour, ne peut voir ses élèves qu’avec peine et incomplètement. L’éclairage par en haut se rapproche de l’éclairage naturel, mais la lumière projette alors sur le papier l’ombre de la tête des enfants et gène l’écriture et le dessin ; de plus le genre de construction que comporte ce mode d’éclairage est le toit en scie, et un rezde-chaussée sans étage, avec suppression des fenêtres latérales, ce qui est d’un aspect fort triste. Si le vitrage supérieur, qui livre- accès à la lumière, est plus ou moins horizontal, il se couvre de poussières et, dans la mauvaise saison, de neige, ce qui exige de fréquents nettoyages. Enfin, dans les mois d’été, le soleil, au milieu du jour, pénètre par le vitrage et arrive sur les livres et les cahiers, ce qui est intolérable et très préjudiciable aux yeux.

Nous restons donc en présence de l’éclairage venant de côté ; il est presque toujours unilatéral ; s’il vient de droite, la main de l’élève porte sur le papier une ombre gênante qui se déplace avec les mouvements et qui est une cause de trouble. La lumière venant de gauche n’a pas le même inconvénient. En Allemagne, Reclam, Erismann, Gross, Warrentrapp, Colin, Zwez, Wiel ; en Suisse, Fahrner ; en France, E. Trélatet Layet, se sont prononcés d’une façon presque unanime pour l’éclairage unilatéral gauche. E. Trélat a démontré que l’éclairage d’un seul côté est le plus propre à donner une notion exacte de la forme des objets, et qu’il n’expose pas, comme le bilatéral, à des jeux d’ombres changeants et fatigants ; c’est l’éclairage adopté par tous les artistes, peintres et sculpteurs.

D’après Trélat, l’éclairage unilatéral est le seul qui, dans un espace limité, soit favorable à la bonne éducation du sens de la vue, au point de vue de la forme des objets. D’après lui, dans un milieu éclairé des deux côtés, et par le fait de ces deux sources de lumière, il y aura deux manières d’être dans la manifestation de la forme ; il en résultera un mode d’éclairement troublant et confus où les clairs et les obscurs superposés confondront leur tonalité. Malgré le talent déployé par Gariel et Javal pour défendre leur opinion, il semble que celle de Trélat comporte les conditions les plus favorables à une bonne hygiène de la vue.

Deux écoles récemment construites, celle d’Essonne et celle de Saint-

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Denis, offrent des modèles de classes éclairées d’un seul côté, et qui reçoivent une quantité de lumière largement suffisante.

La cause de l’éclairage bilatéral n’est plus guère défendue chez nous que par Javal et Gariel ; la raison qui plaide le plus haut en faveur de leur thèse, c’est la nécessité d’avoir une lumière abondante qu’il est assez facile, fort heureusement, d’obtenir avec l’éclairage unilatéral. On objecte contre lui les nécessités de l’hygiène générale, laquelle serait compromise, parce que l’on ne peut ventiler que d’un côté. Il n’en sera rien, si l’on prend soin de ménager sur le mur de droite des baies, closes durant la classe par des volets que l’on ouvre pendant les récréations et en l’absence des élèves, en même temps que les fenêtres de gauche, ce qui donnera à la classe suffisamment d’air et de soleil.

L’abondance de la lumière dépend de la surface représentée par l’ensemble des fenêtres. On admet généralement que la surface du vitrage doit égaler le quart ou même le tiers de celle du plancher. Pour obtenir la plus grande surface possible d’éclairage, on propose de réduire au minimum les trumeaux qui séparent les fenêtres et de les remplacer par des piliers. Plus radical encore, Trélat supprime tous les trumeaux et ramasse en une seule baie, qui comporte autant de meneaux qu’il est nécessaire, toute la section de l’éclairage. La baie ainsi obtenue devra égaler en largeur l’étendue de la série des tables prise de côté. Le linteau, c’est-à-dire le bord supérieur de la baie d’éclairage sera élevé à une hauteur minimum égale aux 0,60 de la largeur de la classe, ou sensiblement ses deux tiers. A cette condition, la lumière arrivera au dernier élève de chaque rangée avec une intensité à peu près égale à celle de la lumière qui frappe les places voisines de la baie éclairante. La largeur de la salle réglant la hauteur du linteau, pour rester dans des conditions pratiques, il ne faut pas qu’elle excède certaines limites; or la nécessité démontrée de ne pas dépasser, pour une classe, le chiffre de 40 à 50 élèves rend la largeur de 7 mètres parfaitement suffisante ; ce qui donne pour la baie éclairante une hauteur de 4m,65 à 4m,70. La partie inférieure du vitrage devra être placée à une hauteur telle au-dessus du parquet, que la lumière qui arrive à 45 degrés et rase l’arête inférieure de la baie, atteigne l’extrémité voisine des tables ; ce qui fait dépendre la hauteur de cette arête inférieure de la baie de la largeur du passage qui sépare les tables du mur. Le bas des fenêtres sera donc plus élevé que la tête des enfants, mais ne devra pas être trop haut, ce qui donne à la classe un aspect remarquablement triste. On admet comme hauteur une dimension égale à celle de la largeur de l’espace libre entre le mur et l’extrémité des tables.

Il peut se faire que l’on ne puisse donner aux fenêtres une hauteur suffisante pour que la lumière arrive dans la classe jusqu’à l’extrémité des tables ; on peut alors compléter l’éclairage insuffisant venu de gauche par le jour venant de baies ouvertes à droite, mais de dimensions moindres, de manière à conserver la prééminence à la lumière venant de gauche. C’est ce que l’on appelle l’éclairage bilatéral différentiel.

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L’orientation de la façade éclairante devra être au Nord, d’où ne viennent jamais de rayons solaires, et dont la lumière, par conséquent, est stable et uniforme. La classe ne sera alors éclairée que par la seule lumière du ciel ; c’est l’exposition que les artistes recherchent exclusivement pour leur atelier. La lumière qui vient du Nord est la moins fatigante, elle ne présente pas les alternatives très tranchées de l’éclairage qui vient par l’Est ou par l’Ouest, ni la cruelle intensité de celle qui vient du Midi. On admet que la façade vitrée peut être légèrement inclinée vers l’Est, ou l’Ouest, le soleil levant ayant déjà tourné la façade éclairante quand les élèves arrivent, et les écoliers étant déjà partis avant qu’elle ne soit frappée par le soleil couchant.

La réunion aujourd’hui commune de l’école des filles et de celle des garçons ne permet pas toujours une orientation convenable des diverses classes, et les architectes s’efforcent alors de tirer de l’emplacement qui leur est assigné le meilleur parti possible.

11 sera souvent nécessaire de faire usage de stores ou de rideaux pour lesquels on préférera la couleur verte. Les stores devront se lever plutôt que se baisser, de façon, si l’occlusion complète ne s’impose pas, à conserver plutôt la lumière venant d’en haut.

L’éclairage artificiel pèche presque toujours par son insuffisance, il n’y a donc jamais à craindre un excès d’éclairement. Le gaz est un excellent mode d’éclairage, il ne présente aucun inconvénient pour la vue si l’on emploie des régulateurs qui maintiennent la flamme à une hauteur constante et assurent l’uniformité do l’éclairage. 11 faudra faire usage de becs circulaires dont la combustion est parfaite ; le verre est indispensable pour achever la combustion et immobiliser la flamme ; il faut que chaque bec soit muni d’un abat-jour. On pourra disposer sur les becs le petit appareil connu sous le nom de bec Auër, qui donne à la flamme un grand éclat, et permettrait de réaliser une grande amélioration hygiénique et économique en diminuant le nombre des becs.

L’éclairage au gaz a l’inconvénient de donner de la chaleur et de vicier l’atmosphère; le réflecteur, s’il est placé à une certaine hauteur, n’échauffe pas la tête de l’enfant ; Yernois a fixé à lm ,30 on lm,50 la distance nécessaire entre le réflecteur et la table pour que la tête de l’enfant ne s’échauffe pas et que la lumière ne soit pas incommode. Javal demande lm,80 audessus du sol, ce qui manque de précision en raison de la hauteur très variable du siège et des tables ; d’autre part, une ventilation suffisante entraînera l’air vicié et diminuera la température de la salle. Dans certaines écoles anglaises, le tube d’aspiration au-dessus du bec est formé de deux cylindres concentriques (1) ; le tube intérieur sert de tuyau de fumée et porte au dehors les gaz de la combustion. L’espace annulaire entre les deux tubes fait l’office d’une cheminée d’appel et aère l’air vicié de la salle.

(1) Riant, Hygiène scolaire. Hachette, 1884.

HYGIÈNE DE LA SECONDE ENFANCE

L’éclairage électrique, outre sou éclat incomparable, a l’immense avantage de ne pas donner de chaleur et de ne pas altérer la pureté de l’atmosphère. 11 ne paraît pas que la vue ait à en redouter quelque chose si l’on fait usage de l'anse à incandescence d’Edison. Mais ce mode d’éclairage est plus cher que le gaz, les procédés industriels de production de lumière étant encore dans l’enfance, et l’usage n’en étant pas encore assez général pour entraîner un abaissement de prix.

Quant à l’éclairage à l’huile, excellent pour un écolier qui travaille seul, il se dérange trop fréquemment et oblige à des interventions souvent répétées qui troublent les élèves et leur donnent des distractions.

2° Chauffage. — Les appareils de chauffage ayant été longuement décrits dans une autre partie de cet ouvrage, nous n’avons à y revenir que pour indiquer les systèmes qui nous paraissent les mieux appropriés aux locaux scolaires. Les sources de chaleur sont placées à l’intérieur des classes ou en dehors d’elles ; parmi les premières viennent les cheminées et les poêles ; les autres appareils extérieurs aux locaux scolaires’sont des calorifères à air chaud, à eau chaude ou à vapeur. Le meilleur mode de chauffage, c’est le foyer ardent d’une cheminée qui rayonne de la chaleur lumineuse à laquelle on peut exposer une grande partie de la surface du corps. La vue d’un tel foyer provoque un sentiment de gaieté et de bienêtre ; c’est le mode de chauffage qui rappelle le mieux l’action du soleil ; par le rayonnement du brasier les personnes, les meubles, les objets voisins et les murs sont échauffés, si bien que tous les points de la chambre deviennent des sources de chaleur. Malheureusement la cheminée, parfaitement appropriée au chauffage d’un appartement, devient insuffisante, dans les pays du Nord, quand il s’agit d’une vaste salle contenant 40 ou 50 élèves elle n’utilise qu’un tiers à peine de la chaleur produite. En dépit de ces inconvénients, Layet (1), considérant comme éminemment favorable à la santé réchauffement d’un milieu limité parle rayonnement de la chaleur lumineuse, fait des vœux pour que la cheminée soit désormais considérée comme indispensable et vienne toujours ajouter son action bienfaisante spéciale à celle d’autres appareils employés à élever la température des salles de classe. Nous nous associons volontiers à ce vœu très rationnel dont l’application sera malheureusement restreinte, par raison d’économie, surtout dans les écoles.

L’appareil de chauffage le plus usité dans les écoles et le mieux en rapport avec leur budget limité, c’est le poêle mobile ; on a décrit ailleurs le poêle ventilateur si perfectionné de Geneste et Herscher ; les poêles à la portée des établissements modestes sont en fonte, en tôle ou en poterie ; ils chauffent par rayonnement de leurs parois et en échauffant l’air qui les touche ou entoure leurs tuyaux, dont on multiplie à dessein les circuits pour utiliser une grande partie de la chaleur. Bien supérieurs à

(1) Layet, Dict. encycl. des sc. médic ., t. XXII, art. Ecoles,

HYGIENE INFANTILE

la cheminéç, sous ce rapport, ils ne perdent guère que 6 à 8 p. 100 de la chaleur produite.

Ces poêles, outre qu’ils ne jouent presque aucun rôle dans la ventilation, ont de bien plus graves inconvénients : lorsqu’ils sont portés au rouge, ils donnent lieu à la production d’oxyde de carbone, soit que, provenant du foyer, celui-ci filtre à travers la fonte surchauffée, ou que le gaz délétère procède de la combinaison de l’oxygène de l’air au carbone de la fonte à une haute température, ou enfin qu’il y ait décomposition de l’acide carbonique contenu dans l’air. De plus, quand la fonte arrive au rouge sombre, elle dégage une odeur de roussi due sans doute à la combustion des poussières organiques tenues en suspension dans l’air.

Les poêles de tôle présentent les mêmes causes d’insalubrité que les poêles de fonte, mais à un moindre degré. Les poêles en céramique, terre ou faïence, ont l’avantage d’emmagasiner la chaleur, ils permettent l’aération intermittente, dans l’intervalle des classes et des études, et, une fois les fenêtres closes, ils ramènent la température de la classe au degré voulu. Us ont de plus l’avantage de ne pas livrer issue à des gaz toxiques.

3° Ventilation. — 11 est de notion vulgaire que la respiration altère rapidement l’air et que le séjour dans un milieu à air confiné est nuisible pour deux causes : la viciation de l’atmosphère est due en partie à l’exhalation par les voies respiratoires d’une certaine proportion d’acidc carbonique, en partie aux émanations organiques produites par le corps humain, émanations qu’on a qualifiées de miasme humain et qui sont analogues aux ptomaïnes, alcaloïdes organiques très toxiques qui prennent naissance dans les matières animales en putréfaction.

La viciation de l’atmosphère est généralement très élevée dans les salles d’école ; elle l’est plus que dans d’autres milieux limités. Pettenkofer a fait voir qu’un jeune garçon pesant 25 kilos exhale en une heure autant d’acide carbonique qu’un adulte d'un poids double. D’après Parkes, à partir de cinq ans, les enfants doivent être traités, au point de vue de l’aération, comme des hommes en raison de l’activité relativement plus grande de leurs échanges nutritifs. Il parait donc tout simple d’allouer aux élèves un espace cubique un peu ample, mais des nécessités de divers ordres obligent à les grouper dans un espace restreint ; en dépit des prescriptions ministérielles qui exigent 5 mètres cubes par élève, le cube d’air pour chacun ne dépasse pas 4 mètres.

Les hygiénistes ne s’accordent pas sur la quantité d’acide carbonique nécessaire pour vicier l’air. Pettenkofer a indiqué le chiffre de 10 dix millièmes ou 1 millième comme le taux de CCH au-delà duquel l’atmosphère n’est plus tolérable. D’autres, plus exigeants, considèrent l’air comme vicié au-delà de 6 dix millièmes. 11 faut donc établir dans quelle mesure l’air doit être renouvelé pour ne pas devenir impropre à la respiration. La limite de 10 dix millièmes de CO2 fixée par Pettenkofer comme chiffre extrême est généralement prise pour base.

HYGIÈNE DE LA SECONDE ENFANCE

On admet qu’un adulte verse en une heure dans la pièce où il respire 20 litres d’acide carbonique. Ce chiffre parait exagéré, quand on l’applique aux enfants pour lesquels il varie suivant l’âge. Layet (1), dans son excellent article sur l’hygiène des écoles, donne les proportions suivantes qui ont l’avantage de se présenter sous une forme mnémotechnique.

Acide carbonique exhalé par

Ages. heures en litres.

Enfant de 8 à 10 ans 10

Enfant de 11 à 13 ans... 13

Enfant de 14 à 16 ans 16

Enfant de 17 à 20 ans 20

Donc, dans une salle de classe, 40 élèves, ayant chacun un cube de 5 mètres, soit en tout 200 mètres cubes, auront au bout d’une heure, à raison de 20 litres de CO2 par tête et par heure, exhalé 800 litres de ce gaz. Ce qui représentera les 40 dix millièmes de l'atmosphère de la classe, lesquels, ajoutés au 5 dix millièmes normaux, donneront 45 dix millièmes d'acide carbonique, quatre fois et demie autant que le chiffre de 1 millième donné par Pettenkofer comme la limite au-delà de laquelle l’atmosphère devient nuisible à la respiration.

Pour empêcher le degré de viciation de devenir extrême, et ramener le taux de CO2 au chiffre limite de 10 dix millièmes, le calcul démontre qu’il faut verser dans la classe quarante mètres cubes d’air par élève et par heure. Par quel moyen peut-on atteindre ce but ? Il faudra recourir à la ventilation qui est malheureusement une branche encore bien peu avancée de l’art architectural. Les expériences faites dans les hôpitaux et dans les grands établissements ont donné, eu égard aux déboursés, de très médiocres résultats.

Il faut distinguer entre la ventilation d’été et celle d’hiver. Dans les saisons tempérées, alors que le thermomètre donne sensiblement le même chiffre au dehors et au dedans de la classe, il est sans inconvénients pour les élèves d’en ouvrir toutes les fenêtres d’un côté pendant quelques minutes, à moins que les bruits extérieurs et les distractions du dehors n’y mettent obstacle. En l’absence des élèves et durant les repas, on peut ouvrir toutes les fenêtres d’un côté comme de l’autre.

Pour que le renouvellement de l’air soit réel et effectif, il faut ouvrir des fenêtres opposées ; l’ouverture des fenêtres du même côté ne donne lieu qu’à un déplacement d’air très limité ; l’air froid entrant par la partie inférieure de la fenêtre, et l’air chaud sortant par la partie supérieure, mais ce mouvement n’intéresse que la partie voisine des fenêtres et l’air déplacé décrit une courbe à convexité regardant l’intérieur, mais qui y pénètre peu. Cette ouverture des fenêtres sera toujours possible pendant les saisons tempérées, en l’absence des élèves, aux heures de repas ou de récréations. Dans la mauvaise saison, les nécessités du chauffage

(1) Layet, loco cit.

HYGIÈNE INFANTILE

restreignent forcément cette aération si salutaire, à moins que les intempéries extérieures, la pluie ou la neige ne l’interdisent absolument.

L’existence de fenêtres ou de baies opposées, constitue pour les salles d’école un dispositif de première importance. « L’aération par les fenêtres, dit Arnould, est celle qui, pour la quantité et surtout pour la pureté de l’air fourni, ramène l'homme le plus près possible des conditions dans lesquelles il se trouve en plein air, c’est-à-dire dans l’état vraiment normal. C’est une tradition chez nous que l’entrée de l’air naturel ne peut durer que très peu de temps dans la mauvaise saison, mais ces idées se sont sans doute peu à peu modifiées depuis que nous savons que la tuberculose, la pleurésie, la pneumonie procèdent de tout autre chose que des coups de vent et que l’afflux et le mouvement de l’air oxyde, atténue, annihile les substances putrides et les germes pathogènes ».

« Pour qui a pu faire la différence entre l'atmosphère invinciblement fade et puante des salles d’hôpital qui n’ont qu’un rang de fenêtres et l’air presque toujours tolérable des salles à fenêtres opposées, même quand elles n’ont pas d’autre système sérieux de ventilation, l’efficacité du renouvellement de l’air par les fenêtres ne saurait faire l’objet d’un doute » (1).

On peut se servir des fenêtres opposées en disposant à leur partie supérieure un compartiment à bascule ou à hotte qui permettra au courant d’air froid de passer au-dessus de la tête des élèves, et en somme, la masse aérienne qui pénétrera ainsi par une baie élevée est bien moins à craindre que les filets d’air qui s’infiltrent par les maljoints ; c’est là le procédé le moins coûteux et le plus rapide. Par malheur, dans un grand nombre d’établissements scolaires, écoles ou même lycées, les classes ne sont éclairées que par un seul rang de fenêtres. On peut alors pallier ce vice de construction en pratiquant des vasistas sur le mur opposé, ou bien en ouvrant dans le plafond des orifices qui livrent passage à l’air vicié échauffé par la respiration des élèves. En toutes saisons on peut renouveler en partie l’air pendant la durée des classes en disposant des carreaux mobiles, des roues à palettes, des Assistas à soufflet établis à la partie supérieure des fenêtres. En Angleterre, on ménage à la partie inférieure des fenêtres des panneaux mobiles que l’on fait basculer. On peut encore disposer dans l’épaisseur des murs des gaines ventilatrices qui évacuent l’air vicié dans les combles.

Tous ces systèmes ont un défaut commun, c’est d’introduire de l’air froid, ce qui n’est pas admissible dans la saison rigoureuse. Il faut alors que l’air introduit soit chaud, ce qui rend la ventilation solidaire du chauffage. Lorsque l’on fait intervenir dans la ventilation l’action des appareils de chauffage, il faut toujours recourir à l’appel dû à une inégalité de température, comme le tirage d’une cheminée. Mais ce tirage

(1) Ahnouli), Nouveaux éléments d’hygiène , 2e éditiou, 1889.

HYGIÈNE I)E LA. SECONDE ENFANCE

très actif a des inconvénients ; l'air entrant sous les portes et se rendant en ligne droite à la cheminée, sans se mélanger à l’atmosphère de la classe, glace en passant les pieds et les jambes des élèves. Pour obtenir une bonne ventilation, il faut qu’il y ait un mélange uniforme de l’air dans toute la pièce.

Le système de ventilation et de chauffage le plus simple et le moins défectueux, serait le poêle ventilateur. Un des meilleurs est celui de Geneste et Herscher, décrit plus haut, qui verse à la partie supérieure de la classe l’air chaud venu du dehors, et entraîne par le conduit de fumée l’air vicié qui a servi à alimenter le foyer. L’air neuf est maintenu à un degré hygrométrique suffisant à l’aide d’un vase annulaire plein d’eau qui entoure l’origine de la cheminée. Ce procédé de ventilation est néanmoins médiocre ; l’air chaud est malsain à respirer, même quand on lui rend son degré hygrométrique de (15 degrés environ ; d’une manière absolue on peut dire, avec Layet, que l’air chauffé est plus ou moins atteint dans ses propriétés vitales (1).

Il faut donc renoncer à associer la ventilation au chauffage. Mais en hiver, on pourra réunir l’action d’une cheminée de ventilation avec un mode de chauffage indépendant; ce système peu dispendieux peut être employé pour les écoles. Dans les établissements plus importants on devra recourir à l’action d’une machine à vapeur envoyant dans les salles de classes et d’étude de l’air pris au dehors ou accumulé par compression dans un réservoir.

En résumé, dans les écoles, il faut faire appel à la ventilation naturelle ou par le chauffage. Dans les lycées et les grands internats, en raison de leur étendue et de la multiplicité des locaux à ventiler, on doit faire intervenir la ventilation mécanique. Le jour, c’est dans les classes, les études, les réfectoires que l’air sera renouvelé ; la nuit c’est dans les dortoirs ; ceux-ci auront été aérés le matin, ce qui ne dispense pas d’une large ventilation nocturne.

V. Mobilier scolaire. — La disposition du mobilier scolaire est de la plus haute importance, l’attitude que prend l’élève en Ira vaillant lui étant absolument subordonnée. Or, pendant la période de développement de l’organisme, les attitudes provoquent avec la plus grande facilité des déviations, des déformations, de la production desquelles un mobilier défectueux serait nécessairement responsable. Ce n’est pas à l’enfant à adapter son attitude à la forme du mobilier, mais à la table-banc à se modeler sur la posture qu’il doit avoir en écrivant et en lisant, en modifiant d’ailleurs ses dimensions suivant la taille de l’écolier. Une bonne attitude de l’élève lui épargne beaucoup de fatigues : elle prévient les altérations de la vue et les graves déformations du rachis et du thorax.

(1) Layet, loco çit.

"Voici quelle est l’attitude correcte et normale de l’écolier assis à sa table : le tronc doit être maintenu droit, sans inclinaison latérale ; il doit reposer sur les deux fesses qui s’appuieront également sur le banc. Celui-ci sera assez large pour comprendre les deux tiers de la cuisse, les ischions et le coccyx. La cuisse étant fléchie à angle droit sur le tronc, les jambes doivent également faire avec la cuisse un angle droit et tomber verticalement. Il faut que les pieds reposent à plat sur le plancher ou sur la barre d’appui destinée à les supporter, sans avoir à aller chercher celle-ci en avant. La hauteur de la table devra être telle que jamais l’élève, pour y faire reposer une partie de l’avant-bras, n’ait besoin d’élever le coude et l’épaule du même côté. Lorsque les bras sont appliqués contre les côtes et tombent naturellement, il faut que les avant-bras, fléchis à angle droit ou même légèreemnt relevés reposent sur la table dans une partie seulement de leur longueur. Le creux épigastrique doit correspondre à l’arête postérieure du pupitre et servira de point de repère pour calculer la hauteur de la table au-dessus du plancher. L’inclinaison antéro-postérieure du pupitre a l’avantage de placer le cahier ou le livre, par rapport au rayon visuel, sous un angle voisin du droit, tandis que, sur une table horizontale, le rayon visuel rencontre le papier sous un angle très aigu, ce qui oblige l’enfant à se pencher en avant.

Les deux parties des tables-bancs sont mobiles l’une par rapport à l’autre, où sont inséparables ; elles sont à un petit nombre de places (2 à 6), et assurent 0m,60 à chaque élève dans le sens transversal. La table doit avoir une partie antérieure horizontale de 0m,10 à 0m,ll de largeur, et une inclinée du côté de l’élève, large de 0m,36 à 0m,37, et dont la pente est de 15 à 20 degrés.

Une question importante est celle qui a trait à la position relative de la table et du banc : elle a été l’objet de nombreuses discussions, mais l’accord est à peu près fait aujourd’hui. Dans beaucoup d’écoles ou de pensionnats, on trouve encore des spécimens de l’ancien mobilier consistant en une table-banc pour 12 ou 15 élèves, dont les deux parties sont écartées l’une de l’autre dans le sens horizontal de six ou huit centimètres. Pour atteindre la table et y prendre appui, l’écolier est obligé de se pencher en avant et de ne faire porter le poids du corps que sur la partie antérieure du banc. La distance horizontale entre le banc et la table, ou par abréviation, la distance , comme l’a appelée Fahrner, est toujours très prononcée dans l’ancien mobilier pour permettre à l’élève de se lever pour réciter les leçons ou pour quitter sa place. L’inclinaison en avant, qui résulte de la distance positive, fait peser les viscères abdominaux sur la paroi antérieure du ventre, dont elle fatigue les muscles ; elle relève les épaules, les rejette en arrière, et, par la position donnée au thorax, gêne la respiration et la circulation. Il est certain que, si petite que soit la distance, l’écart force les jeunes enfants à se pencher en

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avant et que les plus grands, eux-mêmes, y sont sollicités quand la distance augmente.

Farhner a montré que la distance doit être nulle, c’est-à-dire que le plan vertical abaissé du bord postérieur de la table doit rencontrer le bord antérieur du banc. La distance n’a d’ailleurs plus de raisons d’être avec les mobiliers d’aujourd’hui, à une ou deux places, qui permettent à l’écolier de quitter sa table pour se tenir debout à côté de son banc. Cohn, Javal, Layet et d’autres veulent même et avec raison que la distance soit négative, c’est-à-dire que la table surplombe le banc, de 2 centimètres suivant les uns, de 7 centimètres d’après d’autres.

Il n’est pas douteux que, pour que l’enfant se tienne droit, et dans une attitude absolument correcte, les reins appuyés au dossier du banc qui est, comme nous allons le dire, indispensable, il est bon que la table dépasse de quelques centimètres, par son bord postérieur, l’arête antérieure du banc. Mais cette disposition si avantageuse ne permet à l’élève de se tenir debout à sa place que si la tablette du pupitre est mobile et peut être tirée en avant quand l’élève est assis et repoussée en arrière lorsqu’il veut se lever; à moins qu'il n’occupe une table-banc à place unique ou à deux places qui lui permette de quitter sa table pour se tenir debout. Cohn a imaginé, pour les écoles primaires de Breslau, une table dont la moitié antérieure peut se replier sur l’autre. Une autre disposition qui arrive au même résultat, c’est celle de la table-banc Kunze que l’on trouve en Allemagne dans beaucoup d’écoles, ainsi qu’en Autriche-Hongrie. La table est à surface continue, mais se divise en autant de tablettes que de places. Chacune de ces tablettes est à coulisses, et la partie antérieure glisse sur l’autre d’avant en arrière de 10 à 12 centimètres. Pour écrire, l’élève la tire à lui et la fixe à l’aide d’une sorte de petit taquet ou de verrou en bois; la leçon finie, il la repousse et elle recouvre l’encrier qu’elle avait découvert. L’enfant est placé dans une situation éminemment favorable et telle que l’attitude la plus commode pour lui est justement la position correcte que l’on ne pouvait obtenir avec l’ancien mobilier scolaire.

La différence de hauteur entre la table et le banc, ou simplement la différence est indiquée par l’intervalle entre le banc et les coudes, lorsque l’élève est assis, les bras le long du corps ; on y ajoute quelques centimètres, parce que, dans l’acte d’écrire, l’élève porte les coudes en avant et les relève quelque peu. D’après Fahrner cette différence doit être de 17°, 59 à 18e, 31 pour les garçons, et de 16e, 6 à 17e, 7 pour les filles que leurs jupons épais élèvent un peu au-dessus du siège.

Quand la table est construite pour de grands élèves, la hauteur maxima des sièges leur permet toujours de poser les pieds sur le sol lorsqu’ils sont assis. Pour les petits c’est différent ; d’ailleurs, pour éviter au maître d’avoir à se baisser trop pour examiner les devoirs, on est dans l’usage de donner aux bancs une hauteur hors de proportion avec l’àge des enfants.

HYGIÈNE INFANTILE

Pour y obvier, la table est munie d’un marchepied placé à distance convenable, et qui ne doit pas être une simple traverse, mais une planche de 25 à 30 centimètres, inclinée de 20 à 30 degrés du côté de l’enfant et placée de 12 à20 centimètres en avant du plan vertical tombant du bord antérieur du banc. Rien n’empêche d’ailleurs d’augmenter notablement la hauteur du banc, pourvu que celle de la table augmente également, de manière à conserver les rapports de distance verticale entre le banc et la table, c’est-àdire la différence. Cette disposition élevée de l’ensemble du mobilier audessus du parquet offre divers avantages ; l’air qui passe sous les portes, appelé par le tirage de la cheminée ou du poêle, s’étend en une couche froide sur le sol, et si les chaussures des écoliers sont humides, ce qui est ordinaire pendant l'hiver, ce courant d’air active l’évaporation et les enfants ont bientôt les pieds glacés. Cet inconvénient disparaît à peu près par la surélévation des pièces du mobilier. Un autre avantage, nous l’avons dit, est relatif aux maîtres qui ont moins besoin de se baisser pour corriger les devoirs quand la table est plus élevée. Enfin, une table haute peut servir à tous les élèves pourvu que la hauteur des sièges soit réglée en conséquence, tandis qu’une table basse n’est bonne que pour les petits.

On regarde aujourd’hui, à bon droit, comme impossible que des enfants gardent durant des heures entières la position verticale ou penchée en avant sans être forcés de prendre des attitudes défectueuses. Quand l’enfant n’écrit pas, mais écoute le maître ou lit, il est indispensable qu’il s’appuie contre un dossier, sur la disposition duquel on n’est d’ailleurs pas d’accord. Les uns le veulent transversal, d’autres vertical ; on l’arrête à l’angle inférieur de l’omoplate, ou bien l’on veut qu’il suive toute la hauteur du rachis. Quelques-uns demandent qu’il décrive du côté de l’élève une double courbe alternativement concave et convexe du haut en bas pour se modeler sur la colonne vertébrale : Javal estime, non sans raison, que les dispositions qui enclavent l’élève entre la table et le banc sont incompatibles avec le besoin de mouvement propre à l’enfance et demande que le dossier ne s’élève pas plus haut que la tablette du pupitre. Les enfants ne pouvant demeurer longtemps immobiles et s’v trouvant d’autant plus astreints que leur table-banc répond mieux aux exigences hygiéniques qui ont trait aux bonnes attitudes et à la vue, on doit leur donner la facilité de changer de position ; il ne faut donc pas que le dossier du banc monte trop haut; il ne doit pas dépasser le niveau de la tablette, ce qui permet à l’écolier, durant les temps de repos, de faire un quart de tour et de s’accouder sur le dossier. Staffel vante, comme dossier, une sorte de demi-anneau, plat, concave transversalement, convexe dans le sens vertical, qui s’applique sur les reins de l’enfant en arrière et un peu latéralement. Frey vent un dossier plus haut que large, un peu incliné en arrière, adapté à un banc creusé en arrière, relevé en avant, de façon à empêcher l’enfant de glisser en avant.

Au-dessous de la table doit être ménagée une case formant pupitre pour loger les livres ; il ne faut pas qu’elle descende au-dessous de la tablette de

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plus de 12 à 15 centimètres pour ne pas rencontrer les genoux de l’enfant. Avec les mobiliers à pièces fixes sur lesquels la distance, nulle ou négative, et la différence sont invariables, il est indispensable de connaître la taille de l’élève pour lui assigner la table et le banc appropriés ; pour cela, on classe les enfants par âge, et, après avoir pris la mesure des différentes parties du corps pour chaque âge, chez un grand nombre d’entre eux, on peut établir des moyennes qui servent à fixer les dimensions d’un certain nombre de tables-bancs appropriées aux différents âges.

Dans la construction des diverses grandeurs du modèle choisi, il faut tenir compte de ce fait qu’un certain nombre de dimensions peuvent être fixées une fois pour toutes et rester invariables : distance nulle ou négative d’un nombre donné de centimètres, longueur et largeur de la table, dimensions de la case aux livres. Il n’y a que la hauteur et la largeur du siège, la hauteur du marchepied, les dimensions des dossiers et la différence qui soient variables. Yarrentrapp a établi un modèle de banc dans la construction duquel il s’est efforcé de mettre ces règles en pratique, et l’accompagne d’un tableau où il fixe d’une part les variations en rapport avec huit catégories de taille, et de l’autre les dimensions proportionnelles.

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