NUMÉROS DES TAILLES
Taille moyenne des enfants
lm,07
lm,!7
lm,27
lm,38
Différence et hauteur du
dossier
Hauteur du siège
Largeur du siège
Parmi les tables-bancs des principaux systèmes, nous avons mentionné déjà celle de Cohn en usage à Breslau, à distance négative et qui obvie à la difficulté pour l’élève, de se lever, par l’existence d’une tablette dont la moitié antérieure peut se relever et se rabattre sur l’autre. La table-banc à valve de Zurich, imaginée par Farhner est d’un système analogue ; elle permet en outre de substituer à l’inclinaison du pupitre favorable pour écrire, une pente plus voisine de la verticale et qui présente à l’élève qui lit, son livre dans la position favorable. La valve peut aussi prendre la direction horizontale et fournir aux jeunes filles qui font de la broderie ou un ouvrage d’aiguille, une table de travail. Le dossier est transversal et ne contraint pas l’élève à une attitude invariable ; il est pour les filles un peu plus élevé que pour les garçons. Toutes les tables ont invariablement 75 centimètres de hauteur: on les adapte aux différentes tailles en modifiant la hauteur du banc et du marchepied. Ces tables-bancs sont à deux places, ce qui les rend commodes pour les allées et venues des enfants.
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La table-banc de Liebreïch, adoptée par une grande partie des écoles de Londres, a des dispositions analogues. Elle offre également deux inclinaisons différentes pour lire et pour écrire ; la hauteur du pupitre, égale pour tous les âges, s’adapte aux différentes tailles en modifiant la hauteur du siège et du marchepied. En France, les modèles Lecœur, Hachette, Lenoir appartiennent également aux systèmes dans lesquels le pupitre entier ou en partie se relève à charnières.
Les systèmes dans lesquels le pupitre ou le siège avancent ou reculent par coulissement est préférable aux différents systèmes à valves qui exposent les écoliers à la tentation de faire du tapage.
Nous avons déjà signalé le modèle Kunze-Schildbach en usage en Allemagne et en Autriche et dont le pupitre à coulisses peut s’avancer vers l’élève de 10 à 12 centimètres et donner une distance négative de 2 centimètres.
Le modèle de Vandenesch laisse la table immobile. Le siège, un tabouret de forme elliptique, tourne sur un pied solide, auquel il est fixé par une extrémité de l’ellipse ; il y a là une sorte de mouvement d’excentrique, qui, suivant qu’on amène en avant ou en arrière l’extrémité libre rend la distance positive ou négative.
En Amérique on fait grand usage des tables-bancs en fonte qui ont le mérite d’être faciles à entretenir, d’occuper peu de place et d’être très solides. Ces tables-bancs sont tantôt à deux places, le plus souvent à place unique ; dans ce genre de mobilier scolaire, on voit souvent le même meuble comprendre à la fois le banc d’un rang et la table du rang suivant, chaque élève ayant ainsi sa place indépendante de son pupitre. Chaque banc se relève au moyen d’une charnière pour permettre de prendre place plus aisément. Les supports à crémaillère donnent la facilité de lever ou de baisser la table suivant l’âge et la taille des enfants. Cependant ces mobiliers en fonte ne sont applicables que dans les grandes villes où leur réparation est facile; loin des grands centres on peut être dans un grand embarras lorsqu’il leur arrive quelque accident.
La plupart des mobiliers auxquels nous avons fait allusion jusqu’ici exigent, pour s’adapter à la taille des enfants, une série de bancs de grandeurs variables en rapport avec les différents âges. Ces bancs de rechange sont souvent un luxe encombrant dans les écoles des petites localités qui ne comptent qu’un nombre d’élèves très restreint. Il est peut-être alors préférable d’adopter un des mobiliers dont nous allons parler qui n’offrent plus qu’un même type pour tous les enfants, avec sièges et marchepieds pouvant se modifier suivant les besoins.
Dans le mobilier Bapterosses, devant une table fixe sont placés des sièges à hauteur variable. La table pupitre est portée par des pieds en fonte de 85cm de haut. Les sièges sont constitués par des tabourets en bois supportés par un croisillon en fonte, monté sur une tige en fer qui glisse dans un support fixé au sol ou au plancher, et peut s’arrêter à la
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hauteur voulue au moyen d’une vis de pression. Sous la table, une barre en fonte, à bouts légèrement relevés, portée comme le siège par une tige verticale, peut, par le même mécanisme, se mouvoir dans le sens vertical. Au siège est adapté un dossier fixe, simple planche légèrement cintrée qui lui est reliée par deux supports de fonte. Avec ce mobilier, un petit nombre d’élèves, de tailles différentes, peuvent être casés devant une ou deux tables, au lieu d’exiger, comme avec d’autres modèles de tablesbancs, autant de bancs qu’il y a de tailles différentes. L’isolement des sièges rend la circulation facile et supprime la communication par le banc, entre élèves voisins et l’on peut ranger, à son gré, les élèves par ordre de mérite ou par rang d’âge. L’inconvénient du système c’est le mécanisme un peu compliqué pour les écoles communales et la difficulté des réparations.
Le modèle Lecœur, employé à l’école municipale d’Auteuil, présente une table fixe et un siège rendu mobÜQ, par un mécanisme différent. Ce siège est plus large que dans le modèle précédent, la barre d’appui est mobile, le dossier légèrement cintré, et le pupitre d’une disposition ingénieuse. Ce modèle comporte des tables-bancs isolées pour chaque élève.
En résumé, les tables-bancs qui ont une ou plusieurs pièces mobiles peuvent s’adapter plus étroitement aux dimensions de chaque élève et permettent des modifications immédiates appropriées aux exigences spéciales à chacun d’eux : moins solides et plus chères elles sont beaucoup plus commodes par leur adaptation immédiate à la taille de l’écolier. Mais le mobilier à distance invariable doit à l’absence de tout mécanisme de concilier la simplicité, la solidité et le bon marché avec les exigences de l’hygiène, il ne demande que de rares réparations. La distance négative peut être, comme nous l’avons vu, appliquée avec les mobiliers fixes, à la condition d’avoir des modèles à deux places. On fait valoir en faveur des deux systèmes de mobiliers des arguments très sérieux, sans que les uns ou les autres s’imposent et l’emportent bien nettement.
YI. Cours, préaux. — Les cours, où ont lieu les récréations, doivent couvrir le plus large espace possible, pour permettre aux élèves de se livrer sans contrainte à tous les jeux dont la course est l’essence, jeux de balle, de ballon, de barres, etc. Les cours doivent avoir une surface totale donnant 5 mètres carrés par élève et un minimum de 200 mèlres.
Elles seront être bien aérées et la lumière y pénétrera largement ; elles seront le moins possible entourées de constructions qui tendent à gagner indéfiniment en hauteur et font des cours étroites de véritables puits. Un des côtés des préaux, au moins, ne devra pas être limité par des bâtiments et permettra à la vue de s’étendre et à la lumière d’entrer. 11 serait mieux encore que la cour fût d’un côté bornée par un jardin ou par des plantations. Les arbres, la verdure ne figurent dans nos lycées qu’à l’état de rare exception ; dans la plupart, les cours arides, poudreuses, Encyclopédie d’hygiène. — VIII. 10
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limitées par des murs grisâtres, donnent à l’enfant qui y pénètre pour la première fois un sentiment de mélancolie et de détresse. Les écoles de campagne peuvent facilement s’annexer un jardin ; dans les grandes villes, l’espace étant parcimonieusement mesuré, il est rare que l’on puisse installer sur un des côtés de la cour, un jardin qui la restreindrait encore et serait perdu pour les jeux. 11 serait possible au moins de l’égayer un peu en y plantant des arbres qui donnent l’été de l’ombre et de la fraîcheur, ou bien en couvrant les murs de treillages le long desquels on fait monter des plantes grimpantes.
Le sol des cours, si elles sont humides et ne laissent pas éçouler l’eau, doit être macadamisé ; à l’aide du drainage et par une inclinaison convenable du centre vers les parties latérales, on l’assainira suffisamment. Le pavé et le bitume doivent être exclus, ils rendraient les chutes plus graves ; pour éviter la poussière soulevée par les jeux, il convient que la cour soit sablée ou recouverte d’un fin gravier. Les trottoirs qui entourent la cour seront bitumés et de niveau avec le sol qu’ils circonscrivent ; au-dessus d’eux régnera une sorte d’auvent ou de marquise qui, par les temps de pluie, abritera les jeux.
VIL Cabinets d’aisances. — Dans la plupart des écoles, dans beaucoup de lycées et d’établissements publics, les cabinets d’aisances sont absolument défectueux. Il n’y a pas de cause d’insalubrité plus active que celle qui leur est due et qui agit d’une façon permanente. Le jeune âge étant, bien plus que d’autres, exposé à ressentir les pernicieux effets de ces émanations nuisibles qui arrivent souvent dans les locaux où les élèves séjournent, cette question appelle, sous le rapport de l’hygiène physique, des réformes dont l’urgence s’impose.
La question comporte l’étude des fosses d’aisances et celle des cabinets. Les fosses, si complètement étanches qu’elles soient, constituent une source de dangers ; la fermentation putride incessante des matières empoisonne le sol et vicie l’air des villes. On considère à bon droit l’influence des gaz des fosses d'aisances comme pouvant, à la longue, par son action sur de jeunes organismes, amener une sorte de méphitisme les rendant plus aptes à subir l’action des germes contagieux. Il y a donc lieu de remplacer les fosses permanentes par des tinettes ou fosses mobiles que l’on peut enlever aussi souvent que l’on veut, de façon à prévenir la décomposition putride des matières sur place ou leur infiltration dans le sol, sans préjudice de la désinfection préalable du contenu des tinettes à l’aide de solutions de sulfate de cuivre ou de sulfate de fer. 11 y aurait mieux encore, ce serait l’éloignement des matières, par le système du tout à l’égout qui supprime les allées et venues des ouvriers spéciaux, la malpropreté et les mauvaises odeurs qui résultent de leur travail.
La suppression des fosses permanentes, si difficiles à maintenir
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étanches et dont les émanations sont presque impossibles à faire disparaître, leur remplacement par des tinettes mobiles fréquemment renouvelées, rendent possible, facile même à obtenir, la propreté des cabinets ; il n’est pas jusqu’aux latrines à la turque tant décriées, que de fréquents et copieux lavages, devenus faciles avec les fosses mobiles, ne puissent amener à être très tolérables.
Lorsque l’on en sera réduit à garder les fosses permanentes, il faudra veiller rigoureusement à leur parfaite ventilation. Pour empêcher les gaz et les odeurs malsaines de remonter jusque dans les cabinets, le tuyau de descente devra plonger dans les matières de la fosse ou dans une cuvette hydraulique à siphon. Le tuyau d’évent s’élèvera aussi haut que possible, afin que les gaz auxquels il donne issue ne puissent infecter l’atmosphère. La même précaution est de rigueur pour la ventilation du caveau contenant les tinettes, lequel sera tenu très propre. Le courant ascendant pourra être activé dans le ventilateur à l’aide d’un bec de gaz : on pourra, dans le même but, utiliser le voisinage d’une cheminée de calorifère. On cite comme exemple des cabinets à la turque installés dans un bain lavoir et complètement assainis par la mise à profit du tirage d’une cheminée. Par malheur, la cheminée d’appel est souvent ridiculement courte et ne dépasse pas le toit des cabinets, et même, quand la condition de hauteur suffisante est réalisée, les gaz méphitiques sont souvent rabattus vers le sol et infectent les bâtiments scolaires, surtout par les temps de brouillard et d’humidité.
Pour neutraliser les émanations et détruire les germes infectieux, Girard et Pabst ont proposé un appareil qui a de bons effets : sur le trajet du tuyau d’évent, on dispose un cylindre rempli de coke imbibé d’acide sulfurique nitreux et préparé en faisant dissoudre dans l’acide sulfurique des cristaux des chambres de plomb, ou acide azoto-sulfurique. Un bec de gaz placé dans le tuyau d’appel, outre qu’il active la ventilation, force les gaz méphitiques à traverser l’appareil. Le méphitisme des fosses d’aisances augmente, quand il n’y a pas d’urinoirs séparés et que la fosse reçoit à la fois les liquides et les solides ; la séparation au contraire diminue, sans la supprimer, la production des odeurs malsaines. Pour que certaines fermentations se produisent, il faut que les substances soient à un certain degré de dilution. On admet que l’urine ici se charge de produits solubles issus de digestions incomplètes et les présente aux ferments atmosphériques sur une grande surface ; l’ammoniaque exerce d’ailleurs une action favorable sur la solubilité des matières solides. Le départ des liquides et des solides a donc pour effet d’atténuer les mauvaises odeurs.
Les tuyaux de chute doivent être en fonte et non en poterie, celle-ci étant poreuse et perméable aux gaz.
Les cabinets prêtent, le plus souvent, à de grosses critiques par leurs vices de construction et leur malpropreté. Us sont souvent logés dans un
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coin do la cour, sans air, sans lumière et sont beaucoup trop exigus. Les cabinets à la turque, consistant en un simple trou percé dans la dalle inférieure, sont d’une révoltante saleté, le sol est couvert de déjections solides et liquides ; ils exhalent une odeur infecte et doivent être proscrits. Cependant, l’enlèvement fréquent des tinettes permettrait les lavages à grande eau, les matières ne séjourneraient plus autour de la lunette, et les cabinets à la turque deviendraient eux-mêmes acceptables ; toutefois, le trou béant au ras du sol a déterminé des chutes suivies de fractures.
Le trou de chute sera garni d’un appareil obturateur lié à un système hydraulique; les enfants devront tirer le bouton, non seulement après l’opération, cela va de soi, mais aussi avant, afin que, sur la poterie mouillée les matières glissent et s’attachent moins aisément. Dans certains établissements la cuvette se vide, et l’appareil hydraulique fonctionne quand on ouvre la porte des cabinets à l’entrée et à la sortie. Il en est qui fonctionnent automatiquement, tel est l’appareil Rogier, dont la soupape s’abaisse spontanément sous le poids des matières ; malheureusement ces appareils se dérangent facilement et exigent des réparations coûteuses.
Les cabinets doivent être munis d’un siège en bois, en pierre ou en ciment, sans joints, à surface continue, et d’une cuvette en faïence fermant hermétiquement. Pour que le siège ne soit pas souillé par les élèves, il faut qu’il leur soit impossible d’y monter ; on peut les en empêcher en réduisant le siège à un simple anneau en bois verni qui couvre le rebord de la cuvette, et dont l’étroitesse empêche qu’on y puisse prendre place autrement qu’assis. On peut encore disposer sur le siège une large planche partant, en arrière, de l’angle formé par la rencontre du siège et du mur, et montant obliquement en avant, depuis le mur du fond jusqu’à un point situé dans la verticale de l’arête antérieure du siège. A l’école Monge, le siège n’est que le bord supérieur d’un tuyau à coupe elliptique que le visiteur surmonte d’une couronne en bois de 4 à S centimètres de large ; il est dans l’impossibilité d’y mettre les pieds, et force lui est de se placer à califourchon.
Au lieu de ces moyens mécaniques d’assurer la propreté du siège, il serait préférable d’obliger l’enfant à s’asseoir de son plein gré ; le but à atteindre étant bien moins d’avoir des privés bien tenus que de donner aux enfants des habitudes de propreté. Dans les écoles de filles, l’habitude de s’asseoir sur le siège en bois ordinaire pourrait les exposer au danger de contracter des écoulements très tenaces. Pour les mettre à l'abri de cet inconvénient, il suffira d’interrompre le siège en bois dans sa partie antérieure ou de munir les cuvettes en avant d’un prolongement en forme de bec qui sauvegardera les organes sexuels de tout contact. Bien qu’elle y soit moins essentielle, cette disposition s’applique aussi aux écoles de garçons.
Les urinoirs seront formés de plaques d’ardoises ; le sol, aussi en
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ardoises ou en granit, sera convenablement incliné pour diriger burine dans les rigoles convergeant vers le tuyau de chute. Les parois de l’urinoir doivent être constamment baignées par un filet d’eau courante qui entraine le tout vers le récipient ou l’égout. Pour économiser l’eau, on emploie un système qui fonctionne seulement lorsque l’enfant pose les pieds sur une plaque de fonte et la fait basculer. Les murs seront garnis de carreaux en faïence ou en terre cuite vernissée, faciles à laver, qui ne permettent pas d’y tracer des inscriptions, des dessins ou de les maculer.
Les cabinets seront munis d’une porte n’arrivant pas jusqu'au sol et permettant une surveillance facile. Ceux qui seront placés à l’intérieur des bâtiments devront être très bien ventilés à l’aide d’un tuyau d’appel muni d’un bec de gaz. Leur nombre doit être proportionné à celui des élèves, car il est également préjudiciable au bon ordre et à la régularité du travail que les élèves fassent queue pendant plusieurs minutes pour attendre leur tour, dans les escaliers et dans les cours. On admet généralement le rapport de deux cabinets pour cent élèves.
§ II. — Élèves
I. Age d’admission dans les écoles. — La moyenne des jeunes enfants est apte à commencer son éducation vers sept ans ; c’est l’âge que la majorité des parents adoptent : mais un certain nombre de familles devancent cette date, sous l’influence de mobiles de différents ordres : tantôt les parents craignent que leurs enfants ne soient pas prêts à temps pour subir les épreuves qui ouvrent l’accès aux diverses carrières: dans les classes laborieuses, ce n’est pas la vanité des parents qui précipite la date de l’entrée de l’école, mais l’obligation où ils sont, pour aller à leur travail, de caser un enfant dont ils ne peuvent s’occuper. Ce sont là des motifs dont l’hygiène n’a pas à prendre souci. La limite minimum qu’il convient de fixer est l’âge de six ans : à dater de cette époque, il faut reconnaître que l’intelligence de l’enfant est assez développée pour qu’il prenne intérêt à un travail pratiqué par intervalles et à petites doses. Le cerveau, à cet âge, n’étant pas plus avancé comme développement que les organes de la locomotion par exemple, on ne saurait pas plus lui demander un travail assidu qu’on ne pourrait exiger de l’enfant une marche prolongée.
La loi fixe donc de 6 à 13 ans les limites d’admission dans les écoles communales. Toutefois, dans les communes qui n’ont pas de salle d’asile publique, les enfants peuvent être admis à l’école avant l’âge de six ans avec l’assentiment de l’autorité locale. Ces enfants, dérobés à la salle d’asile, ne sont pas astreints aux mêmes exercices que leurs aînés. La
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circulaire administrative qui accompagne la loi déterminant les limites d’âge, prescrivait des précautions pour que les tout jeunes enfants fussent soumis dans l’école à un régime particulier, et pour qu’on leur donnât toutes facilités de prendre plus longtemps et plus, librement leurs ébats au grand air, afin d’assurer dans les écoles aux petits enfants les bienfaits de la salle d’asile. « Dans les salles d’asile, de petites classes entremêlées de mouvements divers, de chants, d’exercices variés et d’instructions ne durant jamais plus de dix minutes ; point de leçons apprises par cœur, point de devoirs écrits, mais des récits moraux faits par la directrice et qui servent de texte à de fréquentes interrogations ; de longues récréations pendant lesquelles les jeux sont organisés en plein air et ont pour but de développer tout à la fois les forces physiques et l’intelligence des enfants ». Il conviendrait, là où des enfants au-dessous de six ans seraient autorisés à rester dans les écoles publiques, d’y organiser, pour eux, une petite division qui emprunterait aux asiles quelques-uns de leurs procédés. Ces précautions recommandées pour les enfants dont l’âge est inférieur à six ans, sont encore obligatoires pour les écoliers réguliers, et la question capitale à l’école est de savoir suivant quel mode on leur dispensera la pâture intellectuelle. 11 convient donc, d’une part, d’établir la durée du temps de travail et sa répartition : de l’autre, la nature des matières de l'enseignement.
II. Vaccination. — Le règlement des écoles porte qu’avant d’admettre un enfant, l’instituteur s’assure qu’il a été vacciné, ou qu’il a eu la petite vérole et qu’il n’est point atteint de maladies ou d’infirmités de nature à nuire à la santé des autres élèves. A part la constatation de l’âge, l’admission dans les écoles n’exige pas autre chose qu’un certificat du médecin établissant ces divers points et spécialement ce qui concerne la vaccine et la variole. C’est là une précaution absolument insuffisante : l’immunité vaccinale n’est pas indéfinie, et l’enfant de dix ans ou même de huit ans qui entre à l’école peut avoir épuisé celle de la vaccination pratiquée à la naissance.
Peu de temps après la découverte de Jenner on avait déjà des doutes sur la durée de la vertu préservatrice de la vaccine et plusieurs médecins avaient insisté sur l’utilité de revenir chez une même personne à l’inoculation vaccinale au bout d’un temps donné. La variole, en effet, qui attaque les anciens vaccinés, respecte les nouveaux, et les revaccinations pratiquées dans un foyer épidémique atténuent ou arrêtent d’emblée les ravages de l’épidémie. La durée de l’immunité est loin d’être la même pour tous les sujets, on la voit souvent cesser bien avant l’âge de dix à douze ans et la revaccination réussir chez des sujets de huit ans et même au-dessous.
Un a, en effet, signalé une proportion notable de succès parmi les revaccinations portant sur des enfants de dix ans, de huit ou même de
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cinq ans. Ces faits confirment les idées soutenues par Hervieux à l’Académie, relativement à la durée de la période d’état de l’immunité vaccinale, évaluée par lui à huit années, passé lesquelles commencerait la phase de déclin de cette immunité.
Layet, sur 6.000 revaccinations opérées dans les écoles de Bordeaux sur des enfants de six à quatorze ans, a eu une proportion de succès s’élevant à 43 p. 100 répartis comme il suit : de six à sept ans, 40 p. 100 dont il faut défalquer les enfants non vaccinés antérieurement ou qui, se disant vaccinés, ne présentaient aucune cicatrice ; de neuf à dix ans, 43,5 p. 100 de succès, etc. Cette proportion considérable de réussites avant dix ans, écourte sensiblement la durée de l’immunité. Hervieux considère comme indifférent, en l’absence d’épidémie, de reculer la revaccination jusqu’à dix ou quinze ans, mais au cours d’une épidémie de variole, la prudence commande de revacciner les enfants même au-dessous de cinq ans.
Si la revaccination échoue de six à dix ans, il y a chance pour que l’insuccès soit le fait d’une immunité qui persiste, mais sans qu’on soit en droit de l’affirmer avant une seconde tentative. Après dix ans on n’est plus autorisé à attribuer l’échec à la môme cause, et l’on doit faire un deuxième essai. On voit que, dans tous les cas où la revaccination a donné des résultats dès l’âge de huit ans, on aurait exposé les enfants, durant deux ans, à prendre la variole, si l’on s’en était tenu au chiffre de dix ans d’immunité vaccinale. En somme il est prudent d’exiger la revaccination au seuil de l’école.
Riant (1) fait remarquer, à juste titre, que le vieux certificat réglementaire de vaccine a fait son temps, et ne constitue, quand il n’indique pas la date de l’opération, qu’une formalité banale et sans valeur. Chez nous, presque jamais il n’émane du médecin qui a pratiqué la vaccination, mais d’un praticien quelconque dont l’assertion n’a aucune authenticité. 11 est vrai d’ajouter que la vaccination, en la supposant comme il est naturel, pratiquée à la naissance, aurait exactement l’âge de l’enfant, et que la seule erreur possible serait alors sans inconvénients, puisque, opérée plus ou moins loin de la naissance elle serait plus récente et partant moins sujette à être prescrite au point de vue de l’immunité. Ce qui est plus grave, c’est le certificat de complaisance délivré sur des stigmates douteux ou même imaginaires.
11 conviendrait de fixer pour la revaccination un âge minimum d’immunité persistante au-delà duquel l’obligation de la revaccination s’imposerait: ce serait une simple obligation morale, car chez nous la nécessité de se faire revacciner n’a pas, comme en Angleterre, de sanction pénale. Chez nos voisins il faut revenir à la vaccine de dix en dix ans, et produire un certificat authentique du vaccinateur qui a opéré en dernier
(!) Riant, Hygiène scolaire, Hachette, 1884,
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lieu, certificat dont la date ne doit pas remonter à plus de dix ans. Faute de cette justification, on est passible de l’amende et même de la prison.
III. Le travail. — La journée de l’écolier doit se partager entre des périodes de travail et d’indispensables temps de repos. D’après Edwin Chadwich, à B ou 7 ans, un enfant n’est guère capable de suivre une leçon du maître pendant plus de 15 à 20 minutes consécutives; de 7 à 10 ans son attention se soutient 20 minutes; de 10 à 12 ans, 25 minutes; de 12 à 16 ans, 30 minutes. Il résulte des expériences de Burgerstein (de Vienne) que des enfants de 11 à 12 ans sont fatigués après trois quarts d’heure d’un travail soutenu et que leur puissance d’attention diminue graduellement durant le troisième quart d’heure, pour retrouver toute son énergie après un repos de 10 à 15 minutes. La pause obligatoire après chaque leçon ranime d’ordinaire l’attention pour l’exercice qui suit, mais il y faut d’autant moins compter que l’enfant est plus jeune.
La règle qui établit la durée quotidienne du travail intellectuel, devrait être la suivante :
Au-dessous de 7 ans . 2 h. 1/2 à 3 h.
De 7 à 10 ans 3 h. à 3 h. 1/2.
De 10 à 11 ans 4 h.
Le règlement scolaire modèle de 1887 fixe à 6 heures par jour la durée des classes, 3 heures le matin, de 9 heures à midi; 3 heures le soir, à partir de 1 heure. Chaque classe doit être coupée d’un quart d'heure de repos. Cette application uniforme du même temps de travail à des enfants de 7 à 13 ans manque absolument de logique. La Commission de l’enseignement primaire, à l'instigation de Proust, a accepté 3 heures 1/2 de classe par jour, pour le cours élémentaire: 4 heures 1/2 pour le cours moyen, 5 heuics 1/2 pour le cours supérieur. Encore faudrait-il que ce règlement ne restât pas lettre-morte et que, comme l’assure Dujardin-Beaumetz, on n’imposât pas 6 heures 1/2 de classe au cours élémentaire, et 7 heures aux cours moyen et supérieur.
Il faut ajouter que, en dehors des heures d’école, les enfants reviennent à la maison avec des devoirs à faire et des leçons à apprendre, sans préjudice des arts d’agrément (musique, escrime, dessin) dont la sollicitude maternelle les gratifie par surcroît. « L’enfant est enclin à ne pas fixer son esprit, mais c’est à la condition que sa pensée sera libre dans le champ de la fantaisie. Si son attention ne fait que changer de terrain, tout en restant commandée et tendue, son esprit ne se repose en aucune façon; il se fatigue plutôt et se relâche, ou si son attention persiste par un effort de volonté, ce n’est pas sans de graves dangers pour l’intégrité de la nutrition cérébrale, et par conséquent, pour le fonctionnement ultérieur des facultés intellectuelles. D’autre
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part, il est clair que les objets réels et leurs formes, que les phénomènes physiques et naturels, que les rapports à termes concrets, sont ce qu’il y a de plus facile à saisir pour les cerveaux à développement naissant. Au lieu cependant de leur offrir ce champ abordable, on commence par les bourrer d’abstractions. La grammaire et le catéchisme, la quintessence des subtilités théologiques et la dernière expression de la philosophie du langage, voilà par où l’on introduit dans le monde de la science de jeunes têtes à peine sevrées » (1).
Nous empruntons à Riant le tableau suivant qui permet de se rendre compte de la façon dont sont alternées et variées durant un jour les diverses occupations de l’enfant :
Tableau de l’emploi du temps