‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publique (volume 2)Chapitre 8 sur 176 · ÉCOLE DES GARÇONS. — COURS ÉLÉMENT \IRE · texte numérisé non relu

ÉCOLE DES GARÇONS. — COURS ÉLÉMENT \IRE

A S h. 1/2, ouverture de l’école. — Inspection de propreté.

In truction et morale religieuse de 9 h. à 10 h.

Lecture i , , . , , ,

Repos (

Langue française de 11 h. à midi.

Déjeuner et récréation de midi à 1 h.

Arithmétique ou système métrique de 1 h. à 1 h. 3/4.

Jcriture! de 1 h. 3/4 à 2 h. 1/2.

Repos \

Histoire ou géographie (lundi, mercr., vendredi), de 2 h. 1/2 à 3 h. 3/4.

Exercices de mémoire (mardi, samedi) de 2 h. 1/2 à 3 h. 1/4.

Lecture de 3 h. 1/4 à 4 h.

Sortie 4 heures.

Le maitre ne doit pas donner de devoirs à faire à la maison : il devra se montrer très sobre des punitions qui peuvent avoir un retentissement sur la constitution de l’enfant, la mise au pain sec qui porte préjudice au développement matériel de l’enfant, la retenue qui le prive de récréation et a un effet analogue en le sevrant d’air et d’exercice. Il est préférable de lui faire copier avec soin ou apprendre par cœur quelque poésie ou un morceau de littérature, mais sans le fatiguer.

Sous le nom d’écoles de demi-temps (half-time System), les Anglais ont fondé un mode d’enseignement destiné à satisfaire à la fois au besoin qu'éprouvent les gens des classes laborieuses de se décharger du soin de leurs enfants, et à la nécessité de ne point surmener le cerveau de jeunes écoliers ; on les tient à l’école pendant trois heures par jour, et, le reste de la journée, on les occupe dans des fermes ou des magasins à des travaux manuels à leur portée.

Les hygiénistes allemands cherchent aussi à lutter contre l’excès de

(1) J. Arnould (loco cit.),

HYGIÈNE INFANTILE

travail imposé aux jeunes enfants ; ils limitent le temps accordé au travail dans les écoles primaires, à 22 heures par semaine pour la classe inférieure, de 7 à 8 ans; à 30 heures dans les classes moyennes, de 9 à 10 et supérieures, de 11 à 14 ans; le temps consacré au travail à la maison ne doit pas dépasser une demi-heure pour la classe inférieure, 1 heure pour la moyenne, 1 heure 1/2 pour la supérieure.

IV. Repas. — Le repas que les enfants prennent à midi est la source de difficultés multiples. Le plus grand nombre apportent leurs provisions, le matin, et ne trouvent à midi qu’un déjeuner froid, grand inconvénient surtout en hiver. Dans ces conditions, ils sont d’ailleurs privés de la soupe « cet aliment national, primitif mais si simple, si digestif, si nourrissant.. si honnête (1) » cher àFonssagrives, à Jules Simon, à J. Rochard, et à tant de Français petits et grands. Autant que possible l’enfant fera chez lui son repas de midi, il l’aura ainsi plus chaud et plus confortable, à moins que la mère ne soit pas à la maison pour lui préparer son dîner, ou bien que le mauvais temps ou la distance ne mettent obstacle à cette promenade propre à le délasser et à lui donner un ressort nouveau pour la classe du soir. A Paris, outre les distances souvent assez grandes pour un enfant, il faut compter avec les dangers dans la traversée des rues, avec les habitudes de flânerie qu’ils prennent peu à peu. Parfois ils manquent la classe du soir, et cette sortie de midi devient une cause de désordre et d’indiscipline.

La meilleure solution, c’est le repas pris à l’école, ce qui permet d'adjoindre aux provisions apportées le matin une soupe ou un plat de légumes chauds, préparés soit par les concierges des écoles, qui y sont autorisés, soit par les cantines scolaires, organisées à Paris et dans beaucoup de villes de province. Gomme boisson, la bière ou le vin en très petite proportion ; l’eau qu’on fournira aux élèves pure ou sous forme de décoction de douce amère, de gentiane ou de réglisse devra être bouillie. Le débit des friandises ou des sucreries doit être interdit aux industriels qui vendent les éléments du repas de midi.

11 y aurait avantage à ce que l’instituteur exerçât une façon de contrôle discret sur la nature des denrées vendues par le concierge ou la cantine et sur le contenu du panier aux provisions : dans le cas de provisions insuffisantes apportées par l’enfant, il pourrait faire appel à la charité pour y suppléer. En Angleterre, certaines associations fournissent ou complètent le dîner des écoliers. L’instituteur veillera à ce que la viande cuite, chaude ou froide, vendue par la cantine, soit le plus souvent de la viande de boucherie ; il restreindra au minimum le débit de la viande de porc et de la charcuterie, et insistera sur la préférence à donner aux œufs et au laitage sur les farineux.

(1) J. Simon, La réforme de l' enseignement secondaire , 1874,

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Il serait bon que le repas fût pris dans une pièce à part, et l’été en plein air. Si le préau couvert a servi de réfectoire, il faudra que les murs, et surtout le sol soient tenus dans un état de netteté absolue. La propreté des élèves et des locaux gagnerait à ce que les écoliers mangeassent assis et surtout devant des tables. Riant (1) est d’avis que l’on donnerait ainsi aux enfants de meilleures habitudes que celles qui résultent de ce repas pris en l’air, en courant, en se poussant, entremêlé de cris, interrompu par les jeux, les taquineries et le désordre.

V. Récréations. Exercices. — Dans les écoles, la récréation a lieu à l’issue du déjeûner ; une heure est accordée pour les deux ; c’est alors que les enfants peuvent jouer et prendre de l’exercice. 11 ne saurait être question à cette heure-là, d’exercices gymnastiques qui ne doivent jamais être pratiqués à la suite du repas. La récréation sera consacrée à la gymnastique d’instinct, c’est-à-dire aux jeux. C’est à l’instituteur à favoriser les jeux dans lesquels l’enfant s’ébat à son aise, librement, spontanément, où il donne carrière à sa pétulance et à sa gaîté. Il faut que la récréation soit un moment d’expansion, de délassement, qu’elle exclue jusqu’à l'ombre d’un travail cérébral, d’une contention d’esprit. L’instituteur gagnera la confiance et la sympathie des enfants en se mêlant aux jeux dont il devra écarter tous ceux qui, plus ou moins violents, pourraient être l’occasion de chocs-ou de chutes. La balle, le ballon, les barres, la marelle sont les jeux des garçons.

Dans les rares écoles urbaines qui sont pourvues d’un jardin, les travaux de jardinage, de culture, de terrassement réaliseraient la vie en plein air associée à des exercices variés, pourvu que ce mode de récréation ne s’inspirât pas de la maxime « instruire en amusant » qui manque si souvent son double but, et ne dégénérât pas en leçon de botanique ou de culture.

Quant à la gymnastique, réglementaire dans les écoles communales, elle doit être pratiquée à l’issue de la classe du soir, de 4 heures à 4 h. 3/4, trois fois par semaine. Nous insistons longuement plus loin sur les applications des divers exercices gymnastiques et sur le choix judicieux que commandent les différents âges de l’enfance : nous nous bornerons ici à quelques indications sommaires.

Ces exercices doivent être appropriés à l’âge des enfants et cliacnn d’eux doit être mesuré à la part de puissance des organes qui y concourent ; il ne faut viser qu’à assurer le développement régulier des muscles qui opèrent le mouvement, et de tous les muscles synergiques. Les mouvements anormaux, ceux auxquels l’enfant n’est pas naturellement porté, doivent être interdits ; il ne faut pas les faire intervenir. Les exercices aux agrès, le trapèze, les anneaux, la barre fixe seront donc exclus. La

(I) A. Riant ( loco cit,), 1e édition, Hachette, 1884,

HYGIENE INFAM'lLfc.

gymnastique athlétique ne contribue que fort peu, chez l’enfant, à développer les muscles, elle a en revanche le grave inconvénient d’entraver sa croissance et de l’empêcher de grandir. Avant dix ou douze ans, on ne doit demander à l’enfant que des mouvements naturels, et les exercices gymnastiques ne doivent avoir d’autre prétention que d’activer le développement des poumons et d’en accroître la capacité. Dans les rares écoles qui sont pourvues d’appareils de gymnastique, on pourra les utiliser pour les enfants dans une certaine mesure, mais nous y verrions sans regrets la gymnastique sans appareils, les exercices du plancher, les haltères, les barres à sphères, les mouvements du tronc, des bras, des jambes y être exclusivement pratiqués. Ils ont l’avantage de pouvoir être suivis par tous les enfants à la fois, tandis qu’avec les appareils, ceux-ci passent une grande partie du temps à attendre leur tour. Il y a grand avantage à régler le rhythme des mouvements par des chants cadencés qui contribuent à augmenter la capacité pulmonaire.

La course au pas gymnastique est parfaitement appropriée aux aptitudes de l’enfance; sa durée, à partir de trois à quatre minutes pourra être graduellement accrue jusqu’à permettre aux écoliers de parcourir la valeur de deux ou trois kilomètres. La course a ainsi que le saut, qui est un excellent exercice, les effets les plus salutaires sur les fonctions respiratoires et le développement, et les enfants sont beaucoup plus aptes aux exercices de vitesse que les adolescents ; le seul écueil à éviter c’est de jamais aller jusqu’à l’essoufflement.

Quant aux exercices militaires, ce n’est que beaucoup plus tard qu'il y faudra songer, si tant est qu’il convienne de leur donner place dans l’éducation de la jeunesse. L’intérêt de la défense nationale, le patriotisme qu’on ne manque jamais d’invoquer à leur propos, n’ont que faire ici. Les officiers instructeurs préfèrent de beaucoup avoir en face d’eux des recrues absolument novices dans le maniement du fusil et redoutent le prétentieux conscrit frais émoulu, des ridicules bataillons scolaires, qu’ils ont tant de peine à débarrasser avant de l'instruire, des notions défectueuses ou mal comprises dont il est si fier.

On n’obligera pas les enfants à des exercices physiques qui exigent une grande tension d’esprit, et ils ne devront jamais être poussés jusqu’à la fatigue. Tous les exercices devront être faits à l’air libre, et les gymnases ne doivent pas être clos, mais ouverts sur les côtés et simplement couverts pour mettre les écoliers à l’abri des intempéries et les protéger contre le soleil.

Les exercices et les jeux seront, pour les filles, les mêmes que pour les garçons au degré près. Il faut toutefois réagir contre leur tendance à l’immobilité et à l’inertie ; les jeux qui conviennent aux filles sont la course, le saut, le volant, les grâces, la corde, la marelle, etc.

VI. Propreté. — La propreté des enfants devrait être l’objet d’une

HYGIÈNE DE LA SECONDE ENFANCE

surveillance rigoureuse le matin, lors de l’arrivée à l’école, de la part de l’instituteur ou de l’institutrice. L’examen de la figure et des mains, au point de vue de la propreté; celui des oreilles, des yeux, du nez, de la bouche, sous ce dernier rapport, comme au point de vue des affections dont ces parties peuvent être le siège, serait de rigueur ; une attention toute spéciale devrait être consacrée à l’inspection du cuir chevelu, et ferait reconnaître l’existence de parasites, d’une affection locale comme la teigne (pelade, teigne tondante, favus), ou d’une lésion cutanée traduisant, comme l’impétigo, l’existence de la scrofule. 11 est à craindre que cet examen qui, pour être bien fait, demande un certain temps et à défaut de connaissances spéciales, une certaine expérience, ne soit omis, ou pratiqué d’une façon sommaire, bien qu’il soit prescrit par le règlement. Dans tous les cas où l'instituteur sera embarrassé, il en devra référer au médecin de l’école.

Dans un nombre assez restreint d’écoles, à Paris, le préau est muni de lavabos; dans bon nombre d’autres cette amélioration reste lettre morte, ou bien on en fait à peine usage. Sous ce rapport nous restons bien loin de nos voisins, les Anglais et les Suisses ; en Suisse, les enfants doivent se laver le visage en entrant en classe et en sortant ; les plus jeunes passent par les mains d’une personne préposée à ce service et qui, avec un baquet d’eau . et une éponge, leur fait subir une ablution indispensable. L’importance de cette pratique est moins dans ses résultats immédiats que dans la tendance qu’elle imprime aux enfants, tendance qui devient bientôt un besoin ; elle fait sentir indirectement ses bons effets sur les parents dont quelques-uns finissent par mettre un point d’honneur à ne pas renvoyer sales, à l’école, leurs enfants qu’elle leur a rendus propres.

L’instituteur examinera les oreilles et trouvera souvent, dans une accumulation de cérumen au devant du tympan, l’explication d’une surdité accidentelle qui faisait paraître l’enfant inattentif ou distrait. Il fera l’inspection des dents qui, dans les classes populaires, sont rarement soignées et se carient de bonne heure, ce qui est une source de névralgies, d’odeur fétide de l’haleine, de maux d’estomacs, de digestions difficiles. Il recommandera aux parents de faire rincer la bouche aux enfants et de leur faire brosser leurs dents matin et soir.

Le maître surveillera les cheveux qui devront être portés courts et brossés au réveil. 11 veillera à la propreté des vêtements en réagissant contre la tendance qu’ont les parents des classes ouvrières à parer leurs enfants exagérément le dimanche, sauf à leur laisser porter des haillons et du linge sale le reste de la semaine.

VIL Inspection médicale des écoles. — Les écoles doivent être surveillées au point de vue hygiénique et médical, par des hommes compétents. C’est en Belgique que, en 1874, a été fondé et organisé le

premier service d'inspection au point de vue médical ; chez nous c’est seulement en 1879 que ce service a été organisé pour toute la France.

Les salles d’asile et les écoles de Paris sont groupées en circonscriptions d’inspection dont chacune doit comprendre 20 à 25 classes, chaque asile représentant deux classes ; le médecin doit visiter, deux fois par mois, chaque école ou salle d’asile ; il doit passer en revue tous les locaux de l’école, cours, préaux, vestibules, cabinets d’aisances, etc. Il doit sc rendre compte des conditions hygiéniques de la classe, au point de vue du chauffage, de l’éclairage, de la ventilation, de la propreté, de l’aménagement du mobilier et prendre, à ces divers points de vue, l’initiative des améliorations qu’il jugera convenables. Il lui faut ensuite procéder à l’examen des élèves et renvoyer à leur famille ceux chez lesquels il aura reconnu l’existence d’une affection contagieuse ; ces enfants ne pourront rentrer à l’école qu’après avoir été examinés par lui et sur un certificat qu’il leur délivrera. Il pourra, en fermant provisoirement l’école, prévenir le développement et la diffusion d’une épidémie.

Le médecin inspecteur doit noter les cas de maladie, leur nombre et leur nature, et consigner sur un registre le résultat de ses observations. Chaque mois, il doit adresser au maire de l’arrondissement un rapport sur l’état sanitaire et hygiénique des écoles et asiles de sa circonscription. Riant fait remarquer à bon droit qu’une statistique sérieuse sur l’état sanitaire de nos écoles aurait une importance capitale, mais les fonctions du médecin de l’école sont restées facultatives et mal déterminées : « leur inspection », dit le décret de 1887, « ne pourra porter que sur la santé des enfants, la salubrité des locaux et l’observation des règles de l’hygiène scolaire ». Il y aurait, là encore, un assez vaste champ d’études, si les médecins l’exploraient et si l’autorité municipale tenait compte de leurs réclamations.

Les renseignements recueillis par le médecin ne peuvent d’ailleurs avoir d’utilité que si, régulièrement demandés et octroyés, ils répondent à un plan général qui permette de les rapprocher les uns des autres et 'd’obtenir des résultats comparables. Une statistique établie sur de pareils documents pourrait être une source d’indications précieuses. En ce qui concerne par exemple certaines lésions qui sont le fait de l’école, comme la myopie ou la scoliose, la statistique donnerait des renseignements importants sur la fréquence de ces affections suivant les différents modes d’éclairage, les diverses méthodes d’écriture ou l’emploi de tel ou tel type de mobilier scolaire.

Une autre mission qui incomberait aux médecins inspecteurs serait d’établir, au seuil de l’école, le bilan physique et intellectuel des élèves. 11 s’en faut que les écoliers qui se présentent aux écoles soient tous bien portants et vigoureux, tous n’ont pas la même santé. 11 faudrait que les médecins inspecteurs reconnussent, dès le début, les points faibles des écoliers, leurs aptitudes cérébrales, leurs antécédents nerveux, l’état du

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poumon, l’existence de lésions du cœur qui ne s’accusent pas par des troubles fonctionnels ; le degré d’acuité de leurs sens, et surtout de la vue et de l’ouïe. Quelques-uns sont myopes avant de connaître leurs lettres, d’autres sont plus ou moins sourds. La constatation préalable de ces troubles permettrait d’exonérer l’école du reproche de les avoir développés, et de prendre des précautions de nature à en atténuer l’effet, en assignant, par exemple, aux myopes et aux sourds une place rapprochée du tableau sur lequel ils doivent lire et du maître qu’ils doivent entendre nettement, etc.

Par une enquête aussi complète que possible et consignée par écrit, on arriverait a acquérir une notion sérieuse et motivée sur la constitution d’un écolier et à spécifier les conditions dans lesquelles on devrait le placer à l’école pour prévenir ou combattre le développement des défectuosités organiques et des troubles fonctionnels dont on aurait constaté la présence.

VIII. Colonies de vacances. — Sans aller jusqu’à prétendre que le surmenage sévisse sur les élèves de nos écoles, on peut affirmer que le séjour des classes mal aérées toujours, souvent mal éclairées, la nourriture médiocre, l’hygiène d’ordinaire déplorable qui les attend dans leur famille, sont pour les enfants des écoles des causes de détérioration physique, dont il y a lieu d’atténuer pendant les vacances les fâcheux effets. En 1876, le pasteur Bion, de Zurich, fonda les colonies de vacances; il conduisit les enfants des écoles de son pays, fatigués et devenus anémiques par une année d’assiduité à l’école, sur les montagnes du canton d’Appenzell. Là, divisés en plusieurs sections, et sous la conduite de maîtres et de maîtresses bien qualifiés, ils passèrent quelques semaines dans les meilleures conditions possibles d'aération et d’alimentation. Le résultat de cet essai au point de vue de la santé des écoliers fut des plus favorables, l’exemple de Zurich fut suivi et depuis l’institution n’a cessé de se développer, à ce point que, de 68 enfants emmenés à la campagne en 1876 par Bion, le nombre, en 1885, atteignait 1.300 partis de Genève, Neufchâtel, Bâle, Berne, Lausanne, etc. En 1878, ce fut le tour de l’Allemagne ; en 1885, 72 villes de ce pays ont envoyé 10.000 enfants à la campagne. L’Autriche, l’Italie, les États-Unis, le Danemark sont entrés dans la même voie.

En 1881, le pasteur Lorrieux instituait en France les colonies de vacances et installait les enfants pour trois semaines dans un village de l’Oise, placé dans d’excellentes conditions d’hygiène. Les enfants sont répartis par groupes de 5 à 8, dans des intérieurs de cultivateurs choisis avec soin et offrant les meilleures garanties. Une surveillance continuelle est exercée par des amis de l’œuvre, des instituteurs retraités qui, chaque jour, visitent les maisons où sont installés les enfants et leur tiennent lieu de parents. Les résultats sont extrêmement remarquables, les enfants

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dans leurs trois semaines engraissent de 4 à 7 livres, ils gagnent de fraîches couleurs et les parents ont un moment d’hésitation à reconnaître, frais et dispos, l’enfant qu’ils ont quitté pâle et exsangue quelques semaines avant. D’après Warrentrapp , l’augmentation de poids des enfants au retour de la colonie dépasse de 4 à 8 fois l’accroissement normal. L’augmentation de la taille et du périmètre thoracique sont proportionnés à l’élévation du poids.

Les colonies de vacances furent instituées à Paris en 1883 par M. Cottinet, administrateur de la Caisse des écoles du IXe arrondissement. Ici s’est produite une dichotomie : tandis que l’œuvre initiale, dite des trois semaines envoie tous ses enfants en villégiature et les met au vert, dans un repos absolu, les comités d'arrondissement, partagent leurs enfants en deux catégories : les enfants envoyés en escouades de voyage qui ne séjournent jamais plus de deux ou trois jours au même endroit, et les colons proprement dits qui restent à poste fixe. L’avantage est resté aux colonies scolaires, au moins pour les enfants des écoles. Les caravanes scolaires fatiguent un peu les enfants par les déplacements trop fréquents, la locomotion trop active qu’elles exigent et par la difficulté de leur donner les soins que leur âge commande ; elles conviennent mieux aux élèves des lycées, plus âgés, plus robustes et moins capables d’être énervés par la succession trop rapide et trop répétée d’impressions émouvantes. Pour ces diverses raisons, les colonies scolaires sont préférables quand il s’agit de jeunes enfants, et il faut s’en tenir à cette expérience qui a pleinement réussi.

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