‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publique (volume 2)Chapitre 81 sur 176 · DÉCRÈTE · texte numérisé non relu

DÉCRÈTE

Article Premier. — Il est institué au ministère de l’intérieur une commission chargée de l’étude de toutes les questions relatives à l’application de la loi précitée.

HYGIÈNE INTERNATIONALE ET ADMINISTRATIVE

Cette commission sera chargée notamment de déterminer les conditions suivant lesquelles seront instruites les demandes en autorisation prévues à l’article premier de ladite loi et d’assurer l’inspection prescrite par le même article.

Art. 2. — La commission est composée des membres du comité de direction des services de l’hygiène institué par décrets des 30 septembre 1884, 3 mai et 23 juin 1893, du secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine, de huit membres désignés par le ministre de l’intérieur et choisis moitié parmi les membres de l’Académie de médecine et moitié parmi les membres des auditeurs du Comité consultatif d’hygiène publique de France.

La commission sera présidée par le président du comité de direction des services de l’hygiène.

Un des membres de la commission, désigné par le ministre, sera chargé des fonctions de secrétaire.

Art. 3. — Le ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent décret.

Des décrets ultérieurs ont, sur l’avis conforme de l’Académie de médecine et du Comité consultatif d’hygiène publique, autorisé un certain nombre d’établissements à préparer le sérum antidiphtérique et à le débiter à titre onéreux ou gratuit. Actuellement, on le prépare à Paris (Institut Pasteur), à Lille, au Havre, à Nancy, à Lyon, à Grenoble, etc.

Il est difficile de savoir si l’emploi du sérum a été suffisamment répandu pour que son influence se soit fait également sentir dans toutes les régions. Cependant il parait certain qu’au moins dans les villes de plus de 20,000 habitants, presque tous les cas de diphtérie ont été soignés par le sérum.

La statistique sanitaire des villes de France permet d’apprécier la diminution du nombre des décès causés par la diphtérie pendant l’année 1895, c’est-à-dire depuis l’emploi régulier du sérum pour le traitement de cette maladie.

Dans les villes de plus de 20.000 habitants (108 villes, 8.150.000 habitants), le nombre des décès par diphtérie a été pour chacune des sept années qui ont précédé l’année 1895 :

ANNÉE

DÉCÈS

PROPORTION pour 1000 habitants.

Moyenne annuelle

HYGIÈNE ADMINISTRATIVE

En 1895, le nombre des décès par diphtérie, dans les mêmes villes, a été de 1561, soit une proportion de 0,19 p. 1.000 habitants. La diminution du nombre des décès a donc été, pendant l’année 1895, première année de l’emploi du sérum, de 0,36 p. 1.000 habitants.

A Paris, la diminution a été encore plus considérable.

La diphtérie à Paris.

ANNÉES

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