CHIFFRES ABSOLUS
PROPORTION pour 1.000 habitants.
Entre les années extrêmes, 1887 et 1894, la diminution du nombre des décès est de 65.887 en chiffres absolus et de 25,45 p. 10.000 habitants. La mortalité reste élevée, mais l’amélioration est très considérable.
Voici maintenant les chiffres de la mortalité générale remontant à l’époque où il a été possible d’établir la statistique mortuaire de l’Italie unifiée.
HYGIÈNE INTERNATIONALE ET ADMINISTRATIVE
Mortalité générale. — (Proportion pour 1.000 habitants).
Entre les années extrêmes 1872 et 1894 la diminution est de 5,57 p. 1.000 habitants, soit pour une population de 30.913.663 habitants (chiffre de 1894), une diminution de 172,189 sur le nombre des décès qui auraient eu lieu si la proportion était restée la même qu’en 1872. Le résultat est d’autant plus appréciable que l’Italie est un pays de natalité élevée et où par conséquent la mortalité infantile, considérable dans tous les pays, contribue à élever le taux de la mortalité générale.
République argentine. — Il est intéressant de rechercher si, sur des populations non européennes, dans un milieu très différent, dans les pays neufs de l’Amérique du sud, les mêmes efforts aboutissent aux mêmes effets, alors surtout qu’ils peuvent et doivent être contrariés par l’afflux continu de population misérable, peu soucieuse de l’hvgiène, que l’immigration y apporte.
En 1871, la ville de Buenos-Ayres, capitale de la République argentine, comptait 80.000 habitants environ. En 1893 elle en comptait 567.542. Jusqu’en 1871 on s’était peu préoccupé de l’hygiène publique. Mais cette année-là une épidémie de fièvre jaune fit 13.761 victimes (chiffre officiel). Sous le coup de ce désastre, les autorités comprirent la nécessité d’entreprendre des travaux d’assainissement et d’organiser un service sanitaire permanent.
Des mesures furent prises pour l’isolement des malades atteints de maladies contagieuses. En 1887 la déclaration des cas de ces maladies devint obligatoire. En 1887 également la vaccination fut déclarée obligatoire. Des amenées d’eau potable furent créées, et le tout à l’égout organisé pour un nombre croissant de maisons : 1.074 en 1890; 15.002 en 1893. Ce dernier chiffre représentait en 1893 la moitié du nombre total des maisons. En 1892 un service de désinfection était organisé.
Malgré l’accroissement si rapide de la population, lequel renouvelle constamment les germes d’insalubrité, on n’a plus constaté d’épidémie grave et la mortalité générale a diminué.
En voici les chiffres, de 1884 à 1893 :
HYGIÈNE ADMINISTRATIVE
Proportion pour 1.000 habitants.
Si l’on considère que l’organisation de la plupart des services d’assainissement ne remonte qu’à 1890, on reconnaîtra que les progrès réalisés sont sérieux.
Je donnerai encore quelques chiffres relatifs aux maladies contagieuses.
De 1884 à 1888, la proportion annuelle des décès par variole était de 161 p. 100.000 habitants. En 1893 elle n’est plus que de 2,4 pour le même chiffre de population. « En présence de ce résultat, dit le DrConi, on peut affirmer que la variole tend à disparaître complètement de Buenos-Ayres, et que dans peu de temps elle ne figurera plus dans sa statistique mortuaire » (1).
En 1889, le nombre des décès par fièvre typhoïde a ôté de 104 ; — en 1890, de 117; — en 1891, de 79; — en 1892, de 40 ; — en 1893, de 37 p. 1.000 habitants. Cette diminution énorme est sans conteste le résultat de la distribution d’eau potable et de l’organisation progressive du tout à l’égout.
La tuberculose elle-même, qui pendant cinq années, de 1884 à 1888, avait compté une moyenne annuelle de 265 décès p. 100.000 habitants, a vu ce chiffre descendre à 225 (2).
Les autres maladies contagieuses font peu de victimes à Buenos-Ayres, dont le climat est particulièrement salubre, et la fièvre jaune n’y a plus fait d’apparition depuis longtemps.
L’exemple de ce pays, exposé par suite de ses grands mouvements de population à des causes d’infection nombreuses et sans cesse renouvelées, est des plus instructifs. Il démontre, mieux peut-être que celui des vieilles cités européennes, l’influence immédiate et directe que les mesures d’assainissement exercent en faveur de la santé publique.
(1) Dr Coni. Influence de l’hygiène sur la mortalité générale , particulièrement sur celle des maladies contagieuses, dans la ville de Buenos-Ayres. ( Annales d’hygiène et de médecine légale , 1895, 1. 1, p. 39).
(2) Ces chiflres, qui sont des chiffres officiels, ne paraissent comprendre que certaines formes de la tuberculose.