‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publiqueChapitre 101 sur 177 · MORTALITÉ POUR 100 OPÉRÉS · texte numérisé non relu

MORTALITÉ POUR 100 OPÉRÉS

Amputation

de

la cuisse.

Amputation

de

la jambe.

Amputation

du

bras.

Amputation

de

l’avant-bras,

Hôpitaux de Londres

Hôpitaux provinciaux

Hôpitaux ruraux

M. L. Lefort, constatait aussi que pour les villes de Londres, Birmingham, Bristol, Leeds, Liverpool, Sheffied, Edimbourg, Glascow, Dublin, on trouvait une mortalité bien différente en examinant seulement les amputations de la cuisse, suivant que les hôpitaux étaient situés à l’intérieur ou à l’extérieur des villes, et il trouvait pour 100

opérés :

Mortalité.

Hôpitaux situés au centre de la ville 39.1 0/0

Hôpitaux situés à la circonférence ou en dehors de la ville. ... 24.2 0/0

Ce qu’il faudrait faire accepter comme un principe inéluctable, c’est qu’un hôpital ne doit pas être construit pour occuper tel espace superficiel, tel terrain désigné à l’avance par des considérations étrangères à l’hygiène hospitalière, par la fantaisie d’un donateur par exemple, mais que, au contraire, le choix du terrain doit être fait en vue de la construction hospitalière qu’on y veut élever, et que ce choix logique, scientifique, imposé par l’hygiène, ne saurait être fait au milieu d’une ville où les surfaces sont forcément restreintes et le prix du terrain très élevé.

Dira-t-on que l’éloignement empêche le service ; qu’il faut considérer les nécessités de l’enseignement dans les villes qui ont des écoles ou des facultés de médecine. Nous répondrions que ce ne sont pas des nécessités qu’il faut satisfaire, mais des habitudes qu’il faut corriger, si le bienêtre et la santé des malades doivent en profiter. L’hôpital est fait pour les malades et non pour les personnes qui y sont employées ou qui s’y instruisent. C’est là la vérité élémentaire qu’il faut toujours avoir présente à l’esprit, quand on s’occupe d’assistance publique.

Il convient donc, s’il s’agit de la construction d’un hôpital neuf, de choisir un terrain hors de l’agglomération. J. Rochard faisait justement remarquer qu’avec les sommes dépensées pour la construction de Lariboisière et de l’Hôtel-Dieu, on aurait pu entourer Paris d’une ceinture de 16 hôpitaux de 500 lits, fonder 24 hôpitaux de secours et créer un système de transports aussi confortable que possible. Lariboisière a coûté 10,445,153 fr., l’Hôtel-Dieu 60 millions environ, total : 70,445,140 francs, ce qui équivaut à 16 hôpitaux de 500 lits à 5,000 francs le lit (chiffre suffisant pour un hôpital excentrique) qui auraient coûté 40 millions, plus 24 hôpitaux de secours de 100 lits à 6,000 francs (ce qui suffirait même au centre de Paris, parce que ces petits hôpitaux n’ont pas besoin de dépendances) qui auraient coûté 14,400,000 francs. Les 10,400 lits seraient donc revenus à 54,400,000 francs et il serait encore resté à l’Assistance publique une somme de 16 millions de francs pour établir son système de transports et pour le matériel devenu nécessaire: tandis qu’elle a dépensé la somme entière pour fonder 1,000 lits en tout.

Quand il s’agit de vieux hôpitaux existant depuis des siècles, on allègue volontiers l’impossibilité de leur déplacement. On les répare sur place, pierre à pierre, dans le même style, en conservant la tradition et

HOPITAUX ET HOSPICES

l’insalubrité qu’elle comporte. Ils sont là, dit-on, ils y doivent rester sous peine d’induire les administrations en de fortes dépenses. L’argument est faux le plus souvent, et des administrateurs intelligents trouveraient au contraire dans le produit de la vente des terrains sur lesquels s’élèvent les hôpitaux urbains, des ressources plus que suffisantes pour acheter des emplacements beaucoup plus vastes en dehors des villes et y installer les constructions légères et peu coûteuses qui tendent aujourd’hui à prévaloir. Tout en réalisant de sérieux bénéfices, ils pourraient donner satisfaction à l’un des plus grands desiderata de l’hygiène hospitalière. Entrant complètement dans cet ordre d’idées, M. Tollet a établi que les 13 grands hôpitaux de Paris (non compris l’Hôtel-Dieu, la Clinique et la maison de Santé) occupaient 40 hectares qui, à raison d’un prix moyen de 150 francs par mètre carré, produiraient un prix de vente de 00 millions, et que les 5,600 malades qu’abritent ces hôpitaux pourraient être placés dans 18 hôpitaux suburbains qui ne coûteraient au maximum, terrain compris, que 1,400,000 francs, soit ensemble seulement 25 millions (1).

1) Le prix de revient des hôpitaux est très variable. Voici quelques chiffres intéressants

à cet égard :

Hôpital de Lariboisière.

Dépense totale 10.445. 153 fr.

soit 822 fr. 53 pour le mètre superficiel de la surface bâtie.

Or, on peut recevoir 606 malades. Chaque lit de malade revient ainsi à 17.236 fr. 22 se décomposant ainsi :

i Pour les travaux 10.982 fr. 21

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