‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publiqueChapitre 111 sur 177 · HH · texte numérisé non relu

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Fig. 56. — I, entrées; 2, vestibule ; 3, escalier; 4, escalier de service; 5, ascenseur; 6, isolement ; 7, salle de malades (32 lits) ; 8, cuisine-office ; 9, chambre de l’assistant ; 10, w.-c. du personnel et trémie à linge sale ; 11, w -c. des malades ; 12, bains-lavabos ; 13, réunion des malades.

monté sur caves, dans lesquelles sont disposés les conduits de chauffage, avec les appareils de réglage pour ce chauffage et pour la ventilation.

A ces caves, qui sont propres, bien aérées et peintes à la chaux, vient aboutir la galerie générale de circulation. Comme à Hambourg, dans une des caves est une sorte de cage en fer et' grillage recevant le linge sale des trémies supérieures.

En entrant au rez-de-chaussée par l’extrémité du bâtiment formant pavillon du côté de la cour intérieure, on trouve un premier vestibule, et dans ce vestibule, à droite, l’escalier à la française donnant accès aux étages supérieurs, et, à gauche, l’entrée de l’ascenseur hydraulique avec deux portes en tôle perforée, munies d’une fermeture automatique fort simple.

Par une porte à deux vantaux, on pénètre dans un second vestibule sur lequel ouvrent, à gauche, la porte de l’office et celle d’une chambre de payants ; à droite, une porte de chambre d’isolement servant surtout à la surveillante, et enfin celle des cabinets d’aisances du personnel. En avant de ce cabinet, qui est muni d’un appareil à tirage avec siphon, on trouve l’orifice de la trémie au linge sale. Comme à Hambourg, cette trémie est en métal peint à l’huile.

Enfin, dans l’axe du vestibule, est la grande porte à deux vantaux, donnant accès à la salle de malades.

§ VII. — Aération. — Ventilation» — Chauffage. - Fclairage.

Sans vouloir reprendre ici les conditions générales d’aération, ventilation, chauffage et éclairage qui ont été étudiées en leur place dans cette encyclopédie, insistons sur quelques faits ou quelques principes qui sont plus particulièrement applicables ou plus impérieusement exigibles dans les constructions hospitalières.

Une salle d’hôpital doit être, pour ainsi dire par toutes ses faces, largement exposée à l’air et à la lumière. Cette proposition n’est niée par personne ; on peut dire même qu’elle ne l’a jamais été et que de tous temps l’expérience a montré que l'aération plus large d’un hôpital, même quand elle se produit par suite d’une circonstance fortuite, a été une chose heureuse. On sait qu’au commencement du xvme siècle un incendie partiel de l’Hôtel-Dieu ayant détruit des maisons qui ne furent pas reconstruites il en résulta une aération plus large, et que dès ce moment la mortalité s’abaissa de 400 décès par année, si bien que cinquante-quatre ans plus tard, en 1772, Marmontel calculait que ce bienheureux incendie et le courant d’air qui advint de la destruction de quatre maisons par le feu avaient économisé la vie de plus de vingt mille personnes. — En voyant dans telle ou telle ville que nous ne voulons pas nommer de vieux hôtels-dieu avec des cours étroites au milieu de hauts bâtiments divisés par des cloisons multiples, obscurs et humides, imprégnés des émanations et des miasmes de deux cents ans d’hospitalisation , on en vient quelquefois à souhaiter de tels accidents heureux en souhaitant en même temps qu’ils n’occasionnent point mort d’hommes au moment où ils se produisent, assuré qu’on est que, pour l’avenir, il résulterait de la nécessité brutale

d’une reconstruction ou d’un déplacement une économie certaine de la vie humaine.

L’influence bienfaisante de l’aération naturelle large et incessante a été reconnue par le général Morin qui attachait pourtant à la ventilation artificielle une importance que l’on connaît mais qui déclarait, en même temps, que pour les salles de malades il fallait bien se garder de se priver d’un moyen aussi simple que l’aération.

C’est par les portes et fenêtres qu’a lieu la ventilation naturelle. Nous avons dit que les fenêtres, dans une salle de malades, devaient être opposées ; on convient généralement que la somme de leurs surfaces doit égaler le tiers de la surface murale de la salle.

Si cette aération par les fenêtres présente quelques petits inconvénients dans certains cas, disons que dans beaucoup d’autres elle est sans danger et que les malades bien couverts dans leurs lits ne peuvent que retirer des avantages de l’aération permanente, surtout si, selon la recommandation de E. Trelat, le système de chauffage permet de chauffer les parois ; si, selon l’expression de cet hygiéniste, on respire de Vair frais dans une pièce chaude.

11 faut pouvoir, comme dit Miss Nightingale, ouvrir les fenêtres le plus longtemps et le plus souvent possible. Cela ne veut pas dire qu’il faut toujours ouvrir toutes les fenêtres ; il faut évidemment laisser fermées tantôt celles-ci et tantôt celles-là et éviter les courants intempestifs.

M.Tollet a calculé que dans une salle d’une capacitéde 1500 mètres cubes l’air peut être renouvelé, par l’ouverture d’une seule croisée, en moins de trente minutes, avec une vitesse de cinquante centimètres par seconde.

Disons en passant que les fenêtres, au moins dans les climats tempérés, doivent toujours s’ouvrir directement à l’extérieur et non sur des galeries, fussent-elles ouvertes par des baies très larges comme à l'hôpital de la marine à St-Mandrier. A plus forte raison ne doit-on pas avoir des fenêtres ouvrant sur une galerie vitrée. Si on veut avoir une galerie couverte régnant le long d’un pavillon il convient qu’elle soit seulement soutenue par des colonnettes de fonte.

Pour l’égler le renouvellement de l’air par les fenêtres on a imaginé divers dispositifs plus ou moins ingénieux : fenêtres divisées en 2 ou 3 parties, s’ouvrant à bascule ou à charnière, vasistas ou toiles grillées dans le haut, verres perforés, etc. Les verres perforés remplacent avantageusement les vasistas grillés que Ser avait établis dans plusieurs hôpitaux parisiens. Des carreaux de fer-blanc percés de trous, à la partie supérieure des fenêtres, constituent un mode rudimentaire d'aération permanente qui a été utilisé dans plusieurs hôpitaux russes.

Les petits appareils à ailettes qu’on fixe quelquefois dans les carreaux sont des petits ventilateurs qui agissent par aspiration ou par propulsion ; ils donnent un faible résultat comparé à leur complication et leur fonctionnement irrégulier est souvent aussi de courte durée.

HOPITAUX ET HOSPICES

Préoccupés de soustraire les malades au contage des miasmes humains, divers auteurs ont proposé d’aspirer l’air qui entoure chaque lit. Le Dr Romain-Jacur s’est proposé de réaliser, au point de vue de l’air, cet isolement de chaque lit ; il voudrait établir pour cela sous chaque lit un tuyau d’appel et l’ensemble de ces tuyaux se rendraient à une cheminée dans laquelle brûleraient des becs de gaz.

La combustion des becs de gaz pour activer le tirage est d’ailleurs une bonne mesure. Le général Morin a calculé que un mètre cube de gaz brûlé permettait l’évacuation de 500 mètres cubes d’air. Le procédé d’aération par les becs de gaz peut en même temps servir à l’éclairage des salles quand la gaine évacuatrice où le bec de gaz est placé est vitrée à son niveau comme à l’hôpital Saint-Sauveur de Lille.

Le Baron Derschau, à la Maternité de Saint-Pétersbourg, a installé une cheminée d’évacuation, munie à sa base de becs de gaz incessamment allumés et surmontée d’un tuyau à girouette qui, s’orientant naturellement, permet de profiter de l’action du vent pour favoriser l’évacuation de l’air vicié. La régularité de la marche de la ventilation est constatée par un anémomètre à compteur électrique. Le D1 Richard a vu à Berlin un appareil de chauffage et de ventilation usité dans des hôpitaux et consistant en deux poêles ventilateurs à double enveloppe à travers laquelle circule en s’échauffant l’air neuf arrivé du dehors par un conduit qui passe sous le plancher. Les tuyaux de ces deux poêles s’inclinent l’un vers l’autre et devenus parallèles montent ensemble vers le toit enveloppés dans une gaine concentrique en tôle qui est ouverte à sa partie in fêrieure et qui va s'ouvrir sur le toit , si bien que dès que les poêles sont allumés et que l'air de la gaine est échauffé, l’air vicié de la salle est largement aspiré et versé à l’extérieur.

Les cheminées ouvertes sont enfin un excellent moyen de ventilation employé dans quelques hôpitaux anglais et qui se retrouve dans certaines constructions hospitalières de notre pays.

Quant aux moyens mécaniques, aux systèmes par pulsion ou par aspiration, il ne faut pas y compter beaucoup et il semble que M. Wazon ait prononcé leur condamnation définitive en publiant les chiffres suivants relatis à la mortalité dans les hôpitaux de Paris de 1860 à 1869 :

HOPITAUX VENTILES ARTIFICIELLEMENT

Morts. Malades.

Necker... .

Lariboisière Beaujon. . . .

Moyenne

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