DE 1878 A 1891 INCLUS
Totaux
Convalescentes.
Nourrices.
Enfants.
Asiles de convalescence de Berlin. — Il existe à Berlin deux maisons de convalescence attenantes aux champs d’irrigation de Blankenburg et de Heinersdorf. La première reçoit quarante hommes et la seconde quarante femmes. L’administration de ces établissements est placée sous la surveillance d’un conseil composé de deux membres du conseil municipal et de trois députés de la ville. Les soins médicaux sont donnés quand cela est utile par des médecins qui habitent dans le voisinage de ces établissements. Le service intérieur est fait presque entièrement par les pensionnaires eux-mêmes. Il existe aujourd’hui un troisième asile, au champ d’irrigation de Blankenfelde, celui-ci est réservé aux accouchées qui n’y séjournent que du 10e au 21e jour. Il n’est pas douteux que cela est insuffisant et qu’à ce point de vue comme à tous autres notre asile de convalescence du Vésinet est bien supérieur à ces asiles de Berlin.
Hôpitaux de convalescents en Angleterre. — Il existe en Angleterre des établissements pour les convalescents. Aucun n’a une grande importance, sauf l’établissement de Darenth pour les varioleux convalescents.
A Londres les établissements pour les convalescents disposent de 450 lits. Enfin les caisses de secours de convalescence (Samaritan Funds) sont destinées à subvenir aux premiers besoins des malades qui sortent des hôpitaux. Beaucoup de nos hôpitaux Français et de nos bureaux de bienfaisance ont des fonds ou des crédits spéciaux pour ce mode d’assistance qui se retrouve du reste dans presque tous les pays.
Encyclopédie d’hygiène. — V.
§ IL — SSatcrniléa et services <l’accouchemcnt.
La situation malheureuse des femmes en couches attirait tout particulièrement, il y a un siècle, l’attention de Tenon et de Larochefoucauld. L’enquête dont ils furent les rapporteurs révéla des faits lamentables, des épidémies si meurtrières que nous ne pouvons, aujourd’hui, y croire qu’en mesurant le chemin parcouru dans les vingt dernières années et en examinant la situation des femmes en couches, à Paris, à l’époque toute voisine où la mortalité atteignait 20 0/0 des hospitalisées. Cette époque ne remonte pas à plus de 35 ans.
Quelle situation devait donc être celle des femmes qui, il y a un siècle, n’avaient, à Paris, qu’un seul asile : l’Hôtel-Dieu, où elles étaient pêlemêle avec des malades quelconques et dans la promiscuité des lits à 4 et 6 places.
On conçoit quelle dut justifier les propositions que faisait Tenon d’accorder un lit particulier à chaque femme enceinte et à chaque accouchée ; de leur procurer des salles mieux disposées, plus saines, ne communiquant point entre elles ; où il y eût moins d’encombrement et où l’on séparât les femmes grosses des accouchées, les femmes saines des femmes malades; d’éloigner surtout les différentes classes des maladies qui pouvaient se répandre et se propager aux accouchées. Dès cette époque, Tenon posait la question de savoir s’il convenait d’affecter aux femmes en couches un hôpital particulier, et il concluait en proposant de faire des services des accouchées une espèce d’hôpital distinct, dans lequel on placerait 3 ou 400 lits, distribués par salles de 4, de 10 et de 24 lits, pour séparer les femmes enceintes des accouchées, les accouchées à leur première semaine de celles de seconde semaine, les femmes enceintes et les accouchées saines des malades ; les malades atteintes de maladies qui ne se gagnent point de celles dont les maladies se communiquent. Suivaient, dans le projet de Tenon, les détails les plus précis sur le classement, la répartition des femmes, suivant leurs divers états, dans l’hôpital modèle dont il faisait un devis complet. Ce fut en conformité de ces propositions que, plus tard, le conseil général des hospices décida que tous les accouchements se feraient désormais dans une maison spéciale, et ordonna la suppression de la salle des femmes en couches à l’Hôtel- Dieu.
Telle est l’origine de la maison qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de Maternité , établie dans les anciens batiments de l’abbaye de Port- Royal, et qui a été assimilée aux hôpitaux et soumise au régime administratif commun par décret du 13 juillet 1795. Elle comprenait alors, sous la même direction et sous la désignation commune à' Hospice de la Maternité, deux divisions ou deux* sections distinctes, l’une pour les
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accouchées et l’autre pour les enfants trouvés (1). En 1804, la section des enfants trouvés en fut disjointe pour être transférée rue d’Enfer, où elle est aujourd’hui ; et, à dater de cette époque, la maison de la rue de la Bourbe, ainsi qu’on la désignait aussi alors, resta exclusivement consacrée aux femmes en couches. C’est à cette même époque que fut instituée, par les soins du ministre Chaptal, l’école d’accouchement pour les élèves sages-femmes (2).
Disons tout de suite que la Maternité , qui s’appelle aussi Maison et Ecole d’ accouchement, contient 251 lits (3) et 87 berceaux.
D’ailleurs, cet établissement n’est plus actuellement le seul qui soit à la disposition des femmes en couches à Paris. Un service d’accouchement avait été ouvert à l’hôpital des Cliniques qui, en 1834, passait sous l’administration de l’assistance publique, après avoir été longtemps administré par la Faculté, et ce service est aujourd’hui remplacé par l’importante Clinique cVaccouchement inauguré en 1881.
Mais il ne suffisait pas de créer des établissements spéciaux; et, en laissant subsister l’encombrement et la promiscuité on pouvait constater que la mortalité, sans y être aussi cruelle qu’à l’Hôtel-Dieu au temps de Tenon, était encore si grave que, en 1855, dans une discussion à l’Académie de médecine, qui eut un grand retentissement, Dubois ne craignait pas de dire qu’il y avait moins de danger pour une femme d’accoucher dans la rue, sans aucun secours, que d’accoucher dans les salles de la Maternité ou de la Clinique.
On avait bien songé, en 1848, à construire des maisons d’accouchement doubles, c’est-à-dire dont une moitié resterait vide tandis que l’autre serait occupée, et réciproquement. Mais il s’agissait d’une forte dépense, devant laquelle on recula. — On fait encore trop souvent de même aujourd'hui, car les dépenses d’assistance, nous l’avons déjà dit, ne trouvent encore obligatoirement place à aucun budget, et on considère toujours que la seule générosité privée, qui dote et fonde les établisse-
(1) Alhoy ne manque pas de célébrer cet événement dans son poème des hospices déjà cité :
A l’ignorance, hélas, trop longtemps immolées,
Enfin rassurez-vous, campagnes isolées :
Un Ministre en conçoit le généreux dessein,
Lucine fleurira meme dans votre sein.
A sa voix une école en élèves fertile
Des champs va secourir jusqu’au dernier asile.
Les préfets des départements furent invités par une circulaire du Ministre de l’intérieur à envoyer le plus d’élèves qu’il est possible. « Depuis 18 mois, époque de sa fondation, écrivait Alhoy en l’an XII, il en est sorti plus de 100 déjà en exercice, et les cours prochains s’annoncent de manière à faire croire que le nombre s’en accroîtra encore ! »
• (2) Dr Brochin, article Maternités, du Dict encyclop. — Paris, G. Masson, éditeur.
(3) Médecine 33, chirurgie 16, accouchement 98, berceaux 87, lits d’élèves 94, infirmerie des élèves 10. La dépense annuelle y est de 409,100 fr. ; le prix de revient de la journée : 3 fr. 44.
ments, doit pourvoir à leurs développements, à leur progrès, aux améliorations que la science impose.
On montrait en tous cas, en 1848 et dans les années qui suivirent, un réel bon vouloir qui, malheureusement, restait platonique, comme Tarnier le démontra aisément par de tristes chiffres. — En 1864, le comité consultatif d’hygiène et du service médical des hôpitaux chargeait une commission d’étudier la cause de la mortalité des femmes en couche et les moyens de la diminuer. Cette commission (1), dont Malgaigne était rapporteur, concluait ainsi :
1° La disproportion énorme entre les décès survenus dans les hôpitaux et ceux qui ont eu lieu à domicile est trop frappante pour ne pas manifester avec évidence les avantages des accouchements à domicile, et, ce qui revient au même, ceux de l’isolement. Il y a donc lieu de donner à cette partie du service de l’assistance publique tout le développement compatible avec les besoins et les ressources ;
2° On ne saurait d’ailleurs songer à supprimer les accouchements dans les hôpitaux, attendu le grand nombre de femmes que leur situation particulière oblige à y recourir, sans compter les avantages qui en résultent pour l’enseignement pratique;
3° Lorsqu’il y a lieu de désemplir ou d’évacuer les salles occupées par les femmes en couche, il faut, en premier lieu, autant que possible, transférer les femmes les plus malades dans des chambres à un seul lit; en second lieu, les évacuer dans des salles ne contenant qu’un petit nombre de lits ; en troisième lieu les disséminer dans des salles générales, au milieu des malades ordinaires;
4° Un hôpital de femmes en couche ne doit être placé ni dans un lieu bas et humide, ni dans un lieu trop élevé. La meilleure exposition est celle où les fenêtres regardent au levant et au couchant. Il faut que l’hôpital soit situé dans un air libre et pur, loin du voisinage des eaux stagnantes, des constructions accumulées, du vent des usines, et de tout ce qui pourrait porter atteinte à l’hygiène;
5° L’hôpital ne devra jamais contenir plus de 80 lits destinés aux femmes en couche, et sur lesquels 20 demeureront toujours libres et réservés au roulement ;
6° Quand les lits ne dépasseront pas le nombre de 20, ils pourront être placés dans un pavillon unique; au-delà de ce chiffre ils seront répartis dans des pavillons séparés;
7° Chaque pavillon aura un rez-de-chaussée surmonté d'un premier étage ou de deux étages au plus; mais ou ne placera les femmes accouchées qu'au rez-de-chaussée et au 1er étage. Le second sera réservé aux gens de service et aux femmes qui attendent;
(1) Cette commission est ainsi composée : MM. le général Morin, président ; Bouillaud, Combes, Devergie, Gilbert, Husson, Laval, de Lurieu, Michel Levy, Parciiappf., Païen, Tardieu, Baron de Watteville et Malgaigne, secrétaire-rapporteur.
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8° Les bâtiments seront simples, éclairés et aérés des deux côtés;
9° Les lits seront répartis dans des salles, qui ne communiqueront pas directement l’une avec l’autre; le maximum des lits pour chaque salle est fixé à 10 ;
10° La largeur des salles contenant plusieurs lits sera de 8 mètres sur une hauteur de 5 mètres à 5 mètres 50 ;
11° Il n’ y aura qu’un lit par trumeau. La tête de chaque lit sera placée à 50 centimètres du mur. Chaque lit sera séparé de l’autre par un intervalle de 3 mètres, autant que possible, et au minimum de 2 mètres 50 centimètres ;
12° Dans aucun cas, et sous aucun prétexte, il ne sera permis d’introduire dans les salles de lits supplémentaires;
13° La chambre de travail sera placée dans le pavillon même, de manière à ne jamais être séparée des salles par une cour ; toutefois elle sera essentiellement disposée de telle sorte que les cris de la femme qui accouche ne parviennent pas aux malades. Elle sera toujours chauffée par une cheminée ;
14° Après chaque accouchement, on devra changer la literie et carder les matelas ;
15° Quand une salle aura été occupée un temps assez long pour qu’il soit utile de l’assainir, ce qui sera laissé à la discrétion du médecin, on n’y recevra plus de malades, jusqu’à ce qu’elle soit complètement évacuée et les malades nouvelles seront placées dans une des salles restées libres et dites salles de roulement;
16° Les salles ainsi évacuées seront livrées aux ouvriers pour nettoyer la literie et la salle même ; la laine des matelas sera peignée, cardée, la plume épurée, les rideaux blanchis;
Il n’est, pas moins essentiel ici que pour les autres hôpitaux de veiller au chauffage et à la salubrité des alentours, notamment des latrines, et enfin à une bonne ventilation.
Il y aurait beaucoup à retenir dans cette instruction déjà vieille puisqu’elle remonte au mois de juillet 1864. Elle fut à cette époque transmise aux préfets sous forme de circulaire (1), mais ce qu’on trouve aujourd’hui encore dans beaucoup d’hôpitaux-hospices, môme dans de grandes villes, montre combien ces circulaires sont aisément oubliées et quelles conditions déplorables la complète autonomie des établissements hospitaliers permet de perpétuer.
Un peu plus tard le comité consultatif d’hygiène et du service médical des hôpitaux étudiait une autre solution de la question si grave de la mortalité des femmes en couches et à la suite d’un rapport fait en 1866 par Devergie (2) ce comité formulait les conclusions suivantes :
(1) Circulaire du 10 août 1864.
(2) Au uom d’une commission composée de M.M. Rayer, Bouciiaruat, üucquet, Devergie, Husson, De Lurieu, Payen et De Watteville.
1° Placer à titre d’essai, mais sur une échelle suffisante, un certain nombre de femmes mariées nécessiteuses, ou de filles-mères qui réclament leur entrée dans les maternités ou hôpitaux, chez des sagesfemmes de la ville, choisies et surveillées par les soins des autorités compétentes, telles que les administrations d’assistance publique, les bureaux de bienfaisance, etc., avec le concours des sociétés de charité maternelle et autres, distribuant des secours à domicile aux femmes en couches.
Les femmes accouchées devraient en moyenne séjourner neuf jours (1) chez les sages-femmes ainsi désignées et recevoir, au besoin, des secours à domicile, lorsqu’un repos plus long serait nécessaire à leur rétablissement;
2° Supprimer les services d’accouchement dans les hôpitaux où il n’existe pas d’enseignement; instituer dans ces hôpitaux une salle de travail; répartir, peu après l’accouchement, les femmes accouchées dans les services généraux de médecine (2).
C’était une solution qui avait été déjà recommandée par Depaul lors de la discussion de l’Académie de médecine en 1858. Toutes les statistiques donnaient raison à cette manière de voir, notamment celle de Crédé pour la Maternité de Leipzig (1860), celle de Hayenberger pour la Maternité de Saint-Pétersbourg (1863); celle de Stath et Braun pour la Maternité de Vienne (1864), celle beaucoup plus ancienne d’une société médicale d’accouchements qui existait à Paris en 1841. — L. Lefort dans son important rapport sur les Maternités réunissant un certain nombre de statistiques constatait que :
Sur 888, 312 femmes accouchées dans des maternités ou dans des hôpitaux, 30,594 sont mortes;
Sur 934,781 accouchements opérés en ville, soit par des médecins appartenant à un service d’assistance publique ou privée et parmi la classe pauvre, soit dans la clientèle civile, 4.405 ont été suivis de mort.
La mortalité des femmes accouchées dans les maternités ou hôpitaux a donc été de 1 sur 29, tandis que pour les femmes accouchées à domicile elle n’a été que de 1 sur 212.
Mais il es«t trop évident que si utile qu’ait pu être la résolution de confier à des sages-femmes les soins à donner aux accouchées, à une époque où les causes de l’infection puerpérale étaient mal connues et où l’on n’avait pas de meilleur moyen d’assurer l'isolement, les maternités ne pouvaient pas se trouver supprimées d’un trait de plume et que pour beaucoup de filles-mères surtout elles restaient une nécessité absolue.
(1) Nous verrons plus loin combien ce séjour de neuf jours est insuffisant.
(2) Circulaire ministérielle du 30 juin 1866.
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C’est ce qu’avait bien compris la Société médicale des hôpitaux en formulant les conclusions suivantes à la suite d’un rapport de Bourdon :
« 1° Etendre autant que possible l’assistance à domicile en fournissant aux femmes enceintes et accouchées des secours de toute nature ;
» 2° Donner au système du placement des femmes en couches chez les sages-femmes toute l’extension dont il est susceptible ;
» 3° Remplacer les grandes maternités avec écoles d’accouchement pour les sages-femmes, par de petites maisons d’accouchement à chambres séparées, en les plaçant en général dans le périmètre des grands hôpitaux ;
» Malgré les objections qu’on peut lui adresser, surtout au point de vue pratique, essayer le système de M. Tarnicr qui parait répondre aux conditions les plus importantes de l’hygiène des femmes en couches ;
» 4° Gomme mesure transitoire, appliquer à tous les services d’accouchements des hôpitaux la mesure déjà mise en pratique dans plusieurs d'entre eux, et qui consiste à faire passer immédiatement dans les salles de médecine les accouchées qui sont atteintes d’accidents puerpéraux;
» Dans ces mêmes services, laisser constamment inoccupés le tiers ou au moins le quart des lits destinés aux femmes en couches:
» En cas d’épidémie, évacuer les services d’accouchements, disséminer les accouchées dans les salles communes ».
Depuis, la Société de Médecine publique et d’Hygiène professionnelle a eu à s’occuper aussi de l’hygiène des Maternités. Elle avait écouté avec un vif intérêt, en 1880, un mémoire du Dr Pinard, qui concluait, d’une façon qui n’était paradoxale qu’en apparence, en disant qu’il fallait « réunir les femmes en couches en les isolant. » En 1882, elle chargeait une commission (1) d’étudier cette question, et, à la suite d’un savant rapport du Dr A. Thévenot, elle adoptait à l’unanimité les conclusions suivantes :
1° Les recherches expérimentales les plus récentes, ainsi que les déductions de la clinique, permettent aujourd’hui d’affirmer que la maladie des femmes en couches qu’on désigne sous les noms de fièvre puerpérale, infection puerpérale, septicémie puerpérale, est éminemment contagieuse ;
2° La contagion se fait par les tiers, par les pièces de pansements, par les instruments, par les objets qui servent à la toilette, enfin par l’air ambiant ;
3° Ces causes de contagion ne peuvent être prévenues qu’autant que les Maternités ne se trouveront pas directement réunies à un hôpital général et que, dans les Maternités, les bâtiments des femmes en couches seront rigoureusement séparés des infirmeries;
4° Les femmes accouchées doivent être isolées au moins dans les six
(U Composée de MM. André, Brouardel, Budin, Exeuzal, Léon Colin, Lafollye, A.-J- Martin, Napias, Pinard, M. Rey, Tarnier, E. Trélat, Vallin, Vidal, Théyenot.
premiers jours qui suivent l’accouchement. Les femmes apportées du dehors et suspectes seront isolées dans des bâtiments spéciaux ;
5° Il y aura un personnel médical et un personnel d’infirmiers, d’une part pour le service d’accouchements et, d’autre part, pour le service des infirmeries ;
6° Le personnel médical devra s’abstenir de pratiquer des autopsies, de faire des dissections, de manier des pièces anatomiques, de faire des pansements chirurgicaux ;
7° Dans les Maternités on emploiera les différents moyens et méthodes de désinfection. Toutes les précautions antiseptiques devront être prises;
8° Les bâtiments destinés à recevoir les femmes en couches doivent être isolés, ne contenir qu’un petit nombre de chambres ayant chacune un lit, et être aérés sur toutes leurs faces :
9° Les mesures recommandées dans ces derniers temps pour assurer la salubrité des locaux hospitaliers seront, a fortiori , appliquées dans les Maternités ;
10° Une étuve à désinfection sera installée dans chaque Maternité.
Ces dispositions et ces précautions sont, on peut le dire, acceptées et appliquées dans toutes les Maternités dignes de ce nom. On les retrouve à la Maternité de Paris, dans les constructions neuves. Elles sont moins complètes (au point de vue de la construction) dans l’hôpital de la Clinique de la rue d’Assas (1). Elles se retrouveront dans la nouvelle Maternité que l’Assistance publique de Paris fait élever sur les terrains de l’hôpital Beaujon, en bordure de la rue de Courcelle. Nous donnons ci-dessous les plans de cet établissement qui sont en voie d’exécution.
Cette Maternité renferme 57 lits, savoir :
Femmes enceintes 12 lits.
Femmes accouchées 40
Isolement 5
Elle comprend : 1° Un bâtiment principal de 52 lits réservés aux accouchements, aux accouchées bien portantes, aux femmes enceintes qui doivent être surveillées; — 2° un pavillon d’isolement contenant 5 lits et réservé exclusivement aux femmes supectes ; — 3° un petit bâtiment contenant deux laboratoires.
Le bâtiment principal, dont le grand axe est orienté N.-E./S.-O., renferme au rez-de-chaussée (fig. 65) : 1° dans l’aile droite, un service de consultation pouvant être bien isolé du reste des services et où se trouvent une salle d’attente, une salle de consultation avec trois lits d’examen, lavabo, table, etc. ; à côté se trouve une petite salle de gynécologie avec
(1) On consultera avec intérêt sur cette clinique, qui est loin d’être un modèle à imiter, les articles du Dr J. Martin, dans la Gazette hebdomadaire (1882).
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lavabo, vidoir et lit d’examen : enfin, dans cette partie est ménagée aussi la chambre de garde de la sage-femme, des cabinets d'aisance avec bidet
et lavabo ; — 2° dans la partie centrale on trouve le cabinet du chef de service, le vestiaire des élèves avec lavabo, l’escalier et l’ascenseur desservant les étages supérieurs, un petit vestiaire et une salle de bain. C’est dans cette dernière pièce que les femmes admises dans le service quittent les vêtements quelles apportent pour prendre, après s’être baignées, les vêtements de l’établissement ; les vêtements apportés par les hospitalisées sont immédiatement portés à l’étuve ; — 3° l’aile gauche comprend le service d’accouchement proprement dit, isolé des autres services, avec une entrée spéciale, une salle de travail, des lavabos et vidoirs, une étuve à linge chaud et tout le mobilier nécessaire. En communication avec cette salle se trouve une salle d’opération pour les cas graves, une petite salle de bains, office, petite lingerie, cabinet d’aisance avec cuvettes siphonnées et réservoir de chasse fonctionnant par l’ouverture au moment de la sortie de l’occupante. Le linge est jeté, après avoir servi, dans une trémie constituée par un tuyeau de grès de fort diamètre, vernissé intérieurement et à joints hermétiques, pouvant être, par conséquent, lavé avec des liquides antiseptiques. 11 conduit le linge dans un caveau bien ventilé, où il est reçu dans une sorte de boîte de fer à claire-voie. En cas de besoin, cette boîte ou cage peut être remplacée par un bac de tôle contenant un liquide désinfectant, chaque projection de linge, à tous les étages, pouvant s’accompagner, par une disposition prévue, de la projection d’une certaine quantité de ce liquide.
Toutes les pièces du rez-de-chaussée ont leur sol en grès cérame, avec angles arrondis à la jonction des murs
Au 1er étage (fig. 66) et au 2e étage on trouve, dans chaque aile une salle de femmes accouchées ayant llm60 de long sur 8m50 de large, 4 mètres de haut, soit un cube de 394m40. Chaque salle renferme 8 lits, et 8 berceaux, et, par conséquent, le cube pour un lit et un berceau sera de 49m3.
Dans la partie centrale se trouve : 1° au 1er étage, une salle de change avec lavabo à eau chaude et eau froide, le cabinet de la surveillante, la chambre de l’interne, une salle de bains contenant une baignoire fixe et une baignoire mobile, les W. C. ; le vidoir, la trémie à linge sale et un lavabo; 2° au 2e étage : office, lingerie, salle de change, lavabos, trémie, etc.
Au 3e étage, qui ressemble aux deux premiers, on trouve une salle de 8 lits pour les accouchées, une de 12 lits pour les femmes enceintes.
Le 4e étage est réservé au personnel.
Le sol des salles des malades est en pitch-pin avec gorges arrondies à la jonction des murs. Les offices, lavabos, vidoirs, etc., ont leur sol en grès cérame.
Partout les murs, aux angles arrondis, sont peints à l’huile sur enduit au mastic. Les murs de la salle d’opérations, des vidoirs, W. C., lavabos, sont revêtus de faïence.
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Les étages sont alimentés en eau filtrée au filtre Chamberland, et, pour les lavages, stérilisée à l’aide d’un appareil Rouart et Herscher.
Fig. 66. — Nouvelle Maternité de Beaujon. — 1er et 2» étage.
Deux calorifères Michel-Perret assurent le chauffage ; de plus, il y a dans chaque salle une cheminée qui contribue à la fois au chauffage et
à la ventilation et qui aident, en même temps que les gaines d’évacuation ménagées dans les murs, à l’enlèvement de l’air vicié. — Aucun système de ventilation artificielle n'a été prévu, et l’aération est heureusement assurées par des impostes ouvrantes à toutes les croisées.
Les figures ci-dessus montrent la disposition très simple du petit pavillon d’isolement qui est relié à la salle de travail par une galerie vitrée ouverte seulement en cas de besoin pour le transport immédiat d’un cas infectieux, mais ayant une communication directe avec l’extérieur pour le service.
Enfin ces figures montrent aussi la place réservée au laboratoire.
S’il n’est pas toujours possible de créer une Maternité nouvelle dans un hôpital déjà existant, si les ressources ne sont pas toujours suffisantes pour le faire et si on ne rencontre pas assez souvent des hommes dont la charité éclairée vient en aide au bon vouloir des commissions administratives en leur fournissant, comme le Dr Nivet l’a fait à Clermont- Ferrand, le moyen de construire pour les accouchées des bâtiments neufs, il est parfois possible de tirer parti de constructions anciennes, avec de petites modifications de distribution, comme l’a fait si heureusement à Marseille le Dr Queirel, ou moyennant des constructions complémentaires greffées sur les constructions anciennes, comme il a été fait à l’hôpital de la charité de Paris sur les avis de M. le Dr Budin, avec le concours de M. Belouet, architecte de l’Assistance publique.
Dans cet hôpital, il arriva, en 1888, que le départ des sœurs, par suite de la laïcisation, rendit libre le bâtiment qu’elles occupaient au fond du jardin. M. Budin pensa alors qu’on en pouvait tirer parti pour installer une Maternité nouvelle, et qu’avec une dépense relativement minime on obtiendrait une amélioration du service, qui était jusqu’alors insuffisant. Le savant accoucheur ne trouvait pas là une solution de choix , mais de nécessité , et il comptait bien que la transformation serait plus aisément obtenue et plus rapidement qu’une reconstruction totale.
Disons en passant qu’une solution plus provisoire encore eût été à notre gré, parce que la Charité est un des hôpitaux du centre de Paris dont nous souhaiterions la démolition et le transfert en un point de la périphérie.
M. Budin a donné à la Société de Médecine publique une description de cette nouvelle installation (1) :
A côté du bâtiment de la communauté, dit le Dr Budin, sur la droite, se trouvait un jardin ; c’est dans ce jardin qu’a été construit le bâtiment nouveau.
Les dispositions générales ont été prises de façon à affecter exclusivement aux malades cette construction nouvelle, qui a pu être établie de façon à satisfaire aux exigences hygiéniques les plus rigoureuses.
(1) Dr Budin, La nouvelle Maternité de la Charité. — liidl. Soc. de Méd. publique (1891) et Revue dHygiène, novembre 1891 (G. Masson).
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Par contre, on a aménagé dans le bâtiment de l’ancienne communauté, au rez-de-chaussée les services de consultation et d’enseignement et les laboratoires. Ces salles sont sans communication aucune avec le service des malades.
On a consacré aux femmes en couches et enceintes le premier et le deuxième étage, dont les localités, grâce à quelques modifications, ont pu se prêter facilement à ces nouvelles destinations. Le troisième étage a été aménagé en logements pour les sages-femmes du service, pour la surveillante et les nourrices. Sous les combles se trouvent des chambrettes pour les infirmières, qui échappent ainsi aux promiscuités inévitables dans un dortoir.
Un ascenseur de grande surface dessert tous les étages, y compris l’étage souterrain.
Enfin, un chemin pavé et en pente régulière conduit aux chemins pavés de l’établissement, de telle sorte qu’une voiture peut amener à l’occasion une malade jusqu’à l’entrée même du service.
Tel est l’aperçu général de la Maternité , dont voici maintenant la description détaillée.
Étage souterrain. — On y accède par un escalier situé dans la cour. Dans cette cour est une trappe par laquelle se fait le service du combustible et du linge sale. L’escalier ne devant exclusivement servir qu’au personnel.
A cet étage, on trouve : 1° dans le bâtiment neuf, une grande cave où est le calorifère et où sera déposé le combustible. Une cave fermée pour l’ascenseur. Un caveau, dont les parois sont enduites de ciment, pour le dépôt du linge sale qui y sera descendu par l’ascenseur ; 2° dans le bâtiment vieux, des caves et caveaux sans destination spéciale. Toutes ces caves sont éclairées au gaz.
Rez-de-chaussée (fig. 67). — Dans la construction neuve est le service d’accouchements proprement dit : on y trouve, ouvrant directement sur le jardin, un vestibule d’entrée donnant accès à :
1° La salle d’accouchements, contenant 4 lits, d'une surface de 86m 352, éclairée par cinq croisées ayant chacune, 2,80 X 1,20. A cette salle et communiquant avec elle par une vaste baie sans porte, est annexée une petite salle renfermant un lavabo à 4 places à robinets d’eau chaude et froide et une pierre d’évier.
Le chauffage d’eau alimente aussi un robinet placé au-deàsous d’un poste d’eau servant au remplissage des baignoires des nouveaux-nés. Cet appareil est chauffé par le gaz. En outre, dans cette salle est la crèche pour nettoyer et habiller les enfants, puis deux barillets recevant l’eau d’un filtre Pasteur, un vidoir ovale en grèsx émaillé avec réservoir de chasse, et enfin une étuve chauffe-linge à gaz.
2° Le poste de la surveillante contenant les appareils téléphoniques, qui permettent la communication avec le bureau des entrées, avec le
réseau général de l’État. Personne ne peut pénétrer dans le service, sans passer devant ce poste d’observation.
3° Une salle de bain contenant une baignoire fixe et une baignoire mobile ; dès que les femmes se présentent pour accoucher, on leur fait prendre un bain. L’eau chaude est fournie par le fourneau d’office du deuxième étage.
4° Un cabinet d’aisances avec appareil sanitaire et réservoir de chasse. Ce réservoir est commandé par une chaînette, actionnée par la serrure de la porte d’entrée, de telle façon que la chasse d’eau se fait dans l’appareil, au moment où l’on ouvre la porte pour sortir et non autrement. La vidange des cabinets et toutes les eaux sales vont à l’égoût.
5° Une pièce donnant accès sur la cour et renfermant une boîte pour le linge sale. Dans cette pièce, et séparé par une cloison, est un emplacement réservé à l’examen des placentas ; il s’y trouve une table en marbre et un vidoir avec réservoir de chasse comme le précédent.
C’est dans cette pièce que le chef de service vient examiner, le matin, les placentas, les fœtus macérés, etc., recueillis pendant les vingt-quatre heures. Le vidoir et la table d’examen sont éloignés des murs de quelques centimètres ; près d’eux, les murs sont revêtus de carreaux de faïence.
6° L’ascenseur.
7° L’escalier conduisant aux étages supérieurs.
Le rez-de-chaussée du vieux bâtiment est la partie exclusivement réservée à l’enseignement. Il comprend :
Un couloir de communication avec porte exclusivement réservée au chef de service. Cette porte est laissée constamment fermée.
Une salle de garde, avec deux lits relevés dans une armoire pendant le
(Fig. 67. — Maternité de la Charité. — Rae de-chaussée.
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jour et sur lesquels peuvent reposer, la nuit, les étudiants de garde. Dans cette salle sont faits les cours théoriques.
Une salle d’attente pour l’examen des femmes qui se présentent dans la. journée et dans la nuit pour accoucher. Attenant à cette pièce, les cabinets d’aisances ; à proximité, se trouve un autre cabinet pour les élèves de garde. Ces cabinets sont du même système que les précédents : Un vestibule d’entrée ; un lavabo-vestiaire ; une salle pour un musée ; le cabinet du chef de service.
Enfin, tout à fait à gauche du rez-de-chaussée, sont des laboratoires d’histologie, de microbiologie, de chimie.
Ces trois parties consacrées à la salle d’accouchements, à l’enseignement,
aux laboratoires, sont, je le répète, totalement séparées les unes des autres. La première seule communique avec le service des malades.
Premier étage (fig. 68). — On y accède par l’escalier et l’ascenseur. Il est réservé tout entier aux femmes en couches. Les dispositions sont les mômes dans le bâtiment neuf, qu’à l’étage au rez-de-chaussée. La grande salle contient 7 lits, est de même surface et de même cube (soit 50 mètres cubes par malade).
Elle est éclairée par six fenêtres de mêmes dimensions que les précédentes.
A proximité, sont deux pièces, une pour l’interne de service, l’autre pour les moniteurs. Ouvrant suP le vestibule, est la pièce renfermant deux cabinets d’aisances, un vidoir et la boîte à linge sale.
Dans le vieux bâtiment, on trouve une salle de change pour les enfants, avec cheminée et poste d’eau chaude et froide. L’eau est chau-ffée par le fourneau de l'office placé au-dessus.
Quatre pièces communiquant entre elles, d’une surface totale de 139m, renferment 14 lits pour femmes en couches. Le cube d’air est 465 mètres cubes, soit 33 mètres cubes par lit. Ces pièces sont éclairées par 9 fenêtres de 2,70 x 1,30.
Deuxième étage (fig. 69). — Dans le bâtiment neuf, les dispositions sont identiques à celles du premier étage. C’est là que s( trouvent l’office et la lingerie. Le fourneau d’office, allumé nuit et jour, échauffe l’eau d’un réservoir contenant lm 500, qui fournit l’eau chaude aux bains et à la salle de change des enfants.
Dans le vieux bâtiment, deux chambres communiquant entre elles, d’une surface totale de 43m 60, renfermant six femmes en couches. Elles sont éclairées par quatre fenêtres de chaque 2,70 x 1,30.
Le reste de l’étage comprend, dans deux pièces, 10 lits pour les femmes enceintes. Cinq fenêtres éclairent ces pièces.
A proximité est une autre pièce avec poste d’eau, où les femmes enceintes trouvent de quoi faire leur toilette le matin. Dans la journée, elle leur sert de salle de réunion et de réfectoire.
Troisième étage (fig. 70). — Dans le bâtiment neuf, à l’emplacement occupé dans les étages inférieurs par les grandes salles, est le service d'isolement , comprenant trois chambres à 1 lit et une chambre à 2 lits, éclairées chacune par une fenêtre. En moyenne, chaque malade peut disposer de 35 mètres cubes d’air. Ces chambres sont desservies par un corridor de 2 mètres de largeur, éclairé et aéré par trois lanternes et sur lequel s’ouvrent l’office et la chambre de la nourrice.
Sur le vestibule, s’ouvre une petite salle d’opérations avec lavabo, étuve chauffe-linge, éclairage, etc. C’est dans cette salle que doivent être
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immédiatement conduites les femmes apportées infectées du dehors et non encore accouchées. L’ascenseur les y transporte directement. Enfin un vidoir et un cabinet d’aisances complètent ce service qui est absolument isolé, la porte de communication ne devant servir qu’au personnel spécial qui lui est affecté.
Dans le vieux bâtiment se trouvent les logements des sages-femmes, de la surveillante et des nourrices. Les water-closets sont dans le bâtiment neuf.
Quatrième étage. — Sous les combles, ont été aménagées des chambrettes pour les infirmières. Il y a aussi des water-closets pour cet étage.
Chauffage. — Le chauffage du bâtiment neuf est assuré par un calori-
fère à air chaud de système ordinaire et dont la surface de chauffe a été calculée à raison de 1,00 par 100 mètres cubes d’air chauffé.
Dans les grandes salles, où l’on a dû multiplier les fenêtres au détriment des trumeaux, les conduits de chaleur ont été rejetés sur le mur mitoyen.
Pour éviter les saillies de ces tuyaux, une cloison a été établie en avant de ce mur mitoyen et au nu des tuyaux. De cette façon, dans les étages inférieurs surtout, on obtient au passage des tuyaux une sorte de chauffage supplémentaire par les parois.
Chaque grande salle est chauffée par 3 bouches de chaleur et une cheminée qui joue le rôle de ventilateur et égaie l’aspeqt de la salle.
Au rez-de-chaussée, une des bouches peut chauffer l’annexe de la salle d’accouchement, ainsi- que la salle de garde et le grand escalier.
Les vestibules à chaque étage ont une bouche de chaleur.
Le corridor du service d’isolement est chauffé par 2 bouches de Encyclopédie d’hygiène. — V. 32
chaleur. Les chambres sont chauffées chacune par une cheminée qui assure à ces pièces une ventilation effective.
Toutes les localités de l’ancien bâtiment sont chauffées par des. poêles ou des cheminées; l’établissement d’un calorifère n’avant pas été jugé possible sans une augmentation sensible de la dépense, tous les planchers de ce bâtiment étant en bois.
Aération. — Le renouvellement de l’air doit se faire par les fenêtres et impostes. Cependant, dans le bâtiment neuf (grandes salles) on a profité des vides existant entre les tuyaux de chaleur pour y placer des conduits de ventilation, qui débouchent au nombre de deux par salle à la hauteur des plafonds.
Ces orifices sont munis de registres permettant de régler l’évacuation de l’air vicié.
Angles arrondis. — Tous les angles horizontaux et verticaux des murs aussi bien dans le bâtiment vieux que dans le bâtiment neuf, sont arrondis sur un rayon de 0m12.
Sols. — Dans le bâtiment neuf, tous les sols sont en parquet de pitchpin. Ce bois résineux, de fort bonne qualité, ayant paru préférable relativement aux lavage fréquents que ces parquets doivent subir.
Dans le vieux bâtiment, les parquets ont été raccordés suivant la nature des anciens.
Les pièces des cabinets d’aisances, salle de bains ont été carrelées en grés cérame sur ciment.
Dans l’annexe de la salle d’accouchements, le sol est en parquet de chêne sur bitume, parce que cet emplacement est dépourvu de caves.
Partout, les murs et planchers sont raccordés par des gorges arrondies de 0m12 de rayon.
Peinture. — Tous les murs enduits au plâtre sont peints à l’huile à deux couches sur un enduit préalable au mastic à l’huile.
Eau. — Le service d’accouchements est muni d’un filtre Pasteur donnant constamment de l’eau filtrée, soit au service, soit pour la boisson des malades.
Les cabinets d’aisances, bains, vidoirs et offices sont desservis par l’eau de Seine.
Sur la pierre d’évier de l’office est un robinet d’eau de source, ainsi que dans les cuisines du personnel. C’est cette dernière eau qui alimente exclusivement l’annexe de la salle de travail.
Le service est éclairé en entier par des appareils à gaz. Dans la salle d’accouchements, au-dessus de chaque lit, est un appareil à réflecteur assez éloigné du lit pour n’être pas incommodant.
Le lit de la salle d’opérations est éclairé par une lampe Wenham et deux appareils à réflecteurs.
Dans un avenir prochain, on espère que ce service sera éclairé par l’électricité.
Tel est le service d’accouchements de la Charité.
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Tout le nouveau bâtiment et la meilleure partie de l’ancienne communauté sont attribués aux femmes en couches et aux femmes enceintes. Les parties des vieux bâtiments qui sont les moins bien installées ont été consacrées au personnel et à l’enseignement.
Nous rappelons qu’au rez-de-chaussée, les trois parties consacrées à la salle d’accouchements, à l’enseignement des élèves et aux laboratoires sont absolument distinctes. Ces deux dernières n’ont, de plus, aucune communication avec les salles de femmes en couches; de cette façon, beaucoup de causes d’infection seront évitées.
On pourrait faire, évidemment, à cette installation, diverses critiques, et notamment signaler la mauvaise disposition des salles, qui empêche l’aération par les faces opposées. Mais ces dispositions insuffisantes sont compensées au point de vue de l'hygiène par la surveillance incessante d’un personnel très compétent et conscient de l’utilité des précautions qu’on exige de lui.
• En tous cas, le nombre de places nouvelles qu’on a pu procurer ainsi aux femmes en couches comme aussi par la construction de bâtiments nouveaux ainsi qu’on va faire à l’hôpital Beaujon, est de nature à entrer en considération sérieuse quand il s’agit de compléter les services d’accouchements de Paris où les femmes sont aujourd’hui mieux soignées «[ue chez les sages-femmes et où les enfants, s’ils viennent chétifs surtout, trouvent des soins qu’ils n’auraient pas ailleurs.
Indépendamment des accouchements faits dans les établissements spéciaux de l’Assistance publique (Maternité et Clinique) et de ceux faits au domicile des personnes indigentes ou nécessiteuses par les sagesfemmes des bureaux de bienfaisance, dont nous parlerons plus loin, les services d’accouchements entretenus par l’Administration comprennent :
Des services internes dans les hôpitaux ; des services externes chez des sages-femmes de la ville accréditées auprès des hôpitaux, dites sagesfemmes agréées.
Toute femme indigente qui désire accoucher soit à l’hôpital, soit chez une sage-femme agréée doit, un mois au moins avant l’époque de sa délivrance, en faire la déclaration verbale ou écrite à l’hôpital qu’elle a choisi. Il est statué sur sa demande, après enquête, dans un délai de huit jours; l’Administration décide en même temps si l'admission sera faite soit à l’hôpital, soit chez une sage-femme externe.
Les services internes d’accouchement dans les hôpitaux constituent ou des services spéciaux, dirigés par un accoucheur, ou des services dirigés par un chirurgien des hôpitaux (Maternité, Cochin et Lourcine), ou des services dépendant d’un médecin des hôpitaux.
A un certain nombre de ces services sont attachées des sages-femmes, indépendamment des internes et des externes.
Le sages-femmes des hôpitaux sont nommées par le Directeur de l’Administration; elles doivent être munies d’un diplôme de lre classe; elles sont choisies de préférence entre les anciennes lauréates de la Maternité, et autant que possible parmi celles qui ont suivi les cours pendant deux années ; elles reçoivent un traitement de :
800 francs pour la lre année d’exercice ;