‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publiqueChapitre 160 sur 177 · MÉTHODE · texte numérisé non relu

MÉTHODE

Institutions.

Élèves.

Maîtres.

Orale pure

Diverses.

Allemagne

Angleterre . .

Australie

Antriche-Hongrie

Belgique

Brésil

Canada

Cap

Danemarck

Espagne

Etats-Unis

France

Hollande

Indes anglaises

Italie

Japon

Luxembourg

Mexique

Norwège

Nouvelle-Zélande

Portugal

Roumanie

Russie

Suède

Suisse

Ajoutons que si la France ne possède pas encore autant d’établissements d’enseignement pour les sourds-muets qu’on le pourrait souhaiter, le Ministre de l’Intérieur, se rappelant le projet de décret que le Comité de secours de la Convention avait proposé et qui instituait six écoles

(I) Nous ne saurions garantir ce chiffre, qui doit être au-dessus de la vérité.

nationales a mis à l’étude un projet d’écoles régionales actuellement soumis aux délibérations du Conseil supérieur de l’Assistance Publique.

Institution nationale des sourds-muets de Paris. — Vers 1760 l’abbé de l’Épée recueillit quelques sourds-inuets dans une maison de l’ancienne rue des Moulins, n° 14, proche l’église Saint-Roch. Ce fut là le berceau de notre grande Institution nationale. La modeste maison de l’abbé de l’Épée était dotée par Louis XYI en 1778, érigée en établissement d’éducation par arrêt du Conseil du roi en 1785 et, en même temps transférée dans une partie des bâtiments de la maison des Célestins. Enfin le .15 ventôse an II l’école des sourds-muets était transférée de nouveau et venait occuper au séminaire Saint-Magloire, rue Saint- Jacques, l’emplacement qu’elle occupe aujourd’hui et les bâtiments dont une grande partie a été refaite en 1823.

Cette institution, qui ne reçoit que des garçons, n’a pas cessé d’être soutenue par l’Etat, qui y entretient 140 places gratuites divisibles par fractions de bourses. Pour être admis dans l’institution comme boursier il faut avoir 9 ans accomplis, et pas plus de 12 ; produire l’acte de naissance, un certificat de vaccine, un certificat d’indigence, celui de l’infirmité, toutes ces pièces dûment légalisées. L’enfant, à son entrée, est examiné par le médecin de l’établissement. — Le Ministre de l’Intérieur nomme aux places vacantes.

L’enseignement est donné suivant les nouveaux procédés de la méthode orale pure. Il existe des ateliers professionnels pour mettre les élèves à même de demander au travail manuel des moyens d’existence. — La durée des études est de huit ans.

Jusqu’au commencement de l’année 1888, il n’y avait que quelques élèves qui suivissent le cours de dessin et seulement pendant les quatre dernières années de leur présence à l’établissement. Aux termes d’une décision du 28 janvier dernier , le dessin sera dorénavant enseigné à tous les élèves, et pendant toute la durée de leurs études. Chacun, d’après ses aptitudes, suivra un cours soit de dessin linéaire, soit de dessin d’imitation, d’ornementation, etc.

Le prix de la pension est fixé à 1,400 fr. , à moins d’une réduction qui ne peut être accordée que par décision spéciale du Ministre. Un décret du 11 septembre 1859 a affecté exclusivement cette institution à l’enseignement des garçons sourds-muets.

A l’institution nationale des sourds-muets de Paris sont annexées une clinique otologique qui fonctionne depuis 1882, une clinique laryngologique fondée le 1er octobre 1887.

La moyenne des élèves présents à l’institution pendant ces dix dernières années a été de 240.

Le tableau suivant résume les dépenses de l’Institution nationale des sourds-muets de Paris pour l’année 1885.

ASSISTANCES DIVERSES

Dépenses ordinaires :

Personnel

Administratif et médical

Enseignant

Servant

Pensions et secours de retraite

Matériel

l Chauffage et éclairage.

[Blanchissage

Couchage, habillement.

Mobilier

Entretien des bâtiments Dépenses diverses

Alimentation

Pain

Vin

Viande

Comestibles.

Frais d’infirmerie et de pharmacie

Dépenses diverses

Dépenses extraordinaires

Total

A déduire : 1° la subvention de l'Etat .

— 2° les subventions des départements

Payé avec les ressources propres de l’établissement

Institution nationale des sourdes-muettes de Bordeaux. —

Cette institution a été fondée en 1786 par l’abbé Sicard qui voulait établir pour les enfants sourds-muets des provinces du Midi une école semblable à celle de Paris. Elle devint nationale par décret du 12 mai 1793. Un décret de 1859 a affecté l’Institution de Bordeaux exclusivement à l’enseignement des filles sourdes-muettes.

Le nombre des élèves de cet établissement national qui était de 22 en 1787, c’est-à-dire un an après la fondation, s’élevait à 100 en 1842 et il est aujourd'hui de 219.

Cet établissement est, comme tous les établissements nationaux de bienfaisance, administré par un directeur responsable assisté d’une commission consultative. Des sœurs de la Charité de Nevers sont chargées de l’enseignement sous la surveillance d’une supérieure institutrice. Il y a de plus un maître de dessin et une maîtresse pour la peinture sur porcelaine ou sur soie.

Le service médical est fait par un médecin et un médecin adjoint. Il y a aussi un médecin consultant, un oculiste et un dentiste.

L’établissement est pourvu d’une vaste salle de bains pour les élèves avec installation hydrothérapique complète.

La durée réglementaire des études est de 7 ans. Toutefois les élèves boursières qui se font remarquer par leur travail et leur bonne conduite peuvent obtenir une année de prolongation de séjour dans l’établissement. Il va de soi que la durée des études n’est pas limitée pour les pensionnaires non boursières, toutefois si elles peuvent être admises plus jeunes que les boursières, c’est-à-dire avant 9 ans, elles ne peuvent sous aucun prétexte y demeurer après 21 ans.

L’instruction, basée sur la méthode intuitive, est donnée par la parole. C’est depuis le mois d’octobre 1879 que la méthode dite orale pure est appliquée à l’Institution , en vue de rendre plus complètement les sourdes-muettes à la société et de leur donner une plus parfaite connaissance de la langue. L’enseignement est intellectuel et professionnel.

L’enseignement intellectuel comprend : la lecture, l’écriture, les leçons de choses, 1a. langue française et les éléments de style, l’histoire de France et l’histoire sainte, la géographie générale, l’arithmétique et des notions élémentaires des sciences naturelles.

L’enseignement professionnel, obligatoire pour toutes les élèves, comprend les travaux à l’aiguille, le repassage, le dessin, l’aquarelle, la peinture sur porcelaine et sur soie.

Toutes les élèves travaillent à l’ouvroir qui est divisé en quatre ateliers : tricot, ravaudage, lingerie, coupe et taille de robes ; un certain nombre d’élèves seulement, d’après leurs aptitudes, sont admises à l’atelier de repassage et aux cours de dessin et de peinture.

Pour être admises à l’Institution, les jeunes filles sourdes-muettes doivent être âgées do neuf ans au moins et de douze ans au plus. La limite inférieure de l’âge d’admission peut être abaissée en faveur des enfants payant pension entière, par une décision spéciale du Ministre de l’Intérieur. Les jeunes filles sourdes-muettes peuvent être reçues dans l’Institution après avoir accompli leur douzième année, à la condition de justifier de connaissances suffisantes pour suivre avec fruit les cours correspondant à leur âge.

Toute demande d’admission doit être accompagnée des pièces suivantes : Un extrait de l’acte de naissance ; un certificat d’un médecin désigné par l’administration préfectorale. Ce certificat, dûment légalisé, indiquera les causes connues ou probables de la surdité, le degré de cette infirmité et fera connaître si l’enfant a été vaccinée ou si elle a eu la petite-vérole. Le même certificat doit attester que l’enfant n’est atteinte ni de scrofules au deuxième degré ni d’aucune maladie contagieuse ou incurable, et qu’elle jouit de la plénitude de ses facultés mentales.

Parmi les élèves sorties de l’Institution depuis 30 ans et qu’on a pu suivre dans la vie, il s’en trouve 37 qui sont mariées, 59 qui exercent assez lucrativement les professions de couturière, lingère ou brodeuse ; 3 modistes, 7 fleuristes, 4 artistes peintres ou professeurs de dessin, 2 professeurs de sourds-muets : 3 religieuses ; 17 typographes, 129 vivent dans leurs familles, s’occupant de couture ou des soins du ménage.

ASSISTANCES DIVERSES

Le tableau suivant indique les dépenses de l’Institution pendant l’année 1885 :

Dépenses ordinaires :

1 Administratif et médical

Enseignant

Servant

Pensions et secours de retraite.

Matériel

Chauffage et éclairage..

Blanchissage

Couchage, habillement.

Mobilier

Entretien des bâtiments Dépenses diverses

IPain

Vin

Viande....

Comestibles

Frais d’infirmerie et de pharmacie

Dépenses diverses

Dépenses extraordinaires

Totai.

A déduire : 1° la subvention de l’Etat

— 2° les subventions des départements . .

Payé avec les ressources propres de l’établissement

Institution nationale des sourds - muets de Chambéry . —

L’institution nationale des sourds-muets de Chambéry a été fondé en 1841 comme école libre, par une Française. En 1846 cette école devint un établissement public et le roi Charles-Albert reconnut cet établissement de bienfaisance, le plaça sous sa protection immédiate et lui conféra le titre d’institution Royale. Lors de l’annexion du duché de Savoie à la France, un décret du 21 octobre 1861 classa l’institution de Chambéry au nombre des établissements généraux de bienfaisance.

L’institution nationale des sourds-muets de Chambéry est un établissement consacré a l’éducation intellectuelle et professionnelle des enfants sourds-muets des deux sexes. Le quartier des filles est installé au pensionnat du Sacré-Cœur, à Chambéry même. Comme pour les autres établissements nationaux la direction, est confiée à un directeur nommé par le Ministre de l’Intérieur, sous l’autorité duquel il administre avec l’assistance d’une commission consultative. Les professeurs sont nommés par le Ministre. La durée des études est de six ans elle ne peut être prolongée que par décision ministérielle. Comme dans les autres institutions nationales de sourds-muets la méthode orale pure est seule en usage.

L’enseignement intellectuel comprend : la lecture , l’écriture, les éléments de la langue française, l’histoire de France, la géographie, le calcul, le dessin et quelques notions d’histoire naturelle.

L’enseignement professionnel est à la fois agricole et industriel : avec la culture on enseigne aux enfants le métier de cordonnier, ou de tailleur, ou de menuisier. Pour les filles cet enseignement professionnel se borne à la couture, au repassage et à tous les travaux du ménage.

La propriété de Corinthe, située dans une plaine fertile et salubre, comprend, outre le château et les bâtiments d’exploitation rurale, douze hectares en jardins, terres labourables, vignes, prés, etc. Cette installation dans les champs favorise à la fois l’enseignement de la profession agricole et le développement physique des élèves.

Une nourriture saine et abondante, des récréations, des promenades et des bains concourent, avec le travail manuel en plein air, à entretenir la santé des élèves. Un médecin et un chirurgien-dentiste, ainsi qu’un professeur de gymnastique, nommés par le Ministre, sont attachés à l’établissement.

Les conditions d’admission sont les mêmes ici que dans les autres établissements similaires. Le prix de la pension est de 600 fr. et peut même être réduit à 500 fr. sur la proposition du directeur. La limite d’âge d’admission est de 9 à 12 ans. Cette limite n’existe pas pour les pensionnaires payants, toutefois ils ne peuvent, sous aucun prétexte rester à l’institution après l’âge de 21 ans.

Des bourses sont entretenues dans l’établissement sur les fonds de l’Etat ainsi que sur ceux des départements , des communes et des établissements de bienfaisance. D'autre part les Conseils généraux et municipaux et les administrations hospitalirères ou de bienfaisance peuvent fonder des bourses ou des fractions de bourse, au taux de 500 francs pour la bourse entière.

Les Conseils généraux qui ont fondé des bourses dans l’Institution nationale y obtiennent, pour les sourds-muets de leur département, un nombre égal de places gratuites sur les fonds de l’Etat.

L’institution nationale des sourds-muets de Chambéry donne l’instruction à 95 sourds-muets savoir : 63 garçons et 30 filles.

Le tableau suivant indique les dépenses de cet établissement pendant une année (1885).

Dépenses ordinaires :

Administration des biens et revenus de l’établissement

1 Administratif et médical

Enseignant

Servant

Pensions et secours de retraite

A reporter

ASSISTANCES DIVERSES

Matériel . .

Report

Chauffage et éclairage .

Blanchissage

Couchage, habillement

Mobilier

Entretien des bâtiments Dépenses diverses

Alimentation }

Pain

Vin

Viande

Comestibles .

Frais d’infirmerie et de pharmacie

Dépenses diverses

Dépenses extraordinaires

Total

A déduire : 1° la subvention de l’État

— 2° les subventions des départements .

Payé avec les ressources propres à la charge de l’établissement

Dépenses. — indépendamment de ce qui est annuellement dépensé par nos établissements nationaux de bienfaisance pour l’éducation des sourds-muets, les départements votent d’importants crédits qui se sont élevés, pour l’année 1885 (1) à 780,593 fr. 52.

Yoici un tableau de ces dépenses par département (Voir p. 736).

Dans le total se trouvent compris une somme de 16,294 fr. 02 représentant le contingent voté par quelques communes et une autre somme de 3,525 fr. 72 provenant de dons et legs.

(1) L’année 1885 est celle que nous avons constamment citée dans ce livre comme une année moyenne et dont nous avons presque toujours pris les chiffres.

DÉPARTEMENTS

DÉPENSES

Ain

Aisne

Allier

Alpes (Basses-)

Alpes (Hautes-)

Alpes-Maritimes

Ardèche

Ardennes

Ariège

Aube

Aude . .

Aveyron

llouches-du-Rhône

Calvados

Cantal

Charente

Charente-Inférieure

Cher

Corrèze

Corse

Côte-d’Or

Côtes-du-Nord

Creuse

Dordogne

Doubs

Drôme

Eure

Eure-et-Loir

Finistère

Gard

Garonne (Haute-)

Gers

Gironde

Hérault

Ille-et-Vilaine

Indre

Indre-et-Loire

Isère

Jura

Landes

Loir-et-Cher

Loire

Loire (Haute-)

Loira-lnférieure

Loiret

A reporter

DÉPARTEMENTS

DÉPENSES

Report. . .

Lot

Lot-et-Garonne

Lozère

Maine-et-Loire

Manche

Marne

Marne (Haute-)

Mayenne. . .

Meurthe-et-Moselle

Meuse

Morbihan

Nièvre

Nord

Oise

Orne

Pas-de-Calais

Puy-de-Dôme

Pyrénées (Basses-)

Pyrénées (Hautes-)

Pyrénées Orientales

Rhin (Haut-), Belfort

Rhône

Saône (Haute-)

Saône-et-Loire

Sarthe

Savoie

Savoie (Haute-)

Seine

Seine- Inférieure

Seine-et-Marne

Seine-el-Oise

Sèvres (l)eux-)

Somme

15 OOO »

Tarn

Tarn-et-Garonne

Var

Vaucluse

Vendée

Vienne

Vienne (Haute-)

Vosges

Yonne

Total général

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