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§ II. — Période actuelle-
La désinfection peut être efficace à l’aide de divers moyens ou la mise en œuvre de différents agents, les uns physiques les autres chimiques.
Dans la première catégorie, les forces physiques sont subordonnées à l’emploi d’appareils.
Dans la seconde, les appareils ne jouent qu’un rôle secondaire, les désinfectants employés ont au contraire l’action principale.
I. Agents physiques. — Parmi les agents physiques dont on peut disposer, il faut citer l’incinération, l’ébullition, le courant de vapeur d’eau à 100° pendant 15 minutes au moins, la vapeur d’eau sous pression entre 112° et 115° pendant 15 minutes.
L' incinération ne s’applique évidemment qu’aux objets de peu de valeur, sauf des cas graves où il faut faire des sacrifices en présence d’affections contagieuses redoutables et à d’autres moyens d’action. Au Tonkin, dit Richard, le directeur du service de santé, M. Dujardin-Beaumetz a éteint ainsi fréquemment des foyers de choléra à leur naissance en livrant aux flammes toute la literie et les effets d’habillement des malades. Mais ce ne sont là que des cas exceptionnels qui ne sauraient faire ériger l’incinération en méthode courante de désinfection. Pour la paille, les vieux linges, les hardes sans valeur, les chiffons, il n’en est pas de même et l’incinération est dans ce cas un procédé usuel. L’incinération se pratique dans les foyers même de l’habitation, cheminées ou poêles ; on peut aussi faire des feux intérieurs comme à la campagne.
Le flambage est un procédé de désinfection applicable à certaines surfaces; c’est une incinération superficielle, dont l’efficacité peut être douteuse suivant les procédés employés. Le simple flambage, par exemple, au-dessus d’un feu de copeaux, ou de brindilles de bois, ou de paille, en mobilisant les objets pour éviter leur incinération peut être très irrégulier comme effet utile. Le flambage à l’aide du gaz et d’un long tuyau de caoutchouc est plus certain ; mais il ne peut guère s’employer que dans des circonstances particulières, le long des parois des appartements, par exemple.
On pourrait aussi se servir de la lampe des plombiers, qui donne une flamme jaillissante, facile à diriger, et qui est d’un usage répandu.
L 'ébullition dans l’eau seule est un bon procédé de désinfection , puisqu’il détruit, en cinq à dix minutes, tous les germes pathogènes connus, sauf les spores charbonneuses. C’est sur cette propriété qu’est basée la stérilisation de l’eau potable, absolument recommandée en temps
d’épidémie pour les eaux suspectes. L’ébullition ne convient qu’à certains objets, linges ou vêtements souillés. La durée de l’opération varie suivant la nature et le volume des objets à désinfecter ; pour les vêtements, par exemple, il faut faire durer l’immersion dans l’eau bouillante pendant une demi-heure. Le docteur Richard a constaté, par des expériences, que cette immersion ne nuisait en rien ni à la solidité des draps ni à leur coloration , pourvu qu’ils fussent bon teint. « Nous avons pu , dit M. Richard (1), nous assurer que les draps essayés (dont la qualité est excellente) étaient, après une ébullition poussée jusqu’à quatre-vingts et cent dix minutes, restés aussi souples qu’auparavant, qu’ils n’avaient nullement perdu de leur élasticité, et qu’ils n’avaient subi aucun retrait : ce dernier point n’a rien qui doive étonner, attendu que le drap de troupe est décati avec soin avant d’être livré à la confection ».
Il faut cependant faire une réserve pour tous les objets de teinture douteuse, insuffisamment décatis et susceptibles, comme la flanelle, de se rétrécir par l’immersion dans l’eau chaude. La désinfection par l’ébullition ne saurait leur convenir.
On n’emploie guère l’eau seule , et on l’additionne de substances diverses : les unes, comme la soude ou la potasse, n’ont pour but que de dissoudre les corps gras dont peuvent être imprégnés les tissus, les autres ajoutent à l’ébullition leurs propriétés chimiques et antiseptiques ; nous y reviendrons plus tard.
Vapeur sous pression. — Nous avons à examiner maintenant les agents physiques dont l’action est méthodiquement réglée à l’aide d’appareils spéciaux.
Les étuves appartiennent à cette catégorie ; nous décrirons celle de MM. Geneste et Herscher (fig. 102), employée par l’Administration sanitaire française, à la demande du Comité consultatif d’hygiène publique de France.
L’étuve proprement dite est essentiellement formée d’un corps cylindrique, avec porte en avant pour l’introduction des objets à désinfecter et porte de sortie en arrière ; de deux rails intérieurs formant voie ferrée pour un chariot; d’une enveloppe isolante extérieure; de batteries de chauffe spéciales additionnelles placées intérieurement en haut et en bas de la chambre d’épuration ; d’une tuyauterie spéciale à l’étuve avec robinetterie ; de manomètres, boîtes de séparation d’eau condensée et de vapeur, et de soupapes de sûreté.
Deux voies ferrées extérieures pour l’avant et l’arrière et un chariot forment le complément normal de cette étuve.
L’installation comporte en outre une chaudière à vapeur avec ses accessoires, et enfin la tuyauterie de raccordement entre ladite chaudière et l’étuve elle-même.
(I) Précis d’hygiène appliquée.
DE LA DÉSINFECTION
L’étuve se compose d’un cylindre de lm30 de diamètre, en tôle de fer. Aux deux extrémités de ce cylindre sont fixées deux fortes cornières en fonte, munies d’oreillons disposés pour recevoir les axes de boulons
articulés, et de deux saillies traversées par les axes de$ charnières des portes. De plus, les faces extérieures de ces cornières portent une rainure circulaire dans laquelle s’encastre un anneau en caoutchouc et toile formant joint hermétique.
Pour combattre les condensations, ce cylindre est recouvert sur toute
sa surface extérieure d’une enveloppe isolante en bois, cerclée en laiton.
Le cylindre formant le corps de l’étuve est fermé par deux portes en tôle, embouties en forme de calotte sphérique.
Le bord de ces portes est armé, du côté extérieur, d’un cercle en fer plat de 18 millimètres d’épaisseur et 80 millimètres de largeur, rivé sur la tôle, et, du côté intérieur, d’un cercle en fer demi-rond, également rivé sur la tôle, et formant une sailliè ayant le même diamètre moyen que la rainure réservée dans la cornière en fonte. Sur ces portes sont encore fixées deux fortes charnières en fer forgé. De plus, on a réservé sur ce bord dix échancrures pour le passage des boulons à bascule. Pour faciliter l’ouverture des portes, un galet en fonte, dont l’axe traverse une chape rivée au bas de la porte, roule sur un rail courbe formé d’une barre de fer plat fixé sur le sol par des pattes en fer scellées dans une petite maçonnerie.
A l’intérieur de l’étuve, deux rails en fer plat, ayant la même longueur que l’étuve, guident et supportent le chariot. Deux voies extérieures complètent la voie et se raccordent avec les rails intérieurs.
A l’intérieur du corps cylindrique, deux batteries chauffantes complémentaires, dont l’une est placée en haut et l’autre en bas, sont constituées par des tubes en fer rivés et mandrinés dans des boîtes de distribution.
Ces batteries de chauffe sont fixées dans le eôrps cylindrique par des supports en fer, boulonnés sur la tôle. Une boite de distribution du haut communique avec le tuyau de vapeur venant de la chaudière ; la deuxième boîte du haut communique avec la boîte du bas, placée directement audessous, par des tuyaux. Enfin la dernière boîte placée en bas communique avec le tuyau de purge.
La batterie du haut est en quelque sorte accolée au plafond de la chambre à désinfecter; elle est doublée d’un écran placé au-dessus des objets à épurer; la seconde batterie garnit le vide laissé en contre-bas du chariot. Cette dernière est disposée de manière à provoquer le séchage rapide des objets après l’épuration ; la batterie haute a surtout pour but d’empêcher les condensations à l’intérieur de l’étuve, et par suite d’éviter les taches et le mouillage.
Ces surfaces chauffantes complémentaires sont desservies par une arrivée de vapeur distincte et indépendante qu’il est bon de porter et de maintenir à la température de 135 à 140° c. Il convient de ne pas dépasser cette limite; cependant, pour simplifier l’opération, lesdites batteries sont construites de manière à supporter accidentellement les plus hautes pressions des chaudières qui les alimentent.
Un tuyau en cuivre rouge, percé de trous, est fixé à l’intérieur du cylindre, un peu au-dessus de l’axe ; ce tuyau communique avec les appareils de distribution de vapeur placés à l’extérieur.
Un écran est placé devant ce tuyau sur toute sa longueur.
DE LA DÉSINFECTION
La chaudière verticale à tubes de circulation est composée comme suit : une grille en fonte, une porte de foyer, un cendrier, une cheminée en tôle avec registre, un obturateur, portes autoclaves pour la visite et le nettoyage ; deux soupapes de sûreté, un manomètre indicateur de pression, un niveau d’eau à tube de verre, deux robinets de jauge.
Sur le haut de la chaudière est placé un robinet de prise de vapeur servant à l’alimentation; ce robinet est assemblé avec un tuyau reliant la chaudière à l’injecteur. L’injecteur, placé près de la chaudière, aspire l’eau dans une bâche en tôle. Enfin, un dernier tuyau conduit l’eau de l’injecteur au bas de la chaudière; ce tuyau s’assemble avec le clapet de retenue fixé sur le robinet d’entrée d’eau.
Un autre robinet est également placé au-dessus de la chaudière ; un tuyau en cuivre partant de ce robinet amène la vapeur près de l'étuve, où il se divise en deux branches. La première branche se raccorde avec la boite de distribution des batteries de chauffe placée à l’intérieur et dans le haut de l’étuve. Cette conduite porte un robinet de réglage, une soupape de sûreté et un manomètre.
La deuxième branche porte un robinet, une bouteille de séparation d’eau condensée et de vapeur, une soupape de sûreté, un manomètre, et elle se raccorde enfin avec le tuyau d’arrivée de vapeur directe dans l’étuve.
Sur le tuyau de vapeur directe et un peu avant sa pénétration dans l’étuve, se trouve branché un tuyau de plus gros diamètre portant un robinet-valve. Ce tuyau sert à faire échapper la vapeur pendant les différentes phases des opérations.
Un robinet purgeur d’air est placé extérieurement près des appareils de distribution de vapeur; il communique avec l’intérieur par un tuyau qui descend jusqu’à la partie la plus basse de l’étuve.
Pour purger l’eau condensée des surfaces de chauffe servant au séchage, la quatrième boite de distribution des surfaces de chauffe placées à l’intérieur de l’étuve se termine par un tuyau à l’extrémité duquel est fixé un robinet réglable à la main.
Afin de purger l’eau condensée provenant de la vapeur directe, deux tuyaux de purge, se réunissant en un seul terminé aussi par un robinet, partent, sous l’étuve, des deux extrémités basses du corps cylindrique.
Enfin, pour purger l’eau condensée avant son entrée dans l’étuve, un dernier tuyau terminé aussi par un robinet sert à purger la bouteille de séparation.
Tous ces robinets sont réunis pour déverser l’eau dans un récipient quelconque.
Le chariot, formé de fer U et de cornières cintrées suivant les formes intérieures de l’étuve, est porté par quatre roues en fonte, maintenues dans des chapes en fer forgé fixées sur des plaques en tôle. Les parties susceptibles de toucher les objets à désinfecter sont garnies de fourreaux Encyclopédie d’hygiène. — V. 49
de zinc, galvanisé lui-même ; un écran en cuivre étamé recouvre le chariot.
Des claies en fer cornière également garnies de bois et de toile peuvent s’enlever facilement suivant les besoins. Enfin, toute la partie inférieure du chariot est enveloppée d’un grillage en cuivre étamé.
Ce chariot, d’une construction légère et solide, est agencé de façon que les matelas puissent être placés verticalement, ce qui est une condition très recommandée ; de plus, de simples claies, jetées à volonté sur les traverses-guides, forment des compartiments étagés, tout à fait convenables pour recevoir les linges et vêtements.
La disposition spéciale permettant, après la désinfection, l’évacuation à l’extérieur des buées provenant des objets épurés, consiste à mettre sur la partie supérieure du cylindre une valve de grand diamètre, manœuvrée par une vis. La valve est mise en communication avec l’atmosphère extérieur par un tuyau dans lequel un souffleur lance un jet de vapeur qui aspire rapidement la buée contenue dans l’appareil. Une seconde valve placée à la partie inférieure du cylindre permet à l’air frais d’entrer dans l’appareil qui circule alors entre les objets et est bientôt évacué par le haut, en entraînant l’humidité.
Toutes les parties métalliques intérieures et extérieures de l’étuve sont recouvertes de deux couches d’un enduit spécial.
Le fontionnemement de l’appareil, très bien résumé par Richard, est le suivant : on chauffe d’abord les batteries à 133° pour chauffer l'intérieur de l’étuve, et on les maintient à cette température pendant tout le reste de l’opération ; autrement dit le manomètre qui est relié à elle doit marquer en permanence deux kilogrammes et demi. Une fois l’intérieur de l’étuve chauffé, on introduit le chariot chargé et l’on ferme. On dégage de la vapeur dans l’intérieur de l’étuve et on ouvre le robinet du tuyau de dégagement : l’air, étant plus froid et plus dense que la vapeur, se réunit à la partie inférieure d’où il est évacué par le tuyau de dégagement ; le jet sort d’abord incolore et avec force : lorsqu’il forme brouillard, on est averti que l’air est évacué en grande partie: à ce moment, on referme le robinet, et l’admission de la vapeur continue jusqu’à une pression correspondant à 106° ou 108°. A ce moment, on rouvre tout d’un coup le tuyau de dégagement pour opérer une décompression brusque , destinée à faire éclater les vésicules d’air qui sont restées emprisonnées dans les mailles des tissus ; la vapeur prend leur place et est dès lors en contact continu avec les moindres filaments. Gela fait, on ramène la pression à une hauteur équivalente à 115° et on la maintient à ce niveau durant dix minutes. Puis on laisse échapper et on entrebâille les portes de sortie pour laisser pénétrer l’air intérieur qui lèche et sèche les objets. Après ce séchage, les objets sortent de l’étuve moites, fumants, mais non mouillés et n’ayant subi qu’une augmentation de poids insignifiante, par exemple 500 grammes pour un matelas.
DE LA DÉSINFECTION
Les recommandations essentielles qu’il convient de rappeler à ceux qui manient ces appareils, c’est d’abord de bien évacuer la totalité de l’air de l’étuve et d’attendre que le jet sorte bien franchement nébuleux; puis de faire au moins une décompression, quelquefois même deux ou trois ; la perte de vapeur est largement compensée par la rapidité et la sécurité de l’opération.
On a également établi, sur le même principe, une étuve locomobile dont l’expérimentation a été faite au cours de plusieurs épidémies, soit de suette, de fièvre typhoïde, de choléra, et dans des endroits dépourvus
Fig. 103 — Etuve locomobile à désinfection pat' la vapeur sous pression.
L’étuve locomobile (fig. 103) est composée d’un corps cylindrique de lm10 de diamètre intérieur et de lm50 de largeur, fermé à l’avant par un fond et à l’arrière par une porte à fermeture hermétique.
Ce corps cylindrique, qui constitue la chambre à épuration, est monté sur roues et muni de brancards, de façon à pouvoir être traîné facilement par un cheval ou par un mulet.
Le corps cylindrique est en tôle rivée, recouvert extérieurement d’une enveloppe isolante en bois.
L’appareil comprend, en outre, un siège avec marchepied, un frein et des chambrières à l’avant et à l’arrière, pour le maintenir horizontal quand il n’est pas attelé.
La chaudière locomobile qui alimente cette étuve est une chaudière verticale, montée sur un train à quatre roues: elle est munie d’un tube en caoutchouc se raccordant avec l’étuve.
A l’arrière du train se trouve un réservoir cylindrique à eau destiné à
alimenter la chaudière au moyen d’une injection : au-dessous de ces réservoirs est une caisse à combustible.
A l’avant du train est un siège dont le coffre sert de caisse à outils et à objets divers.
Cette voiture est également munie d’un siège avec marchepied et d’un frein.
Outre un petit modèle d’étuve fixe, pour les établissements hospitaliers de faible importance, étuve mesurant lm 10 de diamètre et 2m10 de longueur et cubant 2 mètres, les mêmes appareils peuvent être établis sous forme d’un type spécial de même cubage, avec des dispositions qui en permettent l’aménagement facile et réduisent au minimum l’encombrement à bord.
L’appareil est maintenu sur un socle en tôle. De forts anneaux en fer forgé sont rivés à la partie supérieure du corps cylindrique et facilitent le chargement de l’étuve.
A l’intérieur du corps cylindrique se trouvent des batteries chauffantes additionnelles pour sécher les objets et empêcher les condensations.
Un chariot, destiné à recevoir les objets à épurer, est soutenu à l’intérieur de l’étuve par deux rails en fer; à l’extérieur, il roule sur une voie ferrée dont les rails articulés se rabattent, après que l’on a ouvert la porte, sur les extrémités des rails de l’étuve.
Le corps cylindrique en tôle est doublé d’une enveloppe isolante en bois; il présente à l’extrémité une feuillure au fond de laquelle est une garniture en caoutchouc et toile, et, dans cette feuillure, vient pénétrer sur le bord redressé de la porte en tôle emboutie. La porte est serrée contre le corps cylindrique, et ses bords compriment la garniture en caoutchouc, au moyen de fourchettes en fer forgé rivées sur la porte, et de boulons à charnières fixés au corps cylindrique.
La porte est fixée par une charnière; elle est en outre maintenue par un galet qui roule sur un rail courbe'.
Les batteries de chauffe se composent d’une série de tubes reliés entre eux par des boîtes en fonte, munies au droit de chaque tube d’un regard à tampon autoclave.
Ces deux batteries communiquent entre elles ; la batterie inférieure est destinée à sécher les objets ; la batterie supérieure à empêcher les condensations. Un écran, placé sous cette dernière, protège les objets placés dans le chariot contre la chute des gouttelettes d’eau condensée.
Le chariot est en fer; il est entouré de bois pour éviter le contact des objets à désinfecter avec les parties métalliques; le fond du chariot est garni d’un grillage en cuivre étarrié.
Ce chariot roule sur des galets. La voie ferrée extérieure peut se démonter et se placer dans l’intérieur de l’étuve, lorsque celle-ci n’est pas en service.
DE LA DÉSINFECTION
La vapeur arrive dans une boite de séparation de vapeur en fonte et se répartit dans deux tuyauteries aboutissant, l’une au corps cylindrique, l’autre aux batteries de chauffe. Des robinets permettent de régler les pressions qui doivent être de 1/2 kilogramme dans l’étuve et de 2 à 3 kilogrammes dans les batteries de chauffe. Les eaux de condensation sont recueillies aux points bas et sont rejetées au dehors par des tuyauteries en cuivre ; des robinets permettent de ne laisser échapper que l’eau condensée sans perte de vapeur.
Une seconde boite en fonte est fixée sur le corps cylindrique et porte un manomètre, un robinet pour l’évacuation de l’air de l’appareil, un tuyau pour conduire au dehors la vapeur d’échappement et une soupape de sûreté, qui sert, en outre, à l’échappement de la vapeur à la fin de l’opération.
À bord des navires, l’étuve à désinfection se place généralement sur le pont, sur la passerelle, à proximité d’une conduite de vapeur venant des chaudières de service.
Chaland à désinfection. — Parmi les étuves locomobiles, il faut comprendre le chaland à désinfection destiné à l’épuration des navires, et qui se réduit à une étuve locomobile fixée sur un chaland. Les appareils sont placés sur le pont du chaland et surmontés d’un roaf protecteur muni de six fenêtres et de deux portes à coulisse pour l’accès et la sortie des objets à désinfecter, une cloison divise le roof en deux compartiments destinés l’un aux objets infectés, l’autre aux objets épurés. Ces chalands ne peuvent fonctionner que bord à bord des navires à désinfecter et dans un port, il faut même ajouter par une mer calme.
On peut y suppléer par l’emploi d’une locomobile ordinaire directement placée sur le pont du navire, ce qui n’est pas impraticable avec les moyens mécaniques dont disposent la plupart de nos grands ports de commerce pour le déchargement des navires.
Courant de vapeur. — Les étuves basées sur l’action désinfectante du courant de la vapeur sont surtout employées à l’étranger, en Russie, en Danemarck, en Autriche, en Allemagne. Elles sont faites sur les principes mêmes des appareils de stérilisation usités en bactériologie et du poêle de Koch.
Leur principe scientifique est dû à l’observation d’un fait physique fort intéressant et qui mérite d’être rappelé. En plaçant des thermomètres à maxima dans l’intérieur d’objets placés dans un courant de vapeur, on constate que la température s’élève à 104°, 105° et même 106°. Cependant on sait, d’autre part, qu’à une pression normale de 760m, la température de la vapeur ne dépasse jamais 100°, puisque cette vapeur s’échappe librement dans l’atmosphère, et qu’il y a égalité de pression. On voit donc qu’il y a un écart de température très sensible, variable de 100° à 106°, et au profit des objets placés dans le courant de vapeur. Budde (1)
(1) Zeitschrift fier Hygiène, lomeVll.
en donne une explication plausible : l’excès de la température proviendrait de la condensation d’une certaine quantité de vapeur d’eau dans le sein des objets. L’eau, pour passer à l’état de vapeur, absorbe 537 calories, qu’abandonne à son tour la vapeur au moment où elle repasse à l’état liquide. Ce serait donc à la chaleur latente de la vapeur que serait due cette augmentation au sein des objets placés dans un courant et bénéficiant de cette condensation.
Si l’explication peut être contestable, le fait ne l’est pas et la bactériologie, qui utilise les appareils de ce genre, en a fait maintes fois la preuve. Esmarch a tué, en 7 minutes, des spores de bactéridies charbonneuses dans un appareil à courant de vapeur, mais cette destruction n’est possible qu’avec un courant rapide.
Parmi les appareils basés sur ce principe, nous citerons d’abord l’étuve à désinfection de Budenberg, décrite par le docteur Pfuhl, de l’Institut Frédéric-Guillaume (1), et qui peut tenir le milieu entre les appareils fonctionnant à vapeur sous pression et à courant de vapeur, puisqu’il peut convenir aux deux procédés.
Elle se compose d’une chambre à désinfection et d’un générateur de vapeur.
La première est un récipient allongé, horizontal, de section ovalaire, long de 2m 25 avec lm 5 de hauteur et 0m 9 dans sa plus grande largeur cubant intérieurement 2m3. Ce récipient repose sur quatre pieds de fer, réunis deux par deux par des traverses en bois. Il est fait de tôle galvanisée de lm 5 d’épaisseur, renforcée de six cercles de fer dont deux bordent les parois verticales. L’une de celles-ci est la porte, qui se ferme à l’aide de vis et d’écrous, avec interposition de feutre. Chacune des parois verticales est doublée, à l’intérieur, d’une grille en lames de tôle galvanisée en vue d’empêcher le contact des objets à désinfecter avec ces parois, sur lesquelles se précipite l’eau de condensation. Une grille semblable garnit le fond du récipient. La vapeur est introduite par la partie supérieure à l’aide de tuyaux qui courent sous la voûte du récipient et desquels elle s’échappe par une fente longitudinale supérieure, pour se répandre dans toute la chambre à désinfection. A la partie inférieure de la paroi verticale fixe, est adapté un tuyau qui s’ouvre dans l’espace intérieur, mais peut aussi être prolongé au dehors. Ce tuyau est muni d’une soupape chargée d’un poids mobile. En haut, un thermomètre perce la voûte du récipient.
Le générateur de vapeur est une chaudière pourvue d’un tuyau de 5 mètres d’échappement, d’un manomètre à ressort et d’une soupape de sûreté, qui s’ouvre à 0,4 d’atmosphère de surpression. Sa surface de chauffe est de 2mc5.Elle consomme 10 à 12 kilogrammes de charbon par heure.
(I) Revue d’Hygiène, 1892, Arnould.
DE LA DÉSINFECTION
Le fonctionnement de l’appareil est le suivant ; au moyen de l’ouverture lente du robinet de vapeur, celle-ci, entrant par en haut, expulse lentement l’air par la soupape ouverte du tuyau d’extraction. Au bout de quelques minutes, on entend la vapeur elle-même s’échapper avec bruit et l’on peut, dès lors, fermer la soupape de sortie. Mais cette fermeture n’est pas hermétique, et les poids qui la chargent sont calculés de façon qu’avec un excès de pression de 0,2 d’atmosphère dans le récipient, l’eau de condensation et la vapeur s’en écoulent dans la même mesure que la vapeur est introduite. L’appareil fonctionne donc avec la vapeur sous pression et, à la fois, à l’état du courant. L’excès de pression de 0,2 d’atmosphère, persiste tant que la surpression dans la chaudière n’est pas au-dessous de 0,4 d’atmosphère, et que le robinet de vapeur est largement ouvert. L’expérience a démontré qu’en fermant la soupape de sortie, l’appareil travaille aussi avec la vapeur saturée. On peut, à volonté, adopter ce procédé ou celui du courant.
Pendant les premiers moments de la mise en marche de cette étuve, il est facile, à l’aide de la main appliquée contre la paroi verticale, de reconnaître que la vapeur refoule, sans se mêler à lui, l’air froid et lourd vers la soupape de sortie. Le récipient s’échauffe de haut en bas, et ce n’est qu’au moment où la vapeur commence à s’échapper aussi, que toute la caisse est chaude.
Avec le procédé du courant, il suffit d’un très léger excès de pression. Avec celui du courant sous tension (soupape fermée), il convient d’atteindre à un excès de 0,2 d’atmosphère.
Il est bon de faire durer la désinfection dix minutes, à partir du moment où la température intérieure atteint 100° et même une demiheure. On a adapté à l’appareil une sonnerie qui avertit du moment où cette température est obtenue.
L’étuve de Watz et Windscheid (1) est à air chaud et à vapeur : c’est une caisse rectangulaire, avec deux portes opposées, de 2mh de longueur sur lm2 de largeur et lm5 de hauteur. En sous-sol, un foyer et une chaudière tubulaire fournissent la vapeur qui est conduite dans un collecteur de vapeur placé au-dessus de la caisse. La vapeur se répand dans l’appareil du haut en bas. Le premier effet produit est un refroidissement de l’intérieur de la caisse, mais la température se relève sous l’influence d’une chauffe de la vapeur. Cette étuve dont le principe est critiqué par le professeur Max Gruber n’est pas irréprochable, dit Arnould ; cela nous parait suffisant pour ne pas donner plus d’importance à cette invention qui se rapproche plus des étuves sous pression que de celles à courant de vapeur sans en avoir cependant tous les avantages.
L’étuve de Fliigge construite à Gôttigen se compose d’une chaudière
(1) Centralblatt fur allgemeine Gesundheitspflege, t. V. — Revue d’ Hygiène, 1892. Arnould.
de 80 litres au-dessus de laquelle se place un cylindre de tôle : en bas une rainure forme occlusion hermétique, en haut est un chapeau conique servant à l’échappement et également posé dans une rainure à fermeture hermétique. Les objets à désinfecter sont placés dans un panier en fil de fer galvanisé suspendu dans le cylindre. Chaque opération dure une heure à une heure et demie environ.
Nous ne ferons que citer l’étuve de Reck (de Copenhague) faite seulement pour les petits établissements et qui comporte deux modèles, l’un horizontal, l’autre vertical et oscillant.
Les grands modèles Henneberg, Budenberg, Schimmel, sont les plus répandus dans les établissements importants de l’Allemagne. Il y a des types fixes et aussi des types mobiles. Parmi ces derniers, nous rappellerons l’étuve mobile de Yan Overbeck de Meyer et celle de Thursfield. Les premiers appareils de ce constructeur qui furent exposés à Vienne étaient notoirement insuffisants (1).
« M. le professeur von Gruber a eu la louable pensée de démontrer expérimentalement à l’inventeur l’insuffisance de son étuve qui, même après 4 heures ne tuait pas les spores du bacille charbonneux et encore moins celles du B. subt.ilis et qui n’élevait, que très lentement la température dans l’intérieur des objets et jamais à plus de 100°. Se rendant à ces démonstrations, dont le résultat était facile à prévoir, l’inventeur a trans»formé son appareil en étuve à courant de vapeur seule : aussitôt les résultats ont été ceux que fournit ce genre d’appareils, c’est-à-dire que l’opération dure environ 1/2 heure, que les spores charbonneuses sont détruites sûrement, mais que celles du B. subtilis ne le sont en aucune façon ».
Enfin, Arnould signale dans la Revue d' Hygiène de janvier 1893 une nouvelle étuve demandée par le service de santé militaire russe et dont la base est celle-ci : « Un appareil à désinfection agissant par le courant de vapeur à saturation et sous une tension supérieure à la pression atmosphérique, muni d’un dispositif de ventilation et d’une issue pour l’évacuation de l’air par le fond de la chambre, sans mécanisme intérieur de chauffe, mais avec des accumulateurs de calorique. »
L’étuve a été faite par M. Krell, ingénieur; son agencement général est simple; complète, elle né pèse pas plus de 20 quintaux. Au point de vue du fonctionnement, cet appareil peut terminer une désinfection en 22 minutes. En pratique, l’opération durerait beaucoup moins. Il se distinguerait donc par la grande rapidité de fonctionnement, soit 2 fois 1/2 plus vite que celle de Budenberg, 4 à 5 fois plus vite que celle de Schimmel. M. le docteur Raptschefskv est chargé d’étudier la question au point de vue microbiologique. Il faut attendre les résultats de ces recherches pour connaître la valeur exacte de ce nouvel appareil. 11 en est de même pour beaucoup d’autres.
(1) Note de M. Richard,
DE LA DÉSINFECTION
En terminant ce qui a trait aux étuves, et pour ne pas être trop incomplet, rappelons le moyen que Richard propose pour obvier, quand on ne peut malheureusement pas faire autrement, à l’absence d’appareil à désinfection.
Au-dessus d’une chaudière ou d’une marmite du diamètre de 80 centimètres, par exemple, on place debout un tonneau d’im diamètre très légèrement supérieur et ayant à peu près lm50 de hauteur. La paroi inférieure a été percée de nombreux trous au villebrequin pour livrer passage à la vapeur ; on peut remplacer ce fond par un filet formé de cordes entrelacées. La paroi supérieure est remplacée par un couvercle mobile fermant aussi exactement que possible ; le mieux est de confectionner ce couvercle avec deux disques en bois cloués l’un sur l’autre et dont l’inférieur s’engage exactement dans l’ouverture du tonneau, dont le supérieur, débordant légèrement le précédent, repose par son bord sur l’extrémité des douves. A son centre, ce couvercle est percé au villebrequin d’un orifice qui est fermé par un bouchon à travers lequel passent : 1° la tige du thermomètre destiné à marquer la température de la vapeur à sa sortie du tonneau ; 2° un tube assez large, ouvert à ses deux bouts, qui doit livrer passage à la vapeur. Ce tube est assez haut pour que la vapeur, en s’échappant, n’empêche pas de lire les indications du thermomètre ; ce qu’il y a de mieux, c’est de le faire déboucher à l’extérieur du local. Un système de crochets et de cordes disposés à la partie inférieure du couvercle et sur la paroi interne du tonneau sert à disposer les objets à désinfecter. Pour éviter que la vapeur ne s’échappe entre le bord supérieur de la chaudière et le bord inférieur du tonneau, on bouche l’interstice avec de la glaise, du feutre mouillé ou des chiffons mouillés.
Au point de vue pratique nous pensons, comme Richard, qu’il serait bon que tous les appareils à désinfection fussent essayés et contrôlés avant d’être mis en service. Nous croyons même que cette habitude devrait s’étendre au montage de l’appareil, qui rencontre en province de grandes difficultés. Les maisons qui, dans chaque pays, ont à faire ces livraisons auraient à assurer le montage et l’essai de l’appareil, qui ne serait ainsi fourni qu’en parfait état de fonctionnement, ce qui est essentiel. Le contrôle bactériologique n’est évidemment pas nécessaire ; mais le contrôle thermométrique en tous les points de l’appareil est indispensable et on peut en toute sécurité s’en contenter.
IL Agents chimiques. — Nous étudierons maintenant les agents chimiques désinfectants ou antiseptiques, dont l’usage est accepté par la majorité des hygiénistes, limitant notre choix à un petit nombre de substances, les moins discutées et les plus efficaces.
Ces substances s’emploient en solutions diverses. Nous examinerons
d’abord les substances et leur mode d’emploi, puis les appareils imaginés pour en faire l’application facile.
Sublimé (bichlorure de mercure). — Le sublimé s’emploie à dose forte 1 pour 1,000, à dose faible 1 pour 2,000. A la température ordinaire, le bichlorure de mercure se dissout seulement dans 15 parties d’eau, et il faut préparer, de préférence, les solutions à chaux, 1 et 2 grammes par litre, suivant la force qu’on veut donner à la liqueur. Il est très soluble dans l’alcool (liqueur de Yan Swecten). La solution dans l’eau est facilitée par l’addition de sel marin, en quantité égale ou supérieure à celle du sublimé. Cette préparation doit être employée fraîche, elle ne se conserve pas plus de 24 heures. Suivant le conseil de Laplace, il est bon d’ajouter à la solution de sublimé de 0,5 à 1 p. 100 d’acide chlorhydrique ou tartrique: de préférence il faut employer l’acide tartrique, quoique plus cher, mais sans action sur les tissus. Pour éviter les accidents d’intoxication, il est bon de colorer les solutions de sublimé par l’addition d’une solution alcoolique de bleu d’aniline à I pour 1,000; il faut 40 gouttes de cette solution pour un litre de liqueur désinfectante.
Acide phénique. — L’acide phénique s’emploie en solution forte, 5 pour 100, faible à 2 pour 100. Il faut, pour la première, dissoudre l’acide phénique, cristallisé ou liquide, mais renfermant encore des cristaux dans 18 fois son poids d’eau chaude, en agitant fortement pour favoriser la dissolution ; pour la seconde, il faut une double quantité d’eau, soit 36 parties.
Comme la solution de sublimé, la solution phéniquée augmente d’action par l’addition de l’acide chlorhydrique ou tartrique, et dans les mêmes proportions.
Le mélange de la solution phéniquée et de sublimé donne aussi un désinfectant extrêmement énergique. S’inspirant des travaux de M. Bouchard sur ce point, M. de Christmas a fait des recherches intéressantes et confirmatives de la valeur de ces mélanges antiseptiques.
Les savons phéniqués pour certains usages, lavages des personnes ou des objets sont utiles, et s’obtiennent en ajoutant 3 à 6 pour 100 d’acide phénique liquide à 3 parties de savon. Le mélange d'acide phénique impur de commerce et d’acide sulfurique, donne une préparation d’un bon usage pour la désinfection du sol, des milieux animaux en putréfaction, etc. Le mélange se fait à parties égales, et le produit sirupeux qu’il donne s’emploie en solution, dans l’eau, à 2 et 5 pour 100.
Cresyl. — Le cresvl employé en France est celui de Jeyes,dont la composition est connue. Celui d’Artmanne est plus usité en Allemagne. La composition différente des cresyls fait qu’il est essentiel d’entrer dans ce détail. Il en sera de même, dans un avenir prochain, des cresols en général.
La solution de cresyl se fait aisément, à raison de 1 à 5 pour 100. Il est d’un emploi très facile, en raison de sa miscibilité facile à l’eau en toutes proportions.
DE LÀ DESINFECTION.
Nous ajouterons à ces substances qui conviennent, dans la majorité des cas, et suffisent amplement pour les besoins ordinaires de la désinfection, les solutions de sulfate de cuivre à 5 pour 100 (faible), à 20 pour 100 (forte), les dilutions d’acide sulfurique, plus ou moins étendues, depuis le tiers jusqu’au vingtième; ces solutions peuvent être employées, dans quelques cas spéciaux, nous le verrons en étudiant la technique de la désinfection. On peut en dire autant du lait de chaux, sur lequel nous ne voulons pas insister maintenant, et que nous retrouverons plus tard.
Fig. 104. — Appareil pour la désinfection des locaux habites
Ce petit arsenal de substances chimiques est actuellement plus que suffisant et peut entrer avec confiance dans l’outillage nécessaire ; l’avenir le modifiera peut-être, mais non pas en totalité, sans aucun doute.
Appareils. — Les substances chimiques que nous venons d’examiner peuvent s’employer pour servir à des lavages directs, c’est-à-dire que les objets sont plongés dans des bassins contenant la solution désinfectante, ou bien, au contraire, les objets demeurant en place, la solution les imprègne à l’aide des pulvérisateurs.
Le plus simple de ces instruments est celui qui se manie à la main et qu’on appelle le projecteur Loriot, qui n’est qu’une adaptation à la désinfection des vaporisateurs ordinaires.
MM. Geneste et Herscher ont construit pour la désinfection des locaux des appareils d’une énergie beaucoup plus considérable. Le plus usité d’entre eux est celui-ci (fig. 104).
Pour faire fonctionner l’appareil, on ouvre les deux robinets supérieurs puis le robinet de l’entonnoir E (le robinet de vidange V étant fermé). On introduit par l’entonnoir la solution antiseptique et l’on ferme tous les robinets. On fait alors fonctionner la pompe en donnant une vingtaine de coups de piston.
On ouvre ensuite les deux robinets supérieurs ; aussitôt le jet nébuleux s’échappe du pulvérisateur, on dirige ce jet sur les surfaces à désinfecter, de façon à les humecter bien complètement et bien uniformément.
On tient le pulvérisateur d’une main et de l’autre main on fait fonctionner la pompe de temps en temps pour maintenir la pression.
Quand l’opération est terminée et que la pompe doit rester pendant un certain temps sans servir, on vide par le robinet de vidange le liquide qui reste et on le remplace par de l’eau ; puis on fait marcher l’appareil avec l’eau pour laver toutes les parties et on vide à nouveau .
Il faut avoir soin que le robinet L du liquide de la pompe soit relié au tuyau de caoutchouc latéral (caoutchouc rouge) du pulvérisateur et le robinet A d’air au tuyau de caoutchouc axial (caoutchouc gris).
Ce type de pulvérisateur est muni de poignées et peut être porté aisément dans tous les appartements. On a également fait des appareils placés sur chariots et dès lors faciles à transporter d’un point à un autre.
Pendant la dernière épidémie cholérique (1892) on a fait usage de trempeurs, sortes de lessiveuses spéciales où les objets sont en contact avec des substances antiseptiques et portés à l’ébullition. MM. Geneste et Herscher en ont fait plusieurs types de dimensions et de prix différents qui ont été recommandés par le Comité de direction des services de l’hygiène publique.