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ARTICLE III. - DES ÉTABLISSEMENTS DE DÉSINFECTION

La désinfection, nécessitant des appareils, un personnel spécial, une technique, sinon compliquée, du moins minutieuse, ne peut pas être abandonnée au premier venu, ou dépourvue d’une organisation sérieuse et donnant au public des garanties d’efficacité.

Cela est tellement rationnel que partout où, à la suite d’épidémies menaçantes ou de contagions désastreuses, il a fallu prendre des mesures de préservation, on a songé à créer des stations de désinfection, des établissements offrant toutes les conditions de sécurité désirables.

Cependant il faut observer que les cas peuvent être ici très variables, et il faut dire, en prévision de l’avenir, surtout plus que pour le présent, que l’organisation des établissements de désinfection offrira des différences sensibles. Les créations déjà faites permettent de catégoriser les

DE LA DÉSINFECTION

établissements de désinfection, et nous croyons pouvoir les grouper ainsi : Établissements hospitaliers, municipaux, départementaux, d’État, privés, et étudier, pour chaque groupe, les conditions essentielles qu’ils doivent présenter.

I. Établissements hospitaliers. — Bien qu’il n’y ait encore en France, dans les établissements hospitaliers, que 68 étuves fixes et 29 pulvérisateurs, ce sont encore les plus nombreux, et, si on y ajoutait ceux auxquels on a confié, à un titre quelconque, des étuves locomobiles, et on constaterait aisément qu’ils tiennent la tête parmi les établissements de désinfection actuellement agissant.

Il n’y a là rien qui doive étonner; il faut regretter que ce nombre ne soit pas déjà de beaucoup plus élevé. 11 est normal et régulier que les établissements hospitaliers aient , quelle que soit leur importance numérique, un service de désinfection. La possibilité de recevoir un contagieux, un seul, suffit pour désirer se mettre à l’abri des contagions intérieures, et, si l’on veut en finir avec les maladies transmissibles, se promenant de bourg en ville, il faudra bien se résoudre à faire, dans chaque établissement hospitalier, une part importante au traitement de ces nomades, leur ouvrir la porte de l'hôpital, afin de les isoler des autres personnes, et les guérir tout en détruisant les germes morbides qu’ils auront éliminés durant leur affection.

Mais ce n’est pas seulement pour ce besoin capital et pour cette lutte si salutaire contre la maladie contagieuse, qu’il convient de faire, dans chaque hôpital, un service spécial de désinfection, c’est encore pour préparer et assurer l’asepsie et l’antisepsie dans l’hôpital même.

M. le docteur Linon (1) a montré, dans un travail original et récent, tout le parti qu’on pouvait tirer, dans les établissements hospitaliers, de l’organisation d’un service de désinfection avec des appareils sérieux. 11 s’est, en effet, servi à Versailles de l’étuve Herscher, à la fois comme désinfectant et comme instrument stérilisateur. Les vêtements, les objets de literie, les linges de toute sorte, n’entrent dans les salles que stérilisés, ils sont désinfectés à leur sortie; la stérilisation s’applique encore aux bougies des filtres Chamberland, au matériel chirurgical ; puis la chaudière s’utilise pour multiplier les bains, etc. Il y a là, on le conçoit aisément, une idée excellente et qui ne devrait pas être perdue pour les administrations civiles, généralement ignorantes des services que peuvent rendre, au point de vue hospitalier, des appareils de désinfection, et qui n’en comprennent l’emploi que d'une façon exceptionnelle pour un cas de contagion.

(1) De l’antisepsie médicale et chirurgicale dans les hôpitaux militaires, pourvus d’une étuve à désinfection sous pression, docteur Linon, Archives de médecine et de pharmacie militaires , 1891.

L’antisepsie, érigée en règle absolue et permanente, comme l’ont fait avec tant d’autorité la plupart des chirurgiens et des médecins, parmi lesquels nous pouvons rappeler les noms de Lucas-Championnière, Terrier, Grancher, Letulle, Tarnier, Pinard, Budin, etc., entraîne comme conséquence l’usage fréquent, on pourrait dire permanent, des appareils stérilisateurs, et justifie seule, sans même qu’il soit nécessaire d’invoquer la contagion ou l’épidémie, l’organisation hospitalière de la désinfection.

Cette organisation peut être réduite à peu de chose, s’il n’est utile d’assurer que le service hospitalier. On peut se servir des petits modèles

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