‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publiqueChapitre 168 sur 177 · TYPE D’INSTALLATION POUR LE SERVICE D’UN HOPITAL SEULEMENT · texte numérisé non relu

TYPE D’INSTALLATION POUR LE SERVICE D’UN HOPITAL SEULEMENT

les empêchent de s'ouvrir simuJtejfêmtni.

Fig. 106.

d’étuves, moins onéreux; l'installation variera, suivant qu'on aura à sa disposition un générateur de vapeur ou non.

L’étuve doit être placée dans un local clos, propre, muni de fenêtres et divisé en deux compartiments par une cloison pleine.

Les dimensions dudit local doivent être, au maximum, de 8m 50 de longueur sur 5m50 de largeur. Pour un service un peu actif, ces dimensions devront être augmentées, et même pour un service ordinaire, il y a commodité et avantage à disposer de 9m de longueur et 6m50 de largeur. Une hauteur de 3m suffit au point bas des fermes (fig. 106).

Dans la cloison divisant le local en deux compartiments, on réserve une ouverture vitrée de quelques décimètres carrés, située à environ

DE LA DÉSINFECTION

Im 40 au-dessus du sol, ouverture utile pour la communication rapide des avertisseurs nécessaires au fonctionnement général.

Dans la chambre d’entrée, ou chambre des objets à désinfecter, la porte de l’étuve sort de la cloison d’au moins 10cm ; cette chambre est munie d’une voie extérieure, nécessaire à la manœuvre du chariot. La chambre de sortie, ou chambre des objets épurés, renferme la presque totalité du corps cylindrique de l’étuve, tous les appareils de distribution de vapeur, la chaudière et ses accessoires, ainsi que la voie supportant le chariot à sa sortie de l’étuve.

Le sol du pavillon doit être bien carrelé ou cimenté, de manière à pouvoir être maintenu toujours propre et en bon état.

Mais il y a avantage, dans la plupart des cas, à utiliser le service hospitalier pour le public, et, dès lors, il est nécessaire de le concevoir plus largement. La figure 107 représente un bon type d’installation pour un service mixte de ce genre.

Les deux services sont entièrement isolés l’un de l’autre; des sas, renfermant un lavabo et un pulvérisateur, permettent aux agents qui ont été en contact avec les objets contaminés de changer leurs vêtements de travail pour des vêtements propres, avant de sortir de l’établissement. Cette disposition est appliquée aux hôpitaux de Marseille, Perpignan, Narbonne, Privas, Lille, etc.

Des règlements établissent les rapports entre l’administration hospitalière et les particuliers, fixent les redevances, le mode d’apércr. 11 y a déjà un certain nombre d’hôpitaux, de grande ou de petite ville en province, ayant ainsi procédé, et cette combinaison n’est nullement contraire au bon fonctionnement hospitalier.

Elle est à encourager.

IL Établissements municipaux. — Nous entendons par là, ceux qui sont créés avec les fonds municipaux, quelle que soit, du reste, leur organisation, qu’ils demeurent isolés ou rattachés à un service municipal ou à un service hospitalier.

Il est vraisemblable que cette heureuse association sé fera de plus en plus en province, où les ressources ont besoin non de se diviser, mais de s’unir en vue des mêmes effets.

11 faut cependant faire une différence entre les grandes villes, pour lesquelles un service spécial est absolument nécessaire, et qu’il faut distraire des services hospitaliers déjà suffisamment absorbés par leurs propres besoins et les villes moins importantes.

On doit aussi constater que là où ont été créés des bureaux d’hygiène, comme au Havre, Reims, Nancy, Saint-Étienne, Nice, le service de la désinfection demeure isolé et fonctionne séparément. Ce sont là des services purement municipaux dont l’avantage est considérable : et les résultats en apparaissent de plus en plus satisfaisants.

Encyclopédie d’hygiène. — V, 51

Fig. 107. — Etablissement mixte de désinfection, pour l’hôpital et la ville.

DE LA DÉSINFECTION

Là où ils existent, des arrêtés municipaux établissent dans quelles conditions la désinfection doit être faite, et par quels agents; bien des arrêtés ne concernent que la désinfection après décès; c’est le cas le plus fréquent, d’autres visent également les maladies contagieuses suivies de guérison, pour lesquelles la désinfection est non moins nécessaire, sinon plus. Il faut citer, à ce sujet, l’arrêté pris par le maire de Lyon, à la date du 28 mai 1889, qui a prescrit : 1° la déclaration obligatoire des cas de maladies contagieuses ou transmissibles ; 2° la désinfection des locaux habités par les personnes atteintes de ces maladies, de leurs linges, de leurs vêtements, literie, conformément à l’instruction du Conseil d’Hygiène du département.

Le préfet du Rhône a étendu, par un arrêté du 30 mai, cette double obligation à toutes les communes du département.

La désinfection a été opérée pour ce service qui a, à la fois, un caractère municipal et départemental, à l’aide d’une étuve locomobile Herscher et d’une équipe de désinfecteurs.

Cette obligation devra devenir une règle absolue et tout à fait légale avec l’application de la loi sur l’exercice de la médecine, et il est à espérer que les résistances, à ce sujet, seront affaiblies, sinon tout à fait dissipées.

Les administicltions sanitaires de toutes les villes où la désinfection est régulièrement pratiquée, sont d’accord pour déclarer qu’au bout de très peu de temps, -les particuliers s’empressent d’en apprécier les avantages.

A cet égard, deux conditions nous paraissent nécessaires : c’est que les opérations soient pratiquées par des hommes exercés venant en aide aux intéressés, et qu’elles soient opérées avec les précautions voulues. Le temps n’est pas encore bien éloigné , où l’on se bornait , même dans une très grande ville que nous aurions quelque honte à nommer, à remettre à la famille d’un contagieux, après guérison ou décès, un bâton de soufre et un petit flacon de sulfate de cuivre, accompagnés d’une savante instruction que ne comprenaient, ni la personne à laquelle elle était confiée, ni celui qui la remettait.

Que la police soit chargée de porter à la famille un exemplaire de l'arrêté municipal et d’inviter à s’v soumettre, rien de mieux ; mais il est préférable d’imiter le docteur Launay, au Havre, qui s’empresse de faire procéder à la désinfection par les inspecteurs spéciaux de la salubrité, qu’il a institués avec tant de sagacité et de zèle depuis plusieurs années. Tout d’abord, il avait pensé qu’il suffirait de déposer les désinfectants dans les postes de police ; mais l’incurie des gens est telle, que les inspecteurs de salubrité sont, le plus souvent, obligés de les porter euxmêmes au domicile du malade, d’en indiquer et d’en surveiller l’emploi. Pour les familles aisées et éclairées du Havre, il n’en est heureusement plus de même, l’usage de la désinfection est entré dans les mœurs: les opérations faites, soit avec le concours des agents municipaux, soit sans leur intervention, sont de plus en plus nombreuses. A Saint-Étienne, la

désinfection a également reçu une sanction, par arrêté municipal, et elle y est franchement acceptée, même réclamée.

Ces exemples montrent de quelle influence seront les municipalités dans la pratique de la désinfection, e-t de quelle manière efficace elles peuvent y concourir, à la fois par leur initiative, leurs ressources et l’organisation d’un service, comprenant le personnel et les appareils.

Les considérations que nous venons de rappeler ont surtout pour but de ne pas laisser confondre ce qu’on peut appeler un service municipal d’assainissement, et un établissement municipal de désinfection. On aurait, dans plus d’une ville, la tendance manifeste à faire cette confusion : nous n’entendons parler ici que des établissements municipaux de désinfection, avec leur personnel technique et éprouvé, et leur organisation spéciale. Il demeure probable que les grandes villes auront, avec leurs bureaux d’hygiène, leurs établissements municipaux de désinfection ; dans les groupes moins importants, l’association municipale et hospitalière peut suffire.

III. Établissements départementaux. — Il faut considérer comme établissements départementaux, ceux où le service de la désinfection est assuré sur un ou plusieurs points du département à l’aide des ressources et des appareils propres au département, quelles que soient, d’ailleurs, les combinaisons prises pour faciliter la conservation du matériel et le fonctionnement du service.

Il est vraisemblable que ce service départemental de désinfection, encore assez restreint, et qui ne compte aujourd’hui qu’un petit nombre de départements, se généralisera tout à fait, au point de devenir une règle absolue. La loi sur l’Assistance médicale obligatoire et la déclaration des maladies contagieuses de l’autre, feront, dès maintenant, et peut-être avant que la loi sur la protection de la santé publique ait réglé tous ces points, aux départements, une nécessité d’intervenir aux lieu et place des communes pauvres. Un matériel mobile, appartenant au département, disponible à toute réquisition, pourra permettre d’opérer la désinfection, dans tous les cas d’affections contagieuses constatés dans les petites communes. La plupart de nos départements possèdent actuellement, un service départemental analogue à celui que M. le Préfet du Rhône a institué par son arrêté du 30 mai 1889.

Peut-être est-il ici plus difficile de séparer l’établissement départemental de désinfection, du service des épidémies en général, dont il est, en quelque sorte, le complément. 11 y a là, en effet, certaines communautés d’actions et de besoins, qui empêchent une séparation complète et sans grande importance au fond. L’essentiel, cependant, est que le département, créant ce service de désinfection, fixe son choix pour le dépôt de ses appareils sur des établissements pouvant en assurer le bon entretien et le fonctionnement régulier. Il ne faut jamais, assimilant ces

DE LA DÉSINFECTION

appareils à des pompes à incendie, les remiser dans un magasin quelconque. Il faut qu’ils fonctionnent et soient confiés à des personnes pouvant en faire usage ; les établissements hospitaliers, les asiles d’aliénés, les prisons mêmes , peuvent devenir , à ce titre , des établissements départementaux de désinfection.

En ce qui concerne le service général de prophylaxie ou la défense contre les épidémies, c’est à l’hygiène administrative, que tout ce qui le concerne trouve place.

IV. Établissements de l’État. — L’État n’a pas, à proprement parler, d’établissements de désinfection qui lui soient particuliers ; mais il a dû assurer le service de la désinfection dans les établissements dont il a la charge administrative, asiles de bienfaisance, pénitentiaires ou autres, ou dans certains services de la marine et de la guerre. Actuellement, le Ministère de l’Intérieur possède 21 étuves, dont 14 fixes, 7 locomobiles et 5 pulvérisateurs ; le Ministère de la Guerre, 44 étuves, dont 13 fixes, 31 locomobiles et 155 pulvérisateurs : le Ministère de la Marine, 15 étuves fixes; le Sous-Secrétariat des Colonies, 4 étuves fixes et 3 pulvérisateurs. Nous n’avons rappelé cette situation, que parce que certains établissements nationaux peuvent, au même titre que les asiles départementaux ou les hôpitaux, être ouverts au public et devenir des établissements de désinfection.

V. Établissements privés. — Il est difficile de savoir l'état présent de ces établissements, dont plusieurs peuvent échapper à la connaissance. Ce que l’on peut dire de plus exact, c’est que l’organisation y est généralement défectueuse, on y nettoie plus qu’on y désinfecte, et il en existe assurément peu qui répondent aux desiderata les moins rigoureux.

Il en est cependant quelques-uns, et la Revue sanitaire de la province signalait (1) l’installation d’une industrie bordelaise, pour laquelle la maison Herscher avait construit une étuve de très grande dimension, 10 mètres cubes, dans laquelle les objets les plus encombrants peuvent être désinfectés et qui répond à tous les besoins d’un service public.

En ce qui concerne Paris, ce sont, en général, des teinturiers, qui ont joint cette nouvelle branche à leur industrie, ou bien des particuliers, voire même des corporations qui, en voyant une nouvelle source de profits, n’ont pas craint de se dire, plutôt que de se faire, désinfecteurs. L’un de nous a visité les plus importants de ces établissements, et a constaté, avec regret, que la plupart n’avaient pas même les appareils indispensables: quand ils les ont, ils les ont établis dans des conditions où la transmission des maladies est certainement plus assurée que la désinfection elle-même.

(1) Revue sanitaire de la province , 1891

La situation particulière de ces établissements a attiré l’attention du Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine (1). Un industriel avait demandé l’autorisation d’établir un Sanatorium médical , comprenant une étuve à désinfection. La désinfection eut été également pratiquée à domicile. C’était bien là un type d’établissement privé, analogue à nos établissements publics et gratuits.

Le docteur Lancereaux, rapporteur, concluait que dans l’état actuel de l’industrie classée, les établissements de ce genre ne pouvaient pas recevoir d’autorisation administrative leur permettant une existence légale ; ils échappent à la classification. Mais l’honorable rapporteur estimait qu’il convenait de donner acte de leur demande aux industriels, en les invitant à prendre toutes les dispositions pour assurer la désinfection réelle des objets et des locaux, et éviter toute contamination.

Il ajoutait : « Déjà quelques établissements industriels de Paris et de la banlieue emploient des étuves à désinfection et font de la désinfection à domicile. Ceux qui, en même temps, comprennent une industrie classée (la teinturerie, le dégraissage), sont visités par l’inspecteur des établissements dangereux ou insalubres, mais nécessairement d’une façon insuffisante, au point de vue de la prophylaxie des maladies.

» Conséquemment , il leur propose d’émettre le vœu qu’une surveillance efficace soit exercée sur ces établissements et sur les désinfections qu’ils opèrent en ville. Si les désinfections pratiquées par les services municipaux doivent inspirer, à ce titre, toute confiance, il ne saurait en être de même de celles qui relèvent de la seule initiative individuelle ».

Ces conclusions ont été adoptées par le Conseil de salubrité.

M. le docteur Levraud demandait autrefois que ces établissements fussent classés ; cette doctrine a été soutenue aussi devant la Société de médecine publique.

Le Conseil d’hygiène, sur le rapport de M. Dujardin-Beaumetz, a de nouveau conclu à la nécessité de classer ces établissements. La question n’est pas encore résolue; elle est de nature à appeler l'attention, car elle a une sérieuse importance. En effet, ou bien il ne faut pas permettre à l’industrie privée d’exercer la profession de désinfecteur, ce qui nous parait à tous égards préférable dans l’intérêt bien entendu de l’hygiène publique, ou bien, au contraire, il convient d’assurer les mesures de protection susceptibles de laisser l’industrie privée prendre de l’essor, tout en donnant des gages sérieux à la sécurité publique.

C’est donc une question nouvelle dont la solution est à trouver, mais très essentielle à résoudre et même promptement. A Paris, de grands hôtels, des vastes établissements, ont, pour leur usage particulier, des étuves, et pratiquent la désinfection; des syndicats peuvent se créer, dans les stations thermales ou sanitaires, comme à Menton, pour un

(t) Scanoc du 21 octobre 1891,

DE LA DESINFECTION.

besoin particulier, celui de la désinfection du matériel des hôtels garnis. Nous regrettons que l’espace ne nous permette pas de traiter davantage cette question, que nous aurons prochainement à étudier.

§ II. — La tlésinlVct Ion à ParE«.

Il nous est impossible de ne pas faire connaître la situation faite actuellement, à Paris, au service de la désinfection. A plus d’une reprise, on a autrefois dénoncé les faiblesses et les indécisions, signalé les fautes commises; maintenant qu’une organisation nouvelle fonctionne, nous ne serions pas excusables de ne pas faire connaître le fonctionnement de ce service, et les services qu’il a déjà rendus à la population parisienne. Nous ne reviendrons pas sur le passé et l’antagonisme des différents services ayant à assurer la salubrité de la capitale.

Les avantages des stations municipales de désinfection ont été autrefois mis en évidence par M. le docteur Josias. Depuis 1890-1891, la Ville de Paris possède 3 stations de désinfection : rue du Château-des-Rentiers, 71 ; rue des Récollets, 6; rue de Chaligny, 21.

Le nombre des opérations effectuées par les établissements, tant à l’étuve qu’à domicile, a suivi la proportion suivante :

Année 1889 78 désinfections.

Nous ferons connaître le plus récent de ces établissements, celui des Récollets, qui est généralement considéré comme pouvant servir de modèle, et que l’on doit au concours éclairé de M. Menant, directeur des affaires municipales, et de M. Rouvard, architecte de la ville.

Le plan général (fig. 108) montre l’ensemble de l’établissement divisé en deux parties bien distinctes, et séparées par un mur contigu ; à gauche, le quartier d’arrivée des objets à désinfecter ; à droite, le quartier des objets désinfectés; puis, à cheval sur l’axe, en bordure sur la rue des Récollets, un pavillon spécial réservé à l’administration, ayant vue et accès sur chacun de ces deux quartiers.

Les voitures amènent les objets infectés par la porte de gauche, puis pénètrent sous le porche de déchargement, déposent les objets dans un magasin spécial, franchissent ce passage, sont désinfectées elles-mêmes, ainsi que leurs attelages, dans la cour du fond, au moyen de pulvérisateurs qui les arrosent d’une solution de sublimé corrosif au millième.

Les chevaux, dételés et désinfectés, sont reçus dans l’écurie ménagée

Page 1