I. Lavabos — Douches
M Dépôt oea pulvérisateur
N Tableéde déchargement des ob|*te infecté.
P' Chaudière U Bac dt
Fig. 108.
DE LA DÉSINFECTION
au fond de la cour, et les voitures placées à l’abri dans une remise, où elles pénètrent par une autre porte. Entre cette remise et le porche de déchargement, sont disposés, outre le magasin, des vestiaires, un lavabo et des privés, à l’usage des employés chargés de la conduite des voitures. Mêmes accessoires sont établis pour le personnel chargé de la désinfection des voitures, avec réfectoire attenant et logement du cocher au-dessus.
Les objets contaminés passent par les portes N, sont soumis, les linges particulièrement, à un rinçage dans un bac spécial, pénètrent dans les étuves à vapeur, sous pression, en sortent du côté opposé et sont déposés sur des claies. Ce service est complété par les magasins, les bureaux, un séchoir particulier et divers locaux et remise ; par la cheminée et le générateur de vapeur pour les étuves ; enfin, par un autre groupe de vestiaires et de lavabos, avec entrée particulière pour les ouvriers chargés de la désinfection.
Les voitures chargées d’enlever les objets désinfectés occupent dans la cour de droite une remise spéciale; leurs attelages sont mis à l’abri dans une écurie-ouvrant sur une cour et contiguë au réfectoire affecté au personnel chargé de la désinfection des effets. Le cocher couche dans une chambre au-dessus.
Une entrée et une sortie spéciales sont affectées au passage des objets provenant de l’asile de nuit.
La construction de cet établissement a été commencé le 5 septembre 1890, et l'inauguration en a eu lieu le 21 juillet 1890.. Il occupe une superficie totale de 960 mètres, et la surface couverte par les bâtiments est seulement de 440 mètres. Les fondations ont été faites en maçonnerie de meulière. Le système général de structure consiste en pans de fer avec remplissages en briques apparentes, pour l’établissement proprement dit. Le pavillon d’administration est en maçonnerie de moellons; la couverture, en tuiles à emboitement. La ventilation est très simplement obtenue à l’aide de trémies percées dans la toiture, surmontées de lanterneaux et pourvues de rampes à gaz, produisant appel d’air.
Depuis plusieurs années les hygiénistes, et en particulier la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, n’ont cessé d’appeler l’attention sur les avantages de la désinfection au point de vue de la prophylaxie des maladies transmissibles. Aidés par les progrès de l’industrie sanitaire, ils ont précisé les moyens de réaliser la pratique de la désinfection, de manière à ce que celle-ci soit facile, rapide et sûre. A maintes reprises, le conseil municipal de la ville de Paris a insisté, par des propositions et des rapports spéciaux, sur la nécessité d’organiser le service de la désinfection. Il a invité plusieurs fois les administrations à lui présenter des projets dans ce sens, et il a accueilli avec empressement ceux de ces projets qui tendaient à une prompte réalisation du fonctionnement
de ce service, ne lui marchandant ni appui ni argent. D’autre part, le Conseil départemental d’hygiène publique et de salubrité de la Seine a été plusieurs fois consulté à cet effet, et n’a pas manqué de s’associer à la mise en œuvre d’une réforme dont il signalait l’urgence dès 1880.
Actuellement, il existe à Paris : 1° des établissements publics de désinfection, dépendant de l’administration de la préfecture de la Seine; 2° des services de désinfection dans les hôpitaux, services dont trois au moins pourront être également ouverts au public ; 3° des établissements privés de désinfection.
Les services de la désinfection publique ont pour objet de désinfecter :
1° Les objets directement apportés à l’établissement public de désinfection par des particuliers. Dans ce cas, l’établissement de désinfection ne peut recevoir que des matelas, linges, effets et vêtements à usage, tentures, tapis de petites dimensions, cuirs, fourrures, caoutchouc, étoffes et tissus de toutes sortes. Quant aux objets mobiliers proprement dits, ils ne peuvent être désinfectés qu’à domicile ;
2° Les objets qui ont été pris à domicile sur la demande des particuliers ou des services administratifs (mairies, commissaires de police, etc.).
1° Objets apportés pour être désinfectés à l’établissement. — Les objets apportés pour être désinfectés ne doivent être reçus dans l’établissement que du côté des objets à désinfecter. L’employé placé dans cette partie de l’établissement fait deux parts de ces objets :
1° Ceux qui doivent subir la désinfection à l’étuve et qu’il dispose dans des enveloppes affectées à cet usage, c’est-à-dire les objets de literie, vêtements, effets à usage personnel, linge, et en général tous les tissus et étoffes ;
2° Ceux qui doivent subir le lavage ou la pulvérisation à l’aide de solutions antiseptiques , à savoir les cuirs , chaussures , courroies , caoutchoucs, bretelles, casquettes, chapeaux, cartons, malles, etc., les fourrures, les objets en bois collés.
La désinfection à l’étuve se pratique suivant les indications fournies pour le maniement particulier de l’appareil, d’après le tableau affiché auprès de chaque étuve.
Pour tous les objets qui ne peuvent passer à l’étuve et qui sont énumérés ci-dessus, on peut se servir soit du lavage à l’aide d’un pulvérisateur spécial, soit du lavage à la brosse et, dans les deux cas, à l’aide d’une solution acide de sublimé au millième.
Un carnet à souche indiquera, sur la souche et la feuille qui en sera détachée pour être remise au dépositaire des objets : le nom et l’adresse de celui-ci, la désignation des objets, le jour du dépôt et de la remise. La délivrance des objets sera faite, dans le plus bref délai possible, sur remise de la feuille en question. Elle ne devra jamais être effectuée que dans la partie affectée au dépôt des objets désinfectés.
DE LA DÉSINFECTION
Les voitures ayant servi au transport desdits objets ne pourront sortir de l'établissement qu’après avoir été nettoyées par le désinfecteur au moyen des pulvérisations ou lavages en usage dans l’établissement.
2° Objets à prendre ou à désinfecter à domicile. — Le service de la désinfection à domicile comporte :
1° Un personnel spécial.
2° Un matériel approprié à la désinfection.
A. Personnel. — Le personnel se compose d’au moins deux hommes, dont l’un doit être habitué à la conduite des chevaux.
Ils portent un costume spécial, dit de sortie, soigneusement entretenu et permettant de reconnaître qu’ils font partie du service de la désinfection.
Cet uniforme est différent du costume de travail décrit ci-après.
B. Matériel. — Deux voitures spéciales seront affectées au transport du matériel pour la désinfection à domicile et des objets soumis ou à soumettre à la désinfection dans l’établissement.
Chacune de ces voitures sera peinte à l’extérieur d’une couleur différente , afin de distinguer celle qui servira au transport des objets contaminés et celle qui sera destinée à reporter au domicile les objets désinfectés.
Au départ de la voiture, les désinfecteurs s’assureront qu’elle contient le matériel ci-après :
1° La pompe à pulvériser spéciale adoptée pour la désinfection (de 12 litres de capacité) et plusieurs flacons renfermant la solution indiquée ci-dessus.
Ces flacons, confiés aux soins et à la responsabilité des employés, ne devront jamais être remis par eux à qui que ce soit.
2° Un flacon de permanganate de potasse renfermant 1 litre de solution à 0gr 5 pour 1,000.
3° Un sac en toile renfermant le costume de travail, soit pour chaque homme une calotte de toile, une blouse de toile ajustée au cou et aux poignets pour empêcher la blouse de flotter, un pantalon ou cotte de toile, des chaussures.
4° Plusieurs enveloppes fermées par n’importe quel moyen, à l’exception des cordons de cuir. Ces enveloppes seront de formes différentes pour les matelas, les oreillers, les traversins, les édredons et les effets; elles seront marquées au coton rouge de numéros ou de lettres de très gros caractères ; elles seront ouvertes avant leur entrée dans l’étuve.
5° Des chiffons destinés à l’essuyage.
6° Deux grosses éponges, une brosse à main, une brosse montée.
7u Un sac à outils.
8° Une échelle articulée et munie de tampons en caoutchouc.
C. Pratique de la desinfection. — Les employés se rendront directement et sans retard au domicile qui leur a été indiqué par le directeur de l’établissement.
Dès leur arrivée au domicile, ils transporteront leur matériel auprès du logement à désinfecter et se revêtiront du costume de toile avant d’y pénétrer.
Ils laveront tout d’abord à la brosse les linges tachés de sang à l’aide de la solution de permanganate de potasse.
Ils mettront ensuite dans leurs enveloppes tous les objets destinés à être portés à l’étuve (matelas, rideaux, couvertures, literie, vêtements, tissus et étoffes).
Puis, après avoir versé le contenu de l’un des flacons dans la pompe à pulvériser et avoir rempli d’eau celle-ci, ils projetteront un jet de liquide désinfectant pulvérisé sur les murs, le plafond, les boiseries, le parquet ou carrelage, les grands tapis conservés au domicile, les meubles et notamment les lits, l’intérieur de la table de nuit et tous autres objets laissés dans les pièces.
Aucune partie des pièces à désinfecter ni aucun des objets qu’elles renferment ne doivent être négligés. Les glaces et leurs cadres, les tableaux et objets d’art seront frottés avec des chiffons légèrement imbibés de la solution désinfectante. Les grands tapis et étoffes laissés à domicile en raison de leurs grandes dimensions seront décloués, et recevront sur les deux faces un jet prolongé de liquide désinfectant pulvérisé ; le parquet ou les murs qu’ils recouvraient seront également désinfectés.
Les vases et ustensiles ayant servi au malade, ainsi que les water-closets, les cabinets d’aisances et les tables de toilette seront lavés avec soin à l’aide de la solution désinfectante.
Lorsque ces diverses opérations seront terminées, les désinfecteurs devront enlever leur costume de travail et le mettre dans les sacs destinés à le porter à l’étuve de désinfection ; puis ils descendront les sacs renfermant les objets également destinés à l’étuve et chargeront le tout avec leur matériel dans la voiture.
Dès que la voiture chargée des objets à désinfecter arrivera a l’établissement, elle sera aussitôt débarrassée de ces objets ainsi que du matériel, et le tout devra être, dans le plus bref délai, désinfecté par le procédé indiqué ci-dessus. La voiture sera également lavée à grande eau avec la solution désinfectante.
Après désinfection des objets susdits, ils seront reportés, le plus tôt possible, au domicile de leur propriétaire, par la voiture spécialement affectée à cet usage.
3° Précautions générales. — Tous ceux qui seront chargés de la désinfection dans l’établissement porteront le costume de travail spécifié ci-dessus. Ils devront se débarrasser de leurs vêtements dans la pièce qui leur sert de vestiaire et y revêtir ce costume avant d’entrer dans les parties de l’établissement où se trouvent les objets à désinfecter.
Tous ces agents, sans exception, doivent laisser leur costume de travail lorsqu’ils ont terminé leur service ; ils sont tenus de se laver soigneu-
DE EA DÉSINFECTION
sement la figuré et les mains à l’eau chaude additionnée de la solution antiseptique indiquée plus haut, avant de retourner dans leurs logements ou dans l’établissement, pour n’importe quel motif.
L’entrée des locaux affectés à la désinfection est formellement interdite à toute personne de l’établissement ou autre qui n’v est pas appelée par son service.
Les agents préposés au maniement des objets infectés ne doivent, sous aucun prétexte, avoir des rapports avec les chauffeurs de l’étuve et ses aides pendant les diverses opérations de leur service.
Les personnes qui désirent utiliser le service de désinfection publique seront prévenues qu’il y a intérêt pour elles à en avertir le directeur de l’établissement, afin que les désin lecteurs spéciaux puissent être mis à leur disposition pour pratiquer la désinfection à leur domicile et faire désinfecter les objets qui doivent être portés à l’étuve.
Autrement les personnes qui feraient porter par des étrangers à ce service ou qui porteraient elles-mêmes des objets à l’établissement, doivent prendre des précautions spéciales pour éviter toute contamination par ces objets, notamment pour la désinfection de leurs propres vêtements et le nettoyage de leurs mains et de leur figure.
Ce règlement que l’un de nous soumettait, en 1891, à l’approbation de la Société de Médecine publique (d), donne une idée de la façon dont le service doit fonctionner et nous dispense de plus longs détails.
L’épidémie cholérique de 1892 est venue donner à ce service, tout nouveau dans son fonctionnement, une importance considérable, et l’on en peut juger par le procès-verbal de la commission d’assainissement du 22 octobre 1892.
La première demande adressée aux étuves municipales remonte au 12 mai: pendant le reste de ce mois, il en a été fait 15. En juin, les désinfections pour choléra ou diarrhée suspectes ont été de 45, en juillet, de 195, en août, de 642, en septembre, de 1,748 et du 1er au 15 octobre, 299; soit 2,944, d’après les relevés sommaires qui viennent d’être faits.
Ce que l’on s’est surtout occupé d’obtenir, a été la rapidité et la multiplicité des informations permettant de mettre en mouvement le service de désinfection.
En effet, dès le début de l’épidémie, il a fallu reconnaître que les demandes de désinfection parvenaient tardivement aux étuves municipales : les désinfecteurs arrivaient à domicile quand le décès datait déjà de deux à trois jours, soit déjà trop tard.
Les moyens d’information ayant été peu à peu développés, le service a eu la satisfaction de constater des résultats appréciables; la désinfection, dans la très grande majorité des cas, a pu alors être faite le jour même du décès, souvent aussitôt après le départ du convoi, ou avant que le
(1) Revue d'Hygiène , 1891.
malade ne fût entré en convalescence. On a bientôt pu reconnaître que des administrations moins vite informées demandaient des désinfections qui étaient pratiquées déjà depuis un ou plusieurs jours. Il est indispensable d’accroître encore cette rapidité d’information ; c’est- là un point capital.
Sur les 13,301 désinfections opérées pour diverses maladies par les étuves municipales de la Préfecture de la Seine, depuis le 1er janvier de cette année, 5,085 ont été demandées par les mairies, 1,891 par la préfecture de police et les commissariats, 1,633 par les médecins, 3,532 par les particuliers, 1,160 par les services administratifs.
Pendant l’épidémie, 1,254 signalements ont été adressés au service de l’assainissement de l’habitation par l’inspection générale, et près de 700 par des particuliers. De plus, 1,609 signalements ont été faits à la Commission des logements insalubres, au cours de l’épidémie. Ce dernier chiffre se rapproche de celui des signalements faits, en moyenne, pendant toute une année à cette Commission. Tous ses membres, ainsi que le personnel du service de l’assainissement, ont apporté le plus grand zèle et la plus grande activité à l’accomplissement des enquêtes sanitaires qui leur étaient ainsi confiées.
Ces enquêtes sanitaires ont permis, avec la désinfection, de pratiquer ce que l’on pourrait appeler l’extinction rapide des foyers du choléra. Chaque fois, en effet, que l’inspection générale a constaté, à l’aide de son service d’informations et de ses fiches, qu’un certain nombre de cas semblables se produisaient dans un même immeuble en un temps plus ou moins éloigné, des mesures plus énergiques et plus radicales, toujours très promptes, ont dû être prises. Treize fois, l’inspection générale a eu à intervenir dans de telles circonstances. Par exemple, dans un immeuble composé de plusieurs petites maisons très insalubres, il y avait eu, du 9 au 15 septembre, cinq cas de choléra, dont trois décès. La désinfection avait été demandée immédiatement, et elle était déjà opérée dans les parties de cet immeuble où il y avait eu des malades et des décès. L’inspection générale informée envoya alors des désinfecteurs spéciaux , formant une équipe d'hommes éprouvés, afin de faire la désinfection totale de cet immeuble. Tous les murs, les parquets, les corridors, les escaliers, etc., furent lavés antiseptiquement à l’aide de pulvérisations au sublimé. Les cabinets d’aisances furent désinfectés par le sulfate de cuivre et des désinfectants laissés à la disposition des locataires, ainsi que des sacs dans lesquels ils pourraient, à l’occasion, déposer leur linge et leurs effets.
En même temps, le service de l’assainissement de l’habitation était prévenu ; il se trouva en présence d’une fosse fixe et d’un puisard en très mauvais état, qui, naturellement, furent désinfectés sans retard. D’un autre côté, la Commission des logements insalubres, sur le rapport d’un de ses délégués, priée aussitôt de se rendre dans cet immeuble, indiquait
DE LA DÉSINFECTION
les mesures plus complètes à prendre ultérieurement par le propriétaire.
L’exécution de ces mesures ne sera peut-être pas chose facile à obtenir, car une plainte avait déjà été adressée, le 16 novembre 1891, et l’affaire est encore pendante devant le tribunal. En même temps, le service des eaux se préoccupait de la nature de l’eau consommée et des prélèvements étaient effectués par le laboratoire de Montsouris pour des recherches scientifiques.
Dans les cas de ce genre, le directeur du service des eaux s’est empressé d’exiger le remplacement de l’eau de l’Ourcq, lorsqu’elle servait à l'usage alimentaire , par de l’eau de sources , conformément au règlement de 1884.
L’Administration a pu agir de la même façon à l’égard des 13 foyers de choléra dont elle a eu ainsi connaissance, et elle a cherché à mettre la plus grande rapidité dans l’exécution de ces diverses mesures. Ainsi, pour, une maison située dans une des rues les moins salubres de Paris, l’inspecteur général était informé à onze heures et demie du matin qu’un second cas de choléra s’était produit dans la nuit, à l’hôpital, chez un homme parti la veille de cet immeuble. A midi, le service de la désinfection entrait en fonctions et les agents procédaient à la désinfection des 85 logements de cet immeuble, désinfection totale qui a duré jusqu’à deux heures et demie du matin. En même temps, le service de l’assainissement de l’habitation faisait, procéder à la vidange des fosses, et le service des eaux, prévenu dans l’après-midi, mettait le propriétaire en demeure de remplacer l’eau de l’Ourcq par l’eau de source, pendant que le laboratoire faisait les prélèvements nécessaires à son enquête scientifique. Tout cela a été mis à exécution l’après-midi et terminé le lendemain. Le membre délégué de la Commission des logements insalubres avait aussitôt fait, également, ses constatations et son rapport pour les travaux ultérieurs d’assainissement. Aucun cas de choléra ne s’est montré dans ces 13 immeubles, après l'application immédiate de ces mesures. La Préfecture de la Seine est décidée à prendre les mêmes mesures, chaque fois qu’elle se trouvera en présence de cas semblables, pour n’importe quelle maladie transmissible; elle vient de le faire pour des cas de variole et de scarlatine.
Les trois stations existant, à Paris possèdent six étuves à vapeur sous pression, et tout le matériel nécessaire à la désinfection à domicile. Dans quelques mois, deux nouveaux établissements semblables vent s’ouvrir.
Le personnel des désinfecteurs se compose aujourd’hui de 40 agents, plus des hommes de peine; 1 chef les surveille, 3 mécaniciens-chauffeurs conduisent les appareils, 3 chefs dirigeant les opérations de chaque station, des cochers pour les voitures; le reste est occupé à la désinfection proprement dite, à l’étuve ou à domicile. Au cours de la dernière épidémie cholérique, ce personnel a été porté, à certains jours, à 88 agents.
En 1892, il a été pratiqué 18,464 opérations; ce n’est guère que depuis le mois de juin 1892, que les désinfections ont dépassé en nombre les décès dus aux maladies pour lesquelles la désinfection est demandée.
Il est extrêmement rare que les malades et leurs familles refusent la désinfection ; les agents sont généralement bien accueillis, même lorsqu’ils sont envoyés d'office. D’ailleurs, les difficultés qu'ils éprouvent parfois ne tiennent pas d’ordinaire à la nature de la maladie: à part le choléra, qui a donné lieu, en 1892, à 2,691 opérations de désinfection, parmi les 2 maladies transmissibles ordinaires, ce sont les diverses tuberculoses et surtout la tuberculose pulmonaire, qui ont compté pour le plus grand nombre de désinfections, à savoir 4,545 en nombre croissant presque mois par mois. Il est même intéressant de constater que les familles ne paraissent jamais tenir à cacher cette maladie, pas plus qu’une autre de celles pour lesquelles la désinfection est opérée. La pratique de l’hygiène prophylactique détruira sans doute nombre de préjugés contre lesquels on a si longtemps tenu à la prémunir.
Ce sont là des résultats qu'il n’était pas possible de laisser inconnus; non-seulement ils prouvent dans quelle voie féconde Paris est entrée, et quels effets salutaires on peut attendre, pour l’assainissement de la capitale, d’un service à peine créé,- et dont l’extension est inévitable, mais encore ils peuvent servir à encourager les tentatives faites, avec quelque timidité, par d’autres villes, et dissiper les indécisions des municipalités.
Paris possède encore un service qu’on peut considérer, à juste titre, comme un établissement municipal de désinfection, dont on doit l’organisation à M. Duval, le dévoué directeur de cet établissement.
C’est au mois de juin 1887, que le service a commencé à fonctionner; depuis cette époque, voici quelles opérations ont été faites au chef-lieu et dans trois succursales qui possèdent, comme le chef-lieu, des étuves à vapeur sous pression.
ANNÉES