ARTICLE I. — HISTORIQUE
La diminution de la natalité s’observe, on peut le dire, chez presque tous les peuples civilisés de notre époque, mais ce mouvement décrois-
(1) Nous n'avons pas voulu faire un article spécial sur l’assistance publique en Russie, mais nous donnerons sur les services de l’enfance, sur les hôpitaux si importants de ce pays des détails qui trouveront place dans les chapitres suivants.
PROTECTION ET ASSISTANCE DE L’ENFANCE
sant n’est pas égal chez tous, ni chez tous aussi inquiétant. Il l’est chez nous d’une façon qui justifie les préoccupations des hygiénistes, des administrateurs, des législateurs, des démographes, de tous ceux (pii pensent et qui savent et qui prévoient.
.1. Rochard disait en 1888 (1) : « La France ne se dépeuple pas encore mais son mouvement d’accroissement se ralentit de plus en plus. Au commencement de ce siècle, la population augmentait en moyenne de 6,02 habitants sur 1,000 par an. En 1879, l’accroissement n’était déjà plus que de 3,34 : la moyenne des cinq années qui viennent de s’écouler ne donne que 2,89. Le recensement de 1880 a enregistré 08,218,903 habitants; celui de 1881 n’en avait signalé que 37,672,048. La population s’est donc accrue de 543,835 en 5 ans, soit 109,370 par an, ce qui donne la proportion indiquée, mais ce n’est pas à l’excédent des naissances sur les décès qu’il faut attribuer ce résultat. En 1886, il y a eu 912,782 naissances et 806,222 décès. La différence est donc de 52,560, ce qui ne fait que 1,37 pour 1,000 habitants. C’est, en effet, à cela que se réduit l’accroissement de la population indigène; le reste est le fait de l'immigration ».
.1. Rochard constatait que dans le même temps, l’Angleterre voyait sa population s’augmenter chaque année de 13 pour 1,000, l’Allemagne de 10 pour 1,000, l’Italie et la Belgique, de 7 pour 1,000. « Il résulte de là, disait-il, que, si cela continue, nous ne représenterons plus que le 1/15 de la population de l’Europe et que nous serons tombés au septième rang, parmi les petits Etats qui ne comptent pas » (2).
La protection et la conservation de l’enfance s’imposent absolument aujourd'hui à tous ceux qui ont le souci de la grandeur de notre patrie et de l’avenir de notre race; les statistiques plus récentes confirment les idées pessimistes de Bouchardat, de Lagneau, de presque tous les démographes, et tout récemment encore M. Vannaque, dans un intéressant rapport a montré que l’excédent des décès sur les naissances serait un fait irrémédiable si nous n’avions pas l’appoint des naissances illégitimes.
Sur ce point, les chiffres du tableau que nous reproduisons ne laissent aucun doute, la protection est nécessaire, elle doit s’exercer sur tous les enfants avec une sollicitude égale, elle doit s’affranchir des préjugés qui ont si longtemps écarté de l’assistance et de la protection les enfants naturels, elle doit s’attacher à la protection égale de tous les nouveauxnés et revenir ainsi (comme le disait M. Jules Simon au Conseil supérieur de l’Assistance publique) à la saine et vraie morale.
il) J. Rochard, Traité d' Hygiène sociale (Delahaye et Lecrosnier, Paris 1888).
;2) Consulter aussi : Cheysson, La question de la dépopulation en France et à l'étranger ( Paris 1883); Les Traités d' Hygiène de Douchardat, Proust, Arnoui.d; Bertillon, Démographie de ta Frmce, in Diction. Encyclop.; Marjolin, Beroeron, rapport au Congrès int. d’Hygiènc de Paris, 1878; Ea.ndoizy et Nu-ias, rapport au Congrès intern. d’Hygiène de Paris, 1889.
Encyclopédie d’hygiène — V. 9