‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 118 sur 364 · Laujon, Œuvres choisies, I, p. 17G · texte numérisé non relu

Laujon, Œuvres choisies, I, p. 17G

2. Arch, de rOpéra. En outre. Daqiiin indique Irè-^ netlement l'in- (luence réformatrice que Rameau avitit exercée sur l'orchestre de l'Opéra : « En général, ecrit-il. l'orchestre de l'Opéra est compose d'excellents sujets ; tous ont l'obligation a VOrpk'ie du siècle de la rapidité de leur ciécuti'm. Sous un génie comnime M. Rameau, on devoit s'attendre à une grande révolution dans la musique, ou plutôt à la perfection de l'Art. » f Lettres sur tes hommes célèbres sous le rèytle de Louis XV, 1, p. 140.)

3. Mercier, Tableau de Paris, édition de 1853, p. 167. (Cité par Desnoiresterres.)

4. Lettre publiée dans la Gazette de littérature, avril 1774.

5. Coran<ez a raconté un certain nombre d'anecdotes sur Gluck et sur son rslliélique dans le Journal de Paris du 22 août 178S, n» 234.

H. Marie-Aiiloincltc. qui protégeait Gluck, écrivit âsa sœur Chrislino, ;\ Vienne, pour lui rendre compte de l'elfet produit par Iphiyénie en Aulide (Tiersot, Gluclc, p. 131-132).

cause du dernier acte. « Alcestc est tombée, s'écriait Gluck. — Tombée du ciel », répliquait. \i'naud en guise de consolation, tandis que le musicien disait à Corance/. : 1' Alceste ne doit pas plaire seulement à présent et dans sa nouveauté; il n'y a point de temps pour elle, j'affirme qu'elle plaira également dans deux cents ans, si la langue française ne change point'". »

L'apparition d'Alcestc marque un degré de plus dans la tension qui avait surgi entre gluckistes et anligluckisles, sans que, du reste, les uns et les autres pussent préciser d'une façon nette les arguments qu'ils se jetaient à la tête. D'ailleurs, le public affirmait pour le nouvel ouvrage une admiration croissante, admiration qui allait dépasser celle dont il avait entouré Iphigénic et Orphée. Visiblement, Gluck se trouvaille maître de la situation; aussi, comprendon l'irritation dont il fit preuve en apprenant que la direction de l'Opéra avait confié à Piccinni le poème de /{o/fl)i(/ sur lequel il travaillait lui-même ",irrilalion qui se traduisit par une lettre emportée qu'il écrivit à du Hoiillet'^. Ce .Nicolas Piccinni, que les derniersjours de l'année 1776 allaient amener en France '', était destiné h porter l'étendard des divers partis hostiles à Gluck. Ce fut la reprise A'iphujénic en Aulide, en 1777, qui, définitivement, déchaîna une guerre de plume violente, injurieuse et injuste. Nous n'avons pas l'intention d'écrire ici l'histoire de cette trop fameuse et bien confuse Querelle des Gluckistes et des Piccinnistes, dont on trouvera une exposé solidement documenté dans le livre de M. Desnoiresterres. Aussi bien, cette guerre n'est-elle que la quatrième crise du conflit qui, durant tout le xvni° siècle, sépara de façon chronique la musique française et la musique italienne. On vil, du côté de Gluck, se ranger Arnaud, Suard, Rousseau, Grimm, tandis que le clan opposé comptait La Haipe, Marmontel, Ginguené, etc., parmi ses meilleurs combattants. Des innombrables écrits et pamphlets qui apparurent alors, et que l'abbé Leblond a rassemblés en 1781, il ne reste assurément pas grand'chose, et c'est, en général, un fâcheux verbiage que déclament à qui mieux mieux ces adversaires échauffés. Cependant, tout n'est pas à blâmer dans cette littérature. Ducôlé gluckiste, Arnaud et Suard (l'Anonyme de Vawjirard) font souvent preuve, dans [li Journal de Paris, d'une extrême pénétration; dans le camp opposé, si le Journal de politique et de littérature, sous la signature de La Harpe, se contente trop facilement d'arguments médiocres et ressassés, Marmontel ne manque pas d'énoncer quelques idées fort justes. Sou Jî.ssat sur les révolutions de la musique française pose un certain nombre de questions intéressantes et contient de judicieuses réllexions. Marmontel a évidemment raison quand il se demande en quoi Gluck se distingue tant des Italiens, observation d'autant plus exacte que le chantre d'Orphée ne

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