‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 128 sur 364 · Marx, loco cit., p · texte numérisé non relu

Marx, loco cit., p

:. Ibid., p. 230.

EST.rCLnPÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIO.WAIRE PU CONSERVATOIRE

De même, la Rencontre imprévue, grâce à l'appoint du fifre el de la grosse caisse, situera l'inslrumenlation dans une atmosphère de turquerie, en même temps que le musicien y fera des emprunts à la musique tzigane'.

En résumé, la deuxième manière de Gluck, à quelque genre qu'elle s'applique, montre le musicien encore assujetti à l'italianisme. Elle admet encore des airs de bravoure brodés de longs passages, et utilise ces gi'ands bonds mélodiques chers au style transalpin, bonds violents et sauvages que signalait Lecerf de la Viéville et qui sont si fréquents chez Cavalli, par exemple. Inférieur aux Italiens sur le terrain purement vocal, maniant plus lourdement qu'eux la partie élevée de l'échelle des voix, Gluck esquisse cependant, çà et là, quelques croquis de l'édifice futur. C'est dans sa deuxième manière qu'il faut chercher les formes de transition qui préparent sa complète réalisation du drame lyrique.

Nous voici maintenant à un tournant de sa vie artistique. Convaincu de la parfaite incohérence de l'opéra italien, où les instants dramatiques sont séparés les uns des autres par des steppes rebelles à toute végétation expressive, Gluck n'hésite plus sur la cause première de cette incohérence. La faute en est au livret, qui ne ressente pas suffisamment le drame, mais qui le laisse fuir, se disperser de tous côtés. Aussi, l'auteur d'Alceste va-t-il procéder, non pas à une réforme musicale, mais seulement à une réforme dramatique, a Avant de travailler, disait-il, je cherche à oublier que je suis musicien-, »

Il trouva en Calzabigi l'homme de haute culture philosophique et littéraire qui devait le seconder'. Calzabigi avait conçu un plan nouveau de drame lyrique; aux descriptions fleuries et avantageuses, aux comparaisons fadement mythologiques, à la morale froide et sentencieuse de l'opéra italien classique, il substituait des situations intéressantes, un drame sincère, bouillonnant d'une passion véritable et profonde. C'était là, somme toute, le point de vue de l'art dramatique français; mais, depuis Lulli, la danse, en envahissant la tragédie lyrique, détruisait peu à peu l'action, et la bergerie, quoique fondée sur de bonnes intentions, traduisait de façon bien affectée et bien arbitraire le besoin de simplicité et de naturel qui avait contribué à la faire naître.

De son côté, Gluck présentait les qualités typiques de l'homme de combat, du révolutionnaire. Doué d'une haute intelligence, qu'une culture générale fort étendue avait encore affinée, Gluck était homme de combat par sa verve âpre, par son ironie mordante,

i. Mapi. loco cit. y p. 270. Voir aussi Tiersot, Ménestrel, cliap. vi, Gluck composit. d'opéras-comiques, et Gluck, p. 36 et suiv.

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