‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 131 sur 364 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

'.'. Corresp. lilltmirc, VllI, p. 321. Cf. Jabn, II, p. 46.

sique est un arl très borné, et qu'il l'est surtout dans la partie que l'on appelle la mélodie. On chercherait en vain, dans la combinaison des notes qui composent le chant, un caraclèie propre à certaines passions; il n'en existe point. Le compositeur a la ressource de l'harmonie, mais souvent elle-même est insuffisante'. » Puis, il explique comme quoi toute sa magie consiste dans les contrastes et dans l'instrumenlalion. Par là, il répondait à ceux qui, séparant systématiquement la mélodie et l'harmonie, prônaient avant toutes choses la première. Pour lui, mélodie, harmonie et instrumentation étaient également nécessaires à l'expression. « La voix, les instruments, écrivait-il à La Harpe, tous les sons, les silences même, doivent tendre à un seul but, qui est l'expression-. » Aussi, augmentait-il le rôle et la sonorité de l'orchestre, au grand désespoir de Marmontel, qui lui reprochait amèrement de « faire bruire les trompes, rentier les cordes et mugir les voix ».

Or, Hameau professait des idées sensiblement analogues. Voici, en etfet, ce qu'on peut lire dans ses Observations sur noire instinct pour la miisii/nc [i~'6\-): « Dès qu'on veut éprouver l'eiTet d'un ciianl, il faut toujours le soutenir de toute l'harmonie dont il dérive; c'est dans cette harmonie même que réside la cause de l'effet, nullement dans la mélodie, qui n'en est que le produit. » Et plus loin : » C'est principalement du fonds d'harmonie dont se tire la mélodie appliquée aux paroles que le chanteur reçoit l'impression du sentiment qu'il doit peindre^. » Toutefois, il semble bien probable que Lulli a exercé sur Gluck une influence beaucoup plus profonde et plus générale que Rameau. Le comte d'Escherny écrivait que « l'étude des partitions de Lulli avait été pour lui un coup de lumière* ».

Le modèle de Gluck était la tragédie grecque; le P. Martini aurait dit, à l'audition A'Alci'ste : « Cela est tout à fait grec. » Il voulait un art sobre, ramassé, puissant, fortement rythmé à la Hœndel ou à la Hameau; quant aux danses, elles faisaient partie intégrante de l'action, soit qu'elles missent en scène les Ombres heureuses dans le perpétuel matin des champs Klysées, soient qu'elles déchaînassent les Furies implacables.

Enlin, Gluck, par la création d'un art international, auquel le prédisposait son existence cosmopolite, cherchait à provoquer la cessation des querelles musicales : «Je cherche, disait-il,... à fixer le moyen de produire une musique propre à toutes les nations, et à faire disparaître la ridicule distinction des musiques nationales». »

Il nous reste à examiner la réforme de Gluck dans les cinq tragédies lyriques qu'il a remaniées ou composées pour la scène française. Si ces cinq chefsd'œuvre assurent d'une façon.délinitive les conquêtes réalisées par le musicien au cours de sa laborieuse existence, ils ne montrent pas moins Gluck toujours préoccupé d'améliorer, d'une étape à l'autre, l'exécution de sa tâche. Chacun d'eux révèle, en effet, un nouvel effort vers le mieux, et le souci de poursuivre sans défaillance la route glorieuse qui monte vers l'idéal du grand dramaturge.

Orphi'e, Alceste , Armidc et les deux Iphigcnies voient se fondre en un harmonieux mélange les éléments

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