Acte III, scène i
Ire et sa fllle arrivent en Aulide, le chant si pur et si simple des chœurs célébrant les attraits et la majesté de la jeune princesse, que nous voyons pour la première fois, tissent autour d'elle une atmosphère de séduction', » et le chœur, entremêlé de danses, que précède l'air d'Achille : « Chantez, célébrez votre reine, » au 11° acte», suscile une explosion d'allégresse qui contraste cruellement avec le sort réservé à Iphigéiiie.
Et, que de traits de génie dans cet orchestre si souple, si attentif à commenter l'action, à lui donner un profond retentissement au dedans de nous-mêmes! Combattu entre le respect des dieux et le « cri de la nature )i, le malheureux Agamemnon chancelle éperdu'-. Par quel artifice symphonique Gluck eiprime-t-il cette situation angoissante'? Deux notes seulement de hautbois lui suffisent. Cette courte plainte du hautbois :
déjà présentée dans l'ouverture, c'est le vagissement inquiet de l'cnrant, en lequel, par une idée touchante, se trouve condensée l'humanilé entière, si chétiveen face du destin, qu'affirme le cor, à intervalles réguliers, avec une obstination implacable. Alois, du contraste de ce murmure plaintif et impuissant et de cette sonorité voilée, venue du fond des choses, au timbre mystérieux et inflexible, jaillit l'émotion violente, irrésistible.
Au II" acte, au moment où Agamemnon va immoler sa fille, le cri des Euménides grince au-dessus des accords rauques que frappent, acharnés, trompettes et trombones'' :
Et avec quelle force l'orchestre souligne l'invasion du remords dans le cœur du père :